12 juillet 2008
Japoniaiseries
Merci de votre sollicitude et de vos témoignages nombreux sur les aléas de l'apprentissage à rouler sur les vieilles et les teckels. Je vais, sans aucun doute, passer mon code le mois prochain, et, avec un peu de chance, je participerai bientôt avec enthousiasme, au remplissage quotidien de la rubrique chiens et percepteurs écrasés.
Evidemment ce ne serait pas de vraies vacances si je ne partais pas vadrouiller par monts et par vaux toute la sainte journée. Je me suis donc rendue avec Gally, ma copine de la mort qui tue sa race, à la Japan Expo, il y a une semaine.

Passons sur le fait que l'âge moyen du public vous donne l'impression que vous avez la fraîcheur d'une vieille tranche de salami oubliée en plein cagnard. J'avais malgré tout mis au point un camouflage djeun's qui devait me rendre mon apparence perdue de jouvencelle et tromper le boutonneux prépubère, pantalon pattes d'éléphant obèse, coiffure ultra méga fun. J'attendais Mamzelle Gally et sa copine Lucie dans cet accoutrement, quand une gentille dame vint m'accoster pour me demander mon chemin. Et bien malgré ma djeunsitude évidente, elle m'a quand même gratifié d'un aimable "Merci beaucoup Madame!". Et soudain je me suis sentie très lasse...
Néanmoins j'ai passé une bonne journée. J'ai vu un défilé de cosplay (costume imitant les personnages de mangas ou de jeux vidéos)
, des démonstrations de jeux vidéos vous rendant plus ridicules les uns que les autres et puis aussi Dorothée, impayable dans son rôle de momie vivante. Un bel avenir dans le cinéma fantastique lui est promis.
Gally a décidé que l'an prochain l'attraction ce serait nous et que j'allais endosser le costume de Nico Robin:
Pas de doute que là aussi on risque de m'appeler Madame, mais pas pour les mêmes raisons que celles citées plus haut.
Alors que nous errions, de façon nonchalante, entre les stands de vêtements divers et variés, je jouais à mon jeu préféré, l'agaçant "ça je sais faire, ça aussi", Gally est tombée en arrêt tel un braque de Weimar devant un lapin neurasthénique, pile poil face à un très joli kimono japonais.
Bien sûr, il a fallu que je dise "ça je sais faire", la demoiselle m'a alors fait des yeux de chaton orphelin et c'est comme ça que je me suis lancée, sans filet et sans patron dans la confection d'un magnifique peignoir japonisant avec obi assorti:
Pour le patron je vous renvoie à ce site. Y'a pas plus simple, 4 rectangle, deux triangles pour les côtés et vous voilà prête à devenir la Geisha du quartier, pour peu que porter un chignon de 4 kilos 15 heures par jour et vous noircir le chicot ne vous fasse pas peur.
J'ai également profité de mes longues journées d'oisiveté pour me confectionner un pantalon d'été confortable dans un coupon de lin turquoise que j'avais acheté l'an dernier.
Je suis partie de ce patron Burda de juin 2004, admirez le tissu du modèle, monument élevé au bon goût vestimentaire germanique, sans vouloir être mauvaise langue:

Une fois n'est pas coutume, ce fut un rêve de patron, avec un rêve de tissu à coudre et le résultat est nickel:
Je me sens comme elle
, sauf qu'au niveau du tigre y'a comme un problème, je n'ai en effet qu'un félin dégénéré cérébralement qui se laisse pousser la panse dans des proportions réellement déraisonnables: 
J'ai également fait cette jupe sur la base d'un patron de jupe crayon qui est devenu un classique. Vous excuserez l'aspect froissé de la chose, mais l'atmosphère ne se réchauffe, hélas, pas entre mon fer et moi.
En revanche, y'en a un qui chauffe c'est mon vieil ordi. J'ai eu la réjouissante surprise de sentir comme une odeur de tranche de pain de mie coincé dans le grille-pain, alors que j'allumais guillerette pépère (là je parle de mon ordinateur, Z'hom, lui n'est pas du genre à fondre de la carte-mère pour si peu). L'informaticien du logis m'a alors annoncé sans ménagement que j'avais épuisé Pépère 3ème du nom et que sous peu, il allait rendre le Bios dans un grand Bip-bip d'agonie.
Vous vous en doutez, moi qui aime mon PC d'amour, j'étais au désespoir, il me fallait un réconfort. J'ai donc commandé ça:

...afin de me consoler de cette mort annoncée.
Sauf que le lendemain, sous l'oeil incrédule de Z'hom, c'était reparti comme en 14 et mon fidèle Pépère ronronnait à nouveau comme n'importe quel micro-processeur qui se respecte doit le faire.
De toute façon Pépère sera bientôt en vacances, car je suis venue vous dire que je m'en vais, pour prendre un repos bien mérité loin de Nogent-sur-Marie Chantal.
J'emporte d'ailleurs dans mon petit panier les morceaux de mon Arlésienne de pull (on en entend parler mais on le voit jamais) et, mes parents étant équipés, du fin-fond de leur brousse d'une connection somme toute honorable, je vous dirai un petit mot, voire deux avant mon retour dans la verte et riante région parisienne, début août.
28 juin 2008
Liberty je chéris ton nom
A y est, les surveillances et corrections du brevet de ces chères têtes blondes (vous remarquerez que je n'ai pas ajouté pensantes) sont finies, autant dire que, malgré quelques réunions de fin d'années qui se transforment parfois en concours de ronflements baryton en La majeur, j'inaugure une période totale de glande intensive de deux mois.
Sauf que pour la maîtrise de paresse appliquée va falloir que j'attende, puisque c'est un été chargé qui s'annonce.
Tout simplement parce que cet été je renoue avec l'examen abécédéisé. Je me suis mise à la révision, ô combien enthousiasmante, des panneaux de signalisation, règles de passage et tableau des délits et contraventions.
