Noueuse d'aiguillette

04 mars 2015

Gotainer

Le prof est un être de rituel. Il suffit de le voir entrer en salle des enseignants l'oeil vitreux, commencer par insulter la machine à café (qui ne fonctionne jamais, la garce) puis s'engouffrer dans la salle des copies où il injure copieusement la photocopieuse (qui ne fonctionne jamais la diablesse) pour finir désespéré, envisageant la mort par absorption massive d'After Eights, une certaine idée de l'agonie, avant d'invectiver les deux ordinateurs de la salle de travail, dont l'un refuse de démarrer et l'autre a décidé qu'il n'y aurait pas d'Internet aujourd'hui.

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Il lui faudra ensuite récupérer les 3èmes, les laisser poireauter 10 minutes debout pour qu'ils finissent de se raconter le match PSG- Association de la Pétanque dinanaise, avant que le silence se fasse et que ses grands dadais puissent enfin se mettre au boulot. Heureusement le rituel de la récréation viendra agréablement entrecouper le flot ininterrompu d'entorses et massacres en tout genre de la langue française, que même la convention de Genève elle y pourrait que dalle, marquant par là même un autre rituel, celui lié à la surdité  qui touche momentanément l'ensemble de la salle des profs quand retentit la 2ème sonnerie marquant la fin de la pause: alors même que Chef Suprême nous répète depuis 3 ans qu'on doit être avec les nains en train de communier autour de l'article défini contracté à ce moment-là... Comme quoi rien ne sert de se plaindre des gnomes, au fond, on a les élèves qu'on mérite (ou presque).

Il ne faut donc pas s'étonner que le prof soit un être qui a une forte tendance à la psycho-rigidité mais sans combinaison en latex, sinon on aurait des problèmes avec le Rectorat. Hélas, votre servitrice a les défauts de sa profession et cela se traduit par une floppée de tics, certains passagers d'autres constants, aussi gestuels que verbaux. Selon des sources bien informées (ouais, bon, Z'hom) paraît que je suis la spécialiste d'un "ouuuuuii" traînant, voire avec une pointe de gracieux accent lorrain alors que d'habitude dans les soirées de l'ambassadeur je fais illusion. De même je me sens obligée de vérifier systématiquement si j'ai mes clefs et mon portefeuille à chaque fois que je sors d'une pièce, et cela même si je n'ai pas ouvert mon sac, des fois qu'un lutin du foyer aurait décidé de commencer une carrière de pick-pocket. Evidemment j'ai contaminé Zh'om avec mes sales habitudes et c'est comme ça que nous en sommes arrivés à donner un nom de baptême à toutes les plantes ou les objets ayant une importance particulière dans le Home sweet Home.

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Nous avons ainsi Django (le cactus), Totor (l'ordinateur), Brad (l'oranger) et depuis 6 semaines, Youki Zaraï.

C'est l'homme qui a trouvé le surnom, non pas en référence à la Chanson de Gotainer, le Youki (si vous ne connaissez pas ce monument de poésie française, allez l'écouter là), ni à la dame qui préconisait chez Drucker, dans les années 80, de faire des bains de siège pour rester jeune, soigner les panaris et avoir le cuissot lifté. En fait Z'hom a fait un curieux amalgame en entendant le nom de la nouvelle arrivante, ma Juki HZL-G210. Elle est là:

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Changer ma gentille Toyota bien vaillante et jamais en panne pour une machine de guerre me trottait dans la tête depuis un certain temps. Non pas que Titine m'ait déçu, mais étant donné mes projets en matière couturistique, son gentil petit moteur ne me suffisait plus. Je me suis donc d'abord rencardée sur les marques: pas Singer, trop mauvaise réputation, pas Pfaff ni Husqvarna (ma cop's modéliste m'avait dit que cela faisait maintenant partie du groupe Singer et donc moins fiables qu'avant), je ne souhaitais pas investir dans Brother non plus (trop proche de ce que j'avais), ni Bernina (trop coûteux). Au départ j'ai donc louché sur la Janome DC4100 du site Sewing Machine Direct. Le cahier des charges était simple, moteur plus puissant, entraînement plus costaud, plusieurs types de boutonnières et bien lourde (oui parce que contrairement aux blogueuses, plus elles sont lourdasses, mieux c'est). C'est là que j'ai eu écho de la marque japonaise Juki. Il paraît que c'est une entreprise liée à Bernina et que 60% des fringues du commerce sont cousues avec cette marque. J'ai lu plusieurs articles disant que les modèles domestiques avaient bonne réputation.

Je me suis donc mise à fureter sur le net tel un truffier dans une forêt auvergnate et j'ai fait mon choix. J'ai ensuite comparé les prix et les services, car oui, acheter une machine qu'on va sans doute garder plus d'une dizaine d'années, c'est un taf, il me fallait le modèle choisi avec un prix correct et un service après-vente fiable. C'est là que je suis tombée sur ce site; non seulement ce sont eux qui proposaient le prix le plus bas, ce qui réjouissait mon coeur de pince, mais en plus le SAV était assuré par un artisan réparateur de machine dont l'échoppe se trouve à 4 km de chez moi. Cerise sur le mojito, on m'envoie en cadeau un coffret de 15 pieds adaptables, une table d'extension et des bobines de fil en veux-tu-en-voilà. Et là mon coeur de pince exulte, entend du Trénet, bref, la totale. Voyez plutôt:

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Au bout de quelques semaines de pratique avec mon arme de précision japonaise, je peux faire un premier bilan sur les points positifs et négatifs de la machine:

-Les +_ Elle est rapide, précise, peu bruyante, l'entraînement est efficace, la fonction arrêt avec aiguille dans le tissu et le coupe-fil automatique ont changé ma vie, les boutonnières sont vraiment très belles.

-Les moins_ La canette se met par le dessus, en soulevant une trappe en plastique qui me semble un peu fragile, à voir à l'usage. Sans l'offre cadeau de 15 pieds, la machine n'est livrée qu'avec 3 pieds, le standard, celui pour les motifs brodés et celui pour les boutonnières. C'est peu, surtout quand on voit le prix d'un pied à l'unité.

Ces détails mis à part, je suis ravie de mon pesant achat (un beau bébé de 9.5 kilos) et elle coud tout sans broncher; J'ai déjà pu tester sur du jean, du jersey de viscose, de la maille Milano et c'est tellement facile que c'est presque pas drôle. J'ai eu un peu, au départ, la sensation que je n'étais pour rien dans la réussite de mes projets, que la machine faisait tout et que c'était moins prise de tête mais moins marrant qu'avec l'ancienne, je pouvais pas l'insulter comme la photocopieuse. Masochisme quand tu nous tiens... Et surtout j'ai pu coudre un tissu qui m'aurait filé des sueurs froides il y a encore 2 mois, la fausse peau lainée.

Cela faisait plusieurs années que je louchais sur ce modèle, le 106 du Burda d'octobre 2010, une petite veste toute simple, en vraie peau retournée d'agneau. Ayant mis tous mes deniers dans l'industrie japonaise et surtout ayant peur de massacrer un cuir valant un bras (en plus de venir d'un petit animal mignon et innocent), j'ai commandé 1.8m de fausse peau lainée chez Self tissus. D'ailleurs le service semble rapide et sans fioritures chez eux, j'aurais tendance à recommander.

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Là je vais me fendre de quelques conseils pour coudre ce tissu créé par Satan pour soumettre la malheureuse couturière aux pires tourments et afin, mes biens chères soeurs, d'exorciser vos appréhensions quant à ce délicat textile:

                                                                                   

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-Sur le patron les marges directement tu ajouteras (essayez de tracer des contours à la craie sur ce type de tissu et vous comprendrez ce que c'est que le Purgatoire) _ Photo milieu du haut

-Pour marquer les pinces la bouclette de bâti tu utiliseras_ Photo milieu bas

-Pour couper le ciseau uniquement tu utiliseras, autrement dit la coupe au cutter rotatif on oublie, ça marche mal, ça énerve et après on a envie de balancer le chat par la fenêtre juste parce qu'il passait par là_ 3ème photo en haut

- Un pied double entraînement, téflon ou à rouleau tu utiliseras (rappelez-moi qu'il faut que j'écrive un article sur l'utilisation des pieds de couture), sinon sur l'intégralité du marbré dans ta cuisine tu te vengeras

- Pour repasser une pattemouille tu utiliseras, sinon bonjour la bonne odeur de mouton synthétique crâmé_ 3ème photo du bas

-Si des pupuches coincées dans les coutures tu as, avec un ciseau à broder délicatement tu couperas_ Grande photo à gauche

Mis à part ces précautions ça a roulé presque tout seul et je porte beaucoup ma veste qui est chaude, douce et confortable, vous pouvez maintenant vous extasier, allez-y, j'attends:

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Je vais être honnête, le montage des manches, avec un tissu aussi épais n'est pas une sinécure, mais l'absence de montage de doublure fait vite oublier ce petit désagrément. Sur la photo de dos on dirait qu'il y a des plis sur les manches, en fait c'est simplement l'ombre et mes bras croisés qui donnent cette impression, en fait, en vrai, c'est quasi nickel.

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Voici également quelques détails avec, dans l'ordre, l'intérieur et les pinces qu'il ne faut pas oublier de fendre, les poignets ( coudre endroit contre endroit jusqu'à l'endroit où les manches doivent être retournées et à partir de ce point coudre envers contre envers), puis le col, sur lequel j'ai fait un petit ourlet parce que le rendu était plus joli.

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Pour vous montrer la différence entre mon travail avec Youki Zaraï et mon ancienne Titine, voici une blouse faite l'an dernier, à partir d'un patron Lutterloh de 1972:

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Petite

                                                                                 

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Le devant est choucard, les manches bien montées, bien qu'un poil courtes, et j'ai même rajouté un petit galon en dentelle de coton pour accentuer le côté greluche romantique. Bref ça sent la Win' sortez-les lauriers les gars j' vais me tresser une couronne. Les détails semblent confirmer tout ça:

                                                                                     

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Les fronces des poignets sont bien réparties, les raccords sont jolis dans le dos et les motifs brodés du tissu bien placés. Pourtant je porte peu ma blouse, c'est un quasi échec; voyez plutôt le dos:

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Ben ouais, ça tire grave autour du cou, la faute, sans doute, à ma pente d'épaule pas pentue du tout. Du coup je porte ma jolie blouse sans plaisir et toujours sous un petit gilet.

Enfin, je vous présente mon tricot préféré de tous les temps après mon pull de fée, celui qui a fait que je sacrifie tous les jours un sachet de Lipton sur l'autel de Cirillia Rose, mon gilet Aidez, tricoté il y a deux ans dans de la Cascade Eco. J'ai eu besoin de 2 écheveaux en tout et j'ai tricoté la taille S pour obtenir le bon échantillon. Le résultat est impec', long comme il faut, si seyant et chaud que c'en est un rêve.

