30 octobre 2009
Fait pas chaud
On peut pas dire que là j'ai joué l'Arlésienne. La dernière fois que je vous ai gratifiés d'un billet en moins de 10 jours c'était en des temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. En bref ça nous rajeunit pas (enfin surtout vous, parce qu'en ce qui me concerne je reste fraîche comme un faon dans la rosée du matin).
Mais bon, c'est normal, c'est les vacances et je n'ai rien d'autre à faire que de dormir beaucoup, longtemps et à des heures où les gallinacées sont couchées depuis longtemps. Du coup je vois des films en ENTIERS.
J'en profite d'ailleurs pour vous déconseiller vivement un film vu récemment.
Il s'appelle Pénéloppe et raconte l'histoire d'une pauvre petite fille riche qui, sous le coup d'une malédiction nait avec des attributs porcins. Évidemment Pénélope est en quête d'amour et évidemment, elle le rencontre sous les traits d'un mauvais garçon qui joue les aristos ruinés. Comme vous le devinez le jeune homme est boooooooo comme Pete Doherty mais en meilleure santé (c'est pas difficile) et avec beaucoup moins de farine sous le nez (encore moins compliqué) bien qu'il ait lui aussi un vice, le jeu. Bien sûr à la fin c'est happy end avec Monsieur qui décroche du jeu et qui suit Môdame comme un bon caniche royal durant les cours qu'elle donne à des bambins adorables et tous obéissants sous les saules pleureurs en fleurs.
En bref c'est naze, allez-y pas zieuter sauf si les histoires option Prince charmant avec chevelure savamment coiffée-décoiffée vous tripatouille la corde sensible. Le message du film c'est "Accepte-toi telle que tu es". C'est fort louable, mais moi ce film m'a juste donné envie de me faire un sandwich au jambon.
Bref je dois être Robocop, ça m'a pas retourné les sens. Ou alors les histoires d'Amûûûrrrr c'est définitivement pas mon truc. Enfin sauf en ce qui concerne mon Viking personnel qui m'appelle avec de doux noms d'oiseaux qui glouglouttent à longueur de journée, ce qu'il fait moins en ce moment vu qu'il bosse façon stakhanoviste au pays où la torpeur est reine.
Et pendant ce temps là je glande délicieusement. J'utilise même l'espèce d'instrument de torture qui prenait la poussière depuis 6 mois au milieu de mon bureau. Let me introduce you Adolf, mon vélo elliptique, qui n'a d'autre plaisir que de me filer des courbatures qui m'empêchent ensuite de m'asseoir pendant 2 jours avec ma grâce féline accoutumée. Qu'est-ce qu'il faut pas faire bonnes gens pour pas ressembler à ça:
A part dormir, regarder des films neuneus et me violenter la couenne, je couds aussi.
D'abord comme j'avais rien à me mettre j'ai voulu faire ça:
J'ai coupé un 36 mais sans marge de couture. Gravissime erreur!
Vous pouvez voir que la veste est un peu étroite dans le dos et les manches sont un peu courtes. Du coup ma Mounette d'Amour qu'est une naine, vous avez pas idée, va la récupérer fissa, parce que là je suis sûre qu'elle va être pile à sa taille.

J'aime bien la forme de la veste et je referai sans doute le modèle dans un autre tissu.
Comme j'ai pu le constater pendant mes rares périodes de veille, ça commence à cailler. J'ai ressorti mes coupons de mohair achetés à la Croix de Chavaud et j'ai choisi un ravissant bleu canard pour faire ce tee-shirt:
Guertroude, qu'est pourtant d'une obédience à toute épreuve a moyennement aimé le tissu. Mais j'ai quand même tout assemblé à la surjeteuse et j'adore le résultat. J'ai doublé le corps pour pouvoir le porter sans débardeur en dessous et mon teesh est chaud et molto féminilé, comme ils disent en grande Ritalie.
Enfin j'ai voulu faire ma fashionista, et avoir moi aussi ma blouse Paul et Joe. Mais comme je me voyais pas couper direct dans une soie lavée qui coûte un bras avec le triceps et le biceps en prime, j'ai fait une version de travail en satin un peu cheepos de la Croix de Chavaud. Il s'est avéré en fait que j'aime bien ma version en tissu à 3 sous et qu'elle va intégrer ma penderie qui en a marre que j'intègre des trucs en permanence et qui me le fait savoir chaque jour en entretenant un bordel qué ché pas pochible, comme on dit chez Conchita Ramirez.
Voici les photos:
-le devant. J'ai voulu finir l'encolure au biais, mais le tissu était trop fin, alors j'ai fait une bête encolure classique, qui est plutôt propre d'ailleurs.
- le dos. Là je regrette de pas avoir le don du monstre vert dans l'Exorciste, car je trouve le modèle très gracieux du dos.Voyez vous-même:
- le détail des manches. Les petits noeuds ont été cousus à la main et donnent un côté girly au truc. Au début j'étais pas convaincue, mais finalement j'aime bien.
Le problème sur ces photos c'est que le tissu ressort pas comme en vrai. Le satin est relativement mat et roux plutôt que rouge. Du coup j'ai toshopé un peu mais faut bien admettre qu'en ce moment je fais des photos assez moches.
Valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je vous parlerais du Chic parisien.
21 octobre 2009
Art zé décoration
Oui, bon d'accord, c'est bon ça va, hein...
D'abord c'est pas ma faute. Adressez vos plaintes à la rue de Grenelle, moi j'y suis pour rien. J'ai eu une rentrée bien plus rude que celle à laquelle je m'étais attendue. Ceci dit avec l'Educ il faut toujours s'attendre au pire et là au moins on est sûr de pas être déçus.
Je vous la fais courte, mais en gros, en récompense d'avoir fait quelque chose de mes 3èmes qu'étaient pas des bêtes de course au départ (z'ont eu de super résultats au brevet, ce qui prouve bien qu'ils se sont foutus de leur prof toute l'année en se faisant passer pour des moules), j'ai été envoyée sur un poste deux fois plus loin que celui où j'étais, avec option emploi du temps merdique et collègues aussi rock'n'roll qu'un colloque sur l'incontinence. Tout ça alors que mon poste était encore dispo cette année et qu'on m'avait assuré, au Rectorat, que je serai reconduite.
A ma place on a mis un petit prof tout frais qui vient d'avoir son Capes. Allez comprendre...
Du coup je passe pas mal de temps avec Simone, ma polluette et quand je rentre, je me sens irrésistiblement attirée par mon oreiller. Z'hom se moque d'ailleurs impitoyablement de moi car j'ai pris l'habitude, depuis septembre, de faire de fort gracieuses bulles au bout de 5 minutes devant n'importe quel film. On a même essayé le film de guerre avec explosions et mitraillages pendant 2 heures, le résultat est le même, je ronfle comme une bienheureuse avant même que Rambo ait mis un pied dans la jungle vietnamienne.
D'ailleurs Z'hom est également responsable de mon net ralentissement d'activité. Je vous rappelle que je ne couds ni ne tricote quand il est là, parce que femme de geek, c'est un job à plein temps. On ne peut guère se concentrer sur la pose d'un passepoil et s'ébaudir bruyamment devant le dernier micro-p qu'il est tellement bien que presque il fait la vaisselle. Il faut donc choisir. Z'hom est à la maison depuis la rentrée parce qu'il est en pleine transition taffesque. En effet Ulysse est parti bosser à 5000km de Pénélope depuis lundi pour 6 semaines (et d'ailleurs la 1ère Calypso qui l'approche je lui démonte sa colonne ionique); j'ai donc profité du mâle du foyer tant qu'il était là.
Sauf que Z'hom a profité sournoisement de mon absence pour récupérer un de ses fauteuils adorés en Velours de Gênes. Quand j'ai vu la chose au milieu du salon je me suis sentie partir...
Il y a 3 ans, quand on a emménagé ensemble, j'avais mis mon véto sur ces horreurs qui trônaient au milieu du bordel de Z'hom. Il avait réussi à les refourguer à un copain avec un goût aussi chiotasse que le sien compatissant. Or, il se trouve que le copain emménage à son tour avec sa dame et que la dame en question n'est que très mollement enthousiaste à l'idée de voir ça dans son salon (attention, ces images peuvent choquer un public sensible):

Z'hom est ravi et claironne à qui veut l'entendre que son fauteuil est magnifique, en particulier les franges dorées et les pompons vieux rose. J'ai nourri quelque espoir par rapport au félin de la maison. Mais cette ingrate bête refuse catégoriquement de faire ses griffes dessus, même quand je l'excite comme un dingue avec un lacet nonchalamment posé sur l'objet du délit .
J'ai finalement obtenu de le rénover avec l'aide d'une collègue qui retape des meubles, mais Z'hom tient absolument à conserver le dossier tel qu'il est. Vous aurez donc bientôt droit à la fameuse odyssée du furoncle mobilier qu'on va essayer de transformer en truc regardable. C'est moi qui vous le dit, c'est pas gagné.
Vu que maintenant va falloir que j'occupe mes longues soirées d'hiver, je me suis inscrite à "J'ai rien à me mettre", où il faut faire une veste pour le 30 octobre. Comme ça, ça va m'obliger à être disciplinée et à rattraper mon retard de postage.
Comme j'avais vraiment rien à me mettre, j'ai beaucoup cousu cet été. Vous allez avoir droit à ma production entière du mois d'août bande de veinards.
J'ai toujours rêvé d'être une cow-girl. J'ai râté ma vocation puisque je fais plutôt dans la dinde, voire parfois dans la buse. Pour me consoler de ce terrible sentiment d'échec j'ai décidé de me faire ce chemisier.