Vous l'avez compris, cet été c'est bachotage du code de la route.

Que je vous explique... Je suis une quiche de l'embrayage, une traumatisée de la pédale qui, il y a onze ans, avait déjà passé 4 fois la conduite sans être foutue de l'avoir. Imaginez ma rage, mon désespoir, ma Clio Williams tunnée ennemie quand je rentrais broucouille et que je voyais mon ectoplasme de voisin, casquette Momo Tunning à moitié vissée sur la tête, protégeant une boîte crânienne avec un QI qu'on ne renierait pas dans les parcs ostréicoles de Marenne, astiquant ostensiblement ses jantes chromées sous mes yeux hébétés. Ben vous êtes encore loin du terrible sentiment d'échec qui m'habitait.
Seulement j'ai fini par promettre à Z'hom, affolé par l'idée que je puisse me faire agresser par un troupeau de mémères sanguinaires en goguettes dans le RER de 23h45, de le passer et surtout d'obtenir le petit papier rose. Du coup va falloir que je le bosse vraiment cet exam. J'en ai déjà des vapeurs...
Pour oublier combien ma vie n'est que souffrances et désillusions, j'ai sorti un coupon qui ressemble à du Liberty, qu'a la couleur du Liberty, mais joie et félicité!!! qui n'en a pas le prix.
Depuis 3 mois je louchais sur ça:
J'ai donc fait ma version, et après moult retouches car, faut bien l'avouer, pour une fois Burda a fait quelque chose d'étrangement coupé...
J'ai eu l'heureuse surprise de me sentir un peu entravée du postérieur. Bien qu'il m'arrive de gonfler un peu de la fesse gauche après avoir fait bombance sans modération aucune, j'ai fini par comprendre ce que pouvais ressentir une Morteau ficelée dans les règles du lard.
Pour le dos et la taille, ça a été le contraire. Il s'est avéré que, même modifié, le patron aurait pu convenir à Gretchen, championne d'ex RDA en nage papillon 1975.
Voici quelques photos (où hélas l'objet du délit est bien moins joli qu'en vrai) pour vous montrer à quel point j'ai été méritante sur ce coup-là:
Pour fêter ça je suis partie terroriser le vendeur de tissus de Nogent et je suis revenue avec deux coupons. 
Avec le jersey je vais me faire un truc dans ce goût-là:
Genre Top Fashion hyper tendance pour frimer au CDI cet hiver (c'est quand même The place to be, le CDI).
Le tissu brique c'est du damassé selon le brave commerçant, c'est marrant, je voyais pas ça comme ça le damassé... Bref, il a de fortes chances de finir en robe vaguement hippie tirée des annales 1974 de Lutterloh.
Enfin, concernant l'avancement de mon pull... J'ai déjà parlé de mes rapports conflictuels avec le permis, on va pas multiplier les sujets qui fâchent...
La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous parlerais de mes instincts basiques...
21 juin 2008
Echec mais pas encore mat
Oui, je sais ce que vous allez me dire, "Qu'est-ce que t'as foutu Poulette, ça fait des plombes qu'on t'as pas vue!!!" (je tiens aux trois points d'exclamations qui, comme vous l'explique le Magnard de la Grammaire p134, est un signe de ponctuation exprimant un sentiment fort).
Bref, il se trouve qu'une fois l'an, à peu près, j'ai un métier. Entre les bulletins, les cours à rattraper, la dernière ligne droite des Everests de correction, sans compter les réunionnites aigües qui frappent tout bon collège dès la fin mai, je me suis retrouvée vidée, lessivée, avec la fermeté morale d'une moule décoquillée.
N'ayant donc rien à vous présenter je vous ai laissés vous morfondre dans un état, je n'en doute pas, proche du désespoir le plus sordide.
Sauf qu'étant presque libérée de mes obligations auprès de mon groupe d'Attila en culottes courtes, je m'y suis remise. I'm back tel le Terminator femelle de la couture.
Pour me mettre en jambe, que j'ai légèrement boudinée puisque la correction d'âneries adolescentes muscle moins bien le quadriceps que 5 séances hebdomadaires de Wii fit (Z'hom, toujours très poétique me surnomme amoureusement ''le veau marin''), j'ai décidé de faire dans le facile, le clinquant, le gratifiant à peu de frais.
J'ai ressorti le Patrones d'avril 2007. Admirez la bimbitude de la paillette, la grelucherie du fuschia:
Je ne suis pas allée à fond dans le style cannoise en goguette, mais j'ai sorti un joli satin avec des imprimés furieusement 70's et ça donne ça. Et Z'hom trouve son veau marin terriblement sexy avec ...
Entre deux lectures de chef d'oeuvre poétiques de 6ème (j'ai eu droit à 12 odes aux dauphins, 4 sonnets sur les poneys et 6 rondeaux sur les Power Rangers), j'ai remporté une enchère sur un manuel de la coupe d'or des années 50.
Je suis plus mode des années 70, mais j'aime beaucoup le côté bourgeoise-proprette-balai-coincé-quelque-part de la chose, bref c'est de super bon goût, j'ai limite envie de me laisser pousser la jupe à plis et le serre-tête en velours mais certains modèles pourraient être facilement adaptables au goût du jour.
Z'hom ayant sans doute subtilisé vicieusement le cable USB du scanner, je ne peux que vous montrer cette photo d'un des modèles pêchée sur internet:
C'est pas tout ça les gens, mais va falloir bosser un peu. Je me retrouve face à un grave dilemme, que même Corneille (Pierre, pas le chanteur de soupe Knorr), en aurait pas imaginé un pareil. Vous allez donc, dans votre grande mansuétude, m'aider à faire un choix.