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Ce n'est clairement pas un tricot de télé, un minimum de concentration est requis, mais c'est un modèle qui n'est pas difficile et qui monte assez vite. Il m'a fallu 5 semaines, un peu tous les soirs, pour en venir à bout. Z'hom déteste... le style (je rappelle qu'il ne jure que par le style pouffinette), la couleur et à son grand désespoir je le porte constamment en hiver. D'ailleurs, je peux maintenant faire un point sur la qualité de la laine et sa tenue. Après 2 ans et des brouettes, 1 lavage machine par mois (j'ai un programme Woolmark et je peux même laver sans danger le pur mohair), la laine est nickel. Bien sûr ça bouloche un peu aux points de friction, mais un coup de rasoir à pull suffit pour retrouver un gilet quasi neuf. Bref je suis ravie et regardez s'il est pas beau mon point (là, aimable lecteur tu peux voir le détail des manches avec son point "fer à cheval"et le dos avec ces divins losanges grainés).

                                                                                             

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Valà, valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je vous offrirai un p'tit coup de prune.

 

 

 

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03 février 2015

Fluctuat nec mergitur

Il n'est plus temps selon la Baronne de Rotschild, mais je vous la souhaite douce et paisible, du moins, plus calme que ce fuligineux mois de janvier qui laisse comme un goût de cendres...

Je reviendrai  peu sur ces tristes événements, mais quittant un peu mon côté "pouet-pouet-camion", j'aimerais dire quelques mots sur une des retombées de tout ceci. Quand je suis arrivée le jeudi matin du 08 janvier, j'étais retournée et je savais que je commençais avec les 4èmes, ceux où se trouvent la petite M., qui, hélas pour elle, partage le même patronyme qu'un enturbanné trépané et surtout le petit O., né le même jour que celui où on a dégommé les Twin Towers et dont les géniteurs n'ont rien trouvé de mieux que de l'appeler du même nom que du commanditaire des attentats ricains... Ambiance.

                                                                                         

Alors je me suis dit que j'allais mettre les mains dans le cambouis, défendre ce qui pourtant me semblait aller de soi, et faire prendre tout son sens à l'expression "Hussard noir de la République". Du coup j'ai laissé ce que je ressentais de côté, écouté mes nains pubères gavés d'infos qu'ils ne comprenaient pas ou alors très partiellement, et j'ai opposé un discours fondé sur des faits objectifs, des explications de vocabulaire alors que dans les médias le pathos régnait. Travail sur le dessin de presse avec la documentaliste, rappel de la loi, de ses limites, deux ou trois choses sur des gravures que l'on peut trouver dans les musées et à l'Institut du Monde arabe mais aussi discussions sur des caricatures anti-cléricales du 19ème siècle. Mes nains ont eu l'air content, ils étaient d'accord, rassurés, y compris Dame M. et O. qui ont posé des questions tout à fait pertinentes.

In fine, sur 700 élèves, 3 ou 4 gamins qui ont tenu des propos parfois limites, mais qui après discussion ont compris que bon, on tue pas des gens, même si on est pas d'accord avec ce qu'ils disent/écrivent/dessinent. Et puis les regards curieux des mômes, quand dans le réfectoire, à la minute de silence, ils ont vu certains des robots qui leur faisaient cours, s'essuyer les yeux (pour autre chose qu'une copie inepte).

Et c'est là que je suis remontée. Remontée par rapport à la presse qui a présenté l'école de façon apocalyptique. Si j'en crois ce que j'ai lu dans les journaux, entendu à la radio, les établissements étaient devenus un ersatz de Verdun 1916, une guerre de tranchées remplies de petits terroristes en herbe qui n'attendaient qu'un seul signe pour plastiquer la réserve de Français voire le prof de Physique qu'avait trop mal évalué leurs copies. En fait y'a eu 400 incidents (chiffre donné par Chef Suprême) sur 12 millions d'élèves... Alors bien sûr parfois ces incidents sont graves (ils sont trop nombreux on est d'accord) et je refuse l'angélisme, je ne connais que trop bien la façon dont fonctionnent certains bahuts défavorisés ou pas d'ailleurs, mais d'une part il serait bon aussi de rappeler qu'une partie de ces incidents (je parle de ceux liés à la parole) sont le fait d'ados, qui cherchent les limites et beaucoup sont dans la provoc parce que "ça fait cool" et rappelons que d'autre part on a pas attendu les journaleux pour prendre en main ces mômes, que ce soit les profs ou l'administration, pour établir un dialogue avec eux et leur famille. Du coup la position de la presse me semble tout à la fois malhonnête et surtout malsaine, puisqu'elle fait monter la mayonnaise sur un truc dont il faut parler certes, mais auquel il faut donner une juste place. En somme, il serait bon que la presse se remette en question et substitue à la tyrannie des sentiments une rigueur qui ne pourrait qu'apaiser tout le monde.

                                                                                                

Mode front ridé et gastrite off.

Ce sont également des passions qui se déchainent sur la blogo couture en ce moment avec l'affaire M comme Marie. Je n'en parlerais pas moi-même, mais je relaie l'info : pour ceux qui reviennent de 3 mois passés dans le désert, voici toute l'affaire chez Biquette, un post chez Saki et un autre chez Tasticottine. Lisez et loin de la dictature du sentiment, on y revient, faites-vous votre propre opinion. Quant à moi, la mienne est faite, quand ça gueule, que ça s'indigne, que ça se fâche tout rouge, je préfère m'en tenir au concret, à la logique, à la démonstration scientifique. Si, si, malgré mon côté Mme Bovary éthérée...

Sinon, puisqu'il est question de création de patron, de l'a fait-l'a pas fait, je vous présente mes premiers pas dans le fabuleux monde de la coupe à plat.

Soyons claire tout de suite, je n'ai pas l'intention de sortir une jupe N comme Nunuche ou un top N comme Nouillasse, je fais ça pour moi, pour voir jusqu'où je peux aller et parce que la simple idée de faire du vrai sur-mesure me met dans un état de frétillement proche de l'épilepsie (je pense d'ailleurs sérieusement à me coudre une bavette).

                                                                                                 

J'ai décidé de commencer par le pantalon parce que j'aime bien me pourrir la vie, c'est mon truc. Et là j'ai été gâtée, parce que j'ai fait 4 versions avant d'arriver au Graal, à mon précieux que même je regarde le moindre saucisson brioché comme un Inquisiteur regarderait un hérétique, tellement j'ai peur de recommencer l'opération si mon cuissot en venait à décider que "le changement c'est maintenant".

Rassurons mon lectorat sur mon état de santé anémique, des fois, je vous le dis hein, sous le sceau du secret, j'exagère un peu, en vrai je continue à me taper des tartines de reblochon juste avant de dîner.

J'ai commencé, par paresse, il faut bien l'avouer, et aussi parce que j'étais curieuse, après une prise de mesure en bonnet Duforme, par essayer le logiciel gratuit mis en ligne par Grosgrain, fondé sur la méthode Aldrich. Me demandez pas qui c'est ce Aldrich, j'en sais rien, mais j'aime bien me la péter avec des références trop classes, trop pointues, sa mère. Bref, vous rentrez vos mesures et on vous calcule tout, z'avez plus qu'à tracer:

-Le plus, c'est facile d'emploi

-Le moins, voyez ci-dessous; Pour moi c'est clairement trop grand, ce qui ne veut pas dire que la méthode ne marche pas, mais j'ai voulu aller voir ailleurs si j'y suis (et j'y étais).

                                                                     

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Let me introduce the second candidat, le favori, la méthode Gilewska:

Je dis le favori parce qu'il en est beaucoup question sur la blogo de celles qui jouent à la modéliste:

-Le plus, c'est complet et assez clair

-Le moins, y'a un truc qui doit pas non plus fonctionner pour moi parce que Epic Fail...

Tout cela pochait, c'était moche, mais faut l'avouer c'était aussi bidonnant. Mais bon, désespérée, j'ai jeté la toile aux orties...

Le troisième candidat est un outsider: La Couture familiale (avec la couverture à crever de rire), chinée chez Emmaus.On est dans le super classique en ce qui concerne la démarche, mais avec un effort de vulgarisation visible, puisque c'est clairement orienté vers la ménagère à mise en plis qui se retrouve dépourvue d'une bonne partie de ses neurones dès que Chéri-Chéri sort de la pièce.

-Le plus, la méthode est détaillée pas à pas

-Le moins, il manquait une info et j'ai donc utilisé (Misère!), mon bon sens pour y remédier.

Là aussi ça n'a pas été probant (le bon sens, le patronnage, une complète oeufs-jambon-fromage et ramasse tes dents), comme vous pouvez le voir ici, même si c'était légèrement mieux que les précédents (note j'avais déjà fait une rectif dessus). Le problème vient particulièrement de là, ça poche de façon assez peu gracieuse au niveau du ventre jusqu'au début de l'entrejambe. En ouvrant ma Bible Burda (ben ouais, on a beaucoup craché sur Burda ces dernières années mais leur livre sur la couture c'est d'la'balle), j'ai pu trouver l'origine du problème: Mme Noueuse z'avez le ventre trop plat, gna, gna, gna. J'ai bien tenté de remédier en augmentant considérablement ma consommation de bière, mais Zhom jugeant la méthode un peu radicale, j'ai changé d'option.

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J'ai alors repris mes mesures au cas où et je me suis mise à traîner sur les sites de patronnage. J'ai alors ouî parler de Mode pour Lol. J'ai commandé le CD (motivée qu'on vous dit) et en voiture Roberte. Je ne suis pas fan du personnage qui fait tagada-pouet-pouet, j'ai même plutôt envie d'initier une pédagogie de la batte de base-ball quand je l'entends, ceci dit, pour le reste je n'ai rien à dire et le fait que ce soit en vidéo est assez rassurant.

-Le plus, c'est facile à suivre et assez efficace

-Le moins, ce n'est pas la panacée et il faut faire régulièrement des arrêts pour suivre

Et là c'était mieux, pas parfait, mais mieux. J'ai donc fait ce que Bubu préconisait, j'ai absorbé le surplus devant de façon progressive, ce qui a abouti à une toile déséquilibrée. A ce stade j'étais presque chauve, mais je me suis reprise et tel un Bouddha du Perroquet, j'ai attendu l'Illumination. Elle est arrivée rapidos, paske j'avais pas que ça à faire de l'attendre, j'ai une vie, faut pas charrier. J'ai mesuré ma hauteur de fourche, et je l'ai comparée avec ce que je mesurais sur mon patron. J'ai trouvé une différence de 8 cm. J'ai décidé d'ôter 6 cm à ma fourche (ça me rappelle la vanne avec la Papaye, rappelez-moi de ne jamais vous la raconter) pour conserver assez d'aisance et j'ai ôté 4 cm devant (puisque c'est surtout là que ça pêchait) et 2 au dos, qu'était pas parfait non plus.

