Noueuse d'aiguillette

18 septembre 2016

Manger des fips

Tu seras heureux, cher lecteur, de savoir que pour cette rentrée 2016 je suis à la lettre les instructions de mon Ministère bien aimé. En effet, non contente d'appliquer les consignes voulant que l'on soit de la bienveillance la plus dégoulinante, j'ai cessé de me faire limer les dents, j'ai décidé de me mettre à la place du nain moyen. Je suis donc affublée, depuis fin août, d'un seyant harnachement dentaire en céramique du plus bel effet.

                                                                                            

tumblr_lsk7xcQE9d1r4p0cpo1_500

Que ce soit bien clair, j'ai pas toujours été branlante de la quenotte, mais de sombres aléas liés principalement à des dents de sagesse qui ont poussé en traître passé 17ans, ont fait que je me suis baladée jusqu'à la veille d'un âge vénérable avec râtelier peu commun. On va dire que si je me rase la tête, avec mon teint éclatant de santé et mes canines proéminentes, je peux jouer Nosferatu sans prothèse ni maquillage sophistiqué. Autant te dire que quand je souris le nain tremble jusque dans les tréfonds de ses Nike.

Jusque là je vivais à peu près en paix avec mon Apocalypse now dentaire, mais suite à des détartrages ressemblant à la scène finale de Carrie au bal du diable, rapport à l'hémoglobine, de tristes sires du corps médical m'ont dit: "La Noueuse, si vous voulez pas entrer dans la catégorie honnie du sans-dents et vous retrouver au ban de la société, va falloir en passer par le chicot ligaturé". C'est comme ça que je me suis retrouvée une semaine avant la rentrée avec de gracieux brackets sur chacune de mes ratiches.

                                                                                      

image-de-ugly-betty-5

Bon, c'était moins-plus-pire que ce à quoi je m'attendais. J'ai à peine eu mal. Y'a un bon côté aussi, c'est que ça projette mes lèvres en avant, ce qui me donne un sex-appeal angelinajoliesque, sauf quand je souris,où là bizarrement l'illusion se dissipe. Le seul inconvénient c'est que je peux plus manger ce que je veux et que le moindre repas me donne l'impression d'engranger des provisions pour l'hiver. J'évite donc tout contact avec du persil ou du boulghour quand je dois bâffrer en public, sous peine de présenter un ravissant sourire moucheté. Bref, mis à part ça et parfois une légère difficulté à prononcer certaines consonnes (d'où le titre de post fin et spirituel), ça roule. Mes collègues n'ont rien vu ou n'ont rien osé dire parce qu'ils sont polis, sauf Josiane, le prof de Techno moustachu, qui a hurlé à la mort quand il a compris que j'étais équipé. Et puis ça fait rire mon Joli Papa (qui est ma joie et mon bonheur) avec qui on fait un concours d'imitation de feulement de chat, qu'il perd tout le temps vu que lui, il a pas d'appareil dentaire.


Bon, du coup je me suis moins occupée de couture, donc tout ce que je vous présente aujourd'hui date, au plus tôt de début août, mais, aimable lecteur, je te promets que tu vas kiffer ta race.

Commençons par de la couture de canicule, dans le plus pur style maman-les-petits-bateaux ou comment ressembler, en l'espace de 2 heures, à l'arrière grande tante Thérèse quand elle allait prendre les eaux à la Baule.

baigneuse

J'ai donc commis ce pyjashort. J'avais un coupon de jersey gris à rayures rouges acheté sur un coup de tête au marché des Bosquets. Ne sachant pas trop quoi en faire, j'ai décidé d'en faire un pyjashort pour traîner avec nonchalance à la maison en ces jours d'étuve.

DSCN0903

Le haut vient d'un Idées Couture acheté sur une brocante.

Rien de compliqué; deux pièces, une bande d'encolure, deux d'emmanchure et le tour est joué. J'ai fait la plus petite taille, le modèle taille bien et l'encolure tombe parfaitement à plat.

Pour le short j'ai pris un modèle de chez Papavero.

sjp409_3

Mais soit c'était la chaleur, soit la flemme la plus crasse, j'ai bâclé. Oui, je sais, j'ai honte, sur le coup je me suis dit: "Bah, personne le verra et pis c'est qu'un short de rien du tout", mais j'ai vite regretté: les rayures ne coïncident pas, les ourlets sont vilains comme une quotidienne d'Hannouna et la ceinture est plus que perfectible. Bref ça me gâche le plaisir, si tant est qu'on puisse prendre son pied à porter un truc qui vous fait ressembler à une rombière en maillot de corps 1900. Je porte beaucoup mon pyjama, mais je suis très mitigée quant au résultat. Voyez plutôt:

PicMonkey Collage-2

Du coup j'ai fait ma bonne élève et je me suis appliquée sur la pièce suivante. Il s'agit de la jupe 106 du Burda de mai 2012.

310_413_c_s144

Au départ j'aimais bien son côté Fumeterre, avec les poches tout ça tout ça. Sauf qu'elle est pas tout à fait comme le modèle d'Eléonore.

310_413_c_s407

Et pis j'ai vu les versions de Saki: c'était évident, c'était le modèle parfait pour l'un de mes wax. Je vous ai parlé de Khatab le rouge, notre pote de la Terranga qui vient nous voir tel un Papa Noël tropical chaque année (c'est ici aimable lecteur), du coup j'ai choisi de couper dans ce merveilleux coupon à motif orange, beige et rouge venu tout droit du Sénégal.

108879152

Le patron de Bubu comporte pas mal de pièces et au départ, avec un tissu aussi irrégulier dans ses imprimés, je me suis demandé comment faire pour avoir un résultat bien graphique. Du coup j'ai décidé de mettre un maximum de bandes rouges avec un petit arc sur le bas des pièces centrales devant, ce qui permet de mettre en valeur l'arrondi de la jupe. Quant au dos j'ai misé sur le côté plus sobre (si, si, il est sobre ce tissu quand on y croit très fort) avec arrondi sur la chute des reins qui fait une sorte de trompe-l'oeil  de tournure wolof. D'ailleurs, si vous regardez le motif du panneau central dos, vous remarquerez le raccord impeccable qui fait ma joie et ma fierté, au moins autant que mon Joli Papa (Private joke: JP? Pfeeeeeuuuuuuuu). A moins de coller son nez sur mon magnanime grand fessier (ce que je déconseille fortement vu que par le passé j'ai pu avoir la mandale facile), on ne voit rien.

                                                                                      

PicMonkey Collage

La jupe est très facile à monter, les poches sont intégrées dans les coutures et c'est donc un jeu d'enfant à coudre. Comme je suis relativement menue, j'ai voulu une ceinture plus fine que sur le modèle d'origine, j'ai donc travaillé avec un biais coupé dans mes restes de tissu et cousu la chose à la main. L'intérieur est propre, le tissu a été un rêve à coudre et le plombé est parfait. Autant dire que j'ai très envie de re-signer pour une jupe d'hiver en lainage fin.

DSCN0906

DSCN0946

Pour terminer, voici la rubrique sponsorisée par l'ANAG (L'asociassion dé nin amatteure de gramère), le cékikicoud de l'indé. Ce mois-ci, je vous présente la robe Georgia cousue pour l'anniversaire de la Tantine fraîche et pimpante qu'a fêté ses 50 berges. Y'avait groupe de rock et open bar champagne, fallait au moins ça pour être à la hauteur.

georgia-illustrations

Au début j'ai eu un gros dilemne. J'avais prévu un autre wax (le vert à fleurs rose ci-dessus) pour cette pièce, sauf que le patron indiquait qu'il fallait du tissu extensible. Or le wax est à peu près aussi souple qu'un procureur de la République face à un Ministre des Finances qu'aurait fait de l'évasion fiscale. J'ai donc décidé de faire la plus petite taille mais avec ajout d'une marge de couture de 1 cm (à la base elles sont déjà comprises dans ce que vous décalquez).

La robe est bien structurée, le nombre de pièces est suffisamment équilibré pour  donner la tenue nécessaire au vêtement sans y passer 3 mois. Tout s'emboîte très bien, je n'ai rien à dire là-dessus et l'ensemble est accessible à une couturière de niveau moyen, d'autant plus qu'on trouve un sew-a-long fort bien fait sur le site de By hand London (ici). Même la jonction entre le pointe du bas et du bustier a été une rigolade.