Un des copains de Z'hom a succombé lui aussi à cette épidémie qui consiste à se trimballer habillé en pingouin au bras d'une dame blanche meringuée pendant une journée dans le but de prononcer un mot à 3 lettres devant un honorable membre des Etats Civils. Et on est invités, comme on est bien vus et qu'il est de notoriété publique qu'on sait à peu près se tenir durant les cérémonies. Il me faut donc une robe. J'ai, par conséquent, après une sélection extrêmement difficile, choisi deux modèles. J'hésite entre cette petite robe froufrouisante qui aurait l'avantage de dissimuler au yeux du monde qu'il n'y a presque personne au balcon:
Ou celle-ci, avec laquelle je vous ai déjà cassé les pieds:
Pour la dernière j'aurai déjà le tissu, une dentelle de coton mauve de toute beauté et que j'avais achetée sans savoir exactement ce que j'en ferai:
Voilà, exprime-toi, Ô peuple!
Pour finir, des nouvelles de mon pull. Comment vous dire à quel point il me déprime? J'ai envie de me coucher dans mon bac à fleurs rien que d'y penser. Voyez-vous même:
Y'a comme un problème. Je vais planquer la différence de taille de bretelles dans les coutures, parce que s'il faut tout défaire c'est Xanax direct.
La prochaine fois, si vous êtes sages, vous plancherez sur la question suivante "Le liberty implique-t-il tout refus de contrainte", y'a pas de raison que ce soit ces pauvres terminales qui se tapent tout le boulot.
30 mai 2008
L'Esprit Greluche
Je vous ai caché une vérité affreuse. Malgré des études doctorales plus que sérieuses sur un sujet qui intéresse deux étudiants (enfin un seul depuis qu'on a retrouvé le deuxième desséché et oublié dans le fond de la salle des ouvrages de phonologie appliquée) et trois profs de fac bedonnants et grabataires, malgré, disais-je, un mépris affiché pour la chanteuse qui brame et les reportages de fond sur la cellulite de Paris Hilton, malgré tout cela donc, je dois l'avouer, au fond de moi, tout au fond, je suis une horrible greluche.
Il a suffit de la visite de Nini, ma soeurette (celle du Gers, celle qui murmurait à l'estomac de Z'hom) dont le splendide bonnet est encore dans toutes les mémoires (sinon je ne vous félicite pas et vous invite à relire au plus vite l'intégralité de cet indigeste blog, c'est la moindre des choses, nonméo), pour que je me transforme en créature gloussante et shoppinguisante.
J'ai beau me gratter le derrière de façon peu amène dès que je pose un pied par terre le matin, j'ai beau avoir chanté sur un album de punk indus comportant des titres aussi primesautiers que "Gay boys in bondage" (d'ailleurs en écrivant ça je me dis que ça va me drainer un tout nouveau public), j'ai beau connaître par coeur l'intégrale de Tonton Georges et avoir régulièrement de féroces envies de chanter "Fernande" à tue-tête quand j'explique les subtilités du Subjonctif imparfait à mes terribles 4ème, je ne puis échapper à mon naturel, qui comme chacun le sait, revient parfois au galop.
La preuve par l'image: il y a un an et demi je tombe en extase sur un coton de soie au marché de St Denis. Le dit coton est ROSE. Pas rose à moitié, pas rose un peu vert bouteille, mais un vrai rose, indien qui plus est, le genre qui flashe et qui vous transforme en balise Argos même dans une foule aussi compacte qu'une manif pour le pouvoir d'achat.
Etape 2, je tombe amoureuse de ce modèle dans le numéro de mars de Burda:
Admirez la girlitude du petit noeud-noeud sous la poitrine, admirez la kawaïté des petites manches ballon. Sauf que je suis une fille organisée (sauf quand il s'agit de rendre des copies corrigées) et prévoyante (sauf à 8 heures du matin en semaine quand il s'agit de donner mon 1er cours de la journée) et que je regarde toujours là avant de coudre quoi que ce soit.
Or, Enfer et Damnation!!! Qu'apprends-je? Les petites manches froufroutantes ne permettent pas de lever le bras.
C'est là que je commence à turbiner du ciboulot et que je décide de remplacer l'objet du litige par des manches papillons, qui font aussi velu autour du genou que Vincent Mc Doom lâché un jour de soldes chez Christian Lacroix.
Ceci me permet à la fois, d'assumer ma grelucherie une bonne fois pour toutes ainsi que de lever les bras, ce qui, vous le conviendrez, est vachement pratique.
Bref, voilà le résultat, un peu froissé parce que mon fer est à bout de souffle et vachement moins beau qu'en vrai:
Devant tant de greluchité, j'ai décidé d'aller jusqu'au bout dans la thématique. J'ai commandé là, tout ça pour une poignée de dollars:
J'ai eu l'adolescence pustuleuse et pris la sale habitude de me tartiner l'épiderme de trucs plus ou moins recommandables. Ce n'est que récemment que j'ai arrêté de me maquiller comme une starlette cannoise à chaque fois que je descendais acheter une baguette. Je me pomponne quand même tous les jours ne serait-ce que pour éviter les accès de panique dûs à mon teint d'albinos en phase terminale.
Bref, j'ai découvert le maquillage d'Everyday mineral il y a peu et c'est vachement pas cher, vachement efficace, vachement pas testé sur les bestioles (j'aime pas les bestioles mais j'aime encore moins les voir souffrir pour que des rombières se tartinent la tronche avec de l'anti-machin) et on vous file en plus des échantillons gratos si vous en demandez. J'ai donc décidé, chère lectrice pimpante et coquette, dans ma grande mansuétude de te faire profiter de mon plan qu'il est bon.
Pour achever un compte en banque sous assistance respiratoire, je suis passée à la librairie de la mode pour y acheter le nouveau Patrones sur la couverture duquel une créature, que même il en existe des pareilles que dans les bouquins de Théophile Gautier, porte lascivement une blouse Paul et Joe.