                                                                             

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Ouf, j'ai fait une 5ème toile, tenace vous dis-je, et là, Alléluia, "Sonnez hautbois, Résonnez Musettes", ciel qui s'ouvre et anges qui chantent, ça tombait nickel, comme vous pouvez le voir là.

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Une fois sûre de mon patron, j'ai tenté un short. Au départ je voulais quelque chose d'inspiré du short Chataigne (j'ai dit inspiré, pas décalqué tel quel sur l'original, gnarf, gnarf), mais j'ai eu peur de changer quoi que ce soit, je me suis dit que le changement finalement, ce serait pas maintenant. Je me suis hollandisé du short, quoi. Du coup j'ai fait une pièce très simple, avec braguette latérale et patte fermée par crochet sur la ceinture. Le tout SANS AUCUNE RETOUCHE...

Ouais, je sais, ça fait rêver. Voilà la bête et l'épilogue heureux d'un truc qui commençait mal. Ben je vous souhaite, les gens, que votre année se finisse de même.

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La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous parlerai d'une japonaise et de sa relation au poil. Et non c'est pas racoleur.

 

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30 décembre 2014

Du rose, du genre, de la couture...

Oui, je sais, en voilà un programme entre deux bouchées de chapon et une autre de bûche fraise-fruit de la passion-blanquette de veau. Mais je viens de vivre une expérience inédite, rien que ça, alors on lâche son toast au saumon et on écoute, nanméo.

                        

Un doux matin de septembre me prit l'envie d'aller voir R., le secrétaire du kholkoze collège où je sévis. Oui, je sais, un homme secrétaire et en plus avec le physique d'un catcheur russe, ça défriserait Mam Boutin, mais que voulez-vous ma bonne dame, les valeurs se perdent. Donc, j'allais avec mon allégresse coutumière (j'avais pas encore eu les 3èmes) me fourrer tout droit dans un traquenard que même Ian Flemming aurait pas pu en inventer de pareil. Il se trouve que tout à fait par hasard, inopinément, de façon fortuite, la Chef Suprême était chez R. Oui, je sais, chez nous le patron est une patronne, Frigide Barjeot, tu m'en vois désolée, mais que veux-tu, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Bref, après une profonde révérence notre Chef Suprême, la Lumière de nos jours, celle par qui la craie arrive dans nos salles, m'a gratifiée d'un regard magnanime et m'a demandé: "Mam Noueuse, vous reprendrez bien un peu de couture? Nan parce qu'avec la Brésilienne télévisée qui fait des concours de cousage de short, y'a de la demande chez les nains" (bon en vrai la chef elle a pas tout à fait dit ça comme ça, mais comme je n'ai qu'une faible mémoire, je vous balance le texte dans les grandes lignes). Coincée entre l'écorcheur de Vladivostok qui a le pouvoir de communiquer avec les instances mystérieuses du Rectorat et notre Guide-Bien aimée- Qui fait les emplois du temps, j'avais pas le choix. J'ai donc pris en charge l'atelier cousette spécial nains à 2 mains gauches, d'autant plus que j'avais eu chaud, j'avais d'abord cru qu'elle avait eu vent de mon entrée en matière de la rentrée avec les 5èmes, celle où je refais la scène inaugurale du Sergent Hartmann dans Full Metal Jacket.

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Il a donc fallu que j'aille voir la gestionnaire pour s'équiper. Car oui, misère, chez nous c'est une femme qui tient les cordons de la bourse, sans mauvais jeu de mots, que Saint Zemmour nous pardonne.

Qui n'a jamais tenté de négocier avec un gestionnaire de l'Education nationale ne connait pas le sens du mot "terreur". C'est pourquoi je fus passablement étonnée quand Mam' Rigueur (avec de gros morceaux d'austérité dans le dedans), m'accorda un budget suffisant pour deux nouvelles machines et un autre pour des fournitures diverses et variées. Ne restait plus qu'à appâter le gnome, ce qui, après ma prestation de la rentrée devait être facile, vu que le moindre battement de cil de ma part provoquait une épouvante comparable à une privation de 15 jours de PS3. C'est dire.

J'ai donc collé quelques avenantes affichettes et fait un peu de pub par le biais des profs principaux. Mon charisme naturel étant ce qu'il est, un mélange savant entre celui de François Mitterand et Débilla, j'ai fait le plein en 3 jours. Et c'est là que les ennuis ont commencé, parce que j'ai eu beau dire qu'on boirait le thé déguisés en princesse tout en cousant des tissus imprimés de licornes et de chatons, j'ai quand même eu, sur mon groupe définitif de 15, cinq petits gars, aussi enthousiastes et motivés que si on leur avait dit qu'il y avait Ronaldo à la cantoche. Béatrice Bourges, priez pour nous!

                                                                                          

Je vous passe la 1ère séance où mon assemblée de trolls m'a regardé l'oeil vague, la bouche bavante, tentant en vain de comprendre ce que le fossile en face d'eux entendait par "marges de couture" alors qu'il y avait de rutilantes machines qui les attendaient. Ce n'est qu'à la 2ème séance qu'ils ont pu dompter la bèèèèète et coudre leurs petits porte-monnaie (à ce propos, merci à la Poule pour son tuto) et encore z'ont pas tous fini. Mais l'honneur a été sauf, vu qu'à la fin les cinq petits mecs ont couru vers le babyfoot du foyer pendant que les femelles jouaient leur rôle de femelle, c'est à dire qu'elle rangeait le bordel de tout le monde. En vrai j'ai tancé vertement les petits coqs et je leur ai rappelé que leurs chutes de tissus iraient pas toutes seules à la poubelle sur leurs petites pattes.

Du coup, comme y'avait pas de manifs pour tous où j'aurais pu exhiber mon serre-tête en velours flambant neuf, j'ai décidé de rester dans les valeurs sûres féminines: le rôze.

Bon je triche un peu y'a du pas tout neuf, mais que voulez-vous, je peux pas tout vous montrer d'un coup car trop de bonheur tue.

J'ai d'abord fait cette robe so pin-up à partir d'un patron Papavero.

                                                                                                

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Pour ceux qui ne connaissoient pas, c'est un site polonais avec pleins de patrons formidables dans des tailles qu'on trouve pas ailleurs (du 32 mini Jessica Rabbit au 56 belles formes de partout). C'est et il suffit de vous inscrire pour avoir accès à tout.

J'avais déjà fait un TS cet été et la taille était parfaite, les patrons s'emboîtent nickel et les marges de coutures sont comprises. En plus, sous chaque modèle, vous avez les versions des internautes, ce qui peut vous éviter de passer à côté d'une perle juste parce que le dessin de la dame qui le porte l'est pas beau. Bref, j'ai choisi ce modèle, une bête robe en jersey mais avec un petit détail sympa sur le devant: 2 pinces qui partent de l'épaule pour joindre les saillants et donner une touche de fantaisie à l'ensemble.

J'ai choisi un petit tissu discret (un reste de maille framboise acheté sur le marché des Bosquets) et de bon goût, pas du tout pétant, comme vous pouvez le constater:                                                         

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La couture n'a pas posé de problème. C'est comme coudre un t-shirt mais en plus facile. J'ai pris une taille 34 pour un résultat très ajusté, mais la robe est très confortable vu que la maille est très extensible.

Le revers de la médaille: le moindre petit four et votre vieille tante couve du regard votre ventre en murmurant "C'est pas trop tôt" (ou alors "Encore!" s'il ne vous manque que 2 marmots pour former une équipe de foot). Bref, il faut prendre en compte les mesures annoncées par le site, parce que si le tissu n'avait pas été stretch il m'aurait fallu un chausse-pied géant pour entrer dans cette petite chose.

Comme je n'avais pas assez de rose, j'ai repris mes vieux Burda des années 70 et j'ai refait une petite robe trapèze déjà commise dans un tissu noir à mes début en couture. J'ai sorti, pour cela, un splendide coupon de jacquard trouvé lui aussi au Bosquets. Petite parenthèse, les vendeurs ne savent pas toujours ce qu'ils vendent, surtout quand il s'agit des coupons en vrac. J'ai trouvé du velours 100% coton italien (l'étiquette de la provenance était encore dessus) de toute beauté à 3 euros les 3 mètres, le tissu que j'ai utilisé pour la robe, lui, vient d'une entreprise française de tissus prêt-à-porter haut-de-gamme (j'ai googlelisé le nom sur l'étiquette). Il n'y en avait certes qu'un mètre sur deux, mais c'était suffisant pour y faire tenir ma robe et j'ai payé le coupon un euro. Alors bon, on fait pas toujours des affaires de fifou, mais on tombe parfois, voire souvent sur des perles.

Ecce roba comme dirait l'autre:                                                                  

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Pour la couture c'était comme coudre un t-shirt, mais en moins facile à cause des raccords. Mais je m'en suis pas trop mal tirée.

Et pour vous faire baver, voilà les détails du jacquard. Gadez si c'est pas beau, gadez les détails de folie. Personnellement j'en défaille, si, si.

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Et comme malgré tout cela les valeurs de notre belle société continuaient à se faire la malle, je me suis noyée définitivement dans un torrent de rose avec ce modèle issu du Phildar n° 63.

J'ai dégainé 8 pelotes de Givre couleur Bruyère et c'est parti comme en 14 (à l'époque on savait vivre).

Comme je ne possédais qu'une mauvaise photocopie du modèle, j'ai du compter sur mon sens logique pour pallier les caractères illisibles du diagramme. Et là c'était pas gagné, vu que la Fée du Bon Sens s'est pas déplacé pour mon baptême (y'avait sans doute Drucker à la télé). Mais je m'en suis sortie très honorablement, j'ai consciencieusement scribouillé au marqueur mon diagramme, fait mes torsades tranquillement et un mois plus tard, hop, sur le dos. La Givre est très plaisante à tricoter mais elle est aussi très, très chaude. Du coup, je ne porte pas mon pull très souvent vu que j'ai l'impression de trimballer un sauna portatif sur mes épaules toute la journée.

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Voilà le détal du panneau devant (non ce n'est pas une tentative désespérée pour créer une mode du selfie de pull). Vous remarquerez une petite erreur pas trop visible sur l'un des côtés, mais bon, après un long travail sur moi-même, je peux vivre avec ça. Enfin je crois...

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Valà, valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je vous montrerai qui est le patron.