J'ai voulu faire une version sans bretelles, du coup le port du soutien nichons devenait hors de question, mais d'un autre côté, devenir le vieil avatar birkinien du 9-cube m'enchantait pas non plus. J'ai donc choisi la voie du miyeu en utilisant des plaques de mousse achetées chez Alysse créations pour me coudre de petites choses fines dont je vous parlerai tantôt. J'ai cousu, à partir des pièces du patron, des bonnets que j'ai insérés entre le bustier et sa doublure. J'ai fermé le tout à petits points à la main et c'est insoupçonnable, je peux sauter comme une japonaise dans une pub Choco party (50 ans de féminisme pour en arriver là...) et rien ne bouge, la dignité de l'aréole est totalement préservée.

DSCN0939

J'ai eu un souci avec la fermeture, mais c'était de ma faute; j'avais acheté un zip invisible trop court et ma mercerie préférée n'avait rien trouvé de mieux que de tirer le rideau pendant tout le mois d'août. Du coup j'ai posé la chose sous le bustier et je me suis retrouvée coincée les bras levés avec la robe au dessus de la tête. Deux solutions s'offraient à moi: la porter telle qu'elle avec grâce et désinvolture_ problème, je me retrouvais avec une mini burka sans visibilité mais avec le fondement à l'air (cependant j'aurais pu faire croire que c'était une performance d'art moderne sur la crise identitaire). Option deux, découdre le côté du bustier et poser des pressions. J'ai été tristement conformiste sur ce coup-là, j'ai pris la deuxième option pour pouvoir porter ma robe comme n'importe quelle quidadame.

PicMonkey Collage-1

Les seuls reproches que je fais à ce patron sont la taille et la longueur. Les Anglaises ont, à tort ou à raison, la réputation d'être davantage déshinnibées du jambon que la Française; moi je veux bien, mais là, c'était vraiment trop court, un éternuement et on me voyait tout le panorama. Du coup j'ai rajouté une bande en bas de 7 cm et là encore il n'y a rien de trop. Pour la taille, il s'est avéré que les marges de couture que j'avais ajoutées pour mon tissu sans élasthanne étaient superflues. J'ai donc supprimé le 1 cm de rab et in fine c'était nickel. Je ne saurais que trop vous conseiller de faire une toile avant de couper dans votre tissu.

DSCN0941

La robe a beaucoup plu et j'ai même eu droit à une brouettée de compliments. Bref, mis à part la réserve sur la longueur, je trouve que c'est un bon patron qui donne un résultat sexy et élégant, à condition d'être à l'aise avec ses formes car elle reste quand même très ajustée.

Pas de tricot ce mois-ci, trop chaud et rien qui soit réellement de saison à vous montrer, mais la prochaine fois, si vous êtes sages, y'aura de la laine et une teigne géante.

 

Posté par nedjmaia à 19:03 - Commentaires [7] - Permalien [#]


05 août 2016

Chômer

Oui, bon, je sais, ça va et pis bon, franchement, nonobstant le fait que, bon, zut quoi.

Voilà. J'utilise la stratégie de Chef suprême pour justifier l'injustifiable, je fais des phrases que je finis jamais pour essayer d'enfumer mon auditoire.

Bref, tel le moustique tigre en été, I'm back. Bon ça a moyen rigolé ces derniers mois. Rien de dramatique mais ça aurait pu. Revoyons sans attendre le déroulement des opé:

-Septembre 2015: j'arrive à la réunion de pré-rentrée avec l'oeil du tigre_ disons plutôt avec l'oeil de la carpe neurasthénique, le 1er réveil depuis deux mois à 6 heures ça pique_ j'ai un emploi du temps merveilleux, j'ai déjà averti les collègues que je refuserai toute responsabilité cette année, notamment le Conseil d'administration à moins qu'on installe une tireuse de bière brune dans la salle de réunion. TOUT-VA-BIEN.

Mais, mais, mais, trop de bonheur attire le dieu de la poisse. Alors que je baigne dans la quiétude la plus totale, le lendemain, Chef suprême me téléphone :

"Chef suprême: Allo La Noueuse, on a du bébé prof sur les bras et comme l'Inspectrice connait votre faculté à materner tout ce qui bouge, va falloir que vous fassiez chef nurse.

La Noueuse: Euh ben, je sais pas, j'ai rien demandé et pis ma collègue elle le voulait son golem éducatif, moi la pâte à modeler bof, bof, z'êtes sûre?

Chef suprême: C'est un ordre la Noueuse! La patrie vous en sera reconnaissante. Ce message s'autodétruira dans 15 secondes"

Du coup je me suis retrouvée avec Mini Moi, un être doux et innocent que je pourrais façonner comme je veux, maaa chose, MWarFFF, MWarFFF!!

                                                                                       

index

Bon, en fait ça s'est pas passé comme ça. Il s'est avéré que Mini prof se débrouillait très bien malgré les classes de boulets qu'on lui avait donné, qu'elle avait des gènes stakhanovistes (j'avoue, j'ai parfois culpabilisé) et après avoir passé le rite d'initiation des boutonneux qui consiste à voir jusqu' où on peut aller avant que l'ennemi réagisse, elle a clairement intégré le concept du "Eux ou moi" que je lui ai inculqué comme valeur éducative phare. A la fin de l'année elle terrorisait ses élèves encore plus que moi (mais aussi les AVS, les collègues, les surveillants). Que voulez-vous, parfois l'élève dépasse le maître. Du coup j'ai songé à lui offrir un set de scalpels pour la fin de l'année, mais j'ai finalement opté pour un ensemble de layette mauve vu qu'elle était enceinte.

-Décembre 2015: la formatrice de Mini prof vient pour la 1ère visite. Il s'avère que je la connais. Je prends mon meilleur accent du XVI et je fais copine-copine avec Gwendoline Yvette qui en profite pour me refourguer une stagiaire aspirante bourreau de l'Educ. Va-z-y Gwendo, raboule le micro prof.

C'est donc durant un froid jeudi matin que je vis arriver Micro-prof, à 9 heures, alors que je lui avais clairement dit de se ramener à 8 heures. Je devais m'apercevoir par la suite qu'elle devait être calée sur le méridien de Greenwich, car elle est systématiquement arrivée en retard durant le reste de l'année. Je lui ai très vite trouvé un petit surnom affectueux: La Tanche.

index

Il s'avérait que c'était une reconvertie de la com'. Elle m'a tout de suite avertie "La Grammaire c'est pas mon truc", "Je suis pas très bonne en dissertation", "Edgard Allan qui? Nan, je connais pas, mais là je peux pas en discuter avec toi, faut que je VOYE la dirlo".

Mes oreilles se sont mises à saigner et j'ai failli tourner de l'oeil... La Tanche s'est également distinguée, au cours de l'année, par son incapacité à conjuguer un verbe usuel au Passé Simple, son pompage irréfléchi de cours sur internet qu'elle devait donner aux 3èmes et par toute une série de fautes exotiques dans les traces écrites mises au tableau (que mes nains, eux, voyaient, mais qui se montraient, pour une fois, trop polis et qui n'osaient rien dire). Bref, une cata éducative... Aux dernières nouvelles le Dieu du verbe intransitif a entendu mes prières, elle ne devrait pas sévir cette année. Je sais, c'est vache, mais la Tanche c'était l'Apocalypse now du scolaire.

-Avril 2016: Je suis convoquée pour corriger les épreuves de profs pour bébés nains. Mes velléités de doigts de pieds en éventail s'éloignaient de plus en plus. C'est là que je découvre que la Tanche n'est pas la seule de son espèce. Alors que mes nains perso vouent un culte légitime au complément d'agent, les aspirants instit' massacrent joyeusement la grammaire, la syntaxe, le lexique le plus élémentaire... Certaines nuits je me réveille encore en hurlant" Noooon, pas de si j'aurais, pas de si j'aurais..."

                                                                                      

index

-Juin 2016: alors que semble s'approcher la Libération, et qu'en plus on sera pas tondues après, je me dis que c'est bon, je vais pouvoir lâcher du lest. Que nenni. Chef suprême me coince dans un couloir (avec le secrétaire surnommé l'Ecorcheur de Kuala Lumpur de l'autre côté pour être sûre que je puisse pas fuir): "Votre mission, si vous l'acceptez (et z'avez intérêt à accepter on sait où vous habitez vu que c'est nous qu'on vous donne vos fiches de paye), ça va être de faire régner la terreur et la désolation parmi le groupe de collègues bolcheviks qui va corriger le Brevet cette année. C'est très dangereux, je ne vous cache pas que certains sont abonnés à Télérama. Et personne ne les a forcés..."