Je vous préviens tout de suite, si on aime coudre compliqué et si on aime le super sophistiqué le numéro est décevant, y'a de la robe housse, de la tunique housse, de la salopette housse, bref tout dans le glamour qui permet de laisser pousser le ventre à la ni vu ni connu j't'embrouille.
J'ai quand même retenu ça, un petit t-shirt que je compte un jour faire avec un empiècement de dentelle, histoire que ça fasse encore plus viril:
La blouse cache-misère pour les jours où je me jette comme un fieffé pourceau sur les calamars à l'armoricaine de Jolie Maman (qui fait du Miam tellement bon que je me goinfre sans limite tous les dimanche et que même je me demande à chaque fois comment j'ai fait pour survivre):
Et la petite robe avec vision panoramique intégrée mais sans le tulle qui fait Colombine-cul-cul-la-praline:
Au rayon tricot, voici le nouveau modèle, en fil mauve pour changer du rose, qui stagne sur mes aiguilles:
Il est en fil croisière et en détente qui comme leurs noms ne l'indiquent pas sont une invitation à un tricotage pour l'enfer. M'enfin quelque chose me dit que je serai bien contente d'avoir un pull d'été qui me laisse respirer le dessous de bras.
C'est là, cher Lecteur, que tu interviens. On voit bien sur la photo que le pull c'est du jersey envers. Or, je suis face à un cruel dilemme. J'ai le choix entre faire tout pareil que Mme Phildar, ce qui donne un résultat doux, mais un peu rustique, non pas que ça sente la chèvre, simplement c'est légèrement irrégulier:
Ou alors je choisis le côté endroit qui est plus net, plus au cordeau, mais dont les couleurs sont moins douces:
Donc cher Lecteur, exprime-toi, je choisis Papa ou Maman? La poire ou le fromage? La peste ou le choléra?
La prochaine fois, si vous êtes sage, je vous remettrais à contribution. Enfin même si vous êtes pas sages d'ailleurs.
15 mai 2008
Gene Kelly
Après la pluie le beau temps. Sauf que souvent femme varie bien fol celui qui s'y fie, il a suffit qu'on flirte avec le 30° pour que je me mette à rêver de bons gros nuages bien velus afin que je puisse faire le remake de ce brave Gene qui dansait comme un clampin à en choper une pneumonie alors qu'il pleuvait des cordes dans le célèbre "Dansons sous la pluie".
Non pas que j'ai eu la nostalgie des cours dispensés par ma prof vénérée d'Anglais en 6ème, bouledogue hargneux à qui je dois un blocage sans doute définitif par rapport au prétérit et qui nous avait fait brâmer pendant deux semaines ce monument de la chanson américaine sans que nous n'y comprenions rien.
Je n'ai pas plus eu la nostalgie (quoique...) de ces soirées alsaciennes où, après avoir supporté de façon active la culture du houblon et de la vigne locale nous avions brâmé, encore, avec un troupeau de femelles aussi dégénérées que moi, cette sublime bluette sous l'oeil médusé des passants (faut dire qu'il faisait une chaleur d'enfer et qu'il était pas tombé une goutte depuis des lustres), se demandant comment de si petites choses pouvaient faire autant de bruit.
C'est juste qu'après une période de pause que vous aviez sans doute remarqué, vu que c'était comme le port Salut, c'était marqué dessus, j'ai fait à nouveau ronronner Titine 2ème du nom.
Vous vous souvenez sans doute de cette petite veste, style vêtement de pluie, de rien du tout, du Patrones de janvier:
Ben j'ai fini par trouver THE tissu qui va bien pour la faire, épais mais pas trop, un chouïa stretch, pas compliqué à repasser, de préférence un coton et surtout sable, pas beige, ni camel, mais sable.
Le brave marchand de tissus de Nogent a d'abord voulu me refourguer un lin bleu clair. Devant mon faible enthousiasme (le côté froissé je-dors -avec -ma-veste, je suis moyen chaude), il a patiemment sorti ses coupons un à un. C'est la que SC, Super Chieuse pour les intimes , a donné toute la mesure de ses super- pouvoirs. Au bout de 40 minutes et du déballage du 412ème coupon, j'ai décidé que finalement c'était le deuxième qu'il m'avait sorti, oui, la popeline ravissante sous la trèèèèèèèsssss grosse pile, qui se rapprochait le plus de ce que je voulais. Depuis ce jour, étrangement, je sens l'inquiétude poindre dans l'oeil de l'aimable commerçant à chaque fois que je ramène mes augustes miches près de son stand.
Le résultat le voilà:
Honnêtement, hier en montant le col j'y croyais pas. C'était bizarre, tordu avec un col qui ressemblait à un calzone à moitié cuit. J'étais déjà au bord d'investir dans une bonne corde et un tabouret solide. Sauf que, dixit mes proches qui sont tous des mauvaises langues, c'est bien connu, je suis têtue comme un troupeau de mules tyranniques. Du coup j'y ai passé l'aprèm sur mon col, j'ai remonté deux fois le truc, mais après m'être épuisée à appuyer de mes petits bras musclés avec mon fossile de fer à repasser, j'ai réussi à faire une veste perfectible (et encore, y'aurait pas grand chose à modifier) très mettable et dont le côté chicos me permet de me fondre dans la faune nogentaise (me manque plus que la tignasse péroxydée et le fond de teint pâté en croûte pour que le camouflage soit parfait).
Là c'est l'heure du remerciement spécial: en effet, je n'aurais jamais triomphé de l'infâme fer à repasser sans l'aide de Zhom qui m'oblige, depuis lundi, à une séance de torture quotidienne avec ça:
Les z'amis de Z'hom ont cru bon de lui offrir une Wii pour célébrer son pas de plus annuel vers la sénescence et l'andropause (ouais,je sais, je vais moins rigoler quand ce sera mon tour, sauf que je suis relativement protégée de l'andropause). Z'hom a donc décidé de pimenter notre vie de couple en investissant dans une Wii-fit, une espèce de machin en plastoc qui vous prend au dépourvu et expose à la face du monde que vous avez pris 8 kilos depuis une semaine parce que contrairement à ce que vous aviez promis, manger des légumes chaque jour, vous avez bâfré en une semaine l'équivalent de la production annuelle de cantal.