C'est un modèle d'un ancien Patrones de 2006. Pour arriver à ce résultat j'ai du dompter un col trop grand, apprivoiser une patte de boutonnage sauvage et mettre au pas des empiècements rétifs.
Mais je ne suis pas peu fière de moi. Voilà quelques détails pour bien me la pêter "moâ je fais du super teche-nique":
Et pis après, comme j'étais fatiguée de coudre des trucs qui font mal au crâne, j'ai voulu faire dans le facile. J'ai donc pris un Burda couture "les mains dans les poches" (ce qui n'est guère pratique pour coudre vous en conviendrez) et j'ai taillé, dans une jupe que je ne mettais plus, un petit haut. Sauf que le tissu a été un enfer à coudre et que le petit haut en question a été taillé pour un 34 avec option œdème mammaire. Il a fallu que je reprenne tout, histoire de pas me retrouver avec le décolleté aux genoux.
Voici une photo, impossible de faire poser Lucette Van Poupoule, elle est trop grosse. Je pense que c'est elle qui goffiotte tout le chocolat en cachette et pas Z'hom qui clame pourtant depuis toujours son innocence. Je vous ai pas fait de photos portées pasqu'y fait froid et que j'avais pas envie de me lancer dans une mise en scène à la Lindbergh.

Après j'ai pris un morceau de jersey acheté à la Croix de Chavaud y'a 6 mois (détail du motif)
et je me suis fait une robe. J'ai utilisé un patron New Look que j'avais déjà utilisé et j'ai modifié le patron au pifomètre. J'ai croisé les bretelles dans le dos pour faire genre: "Je suis une déglingo, je suis une rebelle qu'a peur de rien". J'ai même posé une petite dentelle pour accentuer un peu le côté pin-up du Val de Marne.
Voilà le résultat sur Lucette:

Et là on voit tout de suite qu'il y a un truc qui cloche. J'ai fait des raccords splendides sur ma chemise à la John Wayne et là j'ai pas été foutue de faire un raccord correct avec deux malheureuses fleurettes. En l'essayant s'est soulevé un autre problème. J'avais tellement bien modifié le patron que je pouvais avoir mes chances au concours de la plus belle Morteau. La charmante robe marque le moindre millimètre de cellulite. Évidemment j'en suis totalement dépourvue, j'ai la cuisse aussi lisse qu'un placo portugais, mais si j'en avais, disons sur le bas du gras de la fesse, on verrait que ça.
Voilà la robe présentée par Lucette vu que je veux pas être en butte à la jalousie internationale de la blogosphère face à mon absence intégrale de peau d'orange sur le cuissot et le joufflu. Du coup j'hésite à la transformer en petit haut. Dévoiler à la face du monde que je n'ai AUCUN capiton (ni sur les fesses, ni sur les cuisses, ni sur les hanches je le répète) ça risque de changer le regard des gens sur moi.
Avec le reste j'ai ressorti mon vieux patron de caraco (Burda juin 2004) qu'est un classique comme la crème brûlée de Jolie Maman ou le riz à Oncle Benz. En bref, c'est toujours un succès.
Sinon je me mets une pression folle pour le chèche de soeurette (en vrai j'y pense vaguement avec effroi deux ou trois fois dans la semaine). Voilà où j'en suis:
Et j'en suis assez contente. Même que je me suis demandée sournoisement si j'allais pas me le garder pour moi et dire à soeurette que le chèche avait été kidnappé pendant mon absence par une organisation terroriste moldave.
Enfin, au rayon tricot, voici l'ouvrage boulet par excellence, j'ai nommé Muir qui devrait être rebaptisé en Nuir (à celui qui le tricote). Là le résultat a l'air joli et tout et tout, mais ne vous y fiez pas. Y'a plein d'erreurs dedans, oui je sais, ça se voit pas mais moi je sais qu'elles sont là, et si j'étais pas allée aussi loin dans cette étole, j'aurais abandonné le projet.
Du coup j'ai enfreint ma règle absolue de "1 ouvrage de tricot à la fois" et je me suis lancée dans ce modèle de Rowan, le très bashungien Gaby, merveille de douceur en mohair, pour changer.
Valà, la prochaine fois (c'est à dire aux alentours du 30), si vous êtes sages, je me prendrais une veste.
PS: pour celles à qui j'ai pas répondu m'en voulez pas, je savais plus trop à qui j'avais envoyé une petite bafouille.
27 août 2009
Rauze
Je ne voudrais pas commencer ce post sans parler de ce grand événement interplanétaire qu'a lieu qu'une fois par an et qu'à côté l'élection de Barack Obama au poste de Maître du Monde c'est de la gnognotte.
Il se trouve, et ça je suis sûre que comme vous lisez pas la presse (nan, Closer c'est pas de la presse, sauf pour les amateurs de conchyliculture) vous l'ignorez, il se trouve donc que ma Mounette personnelle à moi, mon fossile préféré a fêté ses 50 printemps le 20 août.
(légende: Ma Mounette c'est la blonde. Bon d'accord, sont blondes toutes les deux. Je vous donne un autre indice, elle a les yeux bruns)
Et que même on a fait une grosse teuf pour bien marquer le coup, avec Champ', cochonailles et gâteau à la crème mais pas tout en même temps vu qu'on n'est pas des gorets.
Même si ma Mum of Love a fini debout sur une chaise avec un string fuschia 205 GTI enfilé nonchalamment sur son pantalon de versaillaise blanc, elle a gardé une distinction que lui aurait envié Grace Kelly. Comme quoi la classe on l'a ou on l'a pas. Je sais d'ailleurs ce que vous vous dites, c'est que vraisemblablement en plus c'est héréditaire étant donné mon suprême degré d'élégance. Si, si, suprême, n'ayons pas peur d'appeler une Tunique Isabelle Marant un sac à patates.
D'ailleurs, en parlant de sac à patates (vous admirerez la finesse de la transition), j'en ai commis quelques uns dont je ne suis pas peu fière bien qu'ils soient dans une couleur connotée greluche.
Je vous rappelle qu'outre ma distinction naturelle et évidente, j'ai aussi une tronche de psycho-rigide finie un visage d'où irradie une autorité que n'aurait renié ni Thoutmosis IV, ni François Mitterand; c'est dire si j'inspire le respect, mieux qu'un contrôle fiscal. La preuve, grâce à moi les pédo-psychiatres parisiens coulent des jours prospères et heureux depuis mon arrivée en Ile de France. Je peux, par conséquent, porter les trucs les plus fanfreluchés sans avoir l'air d'une concurrente au titre de Miss Choucroute garnie.
J'ai donc cousu une série de trucs rose, et pas du rose honteux, pas du rose un peu rouge, non, un vrai RAUUUUZE bonbon. Bon, j'avoue que si je me suis vautrée ostensiblement dans cette couleur c'est parce que j'ai eu la flemme de changer mes cônes de surjeteuse.
J'ai commencé par cette jupe ballon tirée du Burda de juillet 2007:
J'ai utilisé un reste de jersey, le patron était simplissime et Guertroude a tout monté en un temps record sans broncher.
Le résultat est très sympa, la jupe est légère et confortable sans faire pièce montée indigeste avec 18 étages et triple chocolat-crème de marron- crème fouettée. Voyez vous-même:
J'avais aussi acheté une jolie toile de coton chez Stop Tissus il y a deux mois et avant d'aller chez Gastine j'ai décidé de faire un essai couture pour voir si c'était d'la bonne. Je me suis donc taillé un short.
Sachant que jusqu'à un âge très avancé je me suis refusée à porter quelque chose qui soit plus court que sous le genou, ce qui m'a valu le doux surnom de "la Nonne", et pas seulement pour de sombres questions d'épilation, vous imaginez le choc de mon entourage quand j'ai arboré le dit vêtement coupé dans une couleur aussi discrète qu'une Gay pride dans un village auvergnat:
"-Ah ouais, quand même...
- Ben quoi?
-Ben ton short. Il est euh... rose quoi. Ben, euh, ça surprend..." (Vous aurez noté combien mon entourage a le courage de ses opinions)
Donc voilà l'ovni:-la face sud
- la fesse nord
J'ai utilisé un patron Lutterloh de 74 que voici. Rien à dire, facile à monter et Guertroude a tout monté en un temps record sans broncher. La fourche est peut être un peu basse, mais si on observe bien le modèle d'origine on voit bien que c'est normal. En tout cas il me recouvre le joufflu de façon fort agréable.
En revenant de vacances je me suis dit "Halte à la facilité", j'ai donc décidé de me pourrir la vie avec un modèle d'un vieux Patrones, un manteau de mi-saison d'Anna Molinari, qu'est quand même à la mode ritalienne ce que le veau est à la blanquette chez nous.
Comme ma vie était trop douce j'ai coupé des manches trop grandes que j'ai remonté 4 fois, j'ai aussi décidé de coudre le col de travers, pour le sport et, histoire que les voisins comprennent que j'en étais à un tournant de ma carrière de fille saine et équilibrée, j'ai hurlé après mes poches.
J'ai fait tout comme dans le magazine sauf pour les poches soufflets qu'il devait y avoir en bas, le masochisme a ses limites (en vrai j'avais pas assez de boutons).
Voilà ma fierté, mon manteau que même dans les pensionnats suisses les jeunes filles de famille en ont pas d'aussi beaux. Et pis vous allez en bouffer de la photo parce que j'ai pas pris du Xanax sous perf pendant deux semaines pour que vous regardiez distraitement; vous êtes donc priés de vous extasier bruyamment et d'applause quand la dame elle dit d'applauser:
Alors le devant (Ohhhhh!!!!!!)
Et bouquet final, attention, je vous conseille fortement le port de lunettes de soleil, parce que vous allez être tout éblouis, donc me voilà dans le dedans de mon manteau:
Hélas, j'ai la poisse, après les étés pourraves de ces 7 dernières années, la canicule dure depuis un mois. Alors je scrute un ciel désespérement bleu en croisant les doigts pour qu'on retombe à des températures normales pour un mois de septembre, c'est à dire polaires, afin de pouvoir le porter mon manteau. Je reprendrais bien un p'tit coup de Xanax moi.
Z'hom, qui a toujours su faire des critiques constructives sur mon travail : "Mwouaaaaaaaaaaaaaaaaarrrrrfffff!!!!!, nan, sérieux, l'est trop moche, ton haut, ta robe, ta salopette tyrolienne, etc...", Z'hom, disais-je, a lâché un: "Ah ouais, le sur-mesure c'est quand même autre chose". Et là j'ai été super fière.
Sinon, la dernière fois j'ai oublié de vous montrer mes achats patrons. Une fois de plus j'ai été victime d'un traquenard. En juin j'ouvre innocemment ma boîte mail et je trouve un message de l'Antre du Mal (ici, y'a pas de raison que je sois seule à subir son influence maléfique) qui m'annonce que tous les patrons Simplicity sont à 2 dollars pendant deux jours et qu'il me reste à peine 12 heures pour commander. Je pouvais pas décemment laisser passer, je vois à vos visages emplis de compassion que vous comprenez mon grand désarroi. Du coup j'ai investi dans ça:
Pour me détendre après le manteau d'Anna j'ai décidé de faire un truc qu'un enfant de 5 ans avec les yeux bandés et les mains coincés dans des moufles pourrait tricoter avec les pieds:
Pour ceux que ça intéresse c'est le modèle gratuit Muir de Knitty. J'en suis à un tiers... de mes 15 boîtes de Tranxen...
Enfin, et après je vous libère, allez voir la bande annonce d'un copain, c'est vachement bien et c'est ici (ami lecteur, toi qui es un modèle d'obéissance, clique et kiffe).
La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous parlerais des choix très avant-gardistes de Z'hom en matière de décoration.
05 août 2009
Valise d'été et glandes mammaires
Je surfe sur la vague du bon goût et de l'élégance initiée par TF1 et son divertissement animalier quotidien (Secret Story pour ceux qui auraient pas percuté) avec ce titre.
Bon les gens, faut que je vous dise: je rentre de vacances et je suis é-pui-sée, lessivée, barattée, à la ramasse, torchon-carpette. Faut préciser que j'ai eu la bonne idée, comme tous les ans d'ailleurs, on change pas une équipe qui gagne, d'aller chez ma Gastine_traduisez ma copine Sandrouille qu'a un rire de démone de la forêt de Gastine malgré ses 1m50 les bras levés sur un tabouret_ et qui a la bonne idée de vivre à 100m de la mer dans un charmant village de la Côte Bleue.