Rajoutez à tout ça les travaux de cuisine en mars, l'overdose de charcuterie corse en avril et un truc pas jouasse détecté dans la tête d'une coupine de moi mais dont l'opération a, in fine, eu des effets miraculeux (là c'était pour le "ça aurait pu être dramatique") et vous avez une année à l'opposé du glandage intensif que je prévoyais.

Mais, mais, mais, j'ai quand même cousu et tricoté comme une petite folle à mes heures perdues et je vais de ce pas vous montrer des trucs neufs, des trucs plus vieux et aussi revenir sur mon expérience de testeuse dans le fabuleux monde indé du patron. Du post qui va un peu sentir la bique en somme.

index

On va commencer par évacuer le moins intéressant

-Jupe- Patrones- déjà cousue ici- lin sable- doublure- basique- ennuyeuse

                                     

DSCN0860

DSCN0862

Nota bene: Elle vous est présenté avec un haut court du Burda de juin 2016, fait dans un reste de ma robe Denver de cet hiver. Z'Hom aime pas, je le soupçonne de me trouver trop vieille pour porter un truc avec ventre apparent.

PicMonkey Collage-1

Merci Bene, vous pouvez disposer.

Valà c'est fait. On peut passer aux choses sérieuses. J'ai failli éclater ma Youki Zaraï. J'ai voulu assembler un tricot en coton à la MAC; le tricot a été avalé avec un cliquetis inquiétant, tout était coincé. Nimporte quelle personne un tant soit peu munie de bon sens n'aurait pas tiré. Je ne suis pas n'importe qui, qu'on se le dise. J'ai tiré comme une forcenée et j'ai tordu mon crochet. Le gentil réparateur, me voyant l'oeil mouillé, au bord de commettre l'irréparable, m'a rectifié ça vite fait bien fait. Du coup pour vérifier que Youki était redevenue une bête de guerre, j'ai décidé de l'éprouver avec un coupon de suédine italienne taupe (trouvé au marché des Bosquets il y a 3 ans), légèrement élasthanne et un peu relou à coudre.

J'avais décidé de faire ça:

original

il s'agit d'une veste du Burda de juin 2009. Elle avait un petit côté Lupin de Deer & Doe. J'aime pas trop le côté 80's de la veste de Nessie, mais j'aime bien le col. Alors va pour une Burpin ou une Lurda, comme tu veux- tu choises. Je voulais quelquechose de léger, décontracté, une sorte de résultat des amours d'un gilet et d'une veste. Du coup je n'ai pas posé de doublure mais j'ai quand même conservé les parementures. Je n'ai pas fait les revers pour les manches, mais je pense sérieusement à les fixer étant donné que je les porte toujours relevées. Pour apporter une touche un peu sophistiquée, j'ai imité un détail qu'il y a sur un manteau de chez Carrol qu'on m'a donné il y a fort longtemps et j'ai brodé à la MAC le long des bords afin de les fixer harmonieusement et le long des coutures princesse pour les mettre en valeur.

DSCN0867

Pour être honnête j'avais de gros doutes quant à l'harmonie de la chose, mais in fine, j'aime beaucoup ma veste, surtout avec un haut en dentelle blanche, un jean et un bijou ethnique, si j'avais pas une phobie d'M&H et consorts, une sainte horreur des mots anglais pour faire branchouille, et une aversion totale pour les franges, j'aurais pu faire blogueuse mode_ voyez plutôt:

DSCN0865

DSCN0866

Comme je vous l'ai dit la dernière fois, j'ai décidé de sortir un peu la tête de Bubu que j'aime beaucoup, ça commence d'ailleurs un peu à se voir. D'abord parce que les débats houleux sur indé/pas indé ont échauffé une curiosité assez prompte à passer à l'ébullition. En gros je voulais vérifier si l'engouement de la blogo pour les petites marques, c'était justifié, si l'herbe est réellement plus verte ailleurs, ou si c'est du snobisme agrémenté d'instinct grégaire. Et comme je suis comme Saint Thomas...NB: j'ai conscience qu'avec cette référence biblique, je passe du côté de la force qui sent la naphtaline, m'enfin j'assume. Bon, y'a aussi le fait que plusieurs patrons me plaisaient et que mon expérience avec Deer & Doe avait été très positive (tellement qu'on me réclame des Datura de partout). Bref, le modèle que je vais vous présenter vous l'avez peut-être déjà vu si vous fréquentez le blog de Biquette.

Il se trouve que le Vicomte angora m'a contacté en avril pour que je teste une seyante petite combi: Brass in Pocket.

index

Bon, ben comme j'avais adoré coudre Moussaillon, pas de retouches, un rêve de feignasse couturière, j'ai dit "I do". J'avais un mois pour rendre ma copie, délai largement suffisant, mais comme y'avait entretemps 2 semaines de gavage à base de Lonzo et de vin corse à Porto Vecchio, j'ai du faire avec le tissu que j'avais déjà.

J'ai donc coupé dans une épaisse toile de coton rapportée du Sénégal pour faire du linge de maison. Le tissu était un poil trop rigide, m'enfin ça passait.

Le PDF est 'achement bien fait. Le fait qu'il y ait des calques permet de simplifier le boulot, déjà ingrat du scotchage de feuilles A4. J'ai également apprécié le fait que le tout tienne sur un minimum de feuilles, ça évite de tuer trop d'arbres (et moi j'aime bien les arbres, surtout les mirabelliers). Les repères sont bien visibles et tout concorde parfaitement. J'aime moins les marges de 1cm, mais ça c'est parce que j'aime pas qu'on bouscule mes petites habitudes (des Chiffres et des lettres, une pisse-mémé, Rock'N'Roll!)

Les instructions étaient globalement claires; la présentation est un peu compacte, mais ça n'est pas bien gênant. J'ai eu un peu de mal avec les modalités de montage du col, mais Biquette a produit, depuis, un excellent tuto pour les non-comprenants comme moi.

J'ai suivi la méthode de montage, et le résultat est bon pour le col. La technique pour le montage de braguette est celle que j'utilise d'habitude, donc joie, bonheur, félicité et Bossa Nova dans ta face. En revanche j'ai fait différemment pour les manches. Je DÉTESTE la technique du fil de fronce, j'utilise la méthode des 3 points d'épinglage, que vous pouvez trouver ici.

DSCN0870

 

Le seyant est très bon. Je n'ai pas mi d'épaulettes vu qu'avec ma pente d'épaule très faible, ça me fait ressembler à Robocop. J'ai du retoucher les pinces poitrine, un peu basses, étant donné que j'ai encore le nichon arrogant (à défaut d'être abondant). La taille se pose là où on lui dit et la fourche du short est plutôt pas mal, bien qu'un petit chouille juste, mais j'ai été assez bien pourvue par Mère Nature à ce niveau-là. Le bouton pression qui doit vous assurer que vous n'en perdrez pas un lors d'une réunion au bureau était inutile dans mon cas. Je n'ai mis que 4 boutons au lieu des 6 préconisés, je trouve qu'il y a suffisamment de détails comme ça. Bref, l'impression est positive, même si la fois prochaine fois je couperai plutôt un 34. Je vois bien une version pantalon sans manches dans le plus pur style grande bourgeoise des années 40.

                                                                                       

DSCN0874

Pour terminer j'ai fait une petite chose en tricot à partir d'un modèle sur lequel je bavais depuis des lustres. C'est ça:

Matez-moi ce subtil mélange Birkino-hamiltonien, ça vous file envie de tout repeindre chez vous en violet et orange et d'écouter en boucle les Jefferson Airplane.

musedebard_medium

Le modèle vient du Phildar n°69 et le fil a été acheté en brocante, 3 euros les 3 pelotes. C'est du Phildar en coton et lin, le nom m'échappe et j'ai jeté les bagues des pelotes, mais il ne m'en a fallu que deux et le début de la 3ème. On a donc affaire à une excellente opération. Il rend très bien et la taille est bonne. Le point est facile et tout est bien expliqué. Je n'ai pas fait de liens dos-nu, j'ai préféré les fixer en les croisant au dos, ce qui fait un arrière charmant, mais qui me transforme au mieux en contortionniste débutante, au pire en grosse chenille qui tente de s'extirper de son cocon quand je l'enfile.

   

DSCN0882

                                                                                    

Le seul problème est que si je le porte sans rien, avec l'ouverture en gougoutte du devant, c'est openbar sur mes gougouttes à moi. Du coup en dehors de la maison je le porte avec un fin débardeur blanc et à la maison je le porte avec un soutif sans bretelles (d'ailleurs je me rends compte à quel point on le voit, là, le soutien nichons).