Pire, alors que vous affichez une petite trentaine rayonnante, Wii-fit vous dit avec une voix énervante que vous avez la forme d'une ménagère de 45 ans.
J'ai eu encore plus envie de noyer mon chagrin dans le pâté de lapin (avec une lichette de Touraine).
Quel rapport me direz-vous? Ben ma devise c'est jamais, ô grand jamais!!! de sport. D'abord ça fatigue. Et je déteste être fatiguée. Sauf que là j'en ai fait quand même...
J'ai jamais réussi à faire une pompe, mais devant l'air enthousiaste de Z'hom pour son nouveau jouet, j'ai essayé de faire un truc barbare du nom d'équilibre latéral.
Z'hom a frôlé la crise cardiaque en me regardant faire, il hurlait de rire et a tenté de m'arracher la promesse que je démissionnerai sous peu pour monter un spectacle comique où je ferais, je vous le donne en mille, une pompe (cela dit je pourrais en monter un où il fait la vaisselle).
Bref, je pense que le 8ème de pompe que j'ai fait ce soir là m'a mise ne condition dans cette farouche lutte à l'écrasement d'ourlet au fer.
Du coup j'en veux pas à Z'hom. Enfin pas trop...
Pour finir des nouvelles de mon gilet qui est fini et monté depuis belle lurette. Il n'est, finalement, pas trop petit, il est d'ailleurs plutôt pas mal même si je trouve les mailles un peu trop grosses (sans doute n'ont elles jamais eu la chance de faire du Wii fit).
Le voici porté par la toujours charmante Lucette Van Poupoule:
Là c'est l'heure du remerciement spécial n° 2: merci les filles (et les gars si y'en a ), pour vos messages du dernier com', du fond de mon trou ça a été une bouffée d'oxygène.
La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous ferais la demi-lune (nan, y'a rien de paillard là-dedans bande d'esprits mal-tournés).
29 avril 2008
Pouce!
Je vous remercie pour tous vos commentaires. Je risque de ne pas être là pendant quelques semaines. Beaucoup de choses très accaparantes à gérer, je vais sans doute mettre aussi mes activités manuelles entre parenthèses pendant un temps. Je vous répondrais dès que je le pourrais. Bisous à toutes...
23 avril 2008
En attendant l'été
Me voici revenue d'un long weekend-end dans la capitale de la saucisse, du pinard blanc qui fait voir en triple exemplaire et de l'audace architecturale laissant perplexe (il a poussé un étrange champignon orange appelé Zénith de Strasbourg par les autochtones).
Bref, vous avez compris, j'étais là:

C'est à regret, après avoir mangé des frites fluos, pogoté comme un lapin atteint de la danse de St Guy pendant 10 heures presque non stop de concerts, hurlé des trucs bizarres et sans doute incompréhensibles pour le commun des mortels (une sombre histoire de hamster portant un nom latin), croisé notre bien-aimé ministre de la Déchéance nationale, que j'ai regagné mes pénates.
Bref, je suis fatiguée, d'autant plus que Z'hom m'a filé ses crobes la semaine dernière, transformant mon nez mutin en groin coulant jour et nuits des trucs indistincts. Du coup j'ai décidé de me faire une petite soupe, même qu'elle est bonne ma soupe, même que c'est un bonheur régressif qui pour un peu vous ferait pousser le chignon et le tablier à fleurs, comme celui qu'a Mémé.
Donc, au commencement était le bordel:
Z'hom est allergique à la vaisselle, sauf quand elle est propre et rangée. Donc, après avoir rangé, exténuée, j'ai fait ceci, à partir d'une recette de SuperToinette arrangée, un tout petit peu, à ma sauce.
Pour mener à bien cette mission, il vous faudra:
-Un petit bout de comté (ça tombe bien y'a un tout petit morceau qu'avait échappé à ma surveillance pourtant étroite du frigo)
-une boîte de fonds d'artichauts
-un poireau
-3 tomates fraîches ou une petite boîte de tomates pelées
-ail (là j'y suis allée joyeusement, j'étais malade)
-gingembre (ouais, bon, j'ai toujours eu l'esprit de contradiction)
-1 petit pot de crème épaisse
-un peu de muscade
-des herbes diverses et variées
Z'avez tout? Alors c'est parti! Vous lavez le poireau (y'a pas de sous-entendu, bande d'esprits mal-tournés), et vous l'émincez assez fin, de préférence sans se couper un doigt, parce que sinon c'est moins drôle. Vous enlevez le germe de l'ail, sinon en plus d'avoir la crève, on a aussi mal au ventre, puis vous le mixez avec le gingembre qui a été épluché également.
Si vous êtes une grosse feignasse comme moi vous ouvrez votre boîte de tomates et vous faites encore un peu de bruit avec votre mixeur, histoire de vous brouiller pour toujours avec vos voisins. Sinon vous ébouillantez la gracieuse pomme d'amour et vous vous crâmez les doigts en l'épluchant, puis vous mixez.
Vous mettez dans une cocotte ou un wok vos fonds d'artichaut préalablement émincés, la tomate, le poireau, l'ail et le gingembre et c'est parti mon kiki, vous faites mijoter tout ce beau monde à feu doux (comme un homme au temps béni des débuts, en somme).
Puis vous ajoutez la crème et vous touillez dans la joie et la bonne humeur. Vous assaisonnez avec du sel, du poivre, de la muscade et au bout de 20 minutes vous mixez à nouveau (à ce stade de la recette les voisins complotent tous afin de vous virer manu-militari de l'immeuble pour pouvoir à nouveau regarder Questions pour un champion dans le silence le plus absolu). Enfin vous saupoudrez avec le comté que vous avez consciencieusement râpé (après s'être envoyé la presque quasi totalité de la tranche).