PS: On me chuchote à l'oreille que je dois dire un mot de mon Joli Papa sans qui je ne serai rien et qui est une source perpétuelle d'émerveillement (et de Gewurtz)

 

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01 novembre 2014

Le journal d'une coutureuse

A Bram S... (un lendemain d'Halloween, ça le fait grave ( avec l'accent rosbif, ça fait vanne de circonstance et bilingue, genre je me la pète dans les deux langues)

Journal de la noueuse

Seine-Saint Démon, le 1er octobre

J'ai ouvert mon armoire ce matin pour trouver the tenue qui me permettrait de briller lors de ce Me Made Day, et accessoirement de ne pas aller au boulot en pyjama. Me suis décidée pour une petite chose simple sans prétention; une petite robe  faite à partir d'un patron de 1953 de la Coupe d'Or dans un velours italien bleu nuit tout ce qu'il y a de plus humble. Comme souvent chez Lutterloh, j'ai eu plein de retouches à faire, notamment à la taille, mais ces basses avanies n'ont pas eu raison de ma motivation à ressembler à une Ava Gardner sous représentée mammairement. En fait je ressemble surtout à Elvira maîtresse des ténèbres (ce qui n'est pas si mal face à 28 biactolisés en furie).

                                                                                            

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04 octobre

Des choses étranges se trament, je le sens. D'abord il fait beau. Dans le nord de la France. Un 4 octobre après un été pourri et alors qu'on doit à nouveau gaver nos oisons de règles grammaticales. Si après ça on doute encore de l'existence des Djiins...

Du coup j'ai dégainé mon Teesh anti-goule, celui fait à partir de deux panneaux jersey imprimé "London". Oui parce que rien qu'à l'évocation d'une nation qui élève au rang de chef d'oeuvre culinaire la Green Jelly, les démons et Jean Pierre Coffe fondent et se tordent pour périr dans d'atroces souffrances.

Quant au tee-shirt c'est le Lekala 5672, avec manches raglan et un montage d'une simplicité enfantine: 6 coutures en tout et c'est règlé. On remarquera quand même que l'ourlet du tee-shirt gondole un peu à cause de la rigidité du jersey. Mais je peux vivre avec... enfin je crois...

                                                                                        

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05 octobre

Les ténèbres qui m'envahissent doivent être contrebalancées, voire combattues par de la couleur. J'invoque donc Punky Brewster et lui demande de me donner le don "Blondine arc-en-ciel", celui qui permet de piquer l'oeil de l'adversaire. La grande déesse de la chaussette à doigts de pieds multicolore m'envoie alors cette cape d'invisibilité ce gilet magique qui réveillerait les morts et accessoirement un petit haut un peu vert -un peu fade- un peu bof. Le haut est fait à partir d'un patron New Look et a déjà été bloggué par votre servitrice (qui est pas Ducros et qui va pas se décarcasser pour retrouver l'article). Le gilet vient d'un livret Lutterloh de 1974; à la base c'est une petite chose ajustée et froncée sur le devant, mais comme je n'ai pas compris comment se montait ce machin (ah, encore un coup de Djinns ça!), j'ai laissé comme ça. Le tissu est une chouette maille trouvée au marché de Clichy-Montfermeil.

                                                                                        

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06 octobre

Mon gilet a eu l'effet escompté. Les forces du Mal, noyées dans ce torrent de rose, se sont retirées. Mais pour combien de temps... En attendant je me détends en prenant une pose trop cool, décontractée de l'ovaire gauche- à la fraîche en faisant semblant de boire une verveine-menthe, parce que je suis trop une rebelle et puis qu'avec ma pose la buée de la pisse-mémé risque de crasser mes fenêtres toutes propres. ROCK'N'ROLL!

                                                                                     

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07 octobre

Les nains se sont acoquinés avec les Djiins, c'est certain. J'en veux pour preuve les fautes qu'ils font volontairement dans leurs dictées juste pour me plonger dans les affres de la folie et ainsi m'affaiblir. Non, vraiment, je ne vois pas d'autre explication à leur façon d'orthographier le mot méri, alors que bon, quand même, à 13 ans ils sont tous passés devant ce vénérable bâtiment au moins une fois.  En tout cas c'était finement joué. Ils ont presque réussi.  Mais pas là, vu que j'ai ma blouse de Super-Prof, taillée dans un plumetis blanc acheté il y a des lunes chez Toto, à partir d'un patron La Coupe d'or de 1974  (le montage était même pas drôle y'a eu aucune difficultés).

                                                                                    

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08 octobre

Les Djiins se sont à nouveau introduits dans mon humble demeure. Je crois qu'ils ont rallié à leur cause Maître Koub, l'infâme félin de la maison. J'ai toujours trouvé ses activités louches. Cette inactivité permanente ne pouvait cacher que les plus noirs desseins. Aujourd'hui il a d'abord tenté de m'amadouer avant d'essayer d'attenter à mes jours en se mettant dans mes jambes pile au moment où je descendais les escaliers. De même j'ai récupéré mon pantalon (modèle Burda avril 2009), poilé à mort. Nul doute n'est possible, c'est bien la marque de la Bêêête sur mon Prince de Galles qu'est en polyester mais qu'a un chouette tombé quand même.

                                                                                       

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11 octobre

J'ai décidé de prendre des mesures drastiques. Après revisionnage de 12  épisodes de Game of Thrones, la solution m'apparaît, évidente, limpide. Il me faut une cotte de mailles!! Très vite un obstacle de poids apparaît, il va être très difficile de sortir de ma tuture, de monter les escaliers, voire de me lever de ma chaise avec 20 kilos d'acier sur le dos.  Je sors donc ma botte secrète, mon pull Eiffel, en véritable imitation de tour parisienne avec petit ruban de satin en prime (on a beau être une guerrière, on en est pas moins greluche). Le patron est gratuit et disponible sur Knitty.  La laine est un reste de pure laine vierge de l'époque où j'achetais encore chez Ice Yarn. Le modèle est très facile à tricoter, quasiment sans couture, mais un peu long à faire.

                                                                                      

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12 octobre

Ma cotte de maille en laine n'a vraisemblablement pas fonctionné. J'en veux pour preuve ces trombes d'eau qui tombent alors que je viens de réussir mon premier brushing depuis 6 mois. Les forces du Mal sont décidemment très vicieuses (ouais, bon, sinon on les appelerait pas les forces du Mal). Je dégaine donc la tenue de néchromancienne à base de tee-shirt New Look déjà blogué, dans le style Jedi avec un manteau Burda couture trop facile Mimile, fait il y a sept ans dans un velours fin avec imprimé cashemire rouge et blanc. C'est sûr, avec mes manches bordées de vraie-fausse fourrure de Nargol, je vais terrifier de la succube.

                                                                                     

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14 octobre

Je viens de passer le niveau néchromancienne supérieure avec option Gratin dauphinois (le vrai, sans la crème).  Je peux donc maintenant fièrement arborer les oripaux de mon nouveau statut de FVT (nan, c'est pas un prof de Sciences- Nat qui parlerait de sa matière la bouche pleine de chips), Fée du Verbe Transitif. Du coup, il m'a semblé absolument indispensable de revêtir mon pull en Aurore (déjà bloggué aussi, ce qui prouve bien que passer du temps sur les finitions permet de garder son vêtement longtemps).

                                                                                      

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16  octobre

Des heures sombres se profilent. Les Démons ont profité d'un moment d'inattention pour m'affaiblir. Ils ont envoûté la prof d'Allemand de mon humble établissement afin qu'elle m'innocule un virus d'une rare violence. D'ailleurs la moitié de mes collègues sont décimés. JUSTE AVANT LES VACANCES!!!! Mais pourquoi, pourquoi... J'avais pourtant mis une ravissante robe en jersey de laine sexy et néanmoins douillette, mais rien n'y a fait.  Je suis au bord du gouffre, je me sens partir, s'en est fait de moi...

Sinon la robe c'est une robe t-shirt du Burda de juillet 2011  (une mine!).  La photo est toute pourrie, mais si j'ai la chance de survivre à cette guerre bactériologique, j'en ferai de meilleures, on ne voit pas la fente côté gauche qui monte un peu au-dessus du genou et le gracieux appliqué inversé en forme d'orchidée noire posé délicatement sur ma hanche gauche.  Et là, vu le temps que ça m'a pris, c'est un peu les boules.

                                                                                       

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20 octobre

Contre toute attente j'ai survécu. Ah ah!!! Dans le fondement la balayette les Djiins! Pour fêter ça je vais à Intermarché faire les courses (et aussi un peu parce qu'il y a une bouboule de poussière qui roule quand j'ouvre mon frigo, comme dans les westerns). Je revêts donc mon plus beau pull acrylique (modèle Begonia, gratuit sur Ravelry), avec blouson et converses assorties, parce que j'ai trop le swag contrairement à certains trolls qui essaient de me terrifier par tous les moyens depuis plusieurs jours et qui se croivent trop stylés.

                                                                                      

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21 octobre

Une chose terrible est arrivée. J'ai retrouvé Irénée, mon scarabée domestique, mort, sur le dos ce matin. Moi qui aimais tant le voir accourir vers moi en frottant ses petites mandibules de joie. Mais je sais qui est responsable de cet acte barbare et il ne restera pas impuni. Ou alors c'est Zhom qu'a vaporisé Brad, l'oranger en pot, avec du produit anti-araignées rouges (et dans ce cas-là, même sanction, hé, hé). Du coup je porte le deuil de mon fidèle ami mais avec un gilet Vogue rouge avec un V comme vengeance. Le tout en Alpaga Drops, un peu mou, mais chaud et avec un rendu sympa et des torsades qui rendent mal en photos.

                                                                                        

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22 octobre

Après le drame qui a entâché mon existence, j'ai pris une décision extrême: le contre-envoûtement Chuck Norris. Imparable, puisque validé par Chuck, fait fuir démons, dragons, gobelins et fouines sous les toits, à condition de revêtir un manteau de despérado avec un t-shirt fluo (même patron Lekala que mon t-shirt London) et de n'avoir jamais gaspillé une chute (ici restant de viscose transformé en écharpe légère).

                                                                                     

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27 octobre

Zhom et moi avons décidé l'opération de la dernière chance. Il s'agit de faire un exorcisme à base de peinture et de parquet neuf dans l'Antre du mal.  J'ai donc mis, pour aller voir Le Roi Merlin auquel nous avons fait offrande de tout ce que l'infâme baron Fisc a bien voulu nous laisser, mon pull en Aurore mauve (modèle Phildar 377). Le palais de ce roi est vraiment très grand et biscornu, mais sa prêtresse (celle en chemisette à carreaux verts avec le badge "Martine _ à votre service") a eu l'air satisfait quand nous avons déposé notre obole.

                                                                                     

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28 octobre

Le combat final est proche. La route a été longue, le chemin épineux, nous décidons donc de sacrifier quelques sashimis afin d'accélérer les choses. La blouse Carme, finie ce w-e, me semble toute indiquée. On a beaucoup glosé sur ce patron, je me réserve un prochain post pour en parler.

