Noueuse d'aiguillette

18 juillet 2015

Millepattes

Il fut un temps où j'avais deux pieds: le basique et celui pour les boutonnières, mais ça c'était avant que telle une Alice de la couture, j'entre dans le pays des Merveilles que y'a des trucs même pas tu soupçonnais qu'ils existassent. Ouais, j'aime bien le Subjonctif et je vous raconte pas comme mes benêts de 3èmes l'ont kiffé quand je leur ai fait le cours en fin d'année. J'ai cru à un moment qu'ils allaient le rapper et en les entendant scander "Il eut fallu que je fusse, il eut fallu que tu fusses, ect... " à l'unisson, je me suis sentie comme Julie Pietri au 3ème rappel de la foire aux vins de Gif-sur-Yvette.

Dollyjessy_Alice_AuPaysDes_Merveilles_Mariage3

Mais voilà, mes neuneus de 3ème ont (presque) tous eu leur Brevet et je me retrouve avec un vide intersidéral à combler. Je lis donc des trucs bien écrits (après m'être tapé des kilomètres de rédactions bourrées de fautes d'Orthographe toute l'année), je regarde pousser mes tomates avec ravissement tout en lorgnant du coin de l'oeil mes citernes de jardin se vider inexorablement (vous connaissez le syndrôme de l'agriculteur, jamais content du temps qu'il fait), je couds de la laine cashemire, mon précieux, par 37° celsius et comme le boulot me manque pas du tout, je vous fais une petite fiche révision sur les pieds de machine à coudre. Non je ne suis pas obsessionnelle, la preuve, j'ai renoncé à amener mon tableau numérique et ma MAC à la plage cet été, mais vraiment parce qu'on m'a obligé.

Y'a déjà plein de trucs 'achement bien faits là dessus sur le net, mais un peu à droite à gauche, ce post va juste permettre de s'y retrouver, de donner des liens utiles vers vidéos et tutos et parfois donner un avis sur l'utilité des trucs. Je laisse volontairement de côté le pied basique et celui pour les boutonnières automatiques, ceux-là tout le monde connaît et j'ai la flemme.

 

  • Le pied à broder transparent:

    pied-a-broder-transparent-7-mm

    si vous avez des motifs de broderie sur votre MAC et des monogrammes, il est fort probable que vous en ayez un. Il est également fort probable que vous ayez fait joujou avec 1/2 heure et que vous l'ayez oublié pour toujours ensuite. Pourtant il peut être très pratique, vu qu'il est transparent, pour border des appliqués, comme dans ce tuto de l'étoile de coton.
  • Le pied téflon:

    pied-teflon

    c'est un pied pour des matières techniques, celles qui vous collent aux cuisses par ces températures torrides alors que vous espériez vous prélasser sur votre canapé en cuir et qui font scrouich-scrouich à chacun de vos mouvements. Bref, ça entraîne les tissus comme le skaï, la toile cirée, le cuir.
  • Le pied point bourdon:

    pied-bourdon-singer-madam-tradition-initiale

    j'avoue que celui-ci je ne l'ai jamais utilisé et j'avais tort, parce que c'est comme le pied à broder transparent mais en mieux vu qu'il y a une petite encoche. Pour les appliqués c'est juste miraculeux, pour faire des festons tranquille-Mimile aussi et je vous invite à aller regarder ce tuto de l'Atelier d'Emma, d'une simplicité biblique, qui vous montre comment finir un bord avec un point de bourdon.
  • Le pied pose-bouton:

    index

    Bon, ce pied-là, je dois avouer que je m'en suis servie une seule fois (et c'est pas seulement parce que j'ai passé mon temps à m'amuser comme une petite folle avec ma nouvelle pince Kam). Bien utilisé, sur une floppée de petits boutons ça peut être pratique, mais, mais, mais, il faut, avant, trouver le bon réglage, pleurs et arrachage de veuch' en perspective et c'est valable sur un nombre limité de boutons. En gros ceux à trous et ne dépassant pas un calibre moyen. Vous pouvez cliquer là pour voir une démonstration de la chose (je déblatère mais quand je vais coudre des boutons au km sur des chemises cet hiver j'aurais sans doute un autre discours).
  • Le pied fermeture à glissière:

    pied-fermeture-a-glissiere

    la plupart des MAC sont livrées avec, mais si vous ne l'avez pas, autant vous dire qu'il faut investir de toute urgence. Grave. Non seulement comme son nom l'indique il aide à une pose propre des zips classiques, mais il permet aussi de faire des surpiqûres régulières pour peu qu'on prenne son temps et qu'on couse pas comme si on avait une armée de zombies en train de défoncer la porte de sa salle de couserie. Quand on pose une fermeture invisible il permet aussi de finir le bord inférieur sans qu'il y ait de trous. Je m'en sers presque systématiquement quand je couds.
  • Le pied pour fermeture invisible:

    pied_fermeture_invisble_catalogue_SA128

    Indispensable ou presque pour un résultat nickel. On peut s'en sortir avec le pied précédent, mais on va bien plus vite et c'est bien moins aléatoire qu'avec le pied pour zip. Un petit tuto pour celles qui n'ont pas encore dompté cette bêêête.
  • Le pied ourlet roulotté:

    images

    J'étais un peu réticente au départ, je maîtrise l'ourlet roulotté sans pied spécial_ genre la fille c'est trop un ponte de l'OR_ et ça me semblait un peu compliqué à utiliser. Mais sans le pied, c'est assez long et j'avais envie d'essayer. Sauf que j'ai pas RTFM (Read The Fucking Manuel) avant, du coup j'ai trouvé ça laborieux pour un résultat à peu près correct, en tout cas moins convaincant qu'avec ma méthode habituelle, surtout dans les courbes. Mais avec ce tuto de Christelle Beneytout (si tu passes par là Christelle, que les Dieux te bénissent jusqu'à la 7ème génération), ça va beaucoup mieux. Et si vous voulez une démo vidéo courte et efficace, allez voir là, chez Création-Partage.
  • Le pied point invisible

    Point invisible

    Autant vous dire que celui-ci j'étais sûre de ne jamais l'utiliser. Ma religion me l'interdit, l'ourlet invisible machine c'est le Mal absolu, faut pas, jamais, les points se voient TOUJOURS! Si vous l'utilisez vous serez foudroyé sur place et votre descendance errera dans les limbes avec des ourlets moches pour l'éternité. Mais, mais, mais, y'a une autre utilisation possible, pas orthodoxe, certes, mais pratique. En jouant avec la molette et la place de l'aiguille, ce pied permet d'avoir des surpiqûres bien régulières. Pas de tuto là-dessus, vous êtes grands et autonomes maintenant, je vais quand même pas me taper tout le boulot nanméo.
  • Le pied trois cordonnets:

    3 cordons

    Là j'ai pas d'avis sur la question, c'est typiquement le pied complètement dispensable, mais pour faire des effets de déco sympas, pourquoi pas. Si vous voulez voir le truc en action allez donc là.
  • Le pied surfilage:

    Surfil2

    Je ne m'en sers pas, paske je suis une sale nantie munie d'une surjeteuse. Mais pour les coutureuses en pleine ascension sociale qui passeraient par là, voilà une vidéo de chez Stecker qui vous aidera, à peu de frais, à avoir de jolies finitions.
  • Le pied patchwork:

    patchwork

    N'étant pas encore prête psychologiquement à faire du quilt, je ne m'en suis servie qu'une fois; je l'ai détourné de son usage pour surpiquer de façon régulière et parfois pour fixer des plis nervurés. Voici une autre vidéo de chez Stecker.
  • Le pied à rouleau:

    rouleau

    Voici le Kwiskas des pieds de MAC, l'ami des tissus difficiles. Sans lui j'aurais mis 4 ans et demi à coudre ma veste en peau lainée de cet hiver. A la limite il vaut mieux investir dans ce pied-là que dans le pied téflon. Pourquoi? Parce qu'il est plus polyvalent. On peut l'utiliser pour toutes les matières compliquées, celles qui traînassent sur la griffe d'entraînement comme un troupeau d'adolescents avant un cours de Grammaire; donc la peau lainée, le cuir et simili, le velours, l'éponge, le jean. Ce n'est pas miraculeux, mais ça aide énormément.
  • Le pied application:

    appliqué

    Je ne l'ai jamais utilisé, mais je ne désespère pas que ça arrive un jour. Il a un gros trou devant pour une bonne visibilité.
  • Le pied fronceur:

    fronce

    Je vais vous dire la vérité, celui-là me fait peur. Je veux bien que ce soit pratique une fois qu'on maîtrise, mais faut faire des maths!!! Je ne dis pas que je ne l'utiliserai pas, mais il va me falloir un certain temps avant que l'idée ait fait son chemin. Oui, je sais, on a les tabous qu'on peut. Voilà une vidéo assez complète pour utiliser le truc.

Enfin voilà les deux derniers pieds de ma collec' offerts par mes Jolis parents pour fêter ma marche inexorable vers l'incontinence et la presbytie:

-Le pied fermeture à glissière réglable:

ShowImage

au début je voulais un pied passepoil universel, mais je n'en ai pas trouvé pour ma machine. Du coup j'ai opté pour celui-ci, qui ressemble à celui dont je vous ai parlé plus haut, sauf qu'il est plus fin. Dire que je suis ravie de mon achat est un bien faible mot. Je l'utilise très souvent, il permet de piquer très près des bords et de faire, assez facilement son propre passepoil; je l'ai acheté et si vous avez la patience de lire la suite, vous aurez un exemple de ce qu'on peut faire avec.

-Le pied pose biais universel:

outillage-fdp-offerts-pied-pose-biais-unive-816491-img-0391-f7478_570x0

Je ne vais pas raconter d'histoires, les débuts ont été un peu difficiles. Il fonctionne très bien, mais mon encéphale très lent a mis du temps à comprendre comment le régler pour un résultat optimum. Après c'est que du bonheur, j'ai ourlé toutes les coutures intérieures d'un pantalon au biais en un temps record. Cela dit, j'ai jamais essayé dans les courbes, mais si vous voulez un tuto simple et efficace, allez voir cette vidéo d'Ecolaines.

Valà, j'ai prévu encore quelques achats dans les années à venir, notamment le pied coutures rabattues, mais ça attendra encore quelques mois.

Je vous avais donc promis un exemple de pose passepoil. Il se trouve que ma Mounette d'amour, qu'est la plus chouette des Mounettes m'a offert le patron qu'on présente plus, le Datura. Elle est maline ma Mounette vu que la fête des Mounettes c'est dans la même semaine que mon Niversaire, ça lui a permis de demander l'air de rien une petite Datura pour elle (ainsi que ma BSA qui m'a fait des yeux de faon malade, c'est dire si j'en ai cousu à la chaîne).

datura_229

J'avais des chutes de tissus que je gardais au cas où, trop petites pour être utilisés seules mais assez grandes pour pouvoir les recycler en trucs sympas. J'ai donc taillé ma V1 dans le dedans et je suis fière de vous annoncer la naissance de ma Datura noueuse version bleu électrique saigne -de- l'oeil et moutarde vintage provençal. Ouais, ça fait bizarre comme ça, mais c'est magnifaïque, même que quand je l'ai portée au boulot j'ai cru qu'une de mes collègues allait m'assommer dans un coin sombre du parking pour me la faucher. 

Voyez plutôt:

DSCN0644

J'ai suivi en partie les instructions du patrons, non pas parce qu'elles sont vaseuses, les directives d'Eléonore sont un modèle de limpidité, mais juste parce que je suis une grosse déglingo. Donc du coup j'ai assemblé entièrement le haut puis entièrement le bas avant de coudre les deux parties en rond. Mais bon, je dois admettre que la méthode du patron est moins risquée.

DSCN0646

J'ai récupéré quelques boutons boules orphelins qui se sont avérés parfaits avec le tissu choisi. Quant au col j'ai décidé de faire compliqué en posant un passepoil maison à partir des chutes du tissu bleu. Gérer les courbes n'a pas été simple, mais je m'en suis bien sortie, même pas peur, même pas mal.

PicMonkey Collage

J'ai également cousu un modèle de chez Patrones, une veste H&M du numéro 264, dans le reste d'un satin très épais, marron avec des reflets cuivrés.

100122140703_big

C'était la fausse bonne idée par excellence. Tissu sympa et de bonne qualité, joli patron. La couture se passe sans trop de problèmes, sauf pour les poches où, après une erreur de manipulation, je me suis retrouvée avec une boutonnière machine moche et une autre passepoilée avec l'oreille un peu basse.

PicMonkey Collage(2)

Si encore y'avait eu que ça... En l'essayant je me suis rendue compte que la carrure était assez étroite, et Dieu sait qu'il y a un abîme entre une nageuse de l'Ex RDA et moi (l'une coule, l'autre non).