Vous ajoutez des herbes si vous voulez et vous invitez les voisins à une soupe-party (je sais c'est conceptuel), non seulement ils ne veulent plus vous voir partir mais en plus ils décident que votre appartement est très accueillant, en particulier à l'heure des repas.
Après un bon potage quoi de mieux que de se coudre une robe d'été légère? J'ai pris un autre vieux coupon qui dormait au fond de l'armoire ainsi qu'un vieux Burda qui dormait aussi sur le dessus d'une étagère.
Je me suis dit, trop simple, je vais boucler l'affaire en deux temps trois mouvements.
Que nenni!!!
Les bonnets se sont avérés trop grand, les pièces bizarrement taillés, bref rien ne concordait. Au bout de quelques heures d'énervement, j'ai fini en bidouillant des pinces partout, à faire un truc portable.
Je sais pas vous, mais l'essayage c'est ce que je préfère. Je me glisse donc dans ma petite robe ultra_sexy, super- fashion, über -tendance. Et là, c'te saleté de fermeture éclair refuse de remonter jusqu'en haut, je me suis mise à sauter de façon frénétique en tirant le zip vers le haut.
C'est connu, je suis plus têtue que n'importe quelle fermeture vicieuse, j'ai donc fini par ramener la chose à la raison. Je me regarde alors passablement satisfaite quand je vois, juste sous mes aisselles, deux petits bourrelets de chair qui me narguent ostensiblement, chose inédite puisque j'ai plus le physique de Kate Moss que de Marianne James. Là je vous avoue que je me suis sentie encore plus fatiguée. En bidouillant encore j'ai réussi à faire rentrer tout ça, sauf qu'il me sera interdit, quand je porterai cette robe, de lever les bras.
C'est alors que mon oeil glisse vers le décolleté qui ressemble à deux boules de glace prête à exploser tellement j'ai bien réduit la taille des bonnets avec mes pinces.
Il m'est donc également interdit de respirer fort ou de me pencher sous peine d'en perdre un, voire les deux, pour la plus grande joie de mon entourage masculin.
Pour finir quelques nouvelles du front de mon gilet (euh, je suis pas sûre que ça se dise). Finalement, avec un petit blocage, tout est rentré dans l'ordre, voyez vous-même (modèle présenté par la charmante Lucette Von Poupoule).
Du coup j'ai tricoté le 2nd devant et la 1ère manche est en cours.
La prochaine fois, si vous êtes sages, je danserai sous la pluie.
PS: Merci les filles de penser à moi pour les tags, je suis méga flattée et tout et tout, mais alors que j'adore les lire sur le blog des autres, c'est un genre d'exercice qui ne m'inspire vraiment pas.
12 avril 2008
Dies irae
Voilà un titre en souvenir pompeux et pédant de ces années où d'inconscients bureaucrates de l'Education Nationale m'avaient laissée sévir en tant qu'enseignante de la belle langue de Cicéron, qui comme chacun sait veut dire "Pois Chiche", ce qui me laissât longtemps perplexe quant au génie universel qu'était ce grand scrivaillon romanorum, jusqu'à ce que j'appris qu'en fait, ce sobriquet il le devait plutôt à ce qu'on appelle de nos jours un poireau, qu'il portait tel une Cindy Crawford décadente. C'est fou ce qu'on apprend sur ce blog quand même...
Tout ça pour dire que Cicéron on s'en fout, mais que c'est bien Phildar qui est à l'origine du deuil dont je porte le fardeau.
Vous vous souvenez d'Amande douce, mon pull en Aurore que je compte chérir jusqu'à la fin de mes jours et peut-être même après (oui, j'ai l'affection débordante, c'est tout moi ça)? Et bien alors que je me baladais, pure et innocente de l'horreur qui allait me déferler dessus, sur le forum Tricotin, j'ai vu un post intitulé: "Suppression de l'Aurore". Je sais, ça vous fout un coup, à moi aussi ça m'a fait ça. Il y avait eu des signes avant-coureurs que je n'avais pas su, ou voulu comprendre. Phildar fait -50% sur cette laine depuis 2 mois... Du coup j'en ai commandé illico un stock, que voici:
Mais il fallait quand même que j'en aie le coeur net. J'ai posé la question à la diligente Mademoiselle Phildar de Bry-sur-Marne, qui est allée jusqu'à vérifier dans sa paperasse de franchisée. Elle a relevé lentement la tête d'un air consternée, et me ménageant autant que possible, l'oeil mouillé, elle m'a annoncé la triste nouvelle. A pus, fini, nada...
J'ai été très digne, malgré une féroce envie de me rouler par terre en hurlant de douleur j'ai simplement dit merci à la dame et au revoir. Z'auriez été fière de moi. Depuis je lutte pour ne pas sombrer dans la dépression la plus noire, je lutte pour ne pas traîner en pyjama toute la journée, parmi les papiers gras et les cartons de pizza, je lutte pour ne pas passer le restant de ma triste vie à regarder les modèles du catalogue hiver 2006 n°453...
Du coup j'en ai pris assez pour faire un ou deux autres petits frères à Amande douce, mais je compte aussi faire ça en Ambre (le jaune un peu doré):
ce pull super chicos que même on pourrait le porter aux soirées de l'Ambassadeur (qui comme chacun sait sont toujours réussies):
ainsi que ce pull, en framboise, dont les explications me filent déjà la migraine pour les 6 mois à venir (ce qui va hautement réjouir mon très proche entourage):
En parlant aiguille, turlututu et chapeau pointu, voici le dos de mon gilet.