                                                                                      

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29 octobre

A deux jours de la nuit des démons, et à l'issue d'une lutte acharnée j'ai vaincu les Djiins qui pourrissaient mon existence depuis un mois. Je peux donc maintenant me détendre dans mon gilet Vogue avec un V comme volupté et un t-shirt bleu Burda (février 2013) déjà bloggué par ailleurs. Même Zhom claironnant qu'on ne porte pas deux couleurs primaires ensemble n'arrive pas à me démoraliser.

                                                                                     

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03 septembre 2014

New Kids on the robe

J'ai cherché un petit moment un titre-trop-porteur-d'laballe qui rameuterait les foules. J'aurais mieux fait de nourrir mon cholestérol au nougat basque, parce que je n'ai trouvé que ça. Oh vous là-bas, oui, c'est bon, t'as qu'à proposer un truc si t'es plus malin(e). Du coup comme je suis à moins de 24 heures de l'entrée dans l'atmosphère de la planète Nains, aussi connue sous le nom de Morveux XP94, je me suis dit qu'une référence à mon propre passif boutonneux serait de bon aloi.

Wé pask'avant de jouer au tennis avec des poussins qui remplacent avantageusement les balles et de fréquenter des soirées à thèmes Bat-cave et Tranxen, j'ai eu un bébé poney arc-en-ciel et j'ai été fan des NKOTB. Je sais, tout un pan de certitudes bien ancrées s'effondre soudain pour vous cher(s) lecteur(s). Mais le passé est le passé comme l'a dit un jour un philosophe nain (mais pas le même nanisme que mes 6èmes), de droite. Bien qu'on puisse se demander si acoquiner "philosophe" et "de droite" ne serait pas un peu oxymorique. Mais la référence ultra pointue culturellement à l'un des 1ers boyzzz band a aussi un intérêt: celle de vous présenter un post un peu à part, puisque "Step by step, ouuuuu Baîbèèèèèè, gonna get to you robbbbeeee" (à bramer avec une voix de cerf prépubère).

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En effet, si vous hantez avec constance le forum de T&N, la discussion sur les patrons Lekala ne vous aura pas échappé. Il s'agissait de coudre une robe, au choix, à partir d'un de leurs patrons. Pour les malheureuses qui connaissent pas, c'est un site de patrons russes sur mesure où on peut commander pour le prix d'un croissant au beurre, un patron à ses mesures. Ce qui est quand même vachement moins dangereux pour la cuisse de nymphe, surtout après les 72 barbeuq-bières de cet été. Je me propose donc de faire un vrai-faux pas-à-pas (ahah!!! on y est), puisque je vous donne le mode d'emploi avec renvoi vers des tutos trop classes- sa mère, parce que, bon, pourquoi s'embêter à faire en moins bien ce qui a déjà été exécuté parfaitement. Hein? Je vous le demande.

Il s'agit donc de la robe 4262, celle-là même représentée par une dame avec des jambes de 3 kilomètres.

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Elle a l'air compliquée comme ça, mais c'est juste une robe élastiquée, autant vous dire que j'ai pas pris de risques sur ce coup-là. Il vous faudra donc, pour une taille 34-36: 2 m de tissu très fin, 1.3 m de doublure et un élastique pour la taille. Autant dire que ça grèvera pas votre budget de rentrée et que vous pourrez même investir dans un casque anti-bruit (des fois que votre petite dernière vous saoûle avec sa trousse Monster High).

Première étape: vous allez couper vos devants dans le tissu de la robe et dans la doublure. Filez-y un bon coup de fer; Le fer est le meilleur ami de la femme, rappelez-vous, ou alors replongez-vous dans de saines lectures comme les manuels éducatifs à l'usage des jeunes filles de votre arrière-fossile. Puis vous bâtissez les pinces, comme ci-dessous et vous ne cochonnez pas un truc pof-pof, ni-vu-ni-connu-j't'embrouille à l'arrache et à la craie de tailleur. Il en va de votre tombé poitrine (pas sûr que ce soit vendeur)...

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Ensuite vous piquez vos pinces très soigneusement en finissant par la pointe; Repassez la pince, puis re-coup de fer devant. A ce stade là vous obtenez ça et vous regardez votre fer d'un oeil neuf:

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Vous coupez votre dos supérieur et vous piquez les coutures latérales du haut de la robe. En coutures anglaises parce que ce modèle c'est surtout joli avec du tissu transparent et que ça veut dire qu''on peut pas planquer une couture avec l'oreille un peu basse. Donc couture anglaise pour tout le monde, c'est ma tournée et le tuto est là. Faites pareil avec la doublure et n'oubliez pas votre nouvel ami le fer. Même avec une MAC seconde catégorie comme la mienne, vous obtenez ça:

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Etape 2: là c'est le seul moment un peu je-sue-comme-un-boeuf-je-comprends-pas-j'ai-pas-mangé-de-piment; vous allez monter la doublure. Y'a un super tuto en vidéo là. La cuiller en bois de Burda gardez-la pour touiller la tartiflette (dont vous pourrez abuser vu que la taille de la robe est élastique, trop bien faits les trucages). Donc vous mettez vos deux hauts endroit contre endroit et vous vous laissez guider par la dame. Normalement si vous avez tout bien fait comme elle a dit et que vous avez utilisé Fer-nand, votre doux, votre tendre, votre merveilleux fer, vous devriez avoir ça: à l'extérieur:

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Et ça, à l'intérieur:

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Là vous avez fait le plus dur, allez-donc prendre un peu de nougat basque (j'ai pas dit la plaque entière) avant d'attaquer le bas.

Etape 3: Coupez le bas de la doublure et tout pareil que pour les hauts, coutures anglaises et on repasse-on repasse-on repasse. Faites l'ourlet. Pour avoir un résultat propre, je vous encourage vivement à consulter ces tutos. Le bas doublure est prêt.

Vous préparez le bas de la robe et vous faites un ourlet mouchoir ou roulotté, comme-tu-veux-tu-choises. Vous remarquerez d'ailleurs que sur la photo l'ourlet de la jupe est bien plus fin que celui de la doublure, c'est vers ça qu'il faut tendre pour garder le côté dansant du vêtement.

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Etape 4: Vous assemblez ensemble et en même temps tous les hauts et bas. C'est un peu lourdingue toutes ces épaisseurs de tissus, mais je ne suis pas inquiète, vous y arriverez très bien. Vous surfilez très solidement les surplus de couture, puisqu'ils vont servir de coulisse à l'élastique de taille et je trouve ça bien plus propre que la coulisse par surpiqûre autour de la robe.

 

Etape 5: Un dernier coup de fer (à ce stade c'est l'idylle la plus passionnée entre vous, mieux que dans les romans-photos de Nous Deux) et une petite ceinture plus tard, vous obtenez cette petite merveille qui vous donne l'impression d'être une pure nymphe, y compris quand vous écoutez Cannibal Corpse à plein régime.

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Une chose ou deux avant de clore le chapitre; Tout d'abord le blog vient de dépasser les 100 000 vues; Je tenais à remercier mes parents sans qui rien n'aurait été possible, mon clavier d'ordinateur, sans qui rien n'aurait été possible et puis vous chers lecteurs, sans qui... complétez avec la formule consacrée. Et comme je suis à la pointe de la Technologie (ouais, bon, d'accord, au bout de 6 ans fallait s'y mettre), j'ai activé la fonction newsletter, si, si, je vous assure, je suis trop une ouf. Bref vous savez quoi faire.

Sinon la prochaine fois, si vous êtes sages, je serai assortie au ciel estival.

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13 août 2014

Le Théorème de la Loose

  Il est des moments dans la vie de tout être pluricellulaire, où on a l'impression que toutes les forces de la nature sont contre soi. Peut-être qu'elles étaient aigries par le mauvais temps, peut-être que le grand barbeq' annuel des Forces de la Nature a été annulée, peut-être qu'elles avaient trop rien à faire vu qu'il y'avait pas match ce soir. On se retrouve donc aux prises avec ce grand farceur de Destin, dont l'humour parfois lourdingue nous échappe tout bonnement.

J'ai longtemps hésité quant à l'exemple à vous donner pour illustrer mon propos. Celui que je me propose d'exposer, hélas vous verrez que ce dernier terme est plus qu'approprié, est d'une violence telle que je vous demande d'ores et déjà de vous assurer qu'il n'y ait pas ni nains, ni gerbilles ni même de  grand-mère grabataire dans le coin; je tiens pas à ce qu'on me colle un procès après. Je souhaite préciser que toute ressemblance avec une quelconque cérémonie ayant eu lieu en juillet 2002 serait purement fortuite. Ces préalables étant posés, commençons:

Vous ne savez pas (encore coudre), vous êtes invitée au mariage de votre soeur, et même elle a fait la folie de faire de vous son témoin. Vous avez accompli votre rôle à la perfection, elle a toute une collec' de photos dans un appareil jetable, prises à son enterrement de vie de jeune greluche, où elle fait la bise à des inconnus soigneusement selectionnés par vos soins (édentés, avec un t-shirt de Johnny, borgne) et qu'elle pourra regarder avec tendresse lors de ses noces de platine. Il vous reste donc maintenant le côté plaisant de la chose, agiter les bras en poussant des cris de souris de 50kg et acheter une ROBE.

Vous trouvez votre Saint Graal tout de suite: une merveille blanche imprimée de grandes fleurs gris perle très greluche et romantique, avec jupon asymétrique délicat et bout d'épaule sensouale ma pas voulgaire. Après avoir vérifié en sortant de la cabine que votre précieuse n'est pas transparente, vous bigophonez la frangine pour lui demander si vous pouvez acheter une robe blanche pour son mariage, parce qu'il s'agirait pas non plus de rouler une pelle au marié ou de cuver son champagne dans la chambre des heureux époux. Mais la frangine s'en cogne comme de l'an 40, elle a autre chose à faire, elle doit choisir entre Framboise écrasée et Vert pousse de saule pour ses faire-parts. La machine infernale est dès lors en marche.

Arrive le jour fatal. Vous arrivez tout juste à la cérémonie. Tout se passe au mieux, si ce n'est que le curé raconte une obscure fable mettant en scène des porcs-épics avec un accent du Burundi à couper au couteau. Vos petits cousins gloussent et vous leur décochez un regard assassin mais digne de grande dame. Vous avez voulu vous la péter en choisissant de lire un extrait du Cantique des Cantiques, vous déchirez grave dans votre robe, vous espérez secrètement que tonton Hubert filme ce moment de gloire.