Donc, disais-je, à la base j'y allais pour me reposer d'une année entière de fainéantise crasse. C'est sans compter Gastine qui m'a fait un programme dans le plus pur style stage commando, que même Rambo il pleurerait sa mère s'il avait été à ma place.

Ne vous fiez pas à la sérénité douce des photos, on a crapahuté comme des folles, visité des châteaux (hantés comme tout bon château qui se respecte), exploré des îles, mangé de la viande à la viande (menu Antioche du libanais local, 4 sortes de barbaque et une poire-williams pour survivre à la fin), vu le concert d'un Charlie Winston complètement électrisé,dansé toute la nuit sur du jazz manouche, vu des nonnes à barbe chanter des chansons vaguement paillardes en faisant de la contrebasse avec un improbable instrument fabriqué à base de poubelle (ah!!! Avignon et son festival!!) et bu de la Pietra (bière corse à base de farine de châtaigne).
Beaucoup de Pietra.
Vraiment beaucoup.
Burp.
Je fus toute tristoune quand je fus reviendue dans mes pénates personnelles à moi-même. Mais j'ai ramené, outre un bronzage approximatif, des mots qui sentent le pin, le tomate-mozza et la Pietra.
Re-burp.
Comme je suis gentille dans des proportions incommensurables, voici un lexique de survie à l'usage des gens qui devraient un jour passer 8 jours chez Gastine. Ouais, bon, j'ai conscience que je m'adresse à un public restreint, pour les autres vous pouvez toujours les utiliser à tout bout de champ pour éclairer le morne quotidien:
-Emboucaner: titiller son monde pour voir si le monde est chatouilleux. Embêter d'aimable façon, en règle générale. "Oh! Galinette!!! Quand est-ce que tu viens nous emboucaner? J'ai tout un stock de Pietra qui t'attend à la maison!"
-Envoyer du poney: marque un fort enthousiasme et une certaine admiration face à une personne ou une chose ayant une caractéristique remarquable."Taing' Charlie Winston il envoie grave du poney"
NB:Ne pas confondre avec l'expression "ça sent le poney" et encore moins avec "ça sent le poney dysenterique", qui mettent plutôt en avant une caractéristique olfactive plutôt péjorative de l'objet désigné.
-ça pose un niveau: il ne s'agit pas d'une expression sournoisement dérobée au BTP lusitanien, mais plutôt une aimable variante de l'expression du dessus. Notez que dans ma grise banlieue, l'expression existe sous la forme "Y'a du level". Comme quoi le Parisien fait son malin avec son Franglais mais il est en fait le frère du Marseillais."Woooo!!! Les nonnes troppo ça pose un niveau!!!"
- Y'a t'il une vie après (Charlie Winston, la Pietra, le festival d'Avignon)-- Oui, mais c'est difficile: pour celle-là, faut avoir un coplice, sans quoi ça perd de sa saveur. Met en avant le manque face à un truc tellement bon que ça frise l'indécence: "Y'a t'il une vie après les crevettes flambées au Pastis de Fafa? Oui, mais c'est difficile"__Oh que oui c'est difficile.
A part ça, parce que je suis pas là pour vous rendre bilingue avé l'assent/accent pointu, j'ai fait des trucs. J'en ai même fait beaucoup.
Commençons par le tricot; j'avais un stock de Paper Phil couleur Chaume (un beige doré splendide sur mon teint de bidet) et je suis partie de ça:
Vous noterez encore une fois ma folle créativité. Petit gilet en aiguille 6, vite fait mais pas encore porté. Je sais pas, je suis pas convaincue par la chose; trop épais, trop rustique, je sais pas, il me laisse perplexe. Au fait, j'en profite pour passer un appel: il me reste 3 ou 4 pelotes de Paper Phil, si quelqu'un en veut, je les donne (y'aura juste les frais d'envoi à votre charge).
Vous vous rappelez également le tissu pousse-au-crime de ma Mounette? Ben le voilà changé en charmant t-shirt, qui transforme mon fossile d'amour (pas taper Maman) en héroïne de Jane Austen.
Voici une photo présentée par la toujours charmante Lucette Van Poupoule. Quelle poseuse celle-là!!!
Aucune difficulté et tout assemblé à la surjetteuse, parce que Gertrud (prononcez Guertroude et oui, je sais, j'ai baptisé ma surjetteuse Gertrud, mais c'est en hommage à ses origines germaniques) et moi on s'entend comme deux larrones en foire après 4 Pietra (humour de répétition).
Y'a pas à dire, Pfaff ça pose un niveau.
Du coup j'ai utilisé mon patron McCall commandé l'an dernier et j'adore le résultat.
Non seulement la coupe est sympa, confortable (vous pouvez facile caser un menu Antioche dans votre estomac ni vu ni connu) et sexy car la longueur est un petit peu au-dessus du genou, mais en plus ça donne l'illusion à la face du monde que Dame Nature a pas été avare avec vous de la glande mammaire puisque le tombé du tissu met en valeur la plus faible de toutes les rotondités.
Et Dieu sait que j'aurais pas été prise à un casting de Russ Meyer...
Question technique, à part deux malheureuses brides et une ouverture goutte dans le dos à finir de façon propre, c'est du facile, du gratifiant à peu de frais.
Voici ma robe Funky, faite avec un tissu, acheté l'an dernier chez Mondial Tissu, et nommée ainsi car Z'hom l'a tout de suite associée aux boules afro et à facettes.
Enfin, pour préparer la rentrée_ mot à ranger dans la même catégorie que les mots crise, diète, rosé, Ministère de l'identité nationale_ je me suis cousu rapidos une blouse Paul et Joe d'un numéro de Patrones d'il y a deux ans, parce qu'il y a pas de raison que je fasse pas ma modeuse parisienne de base aussi.
Le tissu est un crêpe polyester bleu Klein top-fashion-trendy-cheesy machin tout ça, de chez Stop Tissu à Belleville. Pas de difficulté particulière si ce n'est que Paul et Joe taille très petit. La modeuse parisienne n'est vraisemblablement pas nourrie au reblochon et à la Pietra (et nan je m'en suis pas encore lassée). J'ai coupé mon 34 habituel et à l'essayage j'ai eu du mal à faire passer mon opulent bonnet A dans la blouse.
Mais ce n'était rien par rapport aux tourments qui m'attendaient pour l'enlever. Ben ouais, quand on a la bonne idée de coudre des tuniques d'hiver en pleine canicule on s'expose à des risques insoupçonnés. Portée elle est très bien, elle est ajustée mais reste confortable. Comme je vous l'ai dit ça se gâte quand on veut l'enlever. Au niveau des nichons j'ai eu une brève hésitation, et si je lançais la mode du t-shirt remonté? Mais quand mon abdomen a commencé à prendre une jolie couleur violette, j'ai décidé que c'était trop avant-gardiste. J'ai d'abord sauté sur place pour essayer de l'enlever (ce qui, vous en conviendrez, est ridicule) et puis je me suis découvert un talent de contorsionniste. J'ai décousu un peu les pinces dos, c'est toujours un peu gênant quand il faut l'enlever mais j'ai plus l'impression de me trouver dans les intestins d'un boa constrictor.
La prochaine fois, si vous êtes sage, je vous ferais le cri du Francis Cabrel.
10 juillet 2009
Bienvenue chez les Gruts
Pour ceux qui avaient suivi, le mariage en grande Grutie a eu lieu il y a presque deux semaines.
Faut quand même que je vous en touche deux mots, vu que comme "a pus école", j'ai rien de croustillant à vous raconter sur les dessous de l'Educ et que, bien entendu, je vous sens frémissants de connaître les folles aventures de la robe de Mimi au pays de Dave.
D'abord la Grutie, c'est loin; enfin pas tant que ça si on fait abstraction de l'état des autoroutes belges. Sans doute les ingénieurs des ponts et chaussées, vexés d'entendre toujours parler du Plat Pays, ont-ils eu la pharamineuse idée d'agrémenter le voyage de l'honnête voyageur de trous et de bandes de ralentissement (on a eu une portion avec un de ces trucs tous les 10m). Ajoutez à cela des embouteillages dignes de ceux du périph' une veille de sommet du G8 et vous aurez une faible idée du paradisiaque voyage nous menant à Amsterdam où y'a des marins qui chantent, mais pas dans les hôtels Ibis, le folklore a ses limites.