Vous remarquerez qu'il y a comme un truc qui cloche. J'avais pourtant fait un joli échantillon comme il faut, tout bien mesuré, bref, j'ai été THE bonne élève de la côte 1/1. Ben ça paye pas, je me retrouve avec un dos qui m'a l'air trop petit, je sais pas trop si c'est normal, si c'est du lard ou du cochon, du président de Gauche qui fait de la politique de Droite ou le contraire. Je vais m'acharner avec le premier devant, si je vois à la couture que ça donne rien, je jette l'éponge.
Pour toutes celles qui ont manifesté leur inquiétude, Zhom va mieux. Enfin il va mieux du bide, parce que du pif c'est plutôt coule-à-ton-nez, moutarde-dans-ta-face, bref, au lieu de me ramener de la saucisse de la superbe ville rose, il m'a apporté un ou deux virus exotiques qui l'obligent à se moucher matin et soir dans tout ce qui ressemble, peu ou prou, à du kleenex. Arf, j'aurais peut-être dû prendre une vieille carne au lieu d'un jouvenceau, c'est pas solide ces petites bêtes-là.
Bref, du coup j'ai eu le temps de coudre ma petite blouse Laura Ingalls, entre deux épisodes des Tudors (avec de l'hermine, du Français vantard, crado et mal élevé, comme doit l'être tout Français qui se respecte et de la scène de gaudriole toutes les 4mn53 à peu près). Et là je dois dire que Butterick ça tabasse sa Mémé, ils ont des explications en Français, avec des petits schémas mignons et tellement clairs qu'on devrait leur donner le prix Nobel de l'herméneutique couturière. Bref, grâce à eux, je vous annonce avec joie et fierté que c'est mon tout premier col que je pose de façon nickel. Voyez-vous même:
Le tissu était un peu tendu à coudre, du voile polyester qui ne trouvait rien de mieux que de s'effilocher dans la joie et la bonne humeur. Me méfiant de ma */?&"!§ de surjeteuse comme de la peste, j'ai tout fait en couture anglaise comme vous le voyez ici:
Seule critique, les quantités de tissus indiquées sont trop justes, j'ai du utiliser un reste de satin noir un peu épais pour faire la parementure, ce qui s'est avéré être un bon choix, puisque ça file un peu de tenue à la chose: 
Bref, j'en suis très fière, il est nickel, le décolleté préserve la décence de ce que cette radine de nature m'a donné, il n'est pas trop profond mais il ne fait pas non plus nonne et surtout, je n'ai eu à faire AUCUNE retouche. Allez, je vous en remets une petite dernière pour la route.
La prochaine fois, si vous êtes sage, je vous montrerai que "Prof de Français, c'est sexy" (si, si, j'vous jure).
03 avril 2008
De la sueur, du sang et des larmes
J'ai été absente longtemps, mais j'ai une excuse. Signée par maman et tout et tout. En fait on a failli perdre Z'hom. Je vous sens déjà frémissantes d'effroi mais rassurez-vous, Zhom va bien, sauf que Zhom va arrêter l'andouillette-frites dont il est friand pendant un certain temps.
Vous avez déjà eu sous la main un spécimen mâle redevenant malgré ses presque 30 ans et son mètre 80 au garrot, un petit garçon qui vous demande d'une petite voix de gros Viking souffrant si vous pouvez lui donner un verre d'eau, mais pas celle à température ambiante, ni celle où y'a pas de citron... Bref, il est impossible de coudre quoi que ce soit parce que vous êtes sollicitée pour border régulièrement votre monstre personnel et que vous vous inquiètez trop devant la pupille terne et la truffe froide de l'Aimé.
J'ai donc, au lieu de vous écrire un billet doux et bien senti, veillé Zhom en compagnie de Joli Papa tout un dimanche après-midi.
Mais j'ai quand même, malgré ma petite dame aux camélias agonisante, fait ceci à partir d'un Burda de juin 2004 que j'ai déjà utilisé plusieurs fois,car tel le Uncle Benz de la couture, c'est toujours un succès.
J'ai utilisé un reste de jersey conservé comme une relique puisque c'est mon premier coupon de tissu maille, acheté il y a deux ans chez Toto à Strasbourg.
Zhom revenu d'entre les morts a approuvé, c'est dire s'il est beau mon débardeur.
J'ai utilisé aussi un des patrons achetés un jour de lâchage de cheveux sur mon site de vente de patrons favori, ce qui m'a permis de liquider un autre reste de jersey extirpé des limbes de mes cartons à tissus.
Comme je suis une rebelle j'ai pas mis la petite dentelle, cependant tant de punk attitude devait être contrebalancée et j'ai fini par mettre des pe-perles comme sur le modèle d'origine.
Une fois n'est pas coutume, j'en ai pas fait qu'à ma tête de mule, j'ai suivi les indications et même si mon Anglais est poussiéreux, je dois admettre que New Look c'est bien foutu.
Le prochain projet ça va être d'utiliser le patron Butterick de chemisier que je vous ai montré la dernière fois. Est-ce l'approche de ce jour de deuil qu'est mon 31ème anniversaire? J'ai envie de blouse de pensionnaire, de robe à froufrous, en bref de jouer à descendre d'une colline en courant avec des jupes de calicot telle une vieille Laura Ingalls qu'aurait abusé de l'alcool de prune. Du coup je vais utiliser ça:
Un coupon acheté chez Mondial tissu en polyester brodé dans lequel je vais sans doute transpirer comme un boeuf mais je m'en fous pask'il est beau et que l'amour ça s'explique pas.
J'ai également commencé ça:
Que je vous raconte la génèse du truc. Au commencement étaient mes sinistres 4èmes, les terreurs du collège, au moins connus jusque dans les deux rues derrière la cité scolaire. Bref la pérennité en tant que plus beau groupe mafieux de Champigny leur est promise, entre les trafics de devoirs à la maison, les "J'dirai rien sans la présence de mon avocat" quand on les interroge sur la leçon de Grammaire à apprendre la veille, les règlements de compte dans les couloirs (M'dame, M'dame, David il est en train de maraver grave Alexandre dans le mur! - Non Brahim, on ne dit pas maraver grave on dit "David est en train de corriger avec une violence passible du conseil disciplinaire son petit camarade"), j'ai eu le temps de mettre en place une stratégie dans le genre dictateur africain, qui fonctionne.