DSCN0654

Si encore y'avait eu que ça... En me voyant avec la 1ère fois j'ai eu une irrésistible envie de fredonner "Ra-ra-raspoutine" de Boney Nem. D'ailleurs Josiane, le prof de techno à moustache siffle systématiquement du Abba quand il me croise dans ce brillant appareil.

DSCN0658

Bref, je suis pas sûre de la porter des masses cette veste.

DSCN0659

Enfin, toujours dans l'optique sobriété heureuse appliquée à la couture, j'ai fini un reste de DMC natura en tricotant ce ravissant petit boléro, le Sagebrush d'Hanna Bretz que vous pouvez trouver gratuitement ici. Le point dentelle est très facile à retenir, d'ailleurs j'en ai un autre en laine violette sur mes aiguilles en ce moment, et le rendu est très sympa. En revanche pour rabattre les mailles je vous conseille de faire le Jenny super stretch bind off, au risque de ne jamais pouvoir mettre votre boléro.

PicMonkey Collage(1)

Enfin, je voulais vous présenter le très beau travail de ma couse' qui se lance dans la couture d'accessoires pour bébé. Elle officie sur Little Market sous le nom de Bobines d'amour, elle fait des choses ravissantes qui feront la joie de vos nains et de ceux que vous aimez (et en plus vous n'y laisserez pas l'intégralité de votre PEL). Clique donc jeune spartiate, c'est là qu'il faut aller.

11107731_1592069114383954_7236353495819038149_n

La prochaine fois, si vous êtes sages, je serai la nouvelle Rihanna du neuf-cube.

Posté par nedjmaia à 23:31 - Commentaires [17] - Permalien [#]


01 juin 2015

Si tu t'imagines fillette...

J'avais prévu de vous écrire un petit article léger et enlevé mais la semaine dernière a été plombée comme un exposé de 3ème sur Desnos, c'est dire si c'était moyen jouasse.

images

D'abord y'a eu des coups de frayeur dans la famille. Rien de grave, tout est rentré dans l'ordre, mais sur le coup on l'a pas ramené, profil bas-et-fais-moi-le-plaisir-de-pas-lever-les-yeux-de-tes-mocassins-vernis.

Et pis y'a eu le boulet félin, qui d'abord m'a ramené un souris. Je suis phobique des rongeurs. Morte. Je suis également phobique des animaux morts. Double combo dans ta face, game over la bestiole. J'ai hurlé comme un cochon qu'on égorge, j'étais seule face au dangereux cadavre. J'ai d'ailleurs été très vexée de voir qu'aucun voisin n'a pris la peine de venir vérifier si j'étais pas en train de me faire charcuter par l'écarteleur de Livry-Gargan. Bref, je suis allée m'enfermer dans la chambre et le chat s'en est allé penaud non sans me lancer un regard qui disait: "T'y connais rien Jon Snow".

index

Le même jour le relou miaulant rentre d'une bagarre super violente où il a vraisemblablement pris une raclée monumentale. Faut dire qu'à presque 13 ans Môssieur se prend pour le "Rambo des hôtes de ces bois" comme dirait ce brave Jean-Jean s'il avait pu occuper son temps, après avoir écrit ses fables, à regarder l'intégralité des films de Stallone. Bref, Môssieur le sauvageon était assez mal en point. Je rassure mes lecteurs, il va très bien maintenant, la preuve, il a recommencé à pourrir les grasses mat' de Zhom.

Enfin votre servitrice a pris une année de plus dans la face et ça c'est plus douloureux d'année en année. Il y a quelques temps je me suis demandé si je ne souffrais pas de problèmes de vue. Je me vois pimpante trentenaire (ouais, bon, plus sur la toute fin de trentaine), le cuissot encore alerte, le nichon arrogant et une peau de jeune fille (comprenez qui n'a toujours pas compris que l'adolescence c'est fini depuis, pfffiooou, tout ça). Un matin comme tant d'autres, l'un de mes élèves, L., un 5ème dont le bavardage se rapport à son plumage, c'est à dire pas bien brillant, me regarde d'un air pénétrant et me demande si la télé ça existait "à votre époque Madame?". Une nostalgie profonde des exécutions publiques m'a soudainement envahie et j'ai répondu que non, qu'à "mon époque", pour avoir de l'électricité il fallait faire courir un hamster dans une dynamo. Bon, il a pas compris ce qu'est une dynamo parce qu'il a fait des yeux ronds et un filet de bave a coulé du coin gauche de ses babines de nain.

index

C'est alors que tout s'est éclairé: mon aversion pour le R&B dégoulinant braillé par toutes les chaînes de musique actuelle, mon refus de porter du rouge à lèvre Fuschia pouf, mon oeil dubitatif devant le retour du jogging peau de pèche aux couleurs improbables des années 90 (allez, avouer, vous en aviez un aussi il y a 20 ans) et ma méconnaissance crasse de la biographie de Miley Cirrus (en plus de deux ou trois ridules au coin de l'oeil gauche). Je vieillis. Dans ma tête le compteur est bloqué à 21 ans, mais pour les gnomes je suis au mieux une daronne, mon dieu que ce mot est laid, au pire une vioque avec option momification en cours.

Du coup, pour me consoler je me suis fait offrir des tas de choses pour m'adonner à mon obsession ma passion et j'ai cousu.

Tout d'abord cette robe faussement vioque, prononcez "Vintage" avec un air snobinard, d'Hôtesse de l'air de la Panam version 1965. Vous remarquerez le lavande délicieusement désuet du tissu; ça a un peu défrisé au boulot mais moi j'aime bien.

index

Le modèle vient du Tendances Couture n°3, modèle 10. Vous pouvez d'ailleurs aller regarder là, y'a marqué que c'est un modèle à la Audrey Hepburn (et mes poufinettes de 4èmes de hurler: "Audrey qui? Ah ben non, moi je préfère la mini jupe en dentelle transparente orange fluo de Kim Kardachiante). A priori le modèle n'est pas bien difficile, c'est une robe droite avec fermeture invisible dans le dos. Deux détails lui donnent de l'intérêt: le plissé sur la taille et les manches qui sont assez travaillées. Evidemment si vous complexez sur votre bidon mignon ou vos ravissantes népaules de nageuse d'ex RDA, il va falloir assumer parce que ça rajoute de l'ampleur sur le ventre et la carrure. Mais la forme est suffisamment fuselée pour garder une silhouette équilibrée, voyez plutôt:

DSCN0618

 

L'ourlet ne semble pas droit sur la photo, mais en réalité il l'est, c'est juste une galère sans nom de jouer à Kate Moss toute seule.

J'ai suivi le tableau des tailles et j'ai cousu un 36, ce qui s'est révélé être un bon choix, sauf pour la taille puisque j'ai du rajouter des pinces fuseau au dos que le patron ne prévoyait pas. Là elles ne se voient pas des masses et la robe tournicote comme je vous l'ai dit mais ça vous donne une idée.

En revanche, elle me moule franchement le fondement et ça je ne m'en suis aperçue qu'après avoir vu les photos prises de dos. J'ai coupé la photo à l'endroit litigieux, mais on est à la limite de la décence, en effet on voit deux boules poindre, genre "Coucou, on est là!!!! Mais si, on est làààà, vous dis-je". Bref, j'ai compris pourquoi Zh'om adore et je suis moyen sûre de la porter souvent.

DSCN0622

Les explications sont assez limpides et en les suivant aveuglement on réussit très bien cette mignonne robette pour callipyge. Je vous montre quelques détails comme la construction de la manche, la fermeture invisible ou la parementure intérieure. Je n'ai pas doublé la bête parce que le tissu, un lainage fin avec un peu d'élasthane était suffisamment chaud comme ça et suer du derche dans une robe aussi "valorisante" pour cette partie de l'anatomie aurait été du plus mauvais goût.

PicMonkey Collage

Puisqu'on est dans la thématique old school, j'ai sorti un reste de coupon psychédélique violet pour me faire un t-shirt vite fait bien fait. J'ai dégainé le patron Simplicity 4076 dans lequel j'avais investi lors de mes débuts couturesques et que j'ai pas mal amorti depuis.

index

J'ai fait la version mancherons: 2 pièces, pas de trucs techniques tordus, un vrai bonheur, surtout quand on est trop fatiguée pour coudre quelque chose de compliqué après son retour du club de bridge. Le résultat est très sympa, tombe bien et je le porte très souvent.

DSCN0629

 

Ici un petit détail du noeud qui fait tout le charme de ce petit haut.

DSCN0631

 

Enfin j'ai fait tomber de mes aiguilles ce petit gilet fait à partir d'un patron gratuit Adriafil, le Loretta. A l'origine le modèle comportait des noppes formant des grappes de raisins, mais la kitscherie a des limites, j'ai déjà porté des pulls avec des camions brodés sur le dessus quand j'avais 13 ans, c'est bon. Du coup j'ai simplifié la chose et j'ai juste tricoté en côtes et jersey. Le résultat est assez joli, mais j'aurais pu prendre une taille d'aiguille inférieure, le seyant (nan je dis pas fitting on a des mots équivalents dans notre jolie langue bordel_ Mode vieille réac off) est perfectible. De plus j'ai cousu mes boutons de travers: ça a été arrangé depuis, mais comme mon shooting a été inopinément interrompu par la découverte du crime odieux dont je vous ai parlé plus haut...

DSCN0633

La laine c'est, encore et toujours, de la DMC Natura, coloris prune, qui s'est révélée un peu molle pour ce modèle. M'enfin je l'aime bien quand même mon gilet et avec une petite jupe patineuse ça file un style 1ère communiante tout à fait rassérénant.

La prochaine fois, si vous êtes sages, vous prendrez votre pied.

Posté par nedjmaia à 19:29 - Commentaires [19] - Permalien [#]

30 avril 2015

Prune et tricot

Je profite, après un retour aux sources de quelques jours, à base de mirabelle, barbeuq et bave de nain qui va pas encore à l'école (mon neveu avait décidé de pourrir l'intégralité de ma garde-robe sous le prétexte fallacieux qu'il fait ses dents, nan mais allo quoi, tu baves et t'as pas de dents), pour répondre à l'invitation de la charmante Micoton au Knit Tag. Comme ça, ça vous changera un peu des chroniques de l'intérieur du Mammouth et puis avec mon neurone sous anesthésie à chaque période de vacances ça colle parfaitement à mes ambitions du jour, c'est à dire en faire le moins possible.

Si ma vie de tricoteuse ne vous intéresse que mollement, je vous suggère de prendre votre mal en patience parce qu'il y a aussi de la couture, des projets à foison, du rire, de l'aventure et des larmes. Z'avez vu comme je vends bien le truc? Si prof ça marche pas je pourrais toujours me reconvertir en vendeuse de caisson de basse ou en détaillante de gel pour Kèv' à crête.

                                              

url

 

1. Combien de temps passes-tu chaque jour à tricoter ?

Quand j'ai fini de former l'élite future de la pensée française qui sait pas accorder un participe passé, que j'ai activement contribué à la sauvegarde de la biodiversité francilienne en arrosant mes petits pois dans le potager et que j'ai fini de cuisiner des trucs trop la classe qui iront droit dans le bide de Zhom, je pose mon auguste popotin dans mon fauteuil de bureau et ça peut me prendre 15 minutes comme 2 ou 3 heures ; ça dépend si le point est relou, si je suis de bonne humeur et si le vent souffle d'est en ouest plutôt que l'inverse. Bref, tu l'auras compris cher Lecteur, c'est variable.

 

2. Quelle est ta laine préférée ? Pourquoi ?

J'ai longtemps tenu secrète ma passion dévorante pour le mohair. C'était socialement peu acceptable, j'avais peur qu'on chuchote dans mon dos "T'as vu? C'est une mohairophile!", que la vindicte populaire s'abatte sur moi ou que ma carrière dans le corps professoral soit stoppée net dans son élan à cause de ces penchants inavouables (bien que l'on puisse se demander si carrière et éducation nationale peuvent réellement s'accorder). Le tricot m'a aidée à faire mon coming out mohairesque et j'assume, je porte aujourd'hui au grand jour des pulls qu'on dirait que j'ai tué un Muppet pour le faire. Je tiens juste à préciser que si j'aime le mohair, je ne suis pas fétichiste mohairophile. D'ailleurs, ami Lecteur, si tu veux t'en payer une bonne tranche, tape dans le moteur de recherche de ton choix "le mohair est le nouveau latex"_ perso, j'ai repeint mon écran d'ordinateur à l'Earl Grey...

 

3. Avec quelles aiguilles tricotes-tu le plus souvent ?

Étant une femme super fainéante totalement moderne, j'utilise la plupart du temps les aiguilles circulaires ce qui donne un résultat super propre sur les côtés et permet de glander davantage sur Ravelry. Mais quand ce sont des écharpes ou des points de dentelle complexes, je ressors les aiguilles droites.

 

4. Actuellement, combien ton stock de laine compte-t-il de pelotes ?

Je ne répondrai qu'en présence de mon avocat.