Et là je dois dire, Dam (pour les intimes), c'est beau. Dam c'est plein de vélos, et de panneaux qu'on comprend rien et qu'ils auraient pu écrire en Français quand même. Mais heureusement Zh'om est prévoyant, il avait Catherine avec lui. Catherine c'est le GPS, enfin le nom de la voix que Z'hom a choisi (rapport à la Deneuve, que même on se demande comment elle tient dedans vu qu'elle a un peu abusé du petit four de chez Fauchon ces dernières années); on a bien essayé de mettre Omer Simpson un jour, pour voir, mais au bout de 5 minutes on a eu des envie d'inaugurer la discipline de lançage de GPS.
Bref, Dam c'est le paradis du beatnik. Y'a du djeun's, de préférence en pantalon africain, tatanes de Jésus, et dreads. Y'a du vieux aussi ; c'est la même chose, sauf qu'on rajoute de la chemise bariolée et qu'on soustrait les dreads (parce que les cheveux du vieux beatnick sont tombés à cause des dreads).

Les Gruts sont des gens cools, désinvoltes et amoureux des plantes qu'ils cultivent dans des bars. Les Gruts sont moins cools dans les magasins, ils s'énervent vite face à ces gens qui baragouinent 3 mots d'Anglishe et qui ne comprennent pas qu'on leur demande 4 pièces d'identité pour payer avec une carte bleue (cela dit pour marquer son profond mépris cette peu amène commerçante s'est appliquée à ne nous parler qu'en Grut). Et puis y'a le Grut d'hôtel, qui est très aimable, se plie en 4 pour vous, se montre d'une grande lucidité (la réceptionniste qui nous a fait remarquer qu'on était vachement beaux dans nos habits de lumière), mais qui rentre joyeusement dans votre chambre à 9h30 du matin pour faire le ménage alors que l'ensemble des cloches de Moscou sonne dans votre tête et qu'il va vous falloir 8 jours pour vous remettre de la réception du mariage.
Bref on était vachement splendides, surtout moi, le mariage m'a laissée toute émouvue, on a bien rigolé, mangé, dansé, picolé.
Le retour à la réalité aurait pu être douloureux, mais c'était sans compter que juste avant de partir le gentil Père Noël de Vente-privée m'a ramené mon cadal de ni-versaire, commandé y'a un mois (au moment où je fêtais mes 32 19 printemps) et arrivé seulement fin juin; j'ai failli aller faire un sitting dans le bureau du Big Boss, tellement je me languissais de virer Salopa aux orties.
Voilà Gentilla (ouais bon, j'aurais pu faire un effort sur ce coup-là), ma nouvelle surjeteuse.
Et là, rien à dire, c'est tu chermanique, tu tzolide, tu prôpre!!! Je m'éclate comme une bête et je couds comme une furieuse depuis que je l'ai, j'ai déjà commis 2 tee-shirt, 2 blouses et une robe.
Juste avant la chute de Salopa, voilà ce que j'ai cousu:

- Un basique dans un jersey hawaïen qui vous donne envie de boire du Daïkiri en tonneau et d'acheter "le Youkoulélé facile en 402 leçons".
Le patron vient de Simplicity et il va devenir un classique, c'est bien coupé, facile à faire et facile à porter.
En revanche la peu-regrettée Salopa a refusé le surfil, je la soupçonne de faire de la discrimination textile. Pourtant "Jersey is beautiful", c'est bien connu.
Le tissu vient du marché de la Croix de Chavaux, un euro le mètre et il m'en reste encore assez pour me faire un petit bustier sexy avant que la gravité se rappelle à moi, enfin à mes nichons.
- Une petite blouse du Burda de juin, j'ai acheté le magazine exprès pour ce modèle, après l'avoir vu chez deux consoeurs de la blogosphère.
J'ai fait comme la dame, là, j'ai coupé un 36 et j'ai pas rajouté de marges de couture. Elle est nickel, elle est d'une simplicité enfantine à faire, elle est belle et je l'aime d'amour.
Le tissu vient du marché de la Meinau (même chose, un euro le mètre) que je fréquentais assidument il y a 4 ans quand j'habitais au pays du Bretzel et du Vendanges Tardives qui fait pas mal, même après la 6ème bouteille.
Et comme elle est en plus vachement photogénique, vous avez droit à des photos que David Hamilton il aurait pas fait mieux:
Les nouvelles neuves sur le front du coton mélangé acrylique c'est que j'ai passé le Rubicon de l'aiguille circulaire et voilà le fruit de ma sueur.
Il est chouette mon pull et j'en ai bavé parce que j'ai fait des bétîses tout le long alors que je m'étais promis de pas en faire (curieux, comme ça me rappelle le jour où j'ai rencontré Z'hom).
Voyez plutôt:
Enfin, je vais toute honte bue, vous montrer l'agrandissement de la famille "A coudre". Je suis pas tout à fait responsable. D'abord y'a Mimi qui m'a donné ça:

Le beige c'est de la suédine vachement chouette, y'a un petit coupon de piqué de coton pour me faire une mini jupe dans le plus pur style nymphette, un coupon de créateur (je pouvais pas dire non! Un coupon de créateur ça se refuse pas!!) et une paire de rideau des années 70, vachement chouette qui fera une robe vintage trop bate son ancêtre!
Après ça a pas été de ma faute non plus. Mounette voulait le même t-shirt que celui que j'ai fait à partir de la robe Juliette. En jersey. Style hippie. Et pis je veux des fleurs, mais attention, du rose. Ou alors à la rigueur du bleu. Ou du mauve... Un truc couillu quoi... Et j'en ai bavé pour trouver le tissu de Mounette, j'en ai bavé comme un ministre de l'Intérieur après une émeute de banlieue.
Je suis allée dans le place to be du tissu en ce moment, c'est à dire Stop Tissus. Evidemment j'ai pas trouvé de jersey, mais j'ai ramené ça:

du voile à pois, du plumetis bleu gris, du crèpe bleu klein et le coupon au dessus c'était cadeau.
J'ai pris ça aussi, parce que tant qu'à commettre des forfaitures ignobles, autant se vautrer jusqu'au bout dans le vice:
de la toile de coton rose clair, du coton rose avec des motifs légèrement en transparence et du voile polyester que je regrette un peu d'avoir acheté parce que j'en ai pris trop et finalement il me plaît pas tant que ça. 
Voilà, je n'entrerai plus dans l'antre de la bête avant un bon moment vu que je perds tout sens de la mesure (et en plus on m'offre du coupon de 3 m gratos, on me flatte dans mon vice) et que ça commence à se voir dangereusement.
La prochaine fois, si vous êtes sage, je vous montrerais mon imitation funky de Twiggy.
21 juin 2009
Papattes d'éléphant dans un magasin de porcelaine
Je laisse un peu à l'abandon mon blog, ça devrait lui filer un style jardin anglais du dernier chicos. Disons que la fin de l'année scolaire est traditionnellement rude et j'ai multiplié les rendez-vous parentaux dans la thématique "Hansaplast sur jambe de bois". Rajoutez à ça un Z'hom professionnellement au bord de l'explosion, des corections de fin d'année qui s'accumulent et vous aurez une petite idée du climat atmosphérique digne d'un passage de Katherina, chez la Noueuse.
Du coup j'avais pas envie. Pas envie de blogger, de coudre des machins ou d'aligner de la maille.
Et dans ces cas-là, nous les femelles gonflées à l'oestrogène, que fait-on pour se remonter un moral en petite forme? Ben on envoie son aimable banquier aller se faire voir chez nos diligents voisins à Acropole et on ouvre grand le porte-biffetons.
Bref, ça vous démange du Paypal, ça vous chatouille de la puce électronique et là, erreur fatale, vous vous souvenez de l'existence d'un truc démoniaque qui s'appelle Ebay. Qu'on soit d'accord, Ebay c'est Satan, c'est le genre de machin qui peut transformer une honorable ménagère avec bigoudis intégrés en hystérique compulsive. Vous vous dites "Tiens si j'allais faire un petit tour sur Ebay? Juste pour voir?", sauf que dès le départ y'a des tas d'affaires trop pas chères et archi-trop-bien sa mère la banquière. Vous essayez de résister: "Allez un petit coup d'oeil ça fait pas de mal". Vous faiblissez légèrement: "Wah, trop la classe, le coffret collector double platine de Franck Mickaël !!!". Vous vous laissez envoûter par les sirènes de l'achat: "Tain, en cadeau pour le meilleur enchérisseur y'a un tube de Polydent, c'est top wander moumoute". Vous mollissez carrément: "Bon, je vais juste poser mon enchère, on sait jamais pitètre que personne y va en poser une et pitètre que je ferai l'affaire of the century twenty-one". Z'êtes foutu: "Nan tu l'auras pas mon coffret. Minou-Minou71 t'es qu'un fils de personne, plus que 22 secondes et tu l'as dans le fondement la balayette".
Post coïtum animal triste, c'est bien connu, une fois passée la joie d'avoir écrabouillé l'autre avec sa stratégie ebayesque, vous vous rendez compte que vous détestez Franck Mickaël et que vous n'avez que faire du tube
de Polydent puisque vos chicots tiennent encore à peu près en place.
Valà ce qui s'est passé quand j'ai regardé "pour voir", ce qu'il y avait à vendre dans la rubrique Lutterloh. Je suis tombée sur ça:

Cékoidonc, direz-vous en me faisant une imitation brillante de feu Patrick Sabatier. Ben c'est du Lutterloh australien avec des modèles vachement chouettes et surtout carrément collector. Voyez plutôt:
Je n'ose pas vous dire à combien, prise de fièvre acheteuse, j'ai remporté le truc. Pas si cher finalement par rapport aux modèles ultra-moches d'un livret neuf de la Coupe d'Or. Mais quand même, c'était pas indispensable et je suis pas sûre de m'en servir un jour.
En parlant de Lutterloh, j'ai fini par exploiter un de leur patron. Je hais les slims qui font ressembler n'importe quelle gonzesse normalement constituée en bonhomme Michelin. C'est pour cela que j'ai vu d'un oeil ravi le retour du pattes d'éph. C'est pratique le patte d'éph, quand vous êtes une naine vous planquez une paire de talons de 10 cm et ni vu ni connu j't'embrouille, on a l'air de faire une taille normale. J'en voulus donc un mais un vrai, le genre que Mounette d'amour portait à 16 ans. J'ai donc vivement compulsé mes patrons de la Golden schnitte de 1974 et j'ai retenu un modèle un peu bizarre mais qui faisait pas dans la dentelle question ampleur de la guibole. Un tour chez le marchand de Nogent et zou, c'est parti.
Je vous passe la séance de fesses en l'air au milieu du salon pour recopier le patron, j'y ai beaucoup perdu de ma distinction naturelle. Mais le découpage et l'assemblage des pièces n'ont posé aucun problème. Vous remarquerez qu'il n'y a pas de couture sur les côtés; c'est normal parce qu'on assemble les pièces par les milieux devant. Histoire de parfaire mon pantalon collector j'ai fait des surpiqûres bleu sur les coutures qui ont l'avantage de renforcer les coutures sur ce tissu très épais.
Voilà la bête après réajustement.



Alors là celles qui ont suivi devrait dire, "Ben Lutterloh je croyais que c'était du sur-mesure?". En théorie oui. Sauf que j'ai du enlever 5 cm à la chose pour que j'ai pas l'air d'une anorexique en pleine diète de printemps. En pratique j'ai peut être pas mesuré où il fallait ou alors je sais plus lire les les chiffres. J'ai fait L moi, les numéros c'est pas mon truc.
Pour aller avec et pour essayer de faire baisser un peu un stock de tissu positivement exubérant, j'ai repris un vieux patron de New Look, et j'ai fait un petit haut genre casual, comme disent les Anglishes, avec une chute de 70 cm de jersey de coton. Echaudée par l'expérience du pattes d'éph, j'ai découpé une taille en dessous de celle préconisée par les mesures à l'arrière de la pochette. Mais au final je me suis retrouvée avec un truc genre que pourrait porter ma Bonne Maman qui doit faire genre 4 bonnets de plus que moi (elle rigole pas de l'armature Mère-Grand, y'a un gène qui a du se paumer quelque part). J'ai donc tout repris et traficoté pour que ça m'aille. Extèrieurement il est bien, mais les finitions avec les différentes retouches que j'y ai faites ne sont pas terribeuls et ça me chiffonne un peu.
Il est fini et porté depuis belle lurette, mais j'ai eu la flemme de faire des photos une fois fini. Je vous mets donc l'image de The pull de l'été en plein travaux de finitions. Le modèle vient d'un Phildar été de l'an dernier et comme vous connaissez ma propension à la fantaisie la plus extrême, je l'ai fait en vacances Pistache, comme sur la photo, sauf que le mien il est plus mieux parce que d'abord j'ai fait le corps à l'aiguille circulaire. Et là, j'avoue que ça a révolutionné ma vie de tricoteuse. Il y aura un avant et un après ce pull. J'ai adooooré le fait de pas avoir de couture à faire, d'avoir un résultat super propre qu'on dirait que mon pull il est Suisse. J'ai aussi rabattu les épaules à 3 aiguilles. Mais je le refera plus parce que c'est tout aussi joli et moins fatigant de les coudre à la machine. Enfin j'ai relevé les mailles pour évitre d'avoir une couture moche au niveau de l'encolure. Sauf que là SM (super-Maline et non sado-maso) a refait surface. J'ai pas compté le nombre de mailles, je me suis dit: 1 maille relevée par maille tricotée. Je me suis retrouvée avec une super encolure qui baillait comme une Marenne. J'ai résolu le truc avec du fil élastique. C'est qui la reine de la triche?
A part Ebay y'a aussi Phildar au rayon des sites méphistophélestiques. Y'avait les Philday's (boudiou ce que je je trouve ces anglicismes prétentieux) et j'ai acheté ça:
-des pelotes de Superbaby pourpre pour un chèche pour moi (que je finirai sans doute en 2051 vu la vitesse à laquelle avance le premier)
-des pelotes de Philcrochet jean pour un débardeur que je pourrais sans doute porter quand je serai grabataire (pour les raisons voir ci-dessus)
- et de la Wilky braise pour la robe rouge que je vous ai montré la dernière fois.
Enfin, dans la catégorie gâteau bavarois, voici un échec couturesque. C'était censé donner ça:
Et mauvais choix de tissu, ça donne ça:
Et autant vous dire qu'avoir la sensation d'être gonflée comme une baudruche ne me plaît que très moyennement.
La prochaine fois (ouais, bon, on va faire des efforts pour être moins feignasse) si vous êtes sages, je vous ferais la Vahiné des plages nogentaises.
08 mai 2009
Glamour/ Pas glamour
Me voilà revenue de Bretagne, où j'ai soutenu avec enthousiasme la production locale de Chouchen (j'étais trop occupé à le boire, je me suis pas attardée sur l'étiquette, vous excuserez l'orthographe approximative) et de Kouign Aman, spécialité particulièrement diététique de la cuisine bretonne (à peine 800 grammes de beurre pour faire un gâteau) que je m'enfilais, en général pour faire passer la complète oeuf-jambon-fromage du déjeuner.
On a aussi titillé du phoque
et décimé du homard (m'en fous j'ai fait que commanditer, c'est Z'hom qui a le karma tâché par la mort affreuse de ces nobles crustacés). En hommage à ces seigneurs de la mer, voici une photo de ces aimables carapacés du bocal. Une minute de silence pour Benito et Attila (on a pas idée comme c'est belliqueux ces bêtes-là) et paix à leurs âmes. Burp...
Le problème, c'est qu'après être reviendus de vacances, reposés d'avoir fait le veau marin toute la journée et bronzés, car il a fait un temps splendide en Bretagne pendant toute la semaine que même j'ai eu des coups de soleil et que Z'hom était noir au bout de deux heures montre en main (et même que c'est pas juste, parce qu'il est plutôt du genre Viking, le Z'hom), bref, le problème disais-je, quand on rentre, c'est que la triste réalité fond sur vous à la vitesse d'un épervier convoitant un lapereau. Mais, bande de veinards, j'ai quand même des trucs à vous montrer malgré les copies qui s'accumulent, les machins aussi glamours que faire la queue à la Sous-Prèf pour aller chercher un permis qu'on aurait du vous envoyer depuis deux mois ou aller acheter du PQ fraîcheur nordique à l'Inter (honnêtement, après usage de la chose j'ai un doute sur la réelle fraîcheur, nordique ou pas du truc).
D'abord pour continuer dans le pas glam's du panier de la parfaite petite ménagère, voici les chaussettes que j'ai tricotées avec un reste de pelotes et le logiciel d'Abracadafil, spécial petons-jolis.
Vous noterez la discrétion élégante des couleurs, l'harmonie discrète des nuances qui font de moi la digne héritière pédicuresque de Grace Kelly.
J'ai travaillé en aiguilles double- pointes et à part le fait que j'ai une mémoire de poisson rouge, je me suis pourtant coltiné du rang raccourci au km avec le GRR, et là, pas moyen de se rappeler comment on faisait, c'était plutôt facile à faire. Evidemment mon niveau de sexitude est grimpé en flèche, surtout quand je les porte avec mon peignoir taille triple XL brodé "Club Marin de Palavas-les-Flots".
En revanche, dans la série Glamour, je pense que vous vous rappelez de ça:
Normalement vous devriez vous en rappeler même si j'en ai parlé à peine 45 fois l'an dernier. Ben ma robe of my Dreams, celle pour qui J-Lo, Rihanna et et Maria Carey réunies se rouleraient par terre en hullulant comme des cervidés en rut (là aussi j'ai un doute, c'est pas ce qu'elles font déjà dans leurs clips?), a été cousue en un temps record. Pas de zip, une doublure en maille polyester histoire de préserver ma pudeur du regard concupiscent du monde et un élastique ajouté pour pas me retrouver avec une jupe au genou si d'aventure je me lançais dans une Macarena endiablée, ce qui ferait légèrement désordre dans le mariage super-chicos-almost-versaillais auquel on est invités avec Z'hom et hop, emballé c'est pesé.
Valà ma vie, mon oeuvre, mon sang, sauf que quand je l'ai présenté à Belle-soeur chérie, qu'est une prêtresse du bon goût doublée d'une magicienne (la preuve, elle a transformé Z'hom que j'ai connu portant des baggys en velours caca d'oie et des t-shirt Levis avec des auréoles roses sous les bras en Playboy griffé Kenzo) m'a fait sa tête à la Carry Brad- machin comme si je portais une robe en polyester imprimée de dragons jaunes sur fond marron de la collection Jennyfer 1994. Z'hom aime pas la couleur, Joli Papa aime pas le tissu, bref j'ai fait un four.