J'attendais donc la réunion de remise des bulletins avec fébrilité... Résultat, je suis sortie de là, à l'heure où noircit la campagne, avec la vague impression d'être le Père Fouettard. J'ai fait pleurer un certain nombre d'élèves qui devraient normalement s'épancher ainsi quand ils reçoivent leur copie de conjugaison, mais aussi des parents. La prochaine fois je ramène direct une boîte de Kleenex et carton de Prozac.
Et qu'est-ce qu'on fait dites-moi quand on a la sensation d'être une Cruella sadique et vicieuse? Ben on se jette à corps perdu dans le tricot, c'est bien connu. Voilà donc le début de mon gilet, que du point mousse pour l'instant, le repos de l'âme, en laine Tamarina des 3 Suisses, lot que j'ai acheté dans une brocante pour des clopinettes et qui doit dater des années Get Up. Je le tricote en fil double et la couleur est un beau turquoise bien flashy qui mettra merveilleusement en valeur mon teint de bidet.
Pour achever de me consoler j'ai écouté ça, ainsi que ça. Bon je suis pas reggae ni lounge à la base, pour tout vous dire mon truc c'est plutôt le chevelu permanenté en moule- paquet léopard ou alors le chanteur à oeil de cocker sous prozac. Mais là c'est le groupe d'un copain et c'est bon, ,mangez-en, plein, oui, plein.
La prochaine fois, si vous êtes sage, je vous expliquerais le rapport entre les pouet-pouet du XVIème et la dentellite aigüe.
24 mars 2008
Joyeux Pinpin de Pâques
J'en profite, en tant que membre des traumatisées de la religion catho et de tout son folklore, pour vous souhaiter une joyeuse crise de foie.
Mémé est une espagnole pur jus et j'ai grandi entre les Maries clignotantes ramenées de Lourdes, les images souriantes de Jésus représenté comme un beau gosse blond (alors que si ça se trouve il ressemblait pas à Brad Pitt) et les médailles avec colombes sur le dessus. Tout cela m'a bien évidemment poussée à une aversion pour les bondieuseries de quelque origine qu'elles soient, mais je conserve quand même une certaine tendresse pour les grosses fêtes telles que Pâques où Noël, tout simplement parce que ça donne un prétexte pour se réunir entre frangines, manger de l'agneau tout mignon avec de l'ail et du vin blanc et voir mes nièces courir partout dans le jardin pour trouver des oeufs en choco qu'elles ne mangeront pas vu que c'est les grands qui vont tout se taper, jetant au feu les débuts de régime commencés après la lecture culpabilisante des magazines de mars qui proposent en choeur de s'affamer avant l'été. Les petites de toute façon, ce qui les intéressent, c'est le trucmuche en plastique qu'on va s'énerver pendant une demi-heure à monter parce qu'on comprend pas comment ça marche.
Bref, tout ça pour vous dire que Patrones c'est vachement bien foutu parce que Patrones, qu'est espagnol comme ma Mémé,et à qui j'avais rien demandé, m'a envoyé y'a 15 jours sa revue "Especial fiesta" (avec seveux sur la langue svp) pour que je n'arrive pas à la fête de Pâques dans une robe déjà portée.
Dedans y'avait ça:

et ça, que j'ai regardé avec concupiscence au moins une demi-heure, me retenant avec la dernière énergie pour pas prendre le 1er RER et aller me chercher un coupon pour me mouler dans un tissus à sequins faisant de moi la plus belle sardine pailletée du département. J'ai donc, dans un sursaut de raison, renoncé à une robe
que je ne porterai sans doute jamais.
Y'avait ça aussi, modèle ravissant sur le mannequin mais qui me donnerait certainement une allure de femme enceinte qui ferait fuir, à coup sûr,Z'hom en courant.
Et puis enfin y'a ça qui me trotte dans la tête, encore faudrait-il que je trouve un joli coupon en coton brodé, ce qui dans l'état de délabrement de ma raison dès qu'il s'agit de tissus serait dangereux pour mon porte-monnaie.
J'ai pas fait de robe. Trop la flemme après avoir goffiotté des kilos de chocolat affalée sur le canapé avec Z'hom me traitant jalousement de "truite" (il semble que ce sympathique poisson soit connu pour sa gloutonnerie), tout ça parce qu'à quantité égale de sucreries absorbées je reste plate de la bidoche tandis ce que Monsieur s'élargit du contour. Bref, du coup j'ai fait un pantalon Cacharel extrait du Patrones d'août 07. Voilà ma version, traficotée à Toshop, ma nouvelle obsession, pour plus de netteté, pas loupée, mais pas réussie non plus, la faute à moi qui, l'esprit embué par la digestion ai oublié de poser de la viseline sur un tissu ayant la fâcheuse tendance à faire des filoches pour mettre mes nerfs malades à l'épreuve.
Vous remarquerez les jolies fleu-fleurs printanières qui ornent le bas. "Beuh ça fait L", a dit Z'hom, ce qui tombait bien vu que j'ai effectivement hanté une classe de terminale L en mes grandes années.
Verdict, la taille est bonne, le pantalon monte haut, ce qui présente l'avantage non négligeable de rester décente quand je me baisse pour ramasser mes craies, mais j'accroche pas, et je pense qu'il va faire dodo quelques temps dans l'armoire.
Du coup pour me consoler j'ai commandé ces petites choses indispensables:
La prochaine fois, si vous êtes sages, je ferais la ronde, voire la révérence.

















