                                                                        

DSCN0878

                                                                                                                                                                         

Je me suis un chouille ratée sur l'ouverture au crochet, mais c'est relativement discret et je peux vivre avec, en revanche, gros satisfecit sur les picots (charité bien ordonnée, etc, etc)

PicMonkey_Collage

Valà, c'est tout. La prochaine fois, si vous êtes sages, vous entendrez la petite musique de Ray Charles.

Posté par nedjmaia à 22:20 - Commentaires [15] - Permalien [#]

01 février 2016

Stock et déstock

En ces temps de sinistrose, de chat qui revient abîmé, il faut que je m'y fasse mon vieux félin n'est qu'une petite frappe, et de chamboulement cuisinesque (une sombre période de bouffe au micro-ondes s'ouvre devant moi), j'ai décidé de faire un post léger à base de cadal augmentant les stocks, de bilan chiffonique et de nouvelles résolutions tenables. Nan, je vais pas me mettre à porter des moule-lunes en lycra pour faire une carrière de vieille fitness-girl (plutôt mourir...).

A Nawel, je suis donc allée dans ma Moselle natale, passer les fêtes avec la frangine n°2, celle qui fait de la coupe déstructurée comme personne. On a refait le monde en picolant du vin de Loire, passé le réveillon avec un de ses potes au CV bizarre (ex-barbouze chauffagiste, si si, ça existe), et j'ai reçu du cadal couture, vu que moi je pars pas en mission secrète dans des pays exotiques avec un air super détendu, comme les copains de ma frangine. Je suis juste une ninja de la poche passepoilée, un samouraï de la patte de boutonnage, une guerrière de la fermeture invisible.

AlienvsNinja13

D'abord j'ai reçu cette fabuleuse collec' de coton wax que m'a ramené un copain sénégalais qui vient chaque année au mois de décembre investir notre chambre d'amis.

DSCN0819

On sait que c'est bientôt le temps du pétage de bide quand Ratab-le-rouge vient poser ses valoches dans notre antre. Et cette année, il y avait ça, dedans, pour moi: 3 coupons de wax destinés à se transformer en jupe Burda pour le rouge-orangé  et en robe Georgia pour le vert à fleurs roses, ainsi qu'un voile de coton rose qui aura l'insigne honneur de couvrir ma dignité basse sous la forme d'une jupe longue (sans doute une Burda de mai 2012, mais je suis pas sûre). J'aime bien le jaune pâle aussi, Mimi Kaolin dit que c'est "l'or des brunes", ce qui est joli, mais je ressemble un peu à Maya l'abeille avec cette couleur. Si néanmoins vous avez une suggestion pour ce coupon, je suis toute ouïe.

                                                                                             

Ribbet collage

La frangine, elle, m'a offert en cadeau bonus un magazine BDF. Sauf que "ô rage, ô désespoir, ô aiguilles circulaires ennemies", je l'avions déjà, du coup je réfléchis à ce que je vais en faire, je vous tiens au courant (ouais, teasing de folie).

a32274_85678_1

Quant à ma Mounette d'amore, je lui avais stipulé que le patron de la blouse Denver me plaisait bien, mais bon "Passe-moi la Denver Mounette, euh pardon, le sel. Et sinon, comment ça va à Denver, euh, je veux dire à Nantes". Bref, ma Mamoune qui connait sa fi-fille comme si elle l'avait faite (bon, elle y est un peu pour quelque chose quand même), a mis sous le sapin... devinez.... le patron de C'est dimanche! Et là surprise, roulades avant et arrière, petits bonds de joie, vraiment, je ne m'y attendais pas, comment t'as deviné?

99252634

Pavlov à l'usage de la couture en somme...

Moi-même je me suis offert deux cadeaux, parce que charité bien ordonnée commence par soi-même et que je suis une fille très charitable envers ma petite personne. Du coup j'ai profité du rabais offert par Schnittchen patterns pour m'offrir celui de la veste Eve. Je vous parlerai d'ailleurs bientôt de la couture avec du strudel dans le dedans parce que le patron a déjà été rentabilisé. Mais pour tenir en haleine mon lectorat, je ne vous montre que ça de mon projet:

DSCN0830

Enfin ma copine Saucisse intrinsèque a fait, rien que pour moi, ces superbes anneaux marqueurs en fimo. Oui, je sais, ils sont beaux, ils sont miens, bas-les-pattes et pis j'en ai dans toutes les couleurs nana-nère. D'ailleurs, si vous voulez aller voir ce que fait ma coupine courant d'air, toujours à l'autre bout du globe, allez là:

DSCN0827

Janvier c'est aussi le mois du brocoli vapeur eau de vittel du bilan: j'ai jamais fait, du coup je me suis pliée à l'exercice parce que bon, tant va le tissu à la MAC qu'à la fin il se coud (j'aurais peut-être du aussi me résoudre à arrêter le crack, in fine ça fait brouillon).

En décembre j'ai fêté mes 10 années de couture et je constate que je porte quasiment tout ce que je couds. J'ai d'ailleurs pas mal de vêtements faits il y a 8 ans que je mets encore très régulièrement. Bref, avec le recul je me dis que la couture n'est pas seulement un loisir envahissant (ça c'est la vision, erronnée bien entendu, de Z'hom) mais c'est aussi, si tant est qu'on soigne les finitions, le moyen d'avoir des vêtements de bonne qualité qui subisssent moins l'outrage du temps que ce qu'on trouve dans le commerce. Je pense encore avec horreur à ce pull Ko*kaï pour lequel j'avais vendu un rein et demi il y a douze ans et qui a rétréci au 1er lavage basse température. Mais j'avoue que l'enthousiasme me pousse parfois à coudre des trucs douteux.

Commençons par le palmarès de la Win et vous allez voir, ça dépote question fantaisie, une vraie drag-queen, Ru Paul, accroche-toi à tes plateformes shoes:

RuPaul_by_David_Shankbone_cropped

Le vêtement le plus porté c'est celui-ci, mon manteau Bubu en cachemire noir, bien coupé, basique, qui va avec tout, un brin ennuyeux mais qu'on enfile sans y penser.

Et pis en deuxième position, attention, dans le style punk à chien et iroquoise on fait pas mieux, le pantalon marin en lainage gris, modèle Bubu également (que voulez-vous, j'ai une tendresse particulière pour la couture du Nord). Ouais, je sais, trop de fantaisie, de paillettes, de chamarré tuent la fantaisie, la paillette, le chamarré.

Le 3ème ouvrage beaucoup porté cet été c'est la Datura de D&D. J'avoue, ce patron est bien fichu et efficace, d'ailleurs j'en ai aussi cousu une version pour la Mounette et une pour ma BSA vu qu'on m'en a réclamé de tous les côtés.

Enfin, je ferme le palmarès par l'outsider laineux, le pull vert avec les reflets comme sur les tableaux de Monet, parce que c'est le seul survivant de la production tricot d'une année 2015 calamiteuse. Entre le pull avec de vilaines finitions, le gilet trop grand, le bonnet trop petit, j'ai erré dans les limbes du surjet torse; mais 2016 s'annonce d'ores et déjà bien mieux.

Ribbet collage2

Dans le milieu du tableau, peut mieux faire, nous avons le jean pin-pon (une taille de trop et couleur compliquée à assortir) ainsi que la veste beige en moumoute, sympa mais trop sportwear par rapport à ce que je porte d'habitude.

                                                                                    

Ribbet collage3

Enfin dans les "mais-bordel-qu'est-ce-qui-m'a-pris" on trouve l'écharpe arc-en-ciel, trop courte à mon goût, la blouse en broderie anglaise beige (moche, moche, voire super-vilaine) ainsi que la veste marron (le déguisement en chanteur de Boney Nem n'est pas encore socialement accepté).

                                                                           

Ribbet collage4

Du coup comme j'ai pas pris la résolution de perdre du poids (d'où?) d'arrêter de fumer (ça tombe bien, je fume pas) ou d'apprendre l'Esperanto (pas désespérée à ce point), j'ai pris deux résolutions couturesques. Tout d'abord m'attaquer à un nouvel Everest de la canette, faire de la lingerie. Pour l'instant je rassemble les infos, mais bon, comme j'ai 338 blogs dans mes favoris et 230 tutos, va quand même falloir que je m'y colle un jour et que j'arrête de trouver n'importe quel prétexte pour y couper (j'ai piscine, mon doigt me fait mal, c'est sûr j'ai une maladie incurable, etc...).