 

5. Quelle est ta marque de laine préférée ?

Autant demander de choisir entre Papa et Maman. Cela dit je n'ai pas encore testé les marques qui m'intéressent vraiment. J'ai commencé avec Phildar comme tout le monde, mais j'avoue, après avoir passé un temps fou à me vautrer dans le stock de Mimi Kaolin, que les laines anglaises sont merveilleuses. Elles crient "Maman" quand vous vous approchez et elles ont tendance à annihiler toute forme de jugement chez les tricoteuses normalement constituées.

 

6. Plutôt aiguilles circulaires ou quatre aiguilles ?

Circulaires pour les grosses pièces et 4 aiguilles pour les accessoires, mais avec la trouille permanente qu'il y en ait une qui glisse.

 

7. As-tu déjà créé tes propres patrons ? Si oui, lesquels ?

Le simple fait de modifier un tant soit peu des indications d'un modèle me file des palpitations, alors un patron... Psychorigide un jour...

 

8. Quelle méthode liée aux arts de la laine aimerais-tu apprendre ? (crochet, filage, tissage…?)

Je suis une grosse croûtasse en crochet, je ne sais jamais où piquer et comment. Et pis j'ai l'impression que ça avance pas, du coup j'ai laissé tomber, à mon grand regret, ces instruments de torture. Sinon je veux faire du jaquard, me tricoter des pulls à empiècements norvégiens qui désespèreront Zh'om. Je veux concurrencer les pulls à têtes de rennes de mes pires noëls des années 80 et faire saigner de l'oeil mes gnomes, car il est hors de question que je sois la seule à avoir eu une enfance difficile.

 

9. Quel est le pire selon toi : un fil qui se dédouble ou se rendre compte que tu as fait une erreur dans ton tricot 20 rangs plus bas ?

Le pire c'est quand ton fil se dédouble, que tu t'aperçois que tu as fait une erreur 10 cm en dessous et qu'évidemment c'est un point dentelle qui requiert une concentration de démineur face à une bombe qui risque de faire sauter le Pentagone. C'est aussi en général le moment où tu vois que ton boulet félin s'est amusé avec le fil pendant les 30 secondes où tu as quitté la pièce parce que le fil est imprégné de bave de chat FROIDE.

 

10. Avec quel(s) fil(s) tricotes-tu en ce moment ?

Gniiiii, du mohair, gnééééé. Extase sur ta face et peluche de poils de chèvre sur tes doigts.

 

11. Quelle marque de laine aimerais-tu tester ?

J'essaie de limiter mon impact écologique à un petit niveau, alors j'achète pas mal en 2nde main chez Emmaus ou aux puces des couturières, mais j'aimerais bien aussi tester des laines locales, parce que les filatures françaises ont un vrai savoir-faire. Alors après avoir testé celles de Valgaudemar, je voudrais aussi essayer Ardelaine ou Kaneh Bosem.

 

12.Que penses-tu du tricot ?

Le tricot c'est dangereux, faut jamais commencer, c'est comme la cocaïne mais en plus addictif. Genre là j'ai tenté un sevrage de 4 jours, juste pour voir, et regarder un film sans avoir d'aiguilles et de pelotes a été un enfer, mains qui tremblent, bave aux lèvres (j'ai failli aller pourrir la grenouillère et les bavettes de mon neveu pour me venger d'ailleurs), sentiment de dépression. Me suis soignée en allant chez un dealer (BDF à Thionville), parce qu'une journée de plus et j'aurais fait des convulsions.

Valà, valà, je taggue pas à mon tour, vu que j'ai la flemme de choisir et de vérifier kiki l'a déjà fait.

Je parlais de laines de seconde main un peu plus haut. Voilà ce qui s'est retrouvé dans mon stock à l'issue des puces des couturières de Saint Maur:

Bon, d'accord, j'avais pas besoin de ces magazines vu que je n'aurais pas assez d'une vie pour coudre ce que j'ai déjà, mais y'avait un gilet trop chouette dans l'un et un manteau d'hivver qui tabasse dans l'autre.

                                                                                  

DSCN0610

 

Bon d'accord, j'avais pas non plus besoin de toutes ces pelotes, mais c'était de la laine vintage en 75% laine dans une si chouette couleur à 2 euros les 100 gr. Moi si on parle à mon coeur de grosse pince Monseigneur, j'ai du mal à résister. Et pis bon, de quoi faire un chouette pull écru avec de l'angora dans le dedans pour aller avec la jupe longue Max Mara qu'on m'a donné et qui va avec rien, là je pouvais pas passer à côté (non?).

 

PicMonkey Collage

DSCN0613

 

Quant à la tonne de boutons que j'ai ramenée, c'est toujours utile, me regardez pas comme ça, avec cet air réprobateur on dirait Z'hom, nanméo.

Sinon, au retour de ma Lorraine natale, je vous avais promis un petit coup de prune (paske la mirabelle, à part celle de contrebande, elle est pas terrible et non je vous donnerai pas mes adresses).

Puisqu'on en est à parler point dentelle, surjet torse et autres réjouissances, j'ai commis un nouveau pull de printemps le mois dernier. Tout est parti d'un modèle de VK de l'année dernière.

00017

 

J'ai acheté 4 pelotes de DMC Natura qui collait à peu près à l'échantillon et roule ma poule. J'ai décidé de le tricoter aux circulaires pour éviter les coutures moches sur les parties dentelle, mais je crains que les augmentations que j'ai faites donnent un côté trop brouillon à la chose.

 

DSCN0587

 

J'ai aussi décidé de faire un bas resserré et de ne pas tricoter les manches, mais si c'était à refaire je suivrais exactement ce que préconisait le magazine (je vous l'avais bien dit, sortie des sentiers battus y'a plus personne). Faites pas gaffe à la pose, cocotte qui bat de l'aile, j'ai pas eu le courage de recommencer. Résultat, j'aime moyennement le tombé au dos, ça ne rend pas comme dans mon idée de départ, celle où je traverse la salle des profs sous les holas de mes collègues soufflés par le plombé de mon vêtement.

 

DSCN0591

 

Quant à l'encolure, j'ai relevé les mailles, mais le devant ne me satisfait pas non plus. Voyez plutôt.

DSCN0589

 

In fine le pull est portable; l'homme, dans un élan d'enthousiasme délirant, a même décrété qu'il était pas mal, mais il n'est pas comme je voulais.

 

DSCN0586

 

Heureusement, la 2ème pièce que je voulais vous montrer, elle, me satisfait à mort (j'ai juste envie de faire le tour du quartier les bras en l'air en hurlant "GOAAAALLLLL" et en escaladant le muret du voisin avec mon tee-shirt sur la tête, mais ça aussi c'est pas socialement acceptable).

Bref, voici un t-shirt issu du Burda d'août 2014. Il est très facile à faire et mis à part pour le col, où on doit quand même éviter d'y aller comme une bouchère, le reste est assemblé à la surjeteuse. Je l'ai juste raccourci, car il est long, mais avec le recul j'aurais du moins me lâcher sur les ciseaux, parce qu'il aurait été parfait avec 5cm de plus. A part ça un coup d'aiguille double pour les ourlets et en deux heures c'était plié. Autant vous dire que j'envisage d'en faire encore quelques autres, voire d'essayer la version robe.

DSCN0581

 

Enfin, voici un pantalon à pinces issu du Bubu couture facile Cécile du printemps 2010. Il était proposé sur le site allemand en téléchargement gratuit. Bon, la donzelle semble nager dans futal, on a envie de lui filer un jambon beurre et de lui dire d'arrêter de porter des vêtements trois fois trop grand pour elle, le dessin technique montre que la coupe est classique mais que le bas resserré évite le côté "j'ai gardé tous mes pantalons des années 80". Cela dit, maintenant que je vois mes propres photos, je me dis que le modèle donne un peu cette impression de mannequin anorexique, et pourtant y'a quand même un peu de viande chez moi.D'ailleurs c'est pour ça que j'ai supprimé les rabats de poches parce qu'étant déjà fort bien pourvue du capiton, je me voyais mal me balader avec un pantalon de reine de la danse du ventilateur. Et du coup l'empiècement dos est bien mis en valeur: enfin moi j'aime bien.

 

DSCN0601

 

J'ai utilisé un lin bordeaux acheté il y a fort longtemps chez Stop Tissus. Il s'est avéré, même après lavage, un peu raide, mais avec peu de tenue. In fine ce n'est pas bien gênant, mais la pièce rendrait bien mieux avec un tissu à l'armure plus serrée.

DSCN0596

 

J'ai du reprendre la ceinture comme d'habitude, mais sinon tout a roulé sans problème. Pour celles qui voudraient le meilleur tuto du net pour la pose de braguette, allez voir là, vous m'en direz des nouvelles.

DSCN0599

 

Je le porte avec le bas roulotté pour faire "trop stylé", comme le disent mes boutonneux et une paire de talons hauts, parce que mine de rien, avec l'ampleur des pinces sur les hanches, si je suis à plat ça fait pot à tabac.

DSCN0598

 

Valà, la prochaine fois, si vous êtes sage, vous attraperez un coup de soleil (on a la culture musicale qu'on peut).

 

Posté par nedjmaia à 18:45 - Commentaires [12] - Permalien [#]

04 mars 2015

Gotainer

Le prof est un être de rituel. Il suffit de le voir entrer en salle des enseignants l'oeil vitreux, commencer par insulter la machine à café (qui ne fonctionne jamais, la garce) puis s'engouffrer dans la salle des copies où il injure copieusement la photocopieuse (qui ne fonctionne jamais la diablesse) pour finir désespéré, envisageant la mort par absorption massive d'After Eights, une certaine idée de l'agonie, avant d'invectiver les deux ordinateurs de la salle de travail, dont l'un refuse de démarrer et l'autre a décidé qu'il n'y aurait pas d'Internet aujourd'hui.

                                                                                        Résultat de recherche d'images pour

Il lui faudra ensuite récupérer les 3èmes, les laisser poireauter 10 minutes debout pour qu'ils finissent de se raconter le match PSG- Association de la Pétanque dinanaise, avant que le silence se fasse et que ses grands dadais puissent enfin se mettre au boulot. Heureusement le rituel de la récréation viendra agréablement entrecouper le flot ininterrompu d'entorses et massacres en tout genre de la langue française, que même la convention de Genève elle y pourrait que dalle, marquant par là même un autre rituel, celui lié à la surdité  qui touche momentanément l'ensemble de la salle des profs quand retentit la 2ème sonnerie marquant la fin de la pause: alors même que Chef Suprême nous répète depuis 3 ans qu'on doit être avec les nains en train de communier autour de l'article défini contracté à ce moment-là... Comme quoi rien ne sert de se plaindre des gnomes, au fond, on a les élèves qu'on mérite (ou presque).

Il ne faut donc pas s'étonner que le prof soit un être qui a une forte tendance à la psycho-rigidité mais sans combinaison en latex, sinon on aurait des problèmes avec le Rectorat. Hélas, votre servitrice a les défauts de sa profession et cela se traduit par une floppée de tics, certains passagers d'autres constants, aussi gestuels que verbaux. Selon des sources bien informées (ouais, bon, Z'hom) paraît que je suis la spécialiste d'un "ouuuuuii" traînant, voire avec une pointe de gracieux accent lorrain alors que d'habitude dans les soirées de l'ambassadeur je fais illusion. De même je me sens obligée de vérifier systématiquement si j'ai mes clefs et mon portefeuille à chaque fois que je sors d'une pièce, et cela même si je n'ai pas ouvert mon sac, des fois qu'un lutin du foyer aurait décidé de commencer une carrière de pick-pocket. Evidemment j'ai contaminé Zh'om avec mes sales habitudes et c'est comme ça que nous en sommes arrivés à donner un nom de baptême à toutes les plantes ou les objets ayant une importance particulière dans le Home sweet Home.

                                                                                               Résultat de recherche d'images pour

Nous avons ainsi Django (le cactus), Totor (l'ordinateur), Brad (l'oranger) et depuis 6 semaines, Youki Zaraï.