Dès le début y'a un truc qui va pas. Bien qu'on ne puisse pas négliger la charge érotique de ce texte biblique (si, si, relisez), vous vous apercevez qu'un certain nombre de vieux Messieurs dans l'assistance vous couve d'un oeil égrillard. Ce n'est qu'une fois au vin d'honneur, en vous regardant dans la baie vitrée de la salle que l'horrible vérité vous saute aux yeux (z'êtes bien la dernière d'ailleurs) : la lumière de la boutique était trompeuse et la robe ne laisse rien ignorer de votre anatomie joufflue (en plus pour pas marquer vous aviez mis un string). Quand vous posez la fatidique question à votre Z'Hom personnel (des fois que c'était juste une illusion d'optique), celui-ci répond avec un sourire un tantinet narquois qu'il y avait tout un rang de retraités qui pour une fois étaient contents d'aller à la messe. Vous finissez par rentrer rapidos mettre un jean pour couvrir ce fondement qu'on ne saurait voir, mais que tout le monde a vu quand même. Exit Albertine en fleur, bonjour la pecnode exhib...

Bref tout ça pour vous énoncer cette vérité fondamentale, la loose est toujours proportionnelle aux précautions ou conditions favorables dans lesquelles vous croyiez vous vautrer ad vitam aeternam. Ma loose de cet été est quand même un cran en dessous. Si vous avez suivi, je suis maintenant dotée d'un nombre d'heures de loisirs indécent vu que je suis débarrassée des nains jusqu'en septembre et que j'ai plus à potasser le concours de Super-prof. Je suis donc dans les meilleures conditions requises pour transformer l'intégralité de notre maison en dressing. Mais en fait, non.

J'ai tout planté depuis 1 mois:

-la blouse Carme (mauvais choix de tissu, impossible de faire de belles surpiqûres)

-la robe avec dos ouvert du Burda de ce mois d'août (erreur de couture)

-le pantalon carotte du Bubu d'avril ( fourche trop basse, modèle mal taillé)

-un boléro de chez Knit.1 en ravissante laine coton poudre (me va pas, moche)

Bref, du coup j'ai surtout des trucs de l'année dernière à vous montrer.

Voici tout d'abord le T-shirt moulti-tâches, pasque si vous le cousez pas avec les liens, vous pouvez le porter de multiples façons:

 

Le patron vient du Burda de juillet 2011 (une mine mais j'en reparlerai). Je m'aperçois que j'ai pas placé mon TS comme il faut vu qu'il plisse de façon fort peu avenante sur l'épaule, alors qu'en fait nan, c'est pas le cas. Je vous avoue que je l'ai peu porté, principalement parce que les points, faits à l'aiguille double, ne sont pas réguliers-au-garde-à-vous, merci au tissu trop fin. Mais comme ce modèle est surtout joli avec du tissu trop fin (Théorème de la loose qu'on vous dit)... Néanmoins je le vois bien en vrai cache-coeur avec manches longues pour cet hiver. Sinon pas de difficultés, c'est comme coudre un TS, tout pareil, aiguille ronde, tout ça...                                                                  

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Ensuite pour oublier le trauma de la robe de mariage j'ai cousu une jupe trop courte, dans l'absolu et pour mon âge canonique, avec crochet et fanfreluches du meilleur goût. Voyez plutôt:

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Là encore la climatisation du cuissot est assurée. Je crains d'ailleurs la pneumonie si je la sors avec les fabuleuses températures de ces derniers jours en Ile de France.

Petit zoom sur le tissu crochet qui vient de chez Stop Tissu. Le modèle vient d'un Bubu de 98 (ouais, je sais c'est has-been avec cette déferlante de patrons indé, mais moi j'aime bien), c'est une bête mini-jupe que j'ai doublée avec un coton blanc épais acheté chez Reine et qui donne de la tenue à l'ensemble.

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Enfin voilà un ravissant modèle de chez Phi-Phi, magazine 70 réalisé avec un vieux stock de coton de chez Zeemann, un discounter dans le style Tati mais en plus nordique.Pas de difficultés jusqu'à l'encolure qui devait être faite au crochet. C'est là que je pousse un cri d'horreur et qu'on me retrouve recroquevillée dans mon bac à douche. Je suis une quiche en crochet, j'ai donc emprunté un bouquin à la bibliothèque sur les encolures, choisi un truc qui pouvait faire Phildar like, et en voiture Simone. Du coup c'est un peu plus épais qu'au crochet mais je trouve ça plutôt joli et pis j'aime bien le côté greluche au fraise.

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Enfin, si vous avez eu le courage de lire jusqu'à là, je tenais à vous montrer ce que le lapin de Pâques m'a laissé sur ma table de couture ce matin. Quel fifou le lapin de Pâques, c'est même pas Pâques en plus, non, vraiment, je ne vois pas d'autre explication à l'arrivée de ce tissu sur ma table. Et là il y a un coupon de maille rayée, noir, bleu, violet avec des couleurs bien plus profondes que sur la photo, 2 coupons de jersey molletonné et un énorme coupon de tricot gris qui me fait d'ores et déjà les yeux de Chimène. Vous croyez que si je suis sage le Papa Noël va me ramener du velours?

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La prochaine fois, si vous êtes sages... je serai déprimée car ce sera la rentrée.

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11 juillet 2014

De la mode (avec des morceaux de Montesquieu dedans)

"Je trouve les caprices de la mode, chez les Français, étonnants", faisait dire ce bon vieux Montesquieu, Charlie pour les intimes, à ses Persans d'opérette il y a presque 300 ans, ce qui ne nous rajeunit pas (enfin surtout vous), soit-dit en passant. Le côté changeant de la chose semblait le défriser carrément, mais s'il était revenu d'entre les refroidis, il serait sans doute moins étonné par le bouleversement des "Tendanches", en perpétuelle évolution à chaque saison, que par le paradoxe du modeux.

                                                                                                 

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Pour ceux qui n'ont pas fait le doctorat "Reine du shopping" à l'Université C. Cordula, ou qui s'obstinent à porter des collants chair alors que "Ma Chéwwiiiieeee, ça va pas dou tout, c'est pas magnifaïque", il convient de faire une piqûre de rappel.

Au commencement était la gonzesse normale. Appelons-la Josiane (comme le prof de Techno moustachu qui me sert mon café au boulot).

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Josiane porte des jeans, des t-shirt et s'achète, dans un accès de fantaisie délirante, une robe de temps à autre pour aller à un mariage, Josiane est un esprit simple, les portes du Paradis Fashion lui sont donc grandes ouvertes, Amen. Sauf que Josiane ne peut rester ainsi dans son innocence et ignorer éternellement l'existence des Stilletos; un jour, elle passe devant une boutique Koo*les. Dès lors son destin est scellé (à relire avec la voix de Pierre Bellemare), quelque chose lui sussure qu'il lui faut absolument s'acheter cet incroyable pantalon boyfriend, trop classe pour se singulariser au Carrouf de Nogent-le-Rotrou.

Et c'est la chute. Une étrange voix roucoulante sortant de son téléviseur lui ouvre la voix de la connaissance "Ma Chéwiiiiieee tou es un H", des commandements en lettres de feu s'inscrivent sous ses yeux ébahis dans le Elle du mois de janvier et lui intiment "Singularisez-vous (courez chez Ma*e et S**dro).

Josiane comprend que son but est de s'accomplir, d'être unique dans ce monde de "putains de conformistes", tel un gothos dans South Park.

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Un désir irrépressible s'empare d'elle et la pousse à aller dépenser l'équivalent d'un rein (plus une portion du gros côlon) chez Héloïse & Rousseau pour s'acheter un pull trop classe (qui boulochera au 1er lavage). Dès lors la métamorphose s'accélère: Josiane se fait un teint glossy mais nude (comprendre terreux et grassouille) et porte pour rehausser sa carnation un merveilleux ràl rouge-orangé-super-pointu-dans-la-tendance qui rehausse surtout ses dents jaunes. Elle apprend les lois du coiffé-décoiffé et porte une espèce de masse de cheveux roulée en boule au sommet de la tête qui lui donne un air faussement désinvolte (comprendre: qui prend quatre plombes et qui lui donne l'air d'une vieille souillon). Mais la descente aux enfers ne s'arrête pas là: pour montrer combien elle est originale et singulière Josiane crée son blog de mode; elle y "mixe" (comme si le verbe mélanger n'existait pas) des pièces vintages, voire rétros, jupes à losanges verts, marron et roses ou veste sans manches en pur poil de Bobtail que Tata Simone portait dans les années 70, avec des pulls en grosses mailles acrylique du Norvégien (pasque dire M&H c'est pour la plèbe).

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Alors que Josiane est persuadée d'être une fille cool et pas du tout une figurante de l'attaque des clones, elle monte à la Capitale et là, stupeur, tremblements et paradoxe, on y est, elle s'aperçoit que 70% des spécimens féminins qu'elle croise portent des bonnets, des lunettes chinées chez un petit fripier (en fait c'était plutôt la brocante de Puttelange-aux-lacs) et des manteaux boyfriend qui leur donnent l'air d'être avalées par leurs propres vêtements. En voulant se distinguer, Josiane est tombée dans le paradoxe de la modeuse.

Y'a-t-il une leçon à tirer de tout cela? Je vous laisse juge, dépatouillez-vous, l'est tard et je suis trop occupée à digérer ma moussaka.

En attendant je vais vous montrer du pas du tout fashion, vu que je lis pas Elle et que je fais qu'est-ce qui me plait.

Donc à l'heure du faussement négligé j'ai cousu cette robe super chicos avec le patron 3503 de chez Simplicity, avec the fronces sur les épaules qui vous filent un charisme glamour super travaillé à la Rita-Hayworth et des découpes en font l'antithèse à peu près exacte du pull mollusque de chez le Norvégien.

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Voyez plutôt (et ignorez le pansement très distingué sur le décolleté, c'est pas pour casser le côté classique de la robe et lui donner un côté fun-destroy-trop rock'n'roll, c'est juste que je me suis fait charcuter un grain de beauté):

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Au début je me suis dit que y'aurait pas de défi: du jersey, pas de fermeture éclair, bref de la couture en charentaises (c'est la couture avec des charentaises, et non pas "mixer" la robe avec des charentaises). Mais la difficulté est d'abord venue du jersey, le tissu, parfait pour un t-shirt, s'est avéré un peu mou pour la robe. Il s'est ajouté un gros souci avec le patron: partie sur la taille 6, je me suis très vite aperçue qu'on pouvait aisément caser l'intégralité de l'équipe de Français de mon collège dans le dedans. J'ai retaillé dans le tas, mais la ceinture était encore trop large. Avant de tenter de mettre fin à mes jours en regardant l'intégralité des Anges de la Télé-réalité, j'ai tout démonté et j'ai fait des pinces au dos de la robette. Du coup ça va beaucoup mieux et avec une ceinture noire pour casser un peu l'uniformité du truc et une paire de talons haut je me sens très holywoodienne (ouais, bon, sans la chevelure flamboyante et le nichon arrogant). J'aime particulièrement le dos qui est très gracieux, voyez ici (et puis concentrez-vous sur la robe, pas sur le mollet blanc qui pique l'oeil):

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D'ailleurs on m'a moult complimentée sur cette robe, mais je ne me tortille pas de bonheur en rougissant et en gloussant de plaisir vu que je garde en toute circonstance un détachement Marlène Dietrichien.