La seconde, suite aux polémiques sur les patrons magazines vs les patrons indé, c'est de présenter un patron indé par mois avec méthode, rigueur et sans frétillement "paske je l'ai vu sur le blog de la Dinde" ou que je le trouvais moche mais au bout de 30 podcasts dithyrambiques ma CB s'est mise à me sussurer des mots doux avec la même voix que Golum prend avec son précieux.

Je commence donc avec le patron (encore mais c'est pas le même) Denver de chez Blank Slate Pattern.

Denver-dresstop_1024x1024

C'est un patron PDF acquis lors d'une vente promotionnelle de 4 patrons de créateurs indé (mais j'en reparlerai). C'est une tunique qui peut aussi être cousue en version robe avec une option finition biais d'encolure ou col souple. Comme il me restait 1m30 d'un autre projet (to be continued) d'un jersey un peu épais gris bleuté et que j'avais acheté un reste de jersey texturé blanc au marché des Bosquets, j'ai décidé de partir sur la robe.

DSCN0851

L'éventail des tailles est assez large et celles-ci correspondent bien aux mesures annoncées. En effet, j'ai pris la taille XS et à part au niveau du tour de taille c'était parfait. Bon point aussi pour les conseils de FBA (poumons saillants), de SBA (nichons de naine) de rallonge ou de racourcissement du patron ce qui permet d'avoir un patron bien ajusté. La couture ne m'a pas posé de problème, je dis pas que j'y serai arrivé même en cousant avec des moufles, mais une débutante peut aisément s'en sortir puisque les explications sont sous forme de pas-à-pas photographique.   Quand on est habitué aux propos sybillins de Bubu, ça fait drôle, un peu comme Indiana Jones qui lirait le Times alors que d'habitude il déchiffre du Wolof du IVème siècle.J'avoue qu'à un moment j'ai eu peur en voyant les emmanchures, elles m'ont semblé bien petites et l'espace d'un instant j'ai eu peur de voir mes bras devenir violets et se détacher de mon corps, ce qui m'aurait un peu contrariée. Mais en fait non. Cela dit si vous avez le bras fort et pas comme moi des biceps de mouche, ça peut poser problème.

DSCN0843

Le seul vrai souci que j'ai eu n'est pas lié au patron mais au molleton fin et gris totalement merdique que j'ai utilisé. Le tissu était pénible à coudre et j'ai cru mourir quand j'ai du découdre, il était tellement de mauvaise qualité qu'il restait des trous même en maniant le découd-vite comme un artilleur un paquet de TNT. Mais bon, c'est planqué dans les coutures, du coup ça devrait tenir. J'ai du doubler toute la partie blanche avec un jersey, histoire de pas être arrêtée pour attentat à la pudeur, mais le panneau doit être légèrement plus petit parce que ça tire un chouille. Cela dit tout le monde m'a fait des compliments que j'accueille avec un visage marmoréen, mais en fait le patron a deux défauts: les tailles sont toutes en noir sur le patron et comme elles sont nombreuses, la lecture demande un peu (faut pas exagérer non plus) de concentration. Plus embêtant, voyez le dos. Oui, je sais, ça saute aux yeux, il manque des pinces, le dos n'est pas suffisamment ajusté (temps couvert = photos pourries, que voulez-vous, c'était juste pour montrer le truc). Cela dit avec un peu de bouteille ça se modifie même avec des moufles, on y revient. Bref, c'est un bon patron et je ferai sans doute à l'occaz' la version tunique.

DSCN0850

Je vous parlais du projet pour lequel j'avais utilisé le coupon gris avant la Denver. En voyant les Linden de je sais-plus-qui-pattern, j'ai eu envie d'un sweat, ouais, je sais je suis une ouf, question originalité j'envoie du poney canné. Mais comme j'avais investi dans un Bubu avec un chouette modèle (une partie de la blogo crache sur ces magazines mais on y trouve des perles), le 115 d'août 2015, j'ai décidé de tester le patron avec mon tissu.

thumbList

J'ai rajouté une pièce pelucheuse offerte par Mimi, que même c'est tellement doux qu'on a l'impression de transporter avec soi son ours en p'luche de quand on était nabote.

DSCN0836

Autant le dire toute de suite, il est hyper bien coupé, tellement bien que j'en ai refait un dans le foulée dans le même tissu merdique mais en beige (masochiste un jour...) avec dentelle champagne. La seule modification faite c'est une légère réduction du bracelet d'ourlet, mais c'était simplement une question de goût. Bref, j'ai un sweat shirt chaud, joli et zéro déchet de mon coupon tout naze du début.

DSCN0835

Enfin je suis sortie du marasme tricotesque de 2015 avec ce modèle du Knitscene de l'hiver 2011, le Camellia Shrug

0350ef43bbdd82c2707f35cb66651807

. Alors je sais que le boléro c'est pas à la mode, mais je m'en tamponne le coquillard au fond d'un seau et en plus mon ouvrage ne comporte aucune couture, rien, nada, que'd'chi.

DSCN0838

J'avoue que j'ai flippé ma race avant de commencer, mais ça m'a permis d'apprendre le magic loop et à rabattre les mailles avec beaucoup de souplesse. Voire trop. La laine est un reste d'angora premium de chez Ice Yarn; elle pique un peu mais comme je suis pas très sensible, ça va. En revanche elle tient bien chaud. J'ai utilisé les explications de Maman Moj, c'est ici: en gros on tricote deux mailles, on les repasse sur l'aiguille gauche, on les tricote ensemble (1 mailles sur la droite), on retricote une maille pour avoir à nouveau deux mailles à droite et c'est reparti. C'est de loin ce que j'ai trouvé de plus simple et de plus efficace. Dites moi si il faut un tuto image et j'en ferai un la prochaine fois. Cela mis à part c'est un tricot plus facile qu'il n'y parait et j'aime beaucoup le résultat très sophistiqué. Voyez plutôt:

DSCN0839

Valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, y'aura du grabuge dans le chiffon.

Posté par nedjmaia à 21:52 - Commentaires [14] - Permalien [#]

21 décembre 2015

50 nuances de peaux

Plus que de coutume le mois de novembre m'a semblé un long tunnel. Très long. Très sombre.

Des jours entiers le front douloureux et plissé. Le 13 novembre d'abord. Une des copines de Z'hom dans les victimes. Et puis un autre deuil amical pour lui à la fin du mois. Et puis le score du Front de la N. Des gens de ma famille dégueulant des torrents de conneries sur FB, des intox. Putain, ils n'ont tiré aucune leçon, ils n'ont rien compris. Ils ne se rappellent même plus que du sang de l'autre côté de la Mare Nostrum coule dans leurs veines.

Du coup, pour ce Nawel, je tenais à envoyer une bouffée d'espoir du fond de mon bahut de banlieue parisienne. Là où la mixité sociale n'est pas un vain mot, là où elle est évidente, là où, quand on regarde le trombi, on voit 50 nuances de métissages, 50 nuances de peaux.

Laissez-moi par avance vous présenter des voeux de paix et de douceur de la part de S. grande courge bretonne aux yeux bleus et de son amoureuse C., ravissante indienne toujours souriante, de B. cabotin d'origine marocaine et de son meilleur pote Y, dont le nom évoque d'emblée les murs de Jérusalem, de P. qui clame sans arrêt "Forza Italia" et qui passe son temps à se bidonner avec F, qui parle de Dakar et de Paris avec les mêmes étoiles dans les yeux. Car si "nous on s'entend bien Madame, les adultes devraient y arriver ausi, non?". Joyeuses fêtes donc.

                                                                                                  

Metissage

 

Valà, je vais à présent reprendre une activité normale et vous parler de vert (ah la COP21 est passée par là_ sans laisser de traces ai-je envie d'ajouter). Comme nos formidables dirigeants vont continuer allègrement à vider de leur substance les lois censées sauver l'Humanité, histoire qu'une toute petite minorité puisse continuer à vivre dans un luxe obscène, j'ai décidé de vous montrer de la créa chlorophyllée exclusivement faite dans du tissu et de la laine de 2nde main.

                                                                                        

5897-eau-et-chlorophylle-WallFizz

Tout d'abord cette robe Lekala. C'est le modèle 4046, à faire dans une maille épaisse.

6dcaf47f2b2beb611b064406de8c3085

Et ça tombait 'achement bien vu que ma copine Mimi Kaolin m'avait filé un coupon de milano tilleul dans lequel toutes mes pièces rentraient parfaitement et en rang par deux sinon ça va barder pour leur matricule.