Du coup c'est soeurette-Pépette (celle qui fait semblant de faire des études sérieuses entre deux soirées à thème "Vodka et revival 80's") qui en a hérité.
Pour me consoler j'ai investi dans deux catalogues Phildar en promo où j'ai repéré deux ou trois trucs que je tricoterai pas vu que je suis surbookée comme un gnome présidentiel à oreilles paraboliques.
Y'a ça:
Et ça:
Et pis ça:
Bref, je nageais dans le plus sombre désespoir quand Mimi m'a donné cette robe, sérigraphiée avec amour par ses mimines. Il faut juste que je fasse les finitions et que le Kouign Aman qui s'est installé dans mes fesses déménage fissa pour retourner voir les mouettes. Parce qu'elle me va divinement bien cette robe, tout le monde l'adore, mais elle est taillée pour une naine anorexique et j'ai le popotin un peu explosif depuis mon retour de vacances. M'enfin d'ici à fin juin j'aurais sans doute la fesse qui aura abandonné les proportions brésiliennes, voire africaines d'aujourd'hui.
Je vous laisse, je retourne emm***er Z'Hom avec son âge canonique, faut dire qu'il vient d'avoir 30 piges et que du coup il va moins la ramener sur ma ménopause imminente.
La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous dirais "Pourquoi l'Australie" ou comment, toi aussi, tu peux faire ta Christine Angot.
17 avril 2009
Originalité
Comme d'habitude les gens, joyeuse crise de foie, en ces temps où règne l'oxyboldine sur toutes les bonnes tables françaises, j'espère que vous êtes en paix avec votre estomac malgré les kilos de chocolat que vous avez sans doute du vous enfiler. Moi, comme de coutume, j'ai été un modèle de modération, je me suis arrêtée au 4ème kilo; oui, je sais, vous êtes admiratifs devant tant de volonté et d'ascétisme.
J'avoue quand même que je n'ai pas fait que goffiotter comme un fieffé pourceau, j'ai aussi, dans l'ordre, tyrannisé des parents, pêté un rétro, et produit des trucs de façon massive car je n'ai rien à me mettre (comment ça je risque l'avalanche à chaque fois que j'ouvre mon armoire?).
Malgré un emploi du temps d'hyper-président hydrocéphale, j'ai quand même réussi à vous pondre deux ou trois trucs entre deux rendez-vous de parents d'élèves. Et pourtant Dieu sait qu'on sort de ce genre de réjouissance avec la fraîcheur Narta d'une employée au fumage de jambon de chez Monique Ranou. Que je vous raconte les gens, vous qui êtes si friands de savoir ce qu'il se passe à l'intérieur du mammouth: cette année j'ai eu la totale question caricature de géniteurs:
-La maman-crocodile, que M, la CPE à l'autorité toute soviétique et qui dirige l'établissement façon kholkoze, ne veut plus recevoir, car le pouvoir de chiantitude de Dame Crocodile est immense et dangereux. Elle se plaint de souffrir atrocement (de ses varices, de son divorce, des résultats affligeants de son fiston) et verse moult larmes sur ses ongles fraîchement manucurés. Au bout de 2h30 de plaintes non-stop on a des envies terribles d'investir dans une corde bien solide. Dame Crocodile revigorée par sa séance de psy gratuite, promet que ça va chier dans la chaumière pour son rejeton et part guillerette vers de nouvelles aventures. Le lendemain le dit rejeton arrive au bahut sur un scooter flambant neuf et continue à faire ce qu'il fait si bien, ronfler dans un coin de la salle.
-Le papa aigle royal daigne, du haut de ses cimes, accorder un rendez-vous au stupide domestique qui a pour mission d'apprendre quelque chose à Fifille chérie. Il faut dire que Papa aigle royal n'est pas comme ses flemmasses de profs, il est très occupé et il ne comprend pas pourquoi la plèbe le houspille quand il s'incruste entre deux r-v lors de la soirée des parents d'élèves. M'enfin la plèbe est mesquine c'est bien connu. Il vous écoute d'une oreille distraite tout en passant des ordres de vente sur son Hp cruise mais hurle littéralement au scandale et à la désinformation quand vous lui annoncez que Fifille, la lumière de sa vie, est sous le coup d'un avertissement de conduite pour avoir failli tuer un de ses camarades en lançant son sac sur lui du haut du 4ème étage pour faire rire la galerie. Papa aigle royal se drape alors dans sa dignité meurtrie, effaré par l'absence totale de sensibilité humoristique des membres de l'Education Nationale.
-Ta mère l'Oie est persuadée que son fiston, qui a passé les 6 derniers mois à manger ses crottes de nez en cours, est un génie incompris. Elle vous assène un chef-d'oeuvre d'argumentation qui tend à prouver que fiston est d'une maturité inouie pour son âge, que c'est un jeune homme au potentiel immense, que l'école est un cadre desséchant pour sa très précoce intelligence (il a redoublé 4 fois). Elle vous retourne tant et si bien le cerveau que vous avez l'impression fugace, mais quand même, à la fin de l'entretien, que le bulot qui vous montre ses amygdales chaque matin au moins 10 fois par cours est une sorte de mix entre Mozart, Einstein, Hugo et Pasteur et que grâce à sa seule divine présence il sauvera le monde.
- Ta mère la Dinde: elle vous l'aviez sentie venir. F., sa fille, est déjà un très bel exemple de gallinacée qui se plaint en permanence de problèmes affreux (le brushing qui frise, le vernis qui s'écaille). Ta mère la Dinde porte, elle aussi, tout le poids de la misère du monde. Elle vous a décommandé 3 fois (une fois à cause de sa manucure, les deux autres à cause de ses r-v avec V., son gourou esthétique) et vous écoute de façon distraite, vraisemblablement absorbée par la contemplation de sa nouvelle breloque (la regarder vous donne une envie furieuse de chanter "O tannenbaum!") jusqu'au moment où elle lève des yeux lumineux sur vous et vous demande la marque de votre gloss.
Bon, j'avoue, la majorité des gens que je reçois sont normaux, mais du coup, quand je rentre à la maison, j'ai qu'une envie, me noyer dans l'oubli d'un jersey, trouver le repos dans le point mousse. J'ai fait ceci:
4 pelotes de la regrettée Aurore et cordon formé en i-cord, parce que le tricotin est un instrument du diable inventé par des sectes satanistes pour nous mettre le cerveau à l'envers. Vous remarquerez que les jours, sous la poitrine, ne sont pas dans le bon sens, j'ai toujours eu des soucis avec la perception dans l'espace (cf. pétage de rétro 3 jours après avoir reçu la livraison de Simone, ma poluette). Mais c'est pas grave, quand même, l'est beau, l'est funky, l'est Angela Davis, que même j'ai envie de me faire pousser la boule afro.
Grâce à Millie Ze Bomb j'ai aussi pu devenir l'heureuse proprio de ça:
Vous avez reconnu le GRRRRRRRRRRRRR, gilet si mal nommé, puisque je n'ai arraché aucun poil de tête durant le faisage du dit tricot. Comme je suis une anti-conformiste qui fait pas du tout le même gilet que tout le monde sur la toile, j'ai utilisé du perlé de chez Monop', couplé à de la Kid Mohair de chez Schaschenmachin. Voilà ce que ça donne de près:
J'aime bien aussi le porter comme ça avec le collier qu'une collègue m'a ramené d'Afrique:
Je suis en pleine Win question couture, tout ce que je fais en ce moment, tenez-vous bien, plait à Z'Hom. Je pense d'ailleurs que des extra-terrestres l'ont enlevé à mon insu pendant mon sommeil et l'ont remplacé par une version améliorée. J'ai des preuves, la semaine dernière il a débarrassé la table et l' A MISE DANS LE LAVE-VAISSELLE. Du coup je m'inquiète un peu pour la version originale et je ne peux regarder Orion, les nuits de pleine lune, qu'avec un petit pincement au coeur.
Bref, d'abord, extrait du Burda couturage finger-in-the-noze d'il y a deux ans, j'ai fait ça:
Vous remarquerez l'audace folle dont j'ai fait preuve par rapport au modèle de départ:
J'ai juste ôté l'empiècement sous les nichons. Je pourrais vous dire que c'était pour m'approprier le modèle, en fait c'est juste que j'ai oublié de le couper.
Ce petit haut a confirmé mon titre de Reine de la fermeture invisible, impératrice du Zip sournois, grande chancelière du cousage au pied spécial, voyez plutôt si l'est pas belle:
Enfin, et après je vous laisse retourner vaquer à vos occupations, j'ai fait une petite robe extrait du Patrones d'octobre 2008. Je ne vous mets pas la photo d'origine, là aussi j'ai grave fait preuve d'excentrisme (le tissu était brun à carreaux beige sur le magazine, le mien est brun à carreaux beige ET rose). En revanche j'ai modifié sensiblement le patron: robe rallongée de 10cm afin d'éviter la distribution généralisée de bromure à mes boutonneux, pas de poches car je trouvais que ça s'accordait assez mal avec le style très da-dame de la robe et comme d'hab, 5 cm de moins à la taille. Ben je me sens très Jacky O, Z'hom adore (il frétille des antennes et ses mandibules prennent une jolie couleur vert Roswell quand il me voit dedans) et pour un peu j'irais épouser de l'armateur grec.
Dernière chose, grâce à Dame Dine je fais des progrès fulgurants en crochet et j'ai commencé un truc ébouriffant et qu'on ne voit nulle part sur aucun blog de tricot et couture, le chèche Phildar. Voici en primeur le 1er carré du chèche Phildar réalisé ce matin, pour mon super bébé de soeurette en super Baby gazelle:
Voilà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je prendrais mon pied dans la dentelle (on est pas des bêtes). Mais ça ne sera pas pour tout de suite parce que là je file dans mon pays d'adoption, la Bretagne.
28 mars 2009
Aaaaaaahhh
Oyez, oyez bonnes gens! Rangez vos gnomes et vos bassets artésiens, mettez des armures à Mémé et protégez vos pare-chocs, y'a un inconscient qui vient de me filer le droit d'arborer fièrement ceci:

C'est par une froide journée de mars que je suis sortie de la voiture d'auto-école en tirant une tronche qui rasait le sol et en me récitant ce glorieux mantra "Recalée, recalée, recalée".
Quelle ne fut pas ma surprise quand Big Volant m'appela deux jours plus tard en m'affligeant la vanne consacrée du lauréat "Ah ben je suis désolé...". Évidemment, alors que j'allais copieusement arroser l'épaule de mon collègue, qui se trouvait à côté de moi, de mes larmes, Big Volant, qu'est un farceur on dirait pas, m'a dit que non, je pouvais ranger les kleenex, le Xanax et le four à gaz, j'étais reçue dans la grande famille des engraisseurs d'assurance auto.
Dire que j'étais dans un état second est encore en dessous de la vérité.
C'était il y a 3 semaines et depuis j'ai failli emboutir la voiture et le portail de Jolie Maman avant d'avoir le droit à ma poluette personnelle. Cet aprèm, figurez-vous que j'ai conduit pour la 1ère fois toute seule, comme une grande fille. Et ben ça fait peur, pire que la 1ère fois que vous faites un ourlet à surjeteuse sur de la mousseline de soie.
Et demain je remets ça, je conduis Z'hom qui m'a dit qu'il perdrait sans doute la moitié valide de ses follicules capillaires, mais qu'enfin c'est pas grave parce qu'il y tient pas trop. D'ailleurs Z'hom m'a déjà honteusement travaillée au corps pour que je lui prête ma poluette qui est, ma foi, fort à son goût.
Bref, félicitez-moi copieusement le peuple, c'était pas gagné d'avance.
Sinon à part faire de passionnants comparatifs entre les R5 gti et les 106 kid pour choisir la plus chouette poubelle magique, j'ai aussi cousu.
J'ai fait ça, avec un coupon de laine que m'a gracieusement offert la douce Mimi. Alors je préviens tout de suite, sur la photo il est pas beau mon manteau, il a même l'air très laid, tout tordu, il ressemble au Quasimodo des manteaux, il est pas photogénique. Mais en vrai il est très beau. Même qu'on croit que c'est du "acheté" (je suppose que c'est le summum du compliment pour le non-coutureux).
Valà la bête tout bouton fermé:

Porté comme ça il me donne un air psycho-rigide-militaire- objet contondant coincé quelquepart dont je me passerais bien (un inconscient m'a dit que j'avais le physique à bosser aux douanes, ou aux impôts... il a de la chance, je suis prof, sinon il aurait pas échappé au contrôle fiscal). Je le porte ouvert, ce qui fait très chabadabada, je-cours-au-ralenti-sur-une-plage-de-Deauville- avec-du -Nicoletta- en-fond-sonore.
Et ça donne ça:

En revanche je me suis ratée niveau doublure, allez savoir pourquoi, elle est trop petite malgré divers bidouillages pour éliminer le peu grâcieux rebiquage d'un des pans. Etant donné qu'on s'en va gentimment vers l'époque de la tong et du bob Ricard, j'ai décidé de remettre ça à l'hiver prochain.
A la rubrique tricot, vous attendez sans doute avec une impatience non dissimulée le pull qui me transforme en un canari distingué de 50 kilos.
Verdict, il serait magnifique sur une autre silhouette que la mienne. Il est trop épais pour ma frêle carrure. Il est très portable, la Beaugency est un rêve à tricoter, douce et ronde sous les doigts, le modèle était ultra simple à tricoter et tellement simple que je dois l'avouer, je me suis souvent emm**dée ferme. Limite je me serais cru en train de visionner l'intégrale de Derrick (paix à son âme).
Je laisse donc Lucette Van Poupoule, qui a le nichon bien plus arrogant que moi, la garce, vous présenter ce modèle extrait d'un des Phildar de cet automne.
J'ai aussi réitéré l'expérience traumatisante du crochet. Après tout, si j'ai réussi à me servir d'un volant, je vais pas me laisser marcher sur les pieds par un petit machin en fer. Bon, cette fois j'ai réussi à faire un truc qui se tient, bien que le boulet félin ait l'air moyen convaincu (en vrai je venais de lui refuser une double ration de croquettes, égard à son bide qui traîne par terre ( je vous jure que c'est vrai, mais mon chat est tellement gros qu'il a l'air d'avoir de la poitrine quand il se tient assis). Voici la fleurette que j'ai fait avec un reste de Phil douce:
Pour finir, Mimi et moi on a pris la ligne 13 pour aller dans ce lieu de toutes les tentations, le marché de Saint Denis. La bonne nouvelle, c'est que j'ai trouvé plein de trucs 'achement sympa:

-du velours fin bleu canard pour faire un petit tailleur jupe dans le plus pur style seventies
-du tissu à carreaux style chèche pour soeurette Pépette, grande fan d'Isabelle Marant devant l'Eternel et qui m'avait cassé les pieds un jour pour que je lui fasse une robe qui ressemble à ces sacs à patate hors de prix que s'arrachent les fashionistas parisiennes.
- un splendide crèpe de satin gris perle imprimé noir pour faire ça: 
-un voile de coton à fleurs mauves absolument indispensable (d'autant plus que je sais pas ce que je vais en faire)
-du coton à carreaux pour me faire une chemise cintrée dans un style un peu western, je me sens parfois l'âme d'une gardienne de vaches devant mes têtes non-pensantes que je martyrise à longueur de semaine
-un crêpe microfibre magnifique auquel je n'ai pas su résister, bien que je ne sache absolument pas à quelle sauce je vais le coudre
-du voile polyester rose bambi pour refaire une fois de plus cet affreux patron de blouse de chez Patrones que j'ai déjà foiré deux fois. Si c'est pas du masochisme...
La mauvaise nouvelle c'est que j'ai atteint la limite que j'ai promis à Z'hom de ne pas dépasser, c'est à dire 100 coupons... Je peux vous dire que j'évite toute rencontre fortuite avec un coupon de soie ou de mousseline. Régime sec pendant au moins 6 mois (de toute façon mon assurance auto me coûte un bras).
Voilà, la prochaine fois, si vous êtes sage, je verrais la vie en noir (pas sûre que ce soit porteur ça, comme annonce).
21 mars 2009
En retard
Zhom à la maison depuis 15 jours- stop- rien cousu ni tricoté depuis- stop- épuisée par les conseils de classe et les réunions diverses et variées- stop- RV avec des parents que j'aimerais passer à la moulinette (j'ai toujours pensé que quand on avait des gosses c'était pour les traiter correctement, non?)
J'ai quand même du matos pour alimenter le blog, mais pas le feu. Je vous ponds un truc la semaine prochaine, promis.
En attendant, pour votre plus grande joie, ou non, voici la terrible et authentique histoire de l'invention du string ficelle.