La 2ème pièce que je vais vous montrer est non seulement en opposition contraire avec les préceptes de Sainte Christina (Lé boléro ma Chéwiieeee ma c'est has-beeen!!!), mais en plus il est pas rétro et je m'en tamponne le coquillard au fond d'un seau vu qu'il me restait une pelote et que j'aime pas gâcher. Il s'agit de 29 years, un modèle disponible gratuitement ici, sur Ravelry, et qui a l'avantage d'accommoder intelligemment vos restes laineux. La photo n'est pas très bonne, le rouge flashy du Cotton light de chez Drops est compliqué à prendre en photo, surtout quand les trombes d'eau qui tombent depuis une semaine vous font une lumière crépusculaire, mais la forme est toute simple et le point dentelle facile à faire:

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Je le porte au boulot pour pas avoir les épaules nues quand je mets un haut à bretelles devant mes nains remplis d'hormones.

Valà, c'est tout pour aujourd'hui. J'ai bien conscience de vous avoir montré des trucs pas très palpitants techniquement, mais la prochaine fois, si vous êtes sages, vous aurez droit à un chemin de roses

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15 juin 2014

Vol au-dessus d'un nid de (petits) coucous

Quand j'étais minus (et le 1er qui me dit que le dessous des bras me chatouille quand je traverse une moquette pure laine, va mal finir), donc quand j'étais minus disais-je, je voulais être psychologue. Enfin je voulais être aussi danseuse étoile, journaliste, archéologue, mais en aucun cas je n'aurais voulu être prof. Jamais. Plutôt manger du choux de Bruxelles à tous les repas, ou regarder des photos de lapins sur une table de dissection. J'ai donc pas fait psy et au sortir du long nuage éthylique que furent mes études, je me suis retrouvée un matin devant une classe de 6èmes. 

                                                                                   

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Remettons tout de suite les choses à leur place. Il circule en effet des tas d'idées reçues sur ces êtres étranges que sont les petites classes et il est de mon devoir d'atomiser les préjugés, tel un Einstein de l'Educ Nat'

- "Le 6ème est petit et choupi" : FAUX _ En plus d'avoir une hygiène parfois douteuse, le 6ème a le nez qui produit des substances purulentes dans toute une gamme de couleurs fort peu avenantes, de septembre à juin. Matières qu'il prend un plaisir sournois à partager avec ses camarades en ne se mouchant jamais ou alors en tapant régulièrement des mouchoirs à son prof (j'ai une dette, chez Kleenex, du montant du PIB du Quatar).

- "Le 6ème est un être pur et innocent": FAUX _ Si en septembre vous les entendez se rouler de rire parce que l'un d'entre eux a placé le mot "caca d'oie" dans sa production écrite alors que vous essayez péniblement de les sensibiliser à la beauté de la poésie japonaise, en juin il s'avère qu'ils se sont surtout très bien sensibilisés au langage nettement plus fleuri des 3èmes.

Wesh boloss 1- Haïku de la vioque 0...

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-"Le 6ème d'aujourd'hui maîtrise les nouvelles technologies": FAUX_ Un beau matin j'ai naïvement amené la horde en salle info. Au bout de 05 minutes j'avais un concert de hurlements prépubères collectifs en La mineur "Madame, MAdame MADAAAMMMMMMEEEE, ça marche PASSSSS". Alors que je leur avais dit d'allumer l'ordinateur, mes 28 nabots étaient presque tous en train d'appuyer frénétiquement sur l'écran en s'étonnant que rien ne se passe. Et je vous passe la séance de recherche sur Internet, trop de rock'n'roll tue le rock'n'roll.

Bref, moi les 6èmes j'en voulais pas à la base, j'aime pô les petits. Ben j'ai été gâtée cette année, j'ai pu réaliser mon rêve de bosser dans une ambiance digne d'un HP albanais en surpopulation. Y compris le lundi à 8 heures du matin... Normalement à cette heure-là de la semaine, ils dorment encore. Mes coucous, eux, étaient en pleine forme. A croire que les parents les séquestrent dans la cave tout le w-e et ne les relâchent que pour les confier à leurs pauvres enseignants, ce dont je ne peux pas les blâmer du reste.

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J'ai pu donc expérimenter tous les troubles de l'attention possibles et imaginables, courir sous les tables pour récupérer un morveux en train d'imiter Rambo rampant dans les rizières, écouter avec compassion le minot qui scie sa table aux ciseaux à 1 mètre de mon bureau et qui hurle "C'est pas moi" alors qu'il a, à ses pieds, un fort beau tas de sciure qui n'était pas là au cours précédent. Mais je tiens à remercier mes nains, ma voix est surentraînée, Angela Gheorghiu je te prends quand tu veux sur le final de la Tosca.

Du coup j'ai compensé, comme d'hab, à grands coups d'aiguilles de toutes tailles.

J'ai d'abord fait ce ravissant petit haut:

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Je suis tombée sur feu Picasa, sur des scans du magazine Female. Vous connaissez mon amour pour les patrons japonais; quand les photos ne sont pas hideuses, les vêtements tiennent plus du parachute que de la ravissante tunique. Il se trouve que dans female, une bonne partie des patrons est présentée sous forme de schémas avec les mesures précises. Armée d'un perroquet, le fessot à l'air, étalée très gracieusement au milieu de ma salle de couture, j'ai reconstitué le patron. 

 

 

 

 

Un petit coupon de coton viscose déniché au marché de Clichy-Montfermeil plus tard, et hop, j'avais ma blouse très jeune fille en fleur. Le tout fait en un temps record, si ce n'est la parementure intérieure que j'ai fixée à la main, ce qui m'a pris plus de temps que la couture de l'ensemble. M'enfin porter un truc avec des finitions moches ça me gâche le plaisir.

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Et puis comme il fallait se rendre à l'évidence: le printemps était là dans mon jardin et sur les tronches de mes collégiens, il me fallait un nouveau short. J'ai choisi ce modèle du Patrones 244 "Joven", histoire de continuer à croire que j'ai le cuissot d'une candidate au baccalauréat, et j'ai sorti un reste de coupon gris perle dans lequel j'avais déjà coupé une robe style hôtesse de l'air de la Panam avec jambon apparent.

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Je suis restée dans l'étalage charcutier même si j'ai rajouté 5 bon cm d'ourlet à la chose. Sinon tout s'est passé tranquillement, même si la surpiqûre blanche me convainc moyen et qu'en revoyant la photo je m'aperçois que ça taille, in fine, assez petit. Voyez plutôt:

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L'homme a un voile libidineux dans le regard quand il le regarde, donc j'imagine qu'il me moule le fondement comme il se doit et non pas comme un saucisson d'âne entravé dans une ficelle corse. Voici une photo de détail. Vous omettrez de remarquer que ce short est un peu froissé, vu que vous avez été bien éduqués, contrairement à mes 6èmes.

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Enfin je vous présente mon Précieux du moment. Le modèle est le Summer Blooms shawl d'Interweave Knits de l'été dernier. J'ai utilisé un reste de Mérinos et Soie utilisé pour un gilet fait à Z'hom (oui, je sais, il est trop gâté). Je me suis un peu vautrée sur le motif à la fin, m'enfin, je m'en fous, l'amour ça oublie les défauts (ouais, bon, en théorie, hein Z'hom?). Voici ma merveille; chaude, douce, légère. 

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Déplié il doit faire dans les 1m60 de tendresse absolue. Look at the délicatesse of the truc. Oui, je sais, vous êtes amoureux (-se), c'est normal.

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Et puis tiens, un détail du motif. Celui que j'ai réussi. Parce qu'à quoi ça sert d'avoir un blog si on peut pas se faire mousser un peu?

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Je vous conseille donc de me congratuler copieusement parce que la prochaine fois, si vous êtes sages, ce sera St Jacques et Corail pour tout le monde

 

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22 mai 2014

Game of Super Prof

Aaaaahhhhh, un an!!! Sur le plan gestationnel, l'éléphante à côté c'est Fat and Furious sous amphèt'. Mais pour me faire pardonner y'a un lien avec plein de patrons gratos trop chouettes à la fin (non je n'achète pas mon lectorat).

Bon, je vais pas vous faire le coup du "J'étais occupée", "Je me suis exilée dans un ashram pour retrouver mon Moi dans l'dedans de moi-même" ou encore, comme le dit jadis un grand philosophe des temps modernes: "Je pouvais pas j'avais piscine".

Nan, l'affreuse, la terrible vérité, c'est que j'ai rempilé pour le concours de Super-Prof, parce que si les élèves eux le savent, fallait quand même que je montre à quelques honorables membres cravatés du Mammouth, que moi aussi je faisais partie du Club et que je pouvais porter le collant et la cape aussi bien qu'eux. Faut croire que j'ai fini par les avoir à l'usure, parce qu'ils ont fini par me le donner ce pu...., je veux dire ce doux, ce tendre, ce merveilleux concours (à dire avec la voix suave et l'oeil mouillé).

                                                          

Y'a eu d'abord les écrits, ou comment suer sang et eau sur un corpus "France et Poésie".

A 9 heures du matin, dans une salle surchauffée, après une nuit de 3 heures ponctuée de rêves à base d'humiliations diverses et variées, c'est rude. Je vous passe aussi les pulsions meurtrières quand les chers collègues candidats passent bruyamment à côté de vous en martelant un sol dont le lino fait joyeusement "Scrouich Scrouich" à chaque pas, alors que vous essayez de trouver autre chose à dire que "Ben dans ce poème y'a des métaphores".

Le lendemain j'ai du me battre avec une dissertation au combien passionnante sur Dame Sévigné et les lettres qu'elle écrivit à sa pauvre fille qui n'en demandait pas tant. Ou comment pondre un devoir avec une réflexion fine et universitaire sur une belle doche envahissante qui répète sur 350 pages "Bouh et que je suis malheureuse!!! Bouh et que je mange du melon tristement ma bonne!!!! Bouuuuhhh!". Autant vous dire que je suis pas prête de la fréquenter à nouveau la mère Rabutin.

                                                              

                                                             (Rabutin sa mère!!)

Ajoutez à ça les 6 semaines avant proclamation des résultats de l'écrit, ponctués de "Mais si je vais aux oraux! Nan en fait j'ai raconté que du bullshit dans mes copies. Mais quand même y'avait des trucs qui se tenaient". Bref j'ai eu de longs et passionnants débats avec moi même, mais je vais pas en faire des recueils de 350 pages qui deviendront des oeuvres au programme de "Super Prof: The Big Challenge".