Le patron est assez simple à assembler, le décolleté est très profond, mais Lekala a tout prévu, afin de vous préserver de la pleurésie chafouine, une pièce supplémentaire est ajoutée pour couvrir votre pudeur et éviter d'avoir comme la brave Margot de Brassens, "tous les gars tous les gars du village" dans votre salon, parce que ça fait passablement désordre. Il faut bien évidemment travailler les pièces en sandwich, c'est un peu plus épais, mais ça ne présente pas de grosses difficultés. Avec le recul je me dis que j'aurais du faire cette "modestie" dans une couleur différente pour casser le côté uniforme de la robe.

Concernant le patron en lui-même, on a souvent reproché à cette marque de tailler étroit et il faut bien l'admettre, les Russes adorent être gainées dans leurs vêtements comme un boudin antillais dans un boyau. On a les métaphores qu'on peut et puis c'est de saison. C'est typiquement, ce qui manque à cette robe. Si le bas moule le popotin plus que correctement (quand j'ai regardé les photos de dos j'ai eu l'impression que des lutins farceurs m'avaient greffé des prothèses durant la nuit), la robe est trop large à la taille et elle est un chouille grande au niveau du buste. Pourtant j'ai indiqué mes mensurations habituelles et celles-ci n'ont pas changé depuis mon dernier couturage avec des morceaux de Bortsch dans le dedans.

Voyez plutôt:

DSCN0782

Bon, y'a rien de très vilain non plus, mais c'est pas tout à fait ce que j'espérais. Autre déception: les manches. En regardant le dessin du modèle elles sont longues, c'était parfait c'était exactement comme ça que je les voulais. Quelle ne fut pas ma surprise quand je me suis aperçue que je m'étais fait couillonée de la manche! C'est du 3/4, y'a pas de doute. Ou alors la population de manchots en Russie est ultra-majoritaire. Bref, du coup je me retrouve avec une robe qu'est sympa, très working girl, mais qui n'est pas tout à fait comme je me la figurais.

Et hop, une photo de dos pour vous amuser un peu (paye ta paire de pastèques).

DSCN0784

Ensuite j'ai testé un patron de Papavero pour rester dans la thématique East sewing. J'étais un peu échaudée par mon dernier essai avec le site polonais. En effet, j'avais beau me contorsionner dans tous les sens, je n'ai jamais pu fermer le chemisier que j'avais coupé en 34. Je me suis dit que c'était sans doute du à mon opulente poitrine (étrange d'ailleurs, parce que sur les photos on a l'impression que les lutins ont tout tablé sur l'arrière). Du coup, au moment de couper un pantalon jean slim, j'ai choisi la taille 38.

Je l'ai taillé juste après le jean 1083 dans un tissu qui est une chute de rouleau. L'endroit est vert foncé flammé et l'envers est un vert néon plus flashy. Pas sûre d'assumer le côté réverbère en goguette, j'ai choisi la face la plus sobre pour couper mon pantalon.

BIen sûr, impossible de tenir compte des instructions traduites par Google, à crever de rire, certes, mais complètement inutiles. Cela dit, si vous n'en êtes pas à votre premier essai de pantalon, ça va tout seul. J'ai doublé les poches avec un satin vert pomme, mais elles ne sont pas assez profondes, la prochaine fois je les modifierai un peu. J'ai également surpiqué le dos pour accentuer le côté jean. Le résultat est sympa et bien coupé même si mon jean est plus un pantalon droit qu'un slim. Du coup, la prochaine fois je ferai plutôt un 36. Voici la bête:

DSCN0794

Bon, évidemment, c'est pas un pantalon de cadrounet super discret, mais avec un haut uni très simple, ça fait un ensemble sympa. Et hop, une photo du dos et une autre de la surpiqure dos:

DSCN0803

DSCN0796

Enfin, j'ai pris quelques pelotes qui dormaient dans un carton chez Mimi et j'ai dégainé un patron de Elle des années 70 que j'ai légèrement modifié. Le patron vient d'un blog dont j'ai oublié le nom et j'en suis réellement désolée. La photo du modèle me semblait sympa.

63000847_p

J'ai à peu près suivi les instructions, sauf qu'au moment de tricoter le dos je me suis dit que ce serait sympa de faire un petit quelque chose, alors j'ai fait un truc délirant, j'ai rajouté des côtes sur les épaules et tant qu'à faire sur l'arrière des manches aussi. Vous excuserez les plis sur le dos, j'ai eu la flemme de remédier à ça.

DSCN0792

DSCN0789-1

La laine est un ravissant mérinos très fin mais aussi très fragile avec des nuances de vert et de jaune qui me font penser à un tableau de Monet. Je suis contente du résultat d'autant plus que j'ai fait des calculs savants pour rapetisser la taille. Bref le pull me va bien, il est fin mais chaud, je finis donc ce post sur un satisfecit.

PicMonkey Collage

La prochaine fois, si vous êtes sages, je serai le Vidéo-gag de la couture.

 

Posté par nedjmaia à 18:08 - Commentaires [12] - Permalien [#]

31 octobre 2015

Comme une Dietrich de la couture

Ca n'aura échappé à personne c'est les vacances ("Encore" dit Z'hom juste avant que je le foudroie avec le regard n° AK47) et ça veut dire temps mais aussi augmentation considérable du taux ambiant de flemme.

Du coup j'ai vu d'un bon oeil le fait que Yaya m'ait awardisée, ça me permet de vous pondre un article fin, spirituel et enlevé à peu de frais et d'en garder sous le coude pour le mois prochain, car comme le dirait Pierre Gattaz à une table de négociations ouvrières: "Trop de bonheur et d'acquis sociaux nuisent". Pour ceux que les jactages futiles n'intéressent pas, vous avez tout à fait le droit d'aller directement aux trois nouveaux projets que je vais vous présenter. Suis pas faciste.

106926744

Donc le but c'est, si j'ai bien tout compris:

-parler d'un sujet passionnant, c'est à dire dévoiler 11 choses sur moi_ je vous sens déjà frémissants

-répondre avec la grâce et la subtilité qui me caractérisent aux questions de Yaya

-en trouver 11 plus mieux que ceusses de ma collègue de blog à poser à d'autres collègues de blog

 

11 trucs qui peuvent expliquer bien des choses sur la Noueuse

1- J'ai le pied romain. Pour mes lecteurs peu versés dans la Podologie (et comment vous en vouloir?), ça veut dire que j'ai tous les doigts de pied de la même longueur. Ajoutez à cela qu'ils ressemblent à des saucisses cocktail, qu'ils prennent une charmante teinte violette en hiver pour virer au rouge incarnat en été et vous comprendrez que je suis dotée des palmes les plus laides de la Création. Je compense en étant absolument ravissante partout ailleurs.

2-Chaque année je rêve d'épouvanter mes élèves en imitant Hartmann, le saint patron des profs heureux en leur disant "Si vous ressortez de chez moi, les louloutes, si vous survivez à mon instruction, vous deviendrez une arme, vous deviendrez un prêtre de la subordonnée relative implorant la Grammaire ! Mais en attendant ce moment-là, vous êtes du vomi, vous êtes le niveau 0 de la vie sur terre, vous n’êtes même pas humain, bande d’illettrés !". Mais je me dégonfle chaque année...

index

3-Mon chat a sa propre serviette et quand il rentre mouillé d'une de ses escapades, il gueule en me tournant autour jusqu'à ce que je l'ai frictionné et séché.

4-J'ai été élevée par un militaire. Un vrai avec rangers, qui chante devant le défilé retransmis à la télé à chaque 14 juillet. J'en ai gardé une aversion sévère pour le kaki et les chansons de Jean Pax Méfret (si tu ne connais pas, clique , à tes risques et périls) mais je dois avouer qu'on sent une influence dans la façon dont je sévis dans mon métier.

5-Je suis hypocondriaque, mais seulement par période (quand des proches sont malades ou pire) et avec une prédilection pour les maladies bien incurables et mortelles. Dans ces moments-là, le moindre bouton sur le doigt et je me vois emportée, à la fleur de l'âge, par un cancer de l'auriculaire.

6-A 10 ans j'ai claironné que les garçons c'était beurk et que jamais je ne me marierai. Comme mes parents sont joueurs ils ont d'abord essayé de m'appâter avec la robe de princesse. Pas folle la guêpe je me suis obstinée. Et puis comme ils étaient très très joueurs, ils m'ont fait écrire sur un papier que je ne passerai jamais devant Mr le Maire. 28 12 ans après j'ai toujours pas changé d'avis. Et j'ai enfin compris pourquoi je suis pas tout à fait équilibrée (ah les névroses parentales!!! Mum, si tu me lis, j'te kiffe!).