C'est l'homme qui a trouvé le surnom, non pas en référence à la Chanson de Gotainer, le Youki (si vous ne connaissez pas ce monument de poésie française, allez l'écouter là), ni à la dame qui préconisait chez Drucker, dans les années 80, de faire des bains de siège pour rester jeune, soigner les panaris et avoir le cuissot lifté. En fait Z'hom a fait un curieux amalgame en entendant le nom de la nouvelle arrivante, ma Juki HZL-G210. Elle est là:

                                                                                       Résultat de recherche d'images pour

Changer ma gentille Toyota bien vaillante et jamais en panne pour une machine de guerre me trottait dans la tête depuis un certain temps. Non pas que Titine m'ait déçu, mais étant donné mes projets en matière couturistique, son gentil petit moteur ne me suffisait plus. Je me suis donc d'abord rencardée sur les marques: pas Singer, trop mauvaise réputation, pas Pfaff ni Husqvarna (ma cop's modéliste m'avait dit que cela faisait maintenant partie du groupe Singer et donc moins fiables qu'avant), je ne souhaitais pas investir dans Brother non plus (trop proche de ce que j'avais), ni Bernina (trop coûteux). Au départ j'ai donc louché sur la Janome DC4100 du site Sewing Machine Direct. Le cahier des charges était simple, moteur plus puissant, entraînement plus costaud, plusieurs types de boutonnières et bien lourde (oui parce que contrairement aux blogueuses, plus elles sont lourdasses, mieux c'est). C'est là que j'ai eu écho de la marque japonaise Juki. Il paraît que c'est une entreprise liée à Bernina et que 60% des fringues du commerce sont cousues avec cette marque. J'ai lu plusieurs articles disant que les modèles domestiques avaient bonne réputation.

Je me suis donc mise à fureter sur le net tel un truffier dans une forêt auvergnate et j'ai fait mon choix. J'ai ensuite comparé les prix et les services, car oui, acheter une machine qu'on va sans doute garder plus d'une dizaine d'années, c'est un taf, il me fallait le modèle choisi avec un prix correct et un service après-vente fiable. C'est là que je suis tombée sur ce site; non seulement ce sont eux qui proposaient le prix le plus bas, ce qui réjouissait mon coeur de pince, mais en plus le SAV était assuré par un artisan réparateur de machine dont l'échoppe se trouve à 4 km de chez moi. Cerise sur le mojito, on m'envoie en cadeau un coffret de 15 pieds adaptables, une table d'extension et des bobines de fil en veux-tu-en-voilà. Et là mon coeur de pince exulte, entend du Trénet, bref, la totale. Voyez plutôt:

PicMonkey Collage5

Au bout de quelques semaines de pratique avec mon arme de précision japonaise, je peux faire un premier bilan sur les points positifs et négatifs de la machine:

-Les +_ Elle est rapide, précise, peu bruyante, l'entraînement est efficace, la fonction arrêt avec aiguille dans le tissu et le coupe-fil automatique ont changé ma vie, les boutonnières sont vraiment très belles.

-Les moins_ La canette se met par le dessus, en soulevant une trappe en plastique qui me semble un peu fragile, à voir à l'usage. Sans l'offre cadeau de 15 pieds, la machine n'est livrée qu'avec 3 pieds, le standard, celui pour les motifs brodés et celui pour les boutonnières. C'est peu, surtout quand on voit le prix d'un pied à l'unité.

Ces détails mis à part, je suis ravie de mon pesant achat (un beau bébé de 9.5 kilos) et elle coud tout sans broncher; J'ai déjà pu tester sur du jean, du jersey de viscose, de la maille Milano et c'est tellement facile que c'est presque pas drôle. J'ai eu un peu, au départ, la sensation que je n'étais pour rien dans la réussite de mes projets, que la machine faisait tout et que c'était moins prise de tête mais moins marrant qu'avec l'ancienne, je pouvais pas l'insulter comme la photocopieuse. Masochisme quand tu nous tiens... Et surtout j'ai pu coudre un tissu qui m'aurait filé des sueurs froides il y a encore 2 mois, la fausse peau lainée.

Cela faisait plusieurs années que je louchais sur ce modèle, le 106 du Burda d'octobre 2010, une petite veste toute simple, en vraie peau retournée d'agneau. Ayant mis tous mes deniers dans l'industrie japonaise et surtout ayant peur de massacrer un cuir valant un bras (en plus de venir d'un petit animal mignon et innocent), j'ai commandé 1.8m de fausse peau lainée chez Self tissus. D'ailleurs le service semble rapide et sans fioritures chez eux, j'aurais tendance à recommander.

thumb_cropped

Là je vais me fendre de quelques conseils pour coudre ce tissu créé par Satan pour soumettre la malheureuse couturière aux pires tourments et afin, mes biens chères soeurs, d'exorciser vos appréhensions quant à ce délicat textile:

                                                                                   

PicMonkey Collage

-Sur le patron les marges directement tu ajouteras (essayez de tracer des contours à la craie sur ce type de tissu et vous comprendrez ce que c'est que le Purgatoire) _ Photo milieu du haut

-Pour marquer les pinces la bouclette de bâti tu utiliseras_ Photo milieu bas

-Pour couper le ciseau uniquement tu utiliseras, autrement dit la coupe au cutter rotatif on oublie, ça marche mal, ça énerve et après on a envie de balancer le chat par la fenêtre juste parce qu'il passait par là_ 3ème photo en haut

- Un pied double entraînement, téflon ou à rouleau tu utiliseras (rappelez-moi qu'il faut que j'écrive un article sur l'utilisation des pieds de couture), sinon sur l'intégralité du marbré dans ta cuisine tu te vengeras

- Pour repasser une pattemouille tu utiliseras, sinon bonjour la bonne odeur de mouton synthétique crâmé_ 3ème photo du bas

-Si des pupuches coincées dans les coutures tu as, avec un ciseau à broder délicatement tu couperas_ Grande photo à gauche

Mis à part ces précautions ça a roulé presque tout seul et je porte beaucoup ma veste qui est chaude, douce et confortable, vous pouvez maintenant vous extasier, allez-y, j'attends:

DSCN0500                                                                                    

DSCN0492AdaptéeAdaptée

Je vais être honnête, le montage des manches, avec un tissu aussi épais n'est pas une sinécure, mais l'absence de montage de doublure fait vite oublier ce petit désagrément. Sur la photo de dos on dirait qu'il y a des plis sur les manches, en fait c'est simplement l'ombre et mes bras croisés qui donnent cette impression, en fait, en vrai, c'est quasi nickel.

DSCN0498

Voici également quelques détails avec, dans l'ordre, l'intérieur et les pinces qu'il ne faut pas oublier de fendre, les poignets ( coudre endroit contre endroit jusqu'à l'endroit où les manches doivent être retournées et à partir de ce point coudre envers contre envers), puis le col, sur lequel j'ai fait un petit ourlet parce que le rendu était plus joli.

PicMonkey Collage3

Pour vous montrer la différence entre mon travail avec Youki Zaraï et mon ancienne Titine, voici une blouse faite l'an dernier, à partir d'un patron Lutterloh de 1972:

Lutterloh-1970-72 (43)

Petite

                                                                                 

DSCN0489

Le devant est choucard, les manches bien montées, bien qu'un poil courtes, et j'ai même rajouté un petit galon en dentelle de coton pour accentuer le côté greluche romantique. Bref ça sent la Win' sortez-les lauriers les gars j' vais me tresser une couronne. Les détails semblent confirmer tout ça:

                                                                                     

PicMonkey Collage4

Les fronces des poignets sont bien réparties, les raccords sont jolis dans le dos et les motifs brodés du tissu bien placés. Pourtant je porte peu ma blouse, c'est un quasi échec; voyez plutôt le dos:

DSCN0491

Ben ouais, ça tire grave autour du cou, la faute, sans doute, à ma pente d'épaule pas pentue du tout. Du coup je porte ma jolie blouse sans plaisir et toujours sous un petit gilet.

Enfin, je vous présente mon tricot préféré de tous les temps après mon pull de fée, celui qui a fait que je sacrifie tous les jours un sachet de Lipton sur l'autel de Cirillia Rose, mon gilet Aidez, tricoté il y a deux ans dans de la Cascade Eco. J'ai eu besoin de 2 écheveaux en tout et j'ai tricoté la taille S pour obtenir le bon échantillon. Le résultat est impec', long comme il faut, si seyant et chaud que c'en est un rêve.

DSCN0486

Ce n'est clairement pas un tricot de télé, un minimum de concentration est requis, mais c'est un modèle qui n'est pas difficile et qui monte assez vite. Il m'a fallu 5 semaines, un peu tous les soirs, pour en venir à bout. Z'hom déteste... le style (je rappelle qu'il ne jure que par le style pouffinette), la couleur et à son grand désespoir je le porte constamment en hiver. D'ailleurs, je peux maintenant faire un point sur la qualité de la laine et sa tenue. Après 2 ans et des brouettes, 1 lavage machine par mois (j'ai un programme Woolmark et je peux même laver sans danger le pur mohair), la laine est nickel. Bien sûr ça bouloche un peu aux points de friction, mais un coup de rasoir à pull suffit pour retrouver un gilet quasi neuf. Bref je suis ravie et regardez s'il est pas beau mon point (là, aimable lecteur tu peux voir le détail des manches avec son point "fer à cheval"et le dos avec ces divins losanges grainés).

                                                                                             

PicMonkey Collage2

 

Valà, valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je vous offrirai un p'tit coup de prune.

 

 

 

Posté par nedjmaia à 19:20 - Commentaires [17] - Permalien [#]

03 février 2015

Fluctuat nec mergitur

Il n'est plus temps selon la Baronne de Rotschild, mais je vous la souhaite douce et paisible, du moins, plus calme que ce fuligineux mois de janvier qui laisse comme un goût de cendres...

Je reviendrai  peu sur ces tristes événements, mais quittant un peu mon côté "pouet-pouet-camion", j'aimerais dire quelques mots sur une des retombées de tout ceci. Quand je suis arrivée le jeudi matin du 08 janvier, j'étais retournée et je savais que je commençais avec les 4èmes, ceux où se trouvent la petite M., qui, hélas pour elle, partage le même patronyme qu'un enturbanné trépané et surtout le petit O., né le même jour que celui où on a dégommé les Twin Towers et dont les géniteurs n'ont rien trouvé de mieux que de l'appeler du même nom que du commanditaire des attentats ricains... Ambiance.

                                                                                         

Alors je me suis dit que j'allais mettre les mains dans le cambouis, défendre ce qui pourtant me semblait aller de soi, et faire prendre tout son sens à l'expression "Hussard noir de la République". Du coup j'ai laissé ce que je ressentais de côté, écouté mes nains pubères gavés d'infos qu'ils ne comprenaient pas ou alors très partiellement, et j'ai opposé un discours fondé sur des faits objectifs, des explications de vocabulaire alors que dans les médias le pathos régnait. Travail sur le dessin de presse avec la documentaliste, rappel de la loi, de ses limites, deux ou trois choses sur des gravures que l'on peut trouver dans les musées et à l'Institut du Monde arabe mais aussi discussions sur des caricatures anti-cléricales du 19ème siècle. Mes nains ont eu l'air content, ils étaient d'accord, rassurés, y compris Dame M. et O. qui ont posé des questions tout à fait pertinentes.

In fine, sur 700 élèves, 3 ou 4 gamins qui ont tenu des propos parfois limites, mais qui après discussion ont compris que bon, on tue pas des gens, même si on est pas d'accord avec ce qu'ils disent/écrivent/dessinent. Et puis les regards curieux des mômes, quand dans le réfectoire, à la minute de silence, ils ont vu certains des robots qui leur faisaient cours, s'essuyer les yeux (pour autre chose qu'une copie inepte).

Et c'est là que je suis remontée. Remontée par rapport à la presse qui a présenté l'école de façon apocalyptique. Si j'en crois ce que j'ai lu dans les journaux, entendu à la radio, les établissements étaient devenus un ersatz de Verdun 1916, une guerre de tranchées remplies de petits terroristes en herbe qui n'attendaient qu'un seul signe pour plastiquer la réserve de Français voire le prof de Physique qu'avait trop mal évalué leurs copies. En fait y'a eu 400 incidents (chiffre donné par Chef Suprême) sur 12 millions d'élèves... Alors bien sûr parfois ces incidents sont graves (ils sont trop nombreux on est d'accord) et je refuse l'angélisme, je ne connais que trop bien la façon dont fonctionnent certains bahuts défavorisés ou pas d'ailleurs, mais d'une part il serait bon aussi de rappeler qu'une partie de ces incidents (je parle de ceux liés à la parole) sont le fait d'ados, qui cherchent les limites et beaucoup sont dans la provoc parce que "ça fait cool" et rappelons que d'autre part on a pas attendu les journaleux pour prendre en main ces mômes, que ce soit les profs ou l'administration, pour établir un dialogue avec eux et leur famille. Du coup la position de la presse me semble tout à la fois malhonnête et surtout malsaine, puisqu'elle fait monter la mayonnaise sur un truc dont il faut parler certes, mais auquel il faut donner une juste place. En somme, il serait bon que la presse se remette en question et substitue à la tyrannie des sentiments une rigueur qui ne pourrait qu'apaiser tout le monde.

                                                                                                

Mode front ridé et gastrite off.

Ce sont également des passions qui se déchainent sur la blogo couture en ce moment avec l'affaire M comme Marie. Je n'en parlerais pas moi-même, mais je relaie l'info : pour ceux qui reviennent de 3 mois passés dans le désert, voici toute l'affaire chez Biquette, un post chez Saki et un autre chez Tasticottine. Lisez et loin de la dictature du sentiment, on y revient, faites-vous votre propre opinion. Quant à moi, la mienne est faite, quand ça gueule, que ça s'indigne, que ça se fâche tout rouge, je préfère m'en tenir au concret, à la logique, à la démonstration scientifique. Si, si, malgré mon côté Mme Bovary éthérée...