Je passerai en partie sous silence le clic qui m'a appris que j'allais en finale (on a hésité, avec ma collègue également admissible, à faire le tour du bahut en hurlant "On est les champions"), la retombée dans la dure réalité "'Tain je sais rien, j'ai pas assez bossé, je vais me faire laminer", les 3 semaines avant l'épreuve "Boooouuuuuhhh, je suis trop NULLLLLLEEEE, j'y arriverai JAMAIIIIIIISSSSS" et les oraux où gonflée par l'énergie du désespoir, je suis allée au combat, engoncée dans mon habit de lumière (un tailleur pantalon noir et une chemise dans le plus pur style cadrounet). La lutte fut belle et noble et je l'emportai grâce à la Littérature médiévale alors que j'étais une quiche (le 1er qui dit Lorraine..) en fac. Comme quoi, je savais que regarder en boucle Game of Thrones n'était pas une perte de temps.  

 

 

 

 

 

 

Toujours est-il que là c'est fini et que je peux donc vous montrer des trucs vu que j'ai repris tout ce qui est bon dans la vie: la tartiflette, le Pessac Léognan, la couture et le blog. J'ai pleiiinnn de trucs à vous montrer mais je vais commencer doucement.

Tout d'abord je suis tombée, il y a peu de temps, sur le blog de liola: Liola patterns.

La demoiselle avait besoin de testeuses pour un nouveau patron. Ni une ni deux votre serviteuse se propose et se voit pourvue d'un fort joli patron; le cardigan Molly. Une plongée dans mes tissus et j'en sors un coupon de maille acrylique que je désespérais d'utiliser un jour, vu que c'est pas ma couleur, que j'aime pas le Lurex et que les rayures c'est pas mon truc (me demandez pas pourquoi je l'ai acheté, ce sont les mystères de la pulsion textile, ça ne s'explique pas).

Bref, je me suis dit que ça ferait une toile très correcte avant de trouver un tissu plus mieux. Le patron est super facile à coudre, car bien expliqué, le modèle est confortable, et fermé sur le devant il peut faire assez habillé. Attention, si vous aimez les gilets très enveloppants, passez votre chemin, mais pour chauffer vos n-épaules jolies quand vous portez un haut fin, il est parfait.

Voici donc mon cardigan Molly dans le plus pur style folk- je suis un écureuil de Corée:

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Et une petite vue de côté pour vous montrer les détails de constructions qui sont vachement sympas.

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Puisqu'on en est dans les couleurs automnales tellement en phase avec la grèle, le vent et les averses de ces derniers jours, voici un petit pull d'été issu d'un catalogue Bergère de France de l'an dernier. Pour moi Bergère de France ça me semblait aussi glamour qu'un bas de contention anti-variqueux, mais je me fourvoyais follement. En fait y'a du sexy chez ces gens-là (répétons-le, la Lorraine c'est Grrrrr Miaowwww).

 

Du coup j'ai fait ce petit pull,Bergère de France, magazine 166, printemps-été, femmes, catalogues mais comme je souhaitais tester la Natura de chez DMC, j'ai changé la laine. Le modèle est très simple, original et bien taillé. Sauf qu'il est un peu court et que jouer à Britney Spears devant mes boutonneux je suis pas sûre que ce soit très productif en ce qui concerne la maîtrise de l'accord du participe passé des verbes réfléchis.

Du coup comme j'ai eu la flemme de remonter des mailles en bas, je le porte avec un caraco en dessous et Basta cosi.

 

 

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Quant à la Natura, j'adore, elle donne un résultat très régulier, voyez plutôt:

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et la tenue est excellente. Ici vous avez un gros plan du pull un an après tricotage et avec lavages réguliers en machine. Ben ça n'a pas bougé d'un poil. Autant dire que je vais réitérer.

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Bon si vous avez lu jusque là c'est que vous êtes rentiers, que vous avez enchaîné vos enfants à la cave ou alors que votre chef est en pause café depuis deux heures. Vous avez donc le droit d'aller voir là: Papavero est un site polonais sur lequel, après inscription, vous avez accès à tellement de patrons chouettes que vous allez en pleurer de bonheur (voire vous allez encore oublier votre progéniture un jour ou deux dans la cave). Dois-je vous achever en vous disant que beaucoup de patrons sont disponibles de la taille 32 à 52 (amies crevette et belle plante le bonheur est à portée de click).

La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous raconterai mon immersion dans Vol au dessus d'un nid de coucou.

 

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06 mai 2013

La Fille du chantier

Vous en avez rêvé ? La Noueuse l'a fait: 2 posts en moins d'une semaine, c'est Nawel avant l'heure (ou alors très en retard). Non, ne me remerciez pas, vraiment, ça me gène, c'est cadeau. Sachant que je vais très bientôt partir pour le monde merveilleux des travaux, je profite donc d'une (très) relative oisiveté pour vous écrire une bafouille. Autant vous dire que ça rigole moyen dans la chaumière à l'idée de retrouver la truelle et le rouleau...

                                                                                

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D'abord parce que je suis née avec 2 mains gauches, certes, mais encore coiffées de moufles, ce qui vous l'avouerez est un peu handicapant. Il suffisait de me voir suer sang et eau sur le montage d'un jouet Kinder surprise (instrument du démon entre tous), pour s'apercevoir de l'étendue des dégâts. L'Auteure de mes jours en a d'ailleurs un jour fait les frais.

Que je vous raconte: Mounette of Love est arrivée un matin avec une paire de ciseaux, me demandant de lui couper quelques pointes. Après un exposé fort développé sur l'art capillaire à travers les âges, exposé qui m'avait d'abord fait bailler comme une horde d'huitres sauvages, je m'étais saisie de l'effroyable instrument du Destin. Telle une Parque du dégradé-effilé, je m'apprêtais à commettre un ignoble, mais involontaire, attentat  contre le glamour maternel. Oubliant donc les précieux conseils (le fameux syndrome du "cause-toujours-tu-m'intéresses" adolescent), je tranchais dans le tas. Vous imaginez l'effroi quand je me suis aperçu que les cheveux mi-longs de Mummy étaient devenus un charmant carré destructuré. Euh, très destructuré... Voire franchement novateur.

                                                                                 

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Bref, vous pensez bien que mon art capillaire était trop visionnaire pour ne pas être méprisé. J'ai donc tiré les leçons de cet échec et je me suis retirée définitivement du monde de la coiffure.

Je me suis évidemment bien gardée d'avouer mon peu d'habilité à Z'hom quand on a acheté la Casa dolce Casa. De toute façon Z'hom ne sachant rien faire d'autre de ses 10 doigts que démonter des micro-P, je me disais que mes inaptitudes passeraient inaperçues et que de toute façon,  notre maison était une perle qui ne demanderait aucun arrangement et qu'ainsi je pourrais continuer à me moquer copieusement du chromosome XY qui partage ma vie.

Sur ce coup là j'ai été gourdasse comme une oie du jour (ou comme une hypertrophique glandulaire de télé réalité), on s'est vite rendu compte qu'il faudrait mettre la main au béton. Z'Hom a fait ce qu'il fait depuis l'adolescence, il a donné une dimension geek au bricolage. Du coup il est devenu bon, voire très bon, voire parfois plus tatillon qu'un jury d'Agrégation (et pan!). Moi je fais charmante assistante: je ponce de la poutre, je fous des coups de burin sur des murs, j'enduis à tout va, je m'emmerde fais la queue chez Leroy Merlin le dimanche alors que Z'Hom gambade tel un cabri folâtre dans le rayon menuiserie, le tout vêtue d'un très seyant jogging en polyester fuschia. Elégante en toutes circonstances vous dis-je. Bref, alors que ma moitié d'orange s'éclate carrément à péter des blocs de béton à la pioche, je me fais violence pour pas répondre à l'appel de la pelote.

Néanmoins, il reste quelques plages de détente où Z'hom ne m'oblige pas à assister à ses poussées de crises cimentières et j'ai donc produit 2 ou 3 petites choses que je vais m'atteler à vous montrer.

Tout d'abord ce petit gilet d'été en lace couleur naturel de chez Drops. C'est tout petit, ça a l'air de rien, mais ce gilet a été un énorme boulet. Je ne le dirai qu'une fois, ouvrez bien vos portugaises, attention, c'est d'une rare violence, je vous avais prévenu. Faudra pas venir vous plaindre après.  Bien, prêtes ? Aiguilles...2. Oui, je sais, ça fait mal, on a l'impression de faire du sur-place, au bout de 10 heures de tricotage intensif et on se demande juste "Mais pourquoi? Pourquoi s'infliger ça?"_ comme certaines émissions de télé ou certains concours de la Fonction publique.

Et puis arrive le jour béni de l'assemblage et on oublie tout en touchant cette merveille de finesse et de douceur. Voyez plutot. 

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Voici le boulet version 2012, bien plus joli en vrai qu'en photo. Bref, c'est là que je suis sortie de ma torpeur extatique pour m'apercevoir avec horreur que ce petit gilet n'allait avec rien. Il parait que ce soir là on a entendu, sur les coups de 20 heures, un long cri de terreur jusqu'aux tréfonds de mon quartier...

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Ah oui, j'oubliais, le patron qui s'appelle Bel, vient du livre Whisper de Kim Hargreaves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du coup en cousette je suis tombée dans la facilité; reprise du pantalon Burda d'avril 2009, dit aussi "le patron aux 1000 versions". J'avais un coupon de serge blanc cassé un peu courtaud, m'enfin j'avais décidé que ça passerait." Dans l'atelier de couture il y a 2 types de personnages: ceux qui tiennent les ciseaux et ceux qui sont coupés. Toi, j'te coupe...". Bon, du coup il est un peu feu de plancher mais avec une paire de ballerines ça va. Je n'ai pas fait de ceinture montée, je n'avais vraiment plus assez de tissu.

Voici l'avant: avé le cuissot moulé post-tartiflette, tendance exhib du nombril.

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Voilà l'arrière avec traces de culotte apparente, après le jogging fuschia, je n'en suis plus à une faute de gout près.

 

 

 

 

 

 

Enfin j'ai repris le patron du top noeud-noeud de mars 2012 et je l'ai rallongé pour en faire une robe. Elle est confortable à mort et j'ai passé quasiment tout l'été dernier dans le dedans, sauf quand j'étais en jogging de chantier.

                                                                             

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Le jersey avait été acheté il y a des plombes au marché de la Croix Chavaux à Montreuil. Voilà le détail du motif "Printemps sous acides". 

                                                                              

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La prochaine fois, si vous êtes sages, je pêcherais   par le corail.

 

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