A moins de vivre au fin fond du Limousin, en hermite reclu, heureux
parmi les chats et les livres, vous n'avez pu échapper, durant chaque
mois de février, à une déferlante de coeurs, petits oiseaux et
printanières fleurs roses, couronnant de leurs gracieux pétales et
plumes les échoppes de nos villes et villages.
L'Amour est une fête, c'est Michel Drucker qui l'a dit et honnêtemment, vu le nombre de couverture de Télépoche qu'il fait depuis 30 ans avec Dany Saval et leurs teckels, on ne peut pas douter que cet homme là est une sommité en ce qui concerne l'érotisme torride de cette célébration.
Mais d'où vient cette charmante tradition, me demanderez-vous, bande de petits incultes aux cerveaux plombés d'inepties et autres bilevesées. Les avis divergent sur l'origine (il n'y a aucun jeu de mots grivois dans cette phrase, je répète, aucun jeu de mots grivois) et plusieurs hypothèses ont cours en ces temps où les Lumières de la Science, de la Publicité et du Papier toilette parfumé à la violette vont nous tirer pour toujours de tout obscurantisme pour nous mener vers les sommets de la civilisation. Je me propose, chers mollassons sous développés du cortex, de vous mâcher le boulot:
Hypothèse 1: Il s'agirait d'une tradition liée aux Lupercales, " Dans
l'ancienne Rome, on nommait ainsi une fête grossière et licencieuse,
qui se célébrait en l'honneur du dieu Lupercus, que la plupart des
auteurs assimilent au dieu Faunus ou, plus tard, à Pan ". Elle avait
lieu le 15 févrierum et on abattait moult animaux (comme chez
Hippopotamus la veille de l'avalanche de réservations pour le 14
février), en particulier des ovins et des chiens (comme chez Kwan Chou,
resto chinois, la veille du 14 février, pour les mêmes raisons que
l'Hippopotamus précedemment cité). Les sacrificateurs se mettaient
ensuite, dans une ambiance bon enfant, à oil-p, vêtu de biquette morte
(d'où l'expression ça sent le bouc, quand on pénètre dans l'antre de
l'amour et du désordre) et partaient fouetter la gueuse en péplum qui
cherchait les coups car une bonne baigne ce jour-là apportait la
fécondité et des ennuis en couche-culotte. Cette vénérable tradition
s'est perpétuée de nos jours, nombre de femmes (10% d'après mes infos),
continuent à profiter des bienfaits d'une rouste bien sentie. Ah!!!! La
tradition! Y'a que ça de vrai.
Mais les festivités ne s'arrêtaient pas là, puisque les participants au
banquet final obtenaient, par tirage au sort, une compagne d'orgie et
jouaient au pourceau pendant quelques heures. Cette belle tradition a
donné naissance au regretté jeu ''Tournez manège'' et à différents
longs métrages légèrement grivois comme: ''Le jeu de l'Amour et du
Br*****ard'' ou encore "Fais-moi la roulette russe''.
Hypothèse 2: Attention, là c'est du lourd, sortez les Kleenex au balsam, le velours de la narine, va y avoir du sang, des larmes et de la javel pour désinfecter le tout. Rufus aimait Julia (Juju pour les intimes) et Juju le lui rendait si bien qu'à la fin, ça ne rendit rien. Les histoires d'amour finissent mal, en général (cette chanson odieusement pompée par les Rita Mitsouko était déjà très en vogue sour Vespasien 1er, inventeur du pipi-room public). Rufus aimait donc Juju mais il y avait un hic,les Montaigugus, famille de Rufus, voyait d'un mauvais oeil l'union de leur fiston promu à un très grand avenir dans le commerce de la gencive de porc, avec Juju, unique héritière des Capuletus, grands rivaux devant l'Eternel car spécialistes reconnus de la tétine de truie farcie (c'est connu, tout est bon dans le cochon). Mais Rufus était ferme et raide comme la Justice face au désir grandissant d'épouser sa belle. Une épreuve supplémentaire les attendaient, l'oncle du jeune homme, grand prêtre de Bacchus qu'il honorait copieusement au frais du contribuable, refusait de leur donner la bénédiction sacrée, des fois que Pourcius Montaigugus, qui rigolait pas tous les jours, lui coupe l'approvisionnement en cochonailles qui va si bien avec le p'tit vin de Gaule. Bref, cette histoire allait finir en eau de boudin quand Juju eut une idée de génie. Ils allaient se faire chrétiens. Faisant fi des persecutions, dissections, dévorations, pendaisons et autres joyeusetés écartélatoires dont étaient victimes les adeptes du culte (puisque je vous dis qu'il n'y a pas de jeux de mots), ils allèrent trouver le cureton du cru (nan, nan, là non plus y'a pas de contrepèterie), qui s'appelait Valentin. Celui-ci les maria en petite pompe; Rufus dont l'ardeur avait été si longtemps contenu prit sa belle, aussitôt le mariage fini, pour consommer trop bruyamment le fruit de leur amour. C'est là que la B.A.C (brigadum anti-coïtum) débarqua et embarqua les deux jeunes mariés. Ils furent condamnés à être servis pour le petit déjeuner du lion ainsi que Valentin; c'est le lion qui fut content ce jour-là. Valentin fut ensuite canonisé et un certain William pompa de façon outrageuse toute l'histoire de Rufus et Juju pour sortir un best seller ''Roméo et Juliette''.
Hypothèse 3: "Pigeon, oiseau des villes, c'est bien toi le plus agile'', dit le poète. En février, ce gracieux et roucoulant oiseau se sent pris d'un vertige à l'approche de la moindre plume femelle, la courbure du bec de la belle, ses pattes galbées, la rotondité sensuelle de son croupion, ramènent soudainement le placide animal à des instincts plus primaires. C'est ainsi que Pigeon parade, Pigeon glousse, Pigeon vole et offre moult cadeaux à sa splendide emplumée avant d'en faire sa splendide e...pousée. Vous voyez pas le rapport avec la St Valentin? Moi non plus, mais j'avais une heure à tuer et plus de plomb dans ma carabine pour descendre les volatiles qui roucoulent comme des malades devant ma fenêtre depuis ce matin.
C'est bien beau, mais tout ça c'est de la blague...
Je vais vous dévoiler la véritable source de la Saint Valentin.
En l'an de grâce 1018,le 14 février, le bouillant Norbert du Piton
Rocheux revint de croisade, après avoir trucidé nombre de féroces
Sarrasins en Jérusalem. Il retrouva donc Cunégonde, connue dans le
royaume pour sa grande beauté et l'accueil très généreux qu'elle
faisait aux jeunes pages des environs. Evidemment, Norbert avait pris
soin de cadenasser sa femme dans une culotte de chasteté dernier cri,
celle en bronze allégé, qui ne pesait plus que 14 kilos. Le problème
était que le bronze avait été fragilisé et que la clé de Norbert cassa
dans la serrure. Il fit alors venir le forgeron Valentin, qui proposa
d'abord de faire fondre la culotte au chalumeau. C'est alors qu'on se
rappela que le chalumeau ne devait être inventé que 9 siècles plus
tard, ce qui, vous le concèderez, est un peu long pour de jeunes gens
plein de sève. Le forgeron, qui n'était pas la moitié d'un imbécile,
eut un éclair de génie, il posa Cunégonde en travers de ses genoux et
martela tant et si bien le fer sur les côtés qu'il n'en resta plus
qu'un filin, certes présent, mais qui cessait d'être un obstacle à
l'amour des deux tourtereaux. Valentin avait inventé le string
ficelle...
Le jeune couple eut un enfant 9 mois plus tard, un petit garçon nommé
Valentin en l'honneur de l'honnête forgeron, jeune homme qui alla,
comme Papa, trucider de l'Arabe en Palestine pour sauver de la Barbarie
le Grand Occident ,et depuis ce jour, on fête la Saint Valentin en
mémoire du forgeron, sans qui le jeune Vava n'aurait put défendre sa
foi en faisant couler le sang impur de tous ces chiens d'Infidèles.
C'est pourquoi, il persiste dans nos cultures, cette charmante
tradition consistant à s'offrir des strings ficelles à chaque Saint
Valentin.
Voilà, maintenant vous savez toute la vérité vraie et vous pourrez
briller aux yeux de votre belle à la prochaine fête du commerce dédiée
à l'Amour.
























