Sinon, puisqu'il est question de création de patron, de l'a fait-l'a pas fait, je vous présente mes premiers pas dans le fabuleux monde de la coupe à plat.

Soyons claire tout de suite, je n'ai pas l'intention de sortir une jupe N comme Nunuche ou un top N comme Nouillasse, je fais ça pour moi, pour voir jusqu'où je peux aller et parce que la simple idée de faire du vrai sur-mesure me met dans un état de frétillement proche de l'épilepsie (je pense d'ailleurs sérieusement à me coudre une bavette).

                                                                                                 

J'ai décidé de commencer par le pantalon parce que j'aime bien me pourrir la vie, c'est mon truc. Et là j'ai été gâtée, parce que j'ai fait 4 versions avant d'arriver au Graal, à mon précieux que même je regarde le moindre saucisson brioché comme un Inquisiteur regarderait un hérétique, tellement j'ai peur de recommencer l'opération si mon cuissot en venait à décider que "le changement c'est maintenant".

Rassurons mon lectorat sur mon état de santé anémique, des fois, je vous le dis hein, sous le sceau du secret, j'exagère un peu, en vrai je continue à me taper des tartines de reblochon juste avant de dîner.

J'ai commencé, par paresse, il faut bien l'avouer, et aussi parce que j'étais curieuse, après une prise de mesure en bonnet Duforme, par essayer le logiciel gratuit mis en ligne par Grosgrain, fondé sur la méthode Aldrich. Me demandez pas qui c'est ce Aldrich, j'en sais rien, mais j'aime bien me la péter avec des références trop classes, trop pointues, sa mère. Bref, vous rentrez vos mesures et on vous calcule tout, z'avez plus qu'à tracer:

-Le plus, c'est facile d'emploi

-Le moins, voyez ci-dessous; Pour moi c'est clairement trop grand, ce qui ne veut pas dire que la méthode ne marche pas, mais j'ai voulu aller voir ailleurs si j'y suis (et j'y étais).

                                                                     

DSCN0464

Let me introduce the second candidat, le favori, la méthode Gilewska:

Je dis le favori parce qu'il en est beaucoup question sur la blogo de celles qui jouent à la modéliste:

-Le plus, c'est complet et assez clair

-Le moins, y'a un truc qui doit pas non plus fonctionner pour moi parce que Epic Fail...

Tout cela pochait, c'était moche, mais faut l'avouer c'était aussi bidonnant. Mais bon, désespérée, j'ai jeté la toile aux orties...

Le troisième candidat est un outsider: La Couture familiale (avec la couverture à crever de rire), chinée chez Emmaus.On est dans le super classique en ce qui concerne la démarche, mais avec un effort de vulgarisation visible, puisque c'est clairement orienté vers la ménagère à mise en plis qui se retrouve dépourvue d'une bonne partie de ses neurones dès que Chéri-Chéri sort de la pièce.

-Le plus, la méthode est détaillée pas à pas

-Le moins, il manquait une info et j'ai donc utilisé (Misère!), mon bon sens pour y remédier.

Là aussi ça n'a pas été probant (le bon sens, le patronnage, une complète oeufs-jambon-fromage et ramasse tes dents), comme vous pouvez le voir ici, même si c'était légèrement mieux que les précédents (note j'avais déjà fait une rectif dessus). Le problème vient particulièrement de là, ça poche de façon assez peu gracieuse au niveau du ventre jusqu'au début de l'entrejambe. En ouvrant ma Bible Burda (ben ouais, on a beaucoup craché sur Burda ces dernières années mais leur livre sur la couture c'est d'la'balle), j'ai pu trouver l'origine du problème: Mme Noueuse z'avez le ventre trop plat, gna, gna, gna. J'ai bien tenté de remédier en augmentant considérablement ma consommation de bière, mais Zhom jugeant la méthode un peu radicale, j'ai changé d'option.

DSCN0466

DSCN0468

J'ai alors repris mes mesures au cas où et je me suis mise à traîner sur les sites de patronnage. J'ai alors ouî parler de Mode pour Lol. J'ai commandé le CD (motivée qu'on vous dit) et en voiture Roberte. Je ne suis pas fan du personnage qui fait tagada-pouet-pouet, j'ai même plutôt envie d'initier une pédagogie de la batte de base-ball quand je l'entends, ceci dit, pour le reste je n'ai rien à dire et le fait que ce soit en vidéo est assez rassurant.

-Le plus, c'est facile à suivre et assez efficace

-Le moins, ce n'est pas la panacée et il faut faire régulièrement des arrêts pour suivre

Et là c'était mieux, pas parfait, mais mieux. J'ai donc fait ce que Bubu préconisait, j'ai absorbé le surplus devant de façon progressive, ce qui a abouti à une toile déséquilibrée. A ce stade j'étais presque chauve, mais je me suis reprise et tel un Bouddha du Perroquet, j'ai attendu l'Illumination. Elle est arrivée rapidos, paske j'avais pas que ça à faire de l'attendre, j'ai une vie, faut pas charrier. J'ai mesuré ma hauteur de fourche, et je l'ai comparée avec ce que je mesurais sur mon patron. J'ai trouvé une différence de 8 cm. J'ai décidé d'ôter 6 cm à ma fourche (ça me rappelle la vanne avec la Papaye, rappelez-moi de ne jamais vous la raconter) pour conserver assez d'aisance et j'ai ôté 4 cm devant (puisque c'est surtout là que ça pêchait) et 2 au dos, qu'était pas parfait non plus.

                                                                             

DSCN0465

DSCN0469

Ouf, j'ai fait une 5ème toile, tenace vous dis-je, et là, Alléluia, "Sonnez hautbois, Résonnez Musettes", ciel qui s'ouvre et anges qui chantent, ça tombait nickel, comme vous pouvez le voir là.

DSCN0470

DSCN0471

Une fois sûre de mon patron, j'ai tenté un short. Au départ je voulais quelque chose d'inspiré du short Chataigne (j'ai dit inspiré, pas décalqué tel quel sur l'original, gnarf, gnarf), mais j'ai eu peur de changer quoi que ce soit, je me suis dit que le changement finalement, ce serait pas maintenant. Je me suis hollandisé du short, quoi. Du coup j'ai fait une pièce très simple, avec braguette latérale et patte fermée par crochet sur la ceinture. Le tout SANS AUCUNE RETOUCHE...

Ouais, je sais, ça fait rêver. Voilà la bête et l'épilogue heureux d'un truc qui commençait mal. Ben je vous souhaite, les gens, que votre année se finisse de même.

DSCN0478

DSCN0477

La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous parlerai d'une japonaise et de sa relation au poil. Et non c'est pas racoleur.

 

Posté par nedjmaia à 22:13 - Commentaires [19] - Permalien [#]



30 décembre 2014

Du rose, du genre, de la couture...

Oui, je sais, en voilà un programme entre deux bouchées de chapon et une autre de bûche fraise-fruit de la passion-blanquette de veau. Mais je viens de vivre une expérience inédite, rien que ça, alors on lâche son toast au saumon et on écoute, nanméo.

                        

Un doux matin de septembre me prit l'envie d'aller voir R., le secrétaire du kholkoze collège où je sévis. Oui, je sais, un homme secrétaire et en plus avec le physique d'un catcheur russe, ça défriserait Mam Boutin, mais que voulez-vous ma bonne dame, les valeurs se perdent. Donc, j'allais avec mon allégresse coutumière (j'avais pas encore eu les 3èmes) me fourrer tout droit dans un traquenard que même Ian Flemming aurait pas pu en inventer de pareil. Il se trouve que tout à fait par hasard, inopinément, de façon fortuite, la Chef Suprême était chez R. Oui, je sais, chez nous le patron est une patronne, Frigide Barjeot, tu m'en vois désolée, mais que veux-tu, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Bref, après une profonde révérence notre Chef Suprême, la Lumière de nos jours, celle par qui la craie arrive dans nos salles, m'a gratifiée d'un regard magnanime et m'a demandé: "Mam Noueuse, vous reprendrez bien un peu de couture? Nan parce qu'avec la Brésilienne télévisée qui fait des concours de cousage de short, y'a de la demande chez les nains" (bon en vrai la chef elle a pas tout à fait dit ça comme ça, mais comme je n'ai qu'une faible mémoire, je vous balance le texte dans les grandes lignes). Coincée entre l'écorcheur de Vladivostok qui a le pouvoir de communiquer avec les instances mystérieuses du Rectorat et notre Guide-Bien aimée- Qui fait les emplois du temps, j'avais pas le choix. J'ai donc pris en charge l'atelier cousette spécial nains à 2 mains gauches, d'autant plus que j'avais eu chaud, j'avais d'abord cru qu'elle avait eu vent de mon entrée en matière de la rentrée avec les 5èmes, celle où je refais la scène inaugurale du Sergent Hartmann dans Full Metal Jacket.

                                                                                             http://www.lecinematographe.com/photo/art/default/3718273-5512235.jpg

Il a donc fallu que j'aille voir la gestionnaire pour s'équiper. Car oui, misère, chez nous c'est une femme qui tient les cordons de la bourse, sans mauvais jeu de mots, que Saint Zemmour nous pardonne.

Qui n'a jamais tenté de négocier avec un gestionnaire de l'Education nationale ne connait pas le sens du mot "terreur". C'est pourquoi je fus passablement étonnée quand Mam' Rigueur (avec de gros morceaux d'austérité dans le dedans), m'accorda un budget suffisant pour deux nouvelles machines et un autre pour des fournitures diverses et variées. Ne restait plus qu'à appâter le gnome, ce qui, après ma prestation de la rentrée devait être facile, vu que le moindre battement de cil de ma part provoquait une épouvante comparable à une privation de 15 jours de PS3. C'est dire.

J'ai donc collé quelques avenantes affichettes et fait un peu de pub par le biais des profs principaux. Mon charisme naturel étant ce qu'il est, un mélange savant entre celui de François Mitterand et Débilla, j'ai fait le plein en 3 jours. Et c'est là que les ennuis ont commencé, parce que j'ai eu beau dire qu'on boirait le thé déguisés en princesse tout en cousant des tissus imprimés de licornes et de chatons, j'ai quand même eu, sur mon groupe définitif de 15, cinq petits gars, aussi enthousiastes et motivés que si on leur avait dit qu'il y avait Ronaldo à la cantoche. Béatrice Bourges, priez pour nous!

                                                                                          

Je vous passe la 1ère séance où mon assemblée de trolls m'a regardé l'oeil vague, la bouche bavante, tentant en vain de comprendre ce que le fossile en face d'eux entendait par "marges de couture" alors qu'il y avait de rutilantes machines qui les attendaient. Ce n'est qu'à la 2ème séance qu'ils ont pu dompter la bèèèèète et coudre leurs petits porte-monnaie (à ce propos, merci à la Poule pour son tuto) et encore z'ont pas tous fini. Mais l'honneur a été sauf, vu qu'à la fin les cinq petits mecs ont couru vers le babyfoot du foyer pendant que les femelles jouaient leur rôle de femelle, c'est à dire qu'elle rangeait le bordel de tout le monde. En vrai j'ai tancé vertement les petits coqs et je leur ai rappelé que leurs chutes de tissus iraient pas toutes seules à la poubelle sur leurs petites pattes.

Du coup, comme y'avait pas de manifs pour tous où j'aurais pu exhiber mon serre-tête en velours flambant neuf, j'ai décidé de rester dans les valeurs sûres féminines: le rôze.

Bon je triche un peu y'a du pas tout neuf, mais que voulez-vous, je peux pas tout vous montrer d'un coup car trop de bonheur tue.

J'ai d'abord fait cette robe so pin-up à partir d'un patron Papavero.

                                                                                                

DSCN0439

Pour ceux qui ne connaissoient pas, c'est un site polonais avec pleins de patrons formidables dans des tailles qu'on trouve pas ailleurs (du 32 mini Jessica Rabbit au 56 belles formes de partout). C'est et il suffit de vous inscrire pour avoir accès à tout.

J'avais déjà fait un TS cet été et la taille était parfaite, les patrons s'emboîtent nickel et les marges de coutures sont comprises. En plus, sous chaque modèle, vous avez les versions des internautes, ce qui peut vous éviter de passer à côté d'une perle juste parce que le dessin de la dame qui le porte l'est pas beau. Bref, j'ai choisi ce modèle, une bête robe en jersey mais avec un petit détail sympa sur le devant: 2 pinces qui partent de l'épaule pour joindre les saillants et donner une touche de fantaisie à l'ensemble.