7- J'ai fait de la danse orientale pendant un an. Je faisais vachement bien le chameau inversé, mais j'avais l'air d'une nouille quand la prof disait: "Faites-moi trembler tout ça"...

8- J'ai fait des jobs assez étranges pour payer mes études: femme de ménage dans une centrale nucléaire, disquaire dans une petite boutique qui ne faisait quasiment que du rock indé (et des DVD, avec un vieux Mr qui venait faire une énorme provision de films pour adultes chaque semaine, ce qui faisait dire à mon boss qu'il voudrait pas être à la place des héritiers).

9- Paraît que je suis gémeaux ascendant gémeaux. Bref, y'a beaucoup trop de monde là-dedans.

10- La plupart de mes amis sont des ovnis: un métalleux ex-infographiste qui élève des poussins et rénove des maisons alsaciennes anciennes, une prof de Français qui fait de la médecine chinoise mais qui fume et boit comme trois cosaques et veut passer l'Agrégation d'Allemand pour le plaisir. Bref, je n'attire que des gens étranges.

11-Je voue un amour incommensurable aux films de chinois qui s'tapent des années 70-80 mais aussi aux films coréens, mais uniquement ceux avec costumes. Allez savoir pourquoi...

18772542

 

 

 

 

 

 

 

Allez, vous en reprendrez bien une louchée? C'est comme une truffade double fromage, ça se mange sans faim. Let me introduce you les questions de Yaya:

1-Quel est ton âge mental? Compteur bloqué à 21 ans. Hélas c'est pas tout à fait la même chose pour le physique.

2- Tu te souviens du moment où tu t'es dit que tu voulais coudre? Ah ça oui, je déprimais dans mon établissement cauchemardesque en plein milieu de la crise des banlieues de 2005 et je suis tombée sur une pub de discounter qui annonçait la vente de machinesà coudre. Ma Lervia a été bien vaillante, 3 années de bons et loyaux services, puis je l'ai donné à une copine.

3- Le tissu le plus moche de ton stock (+ photos/+ défi) ? C'est un jacquard d'ameublement vert amande acheté chez Emmaus, je ne sais pas ce qui m'a pris, je ne sais toujours pas quoi en faire. Si vous faite de la réfection de sièges anciens, je le donne volontiers (vous règlerez juste les frais de port). J'ai eu la flemme de le prendre en photo mais j'y remédierai dans la semaine.

4-Quel est le truc qui te met hors de toi? Les gens qui assument pas. Genre l'élève qui fait n'importe quoi de façon ostentatoire et qui dit "C'est pas moi", quand on le reprend. En général ça finit par un tympan percé chez l'intéressé. Cela dit c'est de plus en plus courant chez les adultes.

5-Un accessoire, une technique qui te facilite la vie en couture? Je vous renvoie à l'article sur les pieds de couture, là. Mais il y a aussi les fonctions arrêt position basse de l'aiguille et coupe fil de Yuki Zaraî qui ont changé ma vie de couturière.

6-A part la couture, si tu pouvais avoir un autre talent, ce serait quoi? J'en ai déjà trop, faut en laisser pour les autres. Sinon, je voudrais être la femme qui murmure à l'oreille des chaudières. Ouais, je sais, c'est moyen glamour, mais que voulez-vous, je suis quelqu'un de terre-à-terre.

7- T'as des tatouages? Des piercings? Des scarifications? Nan, mon corps est un terrain vierge (Ahum).

8-Qu'est-ce qui te plaît le plus dans la blogo? Le moins? J'aime le fait qu'il y ait des nouveaux articles tous les jours, l'entraide, la somme de savoir à laquelle la blogo nous permet d'accéder. J'aime moins le fait de voir toujours les mêmes modèles. La Moneta est sympa, mais là c'est un peu l'overdose ( dit-elle alors qu'elle a cousu trois Datura cet été). J'ai toujours l'impression, sans doute fallacieuse, que ça cache une sorte de paresse; celle de chercher d'autres modèles ou de chercher tout(e) seule comment on construit un vêtement (Pas taper!).

9-T'étais comment ado? J'étais le Canada dry de la gothos. Toujours en noir, mon exemplaire des Fleurs du Mal sous le bras et teeeeeeellllleeeement malheureuse!!!! Mais comme le côté communautaire me gonflait franchement, j'ai jamais fréquenté de gothiques. Ce qui n'a pas empêché mes camarades de classe de m'appeler la Veuve noire.

497_001

10-Quelle est la bonne résolution que tu prends tous les ans et que tu ne tiens jamais? Faire du sport. Faut dire que c'est fatigant et j'aime pas être fatiguée. Et puis ça bouffe du temps de couture.

11-T'aurais pas un bon bouquin à me recommander? Dans le drôle et instructif t'as Le Charme discret de l'intestinc de Giulia Enders, plus contestataire il y a Flatland, d'Abbott (libre de droit, c'est un classique) et en plus littéraire et onirique, Mardi de Melville, c'est beau, c'est bien écrit, c'est étrange, ça ne ressemble à rien de ce que j'avais pu lire avant. Je m'arrête là où je risque de continuer sur plusieurs pages.

melville-mardi

 

Questions subtiles et fraîches de la Noueuse à l'intention de qui-n'en-veut

1- Dans la peau de qui voudrais-tu passer 24h? Ton chat? La Noueuse d'aiguillette? Ton banquier? Adrianna Karembeu? Un ficus vésiculeux? Autre?

2-Combien de coupons achètes-tu par an? Combien en couds-tu?_ question qui fâche...

3- Quelle est ta dernière honte linguistique (à l'oral ou à l'écrit)?

4- Brel ou Brassens_ oui, je sais, c'est cruel comme question.

5-Quel est le truc le plus étrange que tu aies jamais mangé?

6- Daniel Day Lewis te demande de lui coudre un pantalon sur-mesure, comment réagis-tu (perso, j'hyperventile)?

7-A quel personnage de fiction pourrait-on t'identifier?

8- Comment refuses-tu de faire les ourlets de ton entourage?

9- Comment imaginais-tu ta vie d'adulte quand tu avais 15 ans? Avec moins d'acné n'est pas une réponse satisfaisante.

10-Quel est le dernier truc qui a révolutionné ta couture?

11- As-tu une sale manie dont tu n'as aucune envie de te débarrasser?

 

Les Awardisées, mais y'a rien d'obligé sont:

-Amy de la laine

-La Couture des gros manches

-Quattre

-Telle est une Estelle

-Threadie

-Créalino

-Du fil et mon...

-Roze Mousse

-Kaffeeklatsch

-Par Issy

-Sabali

Et maintenant, passons aux trucs qui encombrent un placard déjà trop plein.

J'adore le rouge, et pas seulement sous forme liquide; ça doit être lié à mes origines ibériques, on ne me tient plus dès que quelqu'un entonne un chant andalou. Alors je me suis fait plaisir, non pas en me cousant une robe de flamenco, ce qui serait fun mais pas super pratique pour courir après un nain qui refuse de me filer son carnet_ olé!_ mais en me cousant deux ou trois trucs bien pimentés.

J'ai d'abord taillé un t-shirt original qui m'avait tapé dans l'oeil à la sortie du Burda d'août 2014. J'avais acheté un coupon de jersey viscose très fin et fluide à un prix dérisoire au marché et c'est typiquement le type de tissus qu'il faut pour coudre ce modèle (vous remarquerez la sobriété et l'élégance du tissu choisi par Burda, on en a fusillé pour moins que ça):

310_413

J'aime bien le mariage du côté décontracté du gland, à la fraîche du t-shirt, et du côté élégant, un peu comme le tombé d'un sari, du drapé de l'épaule. Limite je me sens comme Lakhmé, mais heureusement pour mes voisins je me souviens de mon enfance près de la grande Teutonie et je m'abstiens de bramer à moi toute seule le Duo des fleurs (si tu connais pas clique , c'est très beau).

DSCN0755

Il a l'air compliqué à faire mais en fait non, le drapé est simplement une extension de la pièce devant qu'on plisse selon les marquages du patron et qu'on fixe dans la couture d'épaule. C'est très intuitif et il n'y a rien d'insurmontable. En revanche, comme souvent chez Bubu, les explications de montage du biais d'encolure en V sont très sommaires. J'ai bidouillé, le résultat est joli, mais pas comme je le voulais, il n'est pas assez franc. Le prochain sera mieux, car oui, prochain il y aura (Maître Yoda sort de ce corps). Je me suis aperçu à la fin seulement que j'avais utilisé l'envers de mon jersey, mais comme le coloris est uni, ça n'a aucune forme d'importance, ça ne se voit pas.