J'ai choisi un petit tissu discret (un reste de maille framboise acheté sur le marché des Bosquets) et de bon goût, pas du tout pétant, comme vous pouvez le constater:                                                         

DSCN0441

La couture n'a pas posé de problème. C'est comme coudre un t-shirt mais en plus facile. J'ai pris une taille 34 pour un résultat très ajusté, mais la robe est très confortable vu que la maille est très extensible.

Le revers de la médaille: le moindre petit four et votre vieille tante couve du regard votre ventre en murmurant "C'est pas trop tôt" (ou alors "Encore!" s'il ne vous manque que 2 marmots pour former une équipe de foot). Bref, il faut prendre en compte les mesures annoncées par le site, parce que si le tissu n'avait pas été stretch il m'aurait fallu un chausse-pied géant pour entrer dans cette petite chose.

Comme je n'avais pas assez de rose, j'ai repris mes vieux Burda des années 70 et j'ai refait une petite robe trapèze déjà commise dans un tissu noir à mes début en couture. J'ai sorti, pour cela, un splendide coupon de jacquard trouvé lui aussi au Bosquets. Petite parenthèse, les vendeurs ne savent pas toujours ce qu'ils vendent, surtout quand il s'agit des coupons en vrac. J'ai trouvé du velours 100% coton italien (l'étiquette de la provenance était encore dessus) de toute beauté à 3 euros les 3 mètres, le tissu que j'ai utilisé pour la robe, lui, vient d'une entreprise française de tissus prêt-à-porter haut-de-gamme (j'ai googlelisé le nom sur l'étiquette). Il n'y en avait certes qu'un mètre sur deux, mais c'était suffisant pour y faire tenir ma robe et j'ai payé le coupon un euro. Alors bon, on fait pas toujours des affaires de fifou, mais on tombe parfois, voire souvent sur des perles.

Ecce roba comme dirait l'autre:                                                                  

DSCN0445

Pour la couture c'était comme coudre un t-shirt, mais en moins facile à cause des raccords. Mais je m'en suis pas trop mal tirée.

Et pour vous faire baver, voilà les détails du jacquard. Gadez si c'est pas beau, gadez les détails de folie. Personnellement j'en défaille, si, si.

DSCN0454PetiteDSCN0453

DSCN0452

 

Et comme malgré tout cela les valeurs de notre belle société continuaient à se faire la malle, je me suis noyée définitivement dans un torrent de rose avec ce modèle issu du Phildar n° 63.

J'ai dégainé 8 pelotes de Givre couleur Bruyère et c'est parti comme en 14 (à l'époque on savait vivre).

Comme je ne possédais qu'une mauvaise photocopie du modèle, j'ai du compter sur mon sens logique pour pallier les caractères illisibles du diagramme. Et là c'était pas gagné, vu que la Fée du Bon Sens s'est pas déplacé pour mon baptême (y'avait sans doute Drucker à la télé). Mais je m'en suis sortie très honorablement, j'ai consciencieusement scribouillé au marqueur mon diagramme, fait mes torsades tranquillement et un mois plus tard, hop, sur le dos. La Givre est très plaisante à tricoter mais elle est aussi très, très chaude. Du coup, je ne porte pas mon pull très souvent vu que j'ai l'impression de trimballer un sauna portatif sur mes épaules toute la journée.

DSCN0456

Voilà le détal du panneau devant (non ce n'est pas une tentative désespérée pour créer une mode du selfie de pull). Vous remarquerez une petite erreur pas trop visible sur l'un des côtés, mais bon, après un long travail sur moi-même, je peux vivre avec ça. Enfin je crois...

DSCN0457

Valà, valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je vous montrerai qui est le patron.

PS: On me chuchote à l'oreille que je dois dire un mot de mon Joli Papa sans qui je ne serai rien et qui est une source perpétuelle d'émerveillement (et de Gewurtz)

 

Posté par nedjmaia à 20:00 - Commentaires [20] - Permalien [#]

01 novembre 2014

Le journal d'une coutureuse

A Bram S... (un lendemain d'Halloween, ça le fait grave ( avec l'accent rosbif, ça fait vanne de circonstance et bilingue, genre je me la pète dans les deux langues)

Journal de la noueuse

Seine-Saint Démon, le 1er octobre

J'ai ouvert mon armoire ce matin pour trouver the tenue qui me permettrait de briller lors de ce Me Made Day, et accessoirement de ne pas aller au boulot en pyjama. Me suis décidée pour une petite chose simple sans prétention; une petite robe  faite à partir d'un patron de 1953 de la Coupe d'Or dans un velours italien bleu nuit tout ce qu'il y a de plus humble. Comme souvent chez Lutterloh, j'ai eu plein de retouches à faire, notamment à la taille, mais ces basses avanies n'ont pas eu raison de ma motivation à ressembler à une Ava Gardner sous représentée mammairement. En fait je ressemble surtout à Elvira maîtresse des ténèbres (ce qui n'est pas si mal face à 28 biactolisés en furie).

                                                                                            

DSCN0391Moyenne

04 octobre

Des choses étranges se trament, je le sens. D'abord il fait beau. Dans le nord de la France. Un 4 octobre après un été pourri et alors qu'on doit à nouveau gaver nos oisons de règles grammaticales. Si après ça on doute encore de l'existence des Djiins...

Du coup j'ai dégainé mon Teesh anti-goule, celui fait à partir de deux panneaux jersey imprimé "London". Oui parce que rien qu'à l'évocation d'une nation qui élève au rang de chef d'oeuvre culinaire la Green Jelly, les démons et Jean Pierre Coffe fondent et se tordent pour périr dans d'atroces souffrances.

Quant au tee-shirt c'est le Lekala 5672, avec manches raglan et un montage d'une simplicité enfantine: 6 coutures en tout et c'est règlé. On remarquera quand même que l'ourlet du tee-shirt gondole un peu à cause de la rigidité du jersey. Mais je peux vivre avec... enfin je crois...

                                                                                        

DSCN0398

05 octobre

Les ténèbres qui m'envahissent doivent être contrebalancées, voire combattues par de la couleur. J'invoque donc Punky Brewster et lui demande de me donner le don "Blondine arc-en-ciel", celui qui permet de piquer l'oeil de l'adversaire. La grande déesse de la chaussette à doigts de pieds multicolore m'envoie alors cette cape d'invisibilité ce gilet magique qui réveillerait les morts et accessoirement un petit haut un peu vert -un peu fade- un peu bof. Le haut est fait à partir d'un patron New Look et a déjà été bloggué par votre servitrice (qui est pas Ducros et qui va pas se décarcasser pour retrouver l'article). Le gilet vient d'un livret Lutterloh de 1974; à la base c'est une petite chose ajustée et froncée sur le devant, mais comme je n'ai pas compris comment se montait ce machin (ah, encore un coup de Djinns ça!), j'ai laissé comme ça. Le tissu est une chouette maille trouvée au marché de Clichy-Montfermeil.

                                                                                        

DSCN0399

06 octobre

Mon gilet a eu l'effet escompté. Les forces du Mal, noyées dans ce torrent de rose, se sont retirées. Mais pour combien de temps... En attendant je me détends en prenant une pose trop cool, décontractée de l'ovaire gauche- à la fraîche en faisant semblant de boire une verveine-menthe, parce que je suis trop une rebelle et puis qu'avec ma pose la buée de la pisse-mémé risque de crasser mes fenêtres toutes propres. ROCK'N'ROLL!

                                                                                     

DSCN0401

07 octobre

Les nains se sont acoquinés avec les Djiins, c'est certain. J'en veux pour preuve les fautes qu'ils font volontairement dans leurs dictées juste pour me plonger dans les affres de la folie et ainsi m'affaiblir. Non, vraiment, je ne vois pas d'autre explication à leur façon d'orthographier le mot méri, alors que bon, quand même, à 13 ans ils sont tous passés devant ce vénérable bâtiment au moins une fois.  En tout cas c'était finement joué. Ils ont presque réussi.  Mais pas là, vu que j'ai ma blouse de Super-Prof, taillée dans un plumetis blanc acheté il y a des lunes chez Toto, à partir d'un patron La Coupe d'or de 1974  (le montage était même pas drôle y'a eu aucune difficultés).

                                                                                    

DSCN0402

08 octobre

Les Djiins se sont à nouveau introduits dans mon humble demeure. Je crois qu'ils ont rallié à leur cause Maître Koub, l'infâme félin de la maison. J'ai toujours trouvé ses activités louches. Cette inactivité permanente ne pouvait cacher que les plus noirs desseins. Aujourd'hui il a d'abord tenté de m'amadouer avant d'essayer d'attenter à mes jours en se mettant dans mes jambes pile au moment où je descendais les escaliers. De même j'ai récupéré mon pantalon (modèle Burda avril 2009), poilé à mort. Nul doute n'est possible, c'est bien la marque de la Bêêête sur mon Prince de Galles qu'est en polyester mais qu'a un chouette tombé quand même.

                                                                                       

DSCN0405

11 octobre

J'ai décidé de prendre des mesures drastiques. Après revisionnage de 12  épisodes de Game of Thrones, la solution m'apparaît, évidente, limpide. Il me faut une cotte de mailles!! Très vite un obstacle de poids apparaît, il va être très difficile de sortir de ma tuture, de monter les escaliers, voire de me lever de ma chaise avec 20 kilos d'acier sur le dos.  Je sors donc ma botte secrète, mon pull Eiffel, en véritable imitation de tour parisienne avec petit ruban de satin en prime (on a beau être une guerrière, on en est pas moins greluche). Le patron est gratuit et disponible sur Knitty.  La laine est un reste de pure laine vierge de l'époque où j'achetais encore chez Ice Yarn. Le modèle est très facile à tricoter, quasiment sans couture, mais un peu long à faire.

                                                                                      

DSCN0406

12 octobre

Ma cotte de maille en laine n'a vraisemblablement pas fonctionné. J'en veux pour preuve ces trombes d'eau qui tombent alors que je viens de réussir mon premier brushing depuis 6 mois. Les forces du Mal sont décidemment très vicieuses (ouais, bon, sinon on les appelerait pas les forces du Mal). Je dégaine donc la tenue de néchromancienne à base de tee-shirt New Look déjà blogué, dans le style Jedi avec un manteau Burda couture trop facile Mimile, fait il y a sept ans dans un velours fin avec imprimé cashemire rouge et blanc. C'est sûr, avec mes manches bordées de vraie-fausse fourrure de Nargol, je vais terrifier de la succube.

                                                                                     

DSCN0409

14 octobre

Je viens de passer le niveau néchromancienne supérieure avec option Gratin dauphinois (le vrai, sans la crème).  Je peux donc maintenant fièrement arborer les oripaux de mon nouveau statut de FVT (nan, c'est pas un prof de Sciences- Nat qui parlerait de sa matière la bouche pleine de chips), Fée du Verbe Transitif. Du coup, il m'a semblé absolument indispensable de revêtir mon pull en Aurore (déjà bloggué aussi, ce qui prouve bien que passer du temps sur les finitions permet de garder son vêtement longtemps).

                                                                                      

DSCN0411

16  octobre

Des heures sombres se profilent. Les Démons ont profité d'un moment d'inattention pour m'affaiblir. Ils ont envoûté la prof d'Allemand de mon humble établissement afin qu'elle m'innocule un virus d'une rare violence. D'ailleurs la moitié de mes collègues sont décimés. JUSTE AVANT LES VACANCES!!!! Mais pourquoi, pourquoi... J'avais pourtant mis une ravissante robe en jersey de laine sexy et néanmoins douillette, mais rien n'y a fait.  Je suis au bord du gouffre, je me sens partir, s'en est fait de moi...

Sinon la robe c'est une robe t-shirt du Burda de juillet 2011  (une mine!).  La photo est toute pourrie, mais si j'ai la chance de survivre à cette guerre bactériologique, j'en ferai de meilleures, on ne voit pas la fente côté gauche qui monte un peu au-dessus du genou et le gracieux appliqué inversé en forme d'orchidée noire posé délicatement sur ma hanche gauche.  Et là, vu le temps que ça m'a pris, c'est un peu les boules.

                                                                                       

DSCN0412

20 octobre

Contre toute attente j'ai survécu. Ah ah!!! Dans le fondement la balayette les Djiins! Pour fêter ça je vais à Intermarché faire les courses (et aussi un peu parce qu'il y a une bouboule de poussière qui roule quand j'ouvre mon frigo, comme dans les westerns). Je revêts donc mon plus beau pull acrylique (modèle Begonia, gratuit sur Ravelry), avec blouson et converses assorties, parce que j'ai trop le swag contrairement à certains trolls qui essaient de me terrifier par tous les moyens depuis plusieurs jours et qui se croivent trop stylés.

                                                                                      

DSCN0415

21 octobre

Une chose terrible est arrivée. J'ai retrouvé Irénée, mon scarabée domestique, mort, sur le dos ce matin. Moi qui aimais tant le voir accourir vers moi en frottant ses petites mandibules de joie. Mais je sais qui est responsable de cet acte barbare et il ne restera pas impuni. Ou alors c'est Zhom qu'a vaporisé Brad, l'oranger en pot, avec du produit anti-araignées rouges (et dans ce cas-là, même sanction, hé, hé). Du coup je porte le deuil de mon fidèle ami mais avec un gilet Vogue rouge avec un V comme vengeance. Le tout en Alpaga Drops, un peu mou, mais chaud et avec un rendu sympa et des torsades qui rendent mal en photos.

                                                                                        

DSCN0418

22 octobre

Après le drame qui a entâché mon existence, j'ai pris une décision extrême: le contre-envoûtement Chuck Norris. Imparable, puisque validé par Chuck, fait fuir démons, dragons, gobelins et fouines sous les toits, à condition de revêtir un manteau de despérado avec un t-shirt fluo (même patron Lekala que mon t-shirt London) et de n'avoir jamais gaspillé une chute (ici restant de viscose transformé en écharpe légère).

                                                                                     

DSCN0417

27 octobre

Zhom et moi avons décidé l'opération de la dernière chance. Il s'agit de faire un exorcisme à base de peinture et de parquet neuf dans l'Antre du mal.  J'ai donc mis, pour aller voir Le Roi Merlin auquel nous avons fait offrande de tout ce que l'infâme baron Fisc a bien voulu nous laisser, mon pull en Aurore mauve (modèle Phildar 377). Le palais de ce roi est vraiment très grand et biscornu, mais sa prêtresse (celle en chemisette à carreaux verts avec le badge "Martine _ à votre service") a eu l'air satisfait quand nous avons déposé notre obole.

                                                                                     

DSCN0425

28 octobre

Le combat final est proche. La route a été longue, le chemin épineux, nous décidons donc de sacrifier quelques sashimis afin d'accélérer les choses. La blouse Carme, finie ce w-e, me semble toute indiquée. On a beaucoup glosé sur ce patron, je me réserve un prochain post pour en parler.

                                                                                      

DSCN0423

29 octobre

A deux jours de la nuit des démons, et à l'issue d'une lutte acharnée j'ai vaincu les Djiins qui pourrissaient mon existence depuis un mois. Je peux donc maintenant me détendre dans mon gilet Vogue avec un V comme volupté et un t-shirt bleu Burda (février 2013) déjà bloggué par ailleurs. Même Zhom claironnant qu'on ne porte pas deux couleurs primaires ensemble n'arrive pas à me démoraliser.

                                                                                     

DSCN0420

Posté par nedjmaia à 22:27 - Commentaires [10] - Permalien [#]

03 septembre 2014

New Kids on the robe

J'ai cherché un petit moment un titre-trop-porteur-d'laballe qui rameuterait les foules. J'aurais mieux fait de nourrir mon cholestérol au nougat basque, parce que je n'ai trouvé que ça. Oh vous là-bas, oui, c'est bon, t'as qu'à proposer un truc si t'es plus malin(e). Du coup comme je suis à moins de 24 heures de l'entrée dans l'atmosphère de la planète Nains, aussi connue sous le nom de Morveux XP94, je me suis dit qu'une référence à mon propre passif boutonneux serait de bon aloi.

Wé pask'avant de jouer au tennis avec des poussins qui remplacent avantageusement les balles et de fréquenter des soirées à thèmes Bat-cave et Tranxen, j'ai eu un bébé poney arc-en-ciel et j'ai été fan des NKOTB. Je sais, tout un pan de certitudes bien ancrées s'effondre soudain pour vous cher(s) lecteur(s). Mais le passé est le passé comme l'a dit un jour un philosophe nain (mais pas le même nanisme que mes 6èmes), de droite. Bien qu'on puisse se demander si acoquiner "philosophe" et "de droite" ne serait pas un peu oxymorique. Mais la référence ultra pointue culturellement à l'un des 1ers boyzzz band a aussi un intérêt: celle de vous présenter un post un peu à part, puisque "Step by step, ouuuuu Baîbèèèèèè, gonna get to you robbbbeeee" (à bramer avec une voix de cerf prépubère).

index

En effet, si vous hantez avec constance le forum de T&N, la discussion sur les patrons Lekala ne vous aura pas échappé. Il s'agissait de coudre une robe, au choix, à partir d'un de leurs patrons. Pour les malheureuses qui connaissent pas, c'est un site de patrons russes sur mesure où on peut commander pour le prix d'un croissant au beurre, un patron à ses mesures. Ce qui est quand même vachement moins dangereux pour la cuisse de nymphe, surtout après les 72 barbeuq-bières de cet été. Je me propose donc de faire un vrai-faux pas-à-pas (ahah!!! on y est), puisque je vous donne le mode d'emploi avec renvoi vers des tutos trop classes- sa mère, parce que, bon, pourquoi s'embêter à faire en moins bien ce qui a déjà été exécuté parfaitement. Hein? Je vous le demande.

Il s'agit donc de la robe 4262, celle-là même représentée par une dame avec des jambes de 3 kilomètres.

43_small_image_207

Elle a l'air compliquée comme ça, mais c'est juste une robe élastiquée, autant vous dire que j'ai pas pris de risques sur ce coup-là. Il vous faudra donc, pour une taille 34-36: 2 m de tissu très fin, 1.3 m de doublure et un élastique pour la taille. Autant dire que ça grèvera pas votre budget de rentrée et que vous pourrez même investir dans un casque anti-bruit (des fois que votre petite dernière vous saoûle avec sa trousse Monster High).

Première étape: vous allez couper vos devants dans le tissu de la robe et dans la doublure. Filez-y un bon coup de fer; Le fer est le meilleur ami de la femme, rappelez-vous, ou alors replongez-vous dans de saines lectures comme les manuels éducatifs à l'usage des jeunes filles de votre arrière-fossile. Puis vous bâtissez les pinces, comme ci-dessous et vous ne cochonnez pas un truc pof-pof, ni-vu-ni-connu-j't'embrouille à l'arrache et à la craie de tailleur. Il en va de votre tombé poitrine (pas sûr que ce soit vendeur)...

DSCN0350

 

Ensuite vous piquez vos pinces très soigneusement en finissant par la pointe; Repassez la pince, puis re-coup de fer devant. A ce stade là vous obtenez ça et vous regardez votre fer d'un oeil neuf:

DSCN0356

 

Vous coupez votre dos supérieur et vous piquez les coutures latérales du haut de la robe. En coutures anglaises parce que ce modèle c'est surtout joli avec du tissu transparent et que ça veut dire qu''on peut pas planquer une couture avec l'oreille un peu basse. Donc couture anglaise pour tout le monde, c'est ma tournée et le tuto est là. Faites pareil avec la doublure et n'oubliez pas votre nouvel ami le fer. Même avec une MAC seconde catégorie comme la mienne, vous obtenez ça:

DSCN0358

Etape 2: là c'est le seul moment un peu je-sue-comme-un-boeuf-je-comprends-pas-j'ai-pas-mangé-de-piment; vous allez monter la doublure. Y'a un super tuto en vidéo là. La cuiller en bois de Burda gardez-la pour touiller la tartiflette (dont vous pourrez abuser vu que la taille de la robe est élastique, trop bien faits les trucages). Donc vous mettez vos deux hauts endroit contre endroit et vous vous laissez guider par la dame. Normalement si vous avez tout bien fait comme elle a dit et que vous avez utilisé Fer-nand, votre doux, votre tendre, votre merveilleux fer, vous devriez avoir ça: à l'extérieur:

DSCN0362

Et ça, à l'intérieur:

DSCN0363

Là vous avez fait le plus dur, allez-donc prendre un peu de nougat basque (j'ai pas dit la plaque entière) avant d'attaquer le bas.

Etape 3: Coupez le bas de la doublure et tout pareil que pour les hauts, coutures anglaises et on repasse-on repasse-on repasse. Faites l'ourlet. Pour avoir un résultat propre, je vous encourage vivement à consulter ces tutos. Le bas doublure est prêt.

Vous préparez le bas de la robe et vous faites un ourlet mouchoir ou roulotté, comme-tu-veux-tu-choises. Vous remarquerez d'ailleurs que sur la photo l'ourlet de la jupe est bien plus fin que celui de la doublure, c'est vers ça qu'il faut tendre pour garder le côté dansant du vêtement.

DSCN0366

 

Etape 4: Vous assemblez ensemble et en même temps tous les hauts et bas. C'est un peu lourdingue toutes ces épaisseurs de tissus, mais je ne suis pas inquiète, vous y arriverez très bien. Vous surfilez très solidement les surplus de couture, puisqu'ils vont servir de coulisse à l'élastique de taille et je trouve ça bien plus propre que la coulisse par surpiqûre autour de la robe.

 

Etape 5: Un dernier coup de fer (à ce stade c'est l'idylle la plus passionnée entre vous, mieux que dans les romans-photos de Nous Deux) et une petite ceinture plus tard, vous obtenez cette petite merveille qui vous donne l'impression d'être une pure nymphe, y compris quand vous écoutez Cannibal Corpse à plein régime.

DSCN0373

Une chose ou deux avant de clore le chapitre; Tout d'abord le blog vient de dépasser les 100 000 vues; Je tenais à remercier mes parents sans qui rien n'aurait été possible, mon clavier d'ordinateur, sans qui rien n'aurait été possible et puis vous chers lecteurs, sans qui... complétez avec la formule consacrée. Et comme je suis à la pointe de la Technologie (ouais, bon, d'accord, au bout de 6 ans fallait s'y mettre), j'ai activé la fonction newsletter, si, si, je vous assure, je suis trop une ouf. Bref vous savez quoi faire.

Sinon la prochaine fois, si vous êtes sages, je serai assortie au ciel estival.

Posté par nedjmaia à 18:58 - Commentaires [20] - Permalien [#]

13 août 2014

Le Théorème de la Loose

  Il est des moments dans la vie de tout être pluricellulaire, où on a l'impression que toutes les forces de la nature sont contre soi. Peut-être qu'elles étaient aigries par le mauvais temps, peut-être que le grand barbeq' annuel des Forces de la Nature a été annulée, peut-être qu'elles avaient trop rien à faire vu qu'il y'avait pas match ce soir. On se retrouve donc aux prises avec ce grand farceur de Destin, dont l'humour parfois lourdingue nous échappe tout bonnement.

J'ai longtemps hésité quant à l'exemple à vous donner pour illustrer mon propos. Celui que je me propose d'exposer, hélas vous verrez que ce dernier terme est plus qu'approprié, est d'une violence telle que je vous demande d'ores et déjà de vous assurer qu'il n'y ait pas ni nains, ni gerbilles ni même de  grand-mère grabataire dans le coin; je tiens pas à ce qu'on me colle un procès après. Je souhaite préciser que toute ressemblance avec une quelconque cérémonie ayant eu lieu en juillet 2002 serait purement fortuite. Ces préalables étant posés, commençons:

Vous ne savez pas (encore coudre), vous êtes invitée au mariage de votre soeur, et même elle a fait la folie de faire de vous son témoin. Vous avez accompli votre rôle à la perfection, elle a toute une collec' de photos dans un appareil jetable, prises à son enterrement de vie de jeune greluche, où elle fait la bise à des inconnus soigneusement selectionnés par vos soins (édentés, avec un t-shirt de Johnny, borgne) et qu'elle pourra regarder avec tendresse lors de ses noces de platine. Il vous reste donc maintenant le côté plaisant de la chose, agiter les bras en poussant des cris de souris de 50kg et acheter une ROBE.

Vous trouvez votre Saint Graal tout de suite: une merveille blanche imprimée de grandes fleurs gris perle très greluche et romantique, avec jupon asymétrique délicat et bout d'épaule sensouale ma pas voulgaire. Après avoir vérifié en sortant de la cabine que votre précieuse n'est pas transparente, vous bigophonez la frangine pour lui demander si vous pouvez acheter une robe blanche pour son mariage, parce qu'il s'agirait pas non plus de rouler une pelle au marié ou de cuver son champagne dans la chambre des heureux époux. Mais la frangine s'en cogne comme de l'an 40, elle a autre chose à faire, elle doit choisir entre Framboise écrasée et Vert pousse de saule pour ses faire-parts. La machine infernale est dès lors en marche.

Arrive le jour fatal. Vous arrivez tout juste à la cérémonie. Tout se passe au mieux, si ce n'est que le curé raconte une obscure fable mettant en scène des porcs-épics avec un accent du Burundi à couper au couteau. Vos petits cousins gloussent et vous leur décochez un regard assassin mais digne de grande dame. Vous avez voulu vous la péter en choisissant de lire un extrait du Cantique des Cantiques, vous déchirez grave dans votre robe, vous espérez secrètement que tonton Hubert filme ce moment de gloire.

Dès le début y'a un truc qui va pas. Bien qu'on ne puisse pas négliger la charge érotique de ce texte biblique (si, si, relisez), vous vous apercevez qu'un certain nombre de vieux Messieurs dans l'assistance vous couve d'un oeil égrillard. Ce n'est qu'une fois au vin d'honneur, en vous regardant dans la baie vitrée de la salle que l'horrible vérité vous saute aux yeux (z'êtes bien la dernière d'ailleurs) : la lumière de la boutique était trompeuse et la robe ne laisse rien ignorer de votre anatomie joufflue (en plus pour pas marquer vous aviez mis un string). Quand vous posez la fatidique question à votre Z'Hom personnel (des fois que c'était juste une illusion d'optique), celui-ci répond avec un sourire un tantinet narquois qu'il y avait tout un rang de retraités qui pour une fois étaient contents d'aller à la messe. Vous finissez par rentrer rapidos mettre un jean pour couvrir ce fondement qu'on ne saurait voir, mais que tout le monde a vu quand même. Exit Albertine en fleur, bonjour la pecnode exhib...

Bref tout ça pour vous énoncer cette vérité fondamentale, la loose est toujours proportionnelle aux précautions ou conditions favorables dans lesquelles vous croyiez vous vautrer ad vitam aeternam. Ma loose de cet été est quand même un cran en dessous. Si vous avez suivi, je suis maintenant dotée d'un nombre d'heures de loisirs indécent vu que je suis débarrassée des nains jusqu'en septembre et que j'ai plus à potasser le concours de Super-prof. Je suis donc dans les meilleures conditions requises pour transformer l'intégralité de notre maison en dressing. Mais en fait, non.

J'ai tout planté depuis 1 mois:

-la blouse Carme (mauvais choix de tissu, impossible de faire de belles surpiqûres)

-la robe avec dos ouvert du Burda de ce mois d'août (erreur de couture)

-le pantalon carotte du Bubu d'avril ( fourche trop basse, modèle mal taillé)

-un boléro de chez Knit.1 en ravissante laine coton poudre (me va pas, moche)

Bref, du coup j'ai surtout des trucs de l'année dernière à vous montrer.

Voici tout d'abord le T-shirt moulti-tâches, pasque si vous le cousez pas avec les liens, vous pouvez le porter de multiples façons:

 

Le patron vient du Burda de juillet 2011 (une mine mais j'en reparlerai). Je m'aperçois que j'ai pas placé mon TS comme il faut vu qu'il plisse de façon fort peu avenante sur l'épaule, alors qu'en fait nan, c'est pas le cas. Je vous avoue que je l'ai peu porté, principalement parce que les points, faits à l'aiguille double, ne sont pas réguliers-au-garde-à-vous, merci au tissu trop fin. Mais comme ce modèle est surtout joli avec du tissu trop fin (Théorème de la loose qu'on vous dit)... Néanmoins je le vois bien en vrai cache-coeur avec manches longues pour cet hiver. Sinon pas de difficultés, c'est comme coudre un TS, tout pareil, aiguille ronde, tout ça...                                                                  

bloggif_53eb9b08c928a

Ensuite pour oublier le trauma de la robe de mariage j'ai cousu une jupe trop courte, dans l'absolu et pour mon âge canonique, avec crochet et fanfreluches du meilleur goût. Voyez plutôt:

DSCN0319

Là encore la climatisation du cuissot est assurée. Je crains d'ailleurs la pneumonie si je la sors avec les fabuleuses températures de ces derniers jours en Ile de France.

Petit zoom sur le tissu crochet qui vient de chez Stop Tissu. Le modèle vient d'un Bubu de 98 (ouais, je sais c'est has-been avec cette déferlante de patrons indé, mais moi j'aime bien), c'est une bête mini-jupe que j'ai doublée avec un coton blanc épais acheté chez Reine et qui donne de la tenue à l'ensemble.

DSCN0324

 

 

 

 

 

 

 

Enfin voilà un ravissant modèle de chez Phi-Phi, magazine 70 réalisé avec un vieux stock de coton de chez Zeemann, un discounter dans le style Tati mais en plus nordique.Pas de difficultés jusqu'à l'encolure qui devait être faite au crochet. C'est là que je pousse un cri d'horreur et qu'on me retrouve recroquevillée dans mon bac à douche. Je suis une quiche en crochet, j'ai donc emprunté un bouquin à la bibliothèque sur les encolures, choisi un truc qui pouvait faire Phildar like, et en voiture Simone. Du coup c'est un peu plus épais qu'au crochet mais je trouve ça plutôt joli et pis j'aime bien le côté greluche au fraise.

DSCN0326

DSCN0328

DSCN0331

DSCN0332

Enfin, si vous avez eu le courage de lire jusqu'à là, je tenais à vous montrer ce que le lapin de Pâques m'a laissé sur ma table de couture ce matin. Quel fifou le lapin de Pâques, c'est même pas Pâques en plus, non, vraiment, je ne vois pas d'autre explication à l'arrivée de ce tissu sur ma table. Et là il y a un coupon de maille rayée, noir, bleu, violet avec des couleurs bien plus profondes que sur la photo, 2 coupons de jersey molletonné et un énorme coupon de tricot gris qui me fait d'ores et déjà les yeux de Chimène. Vous croyez que si je suis sage le Papa Noël va me ramener du velours?

DSCN0333

La prochaine fois, si vous êtes sages... je serai déprimée car ce sera la rentrée.

GrandeL

Posté par nedjmaia à 19:58 - Commentaires [4] - Permalien [#]

11 juillet 2014

De la mode (avec des morceaux de Montesquieu dedans)

"Je trouve les caprices de la mode, chez les Français, étonnants", faisait dire ce bon vieux Montesquieu, Charlie pour les intimes, à ses Persans d'opérette il y a presque 300 ans, ce qui ne nous rajeunit pas (enfin surtout vous), soit-dit en passant. Le côté changeant de la chose semblait le défriser carrément, mais s'il était revenu d'entre les refroidis, il serait sans doute moins étonné par le bouleversement des "Tendanches", en perpétuelle évolution à chaque saison, que par le paradoxe du modeux.

                                                                                                 

index

Pour ceux qui n'ont pas fait le doctorat "Reine du shopping" à l'Université C. Cordula, ou qui s'obstinent à porter des collants chair alors que "Ma Chéwwiiiieeee, ça va pas dou tout, c'est pas magnifaïque", il convient de faire une piqûre de rappel.

Au commencement était la gonzesse normale. Appelons-la Josiane (comme le prof de Techno moustachu qui me sert mon café au boulot).

menagere-numerique1

Josiane porte des jeans, des t-shirt et s'achète, dans un accès de fantaisie délirante, une robe de temps à autre pour aller à un mariage, Josiane est un esprit simple, les portes du Paradis Fashion lui sont donc grandes ouvertes, Amen. Sauf que Josiane ne peut rester ainsi dans son innocence et ignorer éternellement l'existence des Stilletos; un jour, elle passe devant une boutique Koo*les. Dès lors son destin est scellé (à relire avec la voix de Pierre Bellemare), quelque chose lui sussure qu'il lui faut absolument s'acheter cet incroyable pantalon boyfriend, trop classe pour se singulariser au Carrouf de Nogent-le-Rotrou.

Et c'est la chute. Une étrange voix roucoulante sortant de son téléviseur lui ouvre la voix de la connaissance "Ma Chéwiiiiieee tou es un H", des commandements en lettres de feu s'inscrivent sous ses yeux ébahis dans le Elle du mois de janvier et lui intiment "Singularisez-vous (courez chez Ma*e et S**dro).

Josiane comprend que son but est de s'accomplir, d'être unique dans ce monde de "putains de conformistes", tel un gothos dans South Park.

index

Un désir irrépressible s'empare d'elle et la pousse à aller dépenser l'équivalent d'un rein (plus une portion du gros côlon) chez Héloïse & Rousseau pour s'acheter un pull trop classe (qui boulochera au 1er lavage). Dès lors la métamorphose s'accélère: Josiane se fait un teint glossy mais nude (comprendre terreux et grassouille) et porte pour rehausser sa carnation un merveilleux ràl rouge-orangé-super-pointu-dans-la-tendance qui rehausse surtout ses dents jaunes. Elle apprend les lois du coiffé-décoiffé et porte une espèce de masse de cheveux roulée en boule au sommet de la tête qui lui donne un air faussement désinvolte (comprendre: qui prend quatre plombes et qui lui donne l'air d'une vieille souillon). Mais la descente aux enfers ne s'arrête pas là: pour montrer combien elle est originale et singulière Josiane crée son blog de mode; elle y "mixe" (comme si le verbe mélanger n'existait pas) des pièces vintages, voire rétros, jupes à losanges verts, marron et roses ou veste sans manches en pur poil de Bobtail que Tata Simone portait dans les années 70, avec des pulls en grosses mailles acrylique du Norvégien (pasque dire M&H c'est pour la plèbe).

Style-Hipster-2

Alors que Josiane est persuadée d'être une fille cool et pas du tout une figurante de l'attaque des clones, elle monte à la Capitale et là, stupeur, tremblements et paradoxe, on y est, elle s'aperçoit que 70% des spécimens féminins qu'elle croise portent des bonnets, des lunettes chinées chez un petit fripier (en fait c'était plutôt la brocante de Puttelange-aux-lacs) et des manteaux boyfriend qui leur donnent l'air d'être avalées par leurs propres vêtements. En voulant se distinguer, Josiane est tombée dans le paradoxe de la modeuse.

Y'a-t-il une leçon à tirer de tout cela? Je vous laisse juge, dépatouillez-vous, l'est tard et je suis trop occupée à digérer ma moussaka.

En attendant je vais vous montrer du pas du tout fashion, vu que je lis pas Elle et que je fais qu'est-ce qui me plait.

Donc à l'heure du faussement négligé j'ai cousu cette robe super chicos avec le patron 3503 de chez Simplicity, avec the fronces sur les épaules qui vous filent un charisme glamour super travaillé à la Rita-Hayworth et des découpes en font l'antithèse à peu près exacte du pull mollusque de chez le Norvégien.

3503

Voyez plutôt (et ignorez le pansement très distingué sur le décolleté, c'est pas pour casser le côté classique de la robe et lui donner un côté fun-destroy-trop rock'n'roll, c'est juste que je me suis fait charcuter un grain de beauté):

DSCN0290

Au début je me suis dit que y'aurait pas de défi: du jersey, pas de fermeture éclair, bref de la couture en charentaises (c'est la couture avec des charentaises, et non pas "mixer" la robe avec des charentaises). Mais la difficulté est d'abord venue du jersey, le tissu, parfait pour un t-shirt, s'est avéré un peu mou pour la robe. Il s'est ajouté un gros souci avec le patron: partie sur la taille 6, je me suis très vite aperçue qu'on pouvait aisément caser l'intégralité de l'équipe de Français de mon collège dans le dedans. J'ai retaillé dans le tas, mais la ceinture était encore trop large. Avant de tenter de mettre fin à mes jours en regardant l'intégralité des Anges de la Télé-réalité, j'ai tout démonté et j'ai fait des pinces au dos de la robette. Du coup ça va beaucoup mieux et avec une ceinture noire pour casser un peu l'uniformité du truc et une paire de talons haut je me sens très holywoodienne (ouais, bon, sans la chevelure flamboyante et le nichon arrogant). J'aime particulièrement le dos qui est très gracieux, voyez ici (et puis concentrez-vous sur la robe, pas sur le mollet blanc qui pique l'oeil):

DSCN0291

D'ailleurs on m'a moult complimentée sur cette robe, mais je ne me tortille pas de bonheur en rougissant et en gloussant de plaisir vu que je garde en toute circonstance un détachement Marlène Dietrichien.

La 2ème pièce que je vais vous montrer est non seulement en opposition contraire avec les préceptes de Sainte Christina (Lé boléro ma Chéwiieeee ma c'est has-beeen!!!), mais en plus il est pas rétro et je m'en tamponne le coquillard au fond d'un seau vu qu'il me restait une pelote et que j'aime pas gâcher. Il s'agit de 29 years, un modèle disponible gratuitement ici, sur Ravelry, et qui a l'avantage d'accommoder intelligemment vos restes laineux. La photo n'est pas très bonne, le rouge flashy du Cotton light de chez Drops est compliqué à prendre en photo, surtout quand les trombes d'eau qui tombent depuis une semaine vous font une lumière crépusculaire, mais la forme est toute simple et le point dentelle facile à faire:

DSCN0282

DSCN0287

DSCN0289

Je le porte au boulot pour pas avoir les épaules nues quand je mets un haut à bretelles devant mes nains remplis d'hormones.

Valà, c'est tout pour aujourd'hui. J'ai bien conscience de vous avoir montré des trucs pas très palpitants techniquement, mais la prochaine fois, si vous êtes sages, vous aurez droit à un chemin de roses

Posté par nedjmaia à 23:59 - Commentaires [7] - Permalien [#]