Voilà la bête, qui me plaît beaucoup:

DSCN0753

 

Je pense que le 2ème projet devrait intéresser un certain nombre d'entre vous. Il s'agit du patron en open source de 1083. Pour ceux qui dirait "1080 quoi?", 1083 est une jeune entreprise française (avec l'accent de Malraux), qui a fait le pari de la relocalisation et qui commercialise des jeans, des vêtements et des chaussures_ vous pouvez aller jeter un coup d'oeil là.

index

Ils ont aussi laissé le patron de leurs deux pantalons phares gratuitement, à disposition. Il y a le 201 et le 101, coupe droite femme et homme et le 202 qui est un bootcut. J'ai tenté le 201 avec un jean fin et souple aimablement donné par Mimi Kaolin (qu'elle en soit bénie sur 13 génération), avec l'idée d'en faire une toile au départ et tant mieux si elle était portable. Avant de se lancer il faut savoir deux choses:

-des marges de coutures il faut ajouter (ouais, déjà sont super sympas de nous filer gratos un patron qui tient la route, alors on va pas râler non plus, bande d'ingrates)

-on doit se débrouiller toute seule comme une grande fi-fille, et c'est la meilleure façon, à mon sens, de progresser. Cela dit, ça reste un jean qui se monte de la façon la plus classique qui soit, à savoir: d'abord les poches devant, ensuite vous passez au dos avec les empiècements supérieurs, les poches plaquées dos, on couds les jambes jusqu'au début de la fourche, pose de la braguette, puis de la ceinture et des passants et pour finir broder la boutonnière, poser les bouton et faire les ourlets.

Si, de votre vie, vous n'avez cousu qu'un coussin et une jupe tube pour Barbie, la sagesse la plus élémentaire m'oblige à vous dire de ne pas vous lancer tout de suite, mais avec un tout petit peu de bouteille, de la patience et un bon livre de couture, il n'y a rien d'insurmontable.

DSCN0765

Pour la taille j'ai suivi les conseils du site et j'ai mesuré un jean qui m'allait bien. Sauf que je l'ai mesuré alors que je l'avais porté quelques jours, et on connait toutes le syndrôme de la fausse joie du jean porté depuis quelques jours. Il se détend, nous faisant croire que oui, il est possible de perdre du poids après avoir mangé un cassoulet et une double part de St Honoré. Du coup je me retrouve avec un jean qui est pas mal, mais qui est une demi taille trop grande, voire une quand je le porte plus d'une journée.

Rien de dramatique, voyez plutôt:

DSCN0767

Les photos des détails sont pourraves, vous m'excuserez, mais c'est compliqué de prendre en photo un truc aussi rouge. Bref, je suis malgré tout convaincue par mon essai et je pense réitérer avec un des tissus bio vendu par 1083 (c'est là), car on le sait, un beau jean c'est un peu le Graal de la coutureuse du dimanche.

DSCN0768

DSCN0775

Dernier projet dans le style Pin-Pon (bien qu'il date d'il y a deux bonnes années), il s'agit d'un pull d'un ancien magazine de BDF, le 138. Au début j'ai hésité, la capuche ça faisait un peu gros lutin de Nawel sur le retour.

56860068

Du coup je m'y suis mise en me disant que j'allais faire des MODIFICATIONS... Rien que d'y penser j'en ai eu des palpitations pendant trois jours. J'ai tricoté le pull cache-coeur avec de la Drops cotton, qui n'a pas bougé mais qui est un peu pénible à tricoter par moment puisqu'il lui arrive de se dédoubler pour aller voir ailleurs si elle y est. Malgré tout, elle donne un tricot très régulier, voyez cette splendide encolure.

DSCN0760

Pour les manches, c'est simplissime, ce sont des mailles lâchées. J'ai frôlé l'infarctus à chaque fois que j'ai laissé couler la maille, mais tout s'est merveilleusement bien passé.

DSCN0761

L'ensemble est fermé par un petit cordon tressé au dos et il va sans dire que j'aime beaucoup mon incendiaire pull-over (rime suffisante).

DSCN0757

Valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je vous montrerai que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes (non, je vais pas parler de ma vie de future quarantenaire).

 

 

 

 

Posté par nedjmaia à 19:19 - Commentaires [9] - Permalien [#]


20 septembre 2015

Sailor et Bla-Bla

Bon, ben nous y voilà, l'été et sa cohorte d'apéros et viandes grillées cacérigènes est terminé. Il a fallu retrouver le chemin de l'école (ou du travail, ou de la mine, ou des trois à la fois) et renouer avec cette petite frappe qu'est le réveil matin, instrument du diable qui vous couine dans les oreilles, "DEBOUT GROSSE FEIGNASSE!!! C'EST L'HEURE!!! SORS DANS LA FROIDURE, MWWAAAAARRFF". Oui, je sais, même sans le son, c'est violent.

                                                                                                        

réveil-difficile

C'est en général à 6h15 du matin, alors que Zhom pionce encore du sommeil du gros veinard qu'est pas frigorifié, que je me mets à repenser à cette saison bénie qu'est l'été et aux vacances mortes et enterrées.

Aaahh, la douce chaleur estivale, celle qui vous interdit de poser un seul de vos petons jolis nus sur la terrasse sous peine de porter des chaussettes de gaze fourrées de biafine pendant 15 jours. L'absence de soucis, exception faite de l'inquiétude de voir ses cuves de jardin se vider inexorablement alors qu'on vient de planter de l'artichaut-lotus japonais à fleurs phosphorescentes qui siffle en eau plus que l'oncle Robert ne picole de vinasse aux dîners de famille, puis la terreur de voir dix jours de pluie arriver, paske, vous comprenez, les tomates "Rose de Berne" bio (oui, bon, ça ça existe vraiment), que vous chouchoutez depuis des mois comme si c'était la chair de votre chair sont pas loin d'arriver à maturité. Et que vous en avez marre des salades de tomates à la flotte du supermarché.

PicMonkey Collage(1)

Ahhh, la douceur des beaux ailleurs. Les plongées dans le Lac de Bonde avec option vannes pourries, qui feraient honte à mes 6èmes, sur le dit endroit. La découverte du patrimoine local (parfois sous forme liquide, soyons francs). La deuxième session blagues frelatées quand ma copine Gastine propose d'aller visiter Cucuron (qui soit dit en passant est ravissant). Passons sous un silence ému les séances de ciné avec des films de chinois qui s'tapent de 3 heures, les barbeuq' à rallonge où on retrouve de vieux copains et les dangers de la Chartreuse surtout au bout du 2ème litre.

Bref, ma vie de banlieusarde m'a soudain paru très fade. Et viralement plus dangereuse. Bah oui, qui dit retour devant les nains dit contact avec des bactéries diverses et variées. Comme tous les ans, j'ai entendu la musique de psychose à chaque fois que je touchais une poignée de porte au boulot. Sauf que mes dégoulinants du groin à peine pubères semblent m'avoir eu quand même. A l'heure où je vous écris je me sens carrément partir et mon ravissant nez Cléopatresque s'est métamorphosé en muffle bovin suintant. Le nain c'est la mort du glamour...

light-virus-1

Mais bon, j'ai pas fait que boire des coups avec les copains dans des endroits totalement improbables; cet été, je me suis aussi lancée dans une opération périlleuse: la réfection de canapé.

Je vous sens déjà frémir d'effroi, mais attendez de voir le dit canapé, avant qu'il soit rénové. Je pose le décor: quand on a emménagé ensemble Z'hom et moi, j'avais un sofa de vpc moche et inconfortable. Les amis de mes Jolis Parents nous ont alors proposé le leur, un Steiner qui avait approximativement le même âge que moi, mais qui était en excellent état. Et le tissu qui le recouvrait était même pas moche. Ce truc s'est avéré être un piège, il est tellement confortable que s'en lever est une expérience limite, genre j'ai l'impression qu'on m'a fondu un postérieur en bronze. Bon, il a quand même fallu que je m'attelle à changer le tissu 5 ans plus tard. Je l'avais recouvert d'une toile taupe de chez l'enfer suédois et j'avais bidouillé un truc passable à l'époque. Sauf que ça a mal vieilli, j'avais fait du déhoussable, mais le tissu était très décoloré à certains endroits et sur d'autres, la toile s'était étirée et faisait des poches tout à fait vilaines. Z'hom a donc choisi le tissu ( c'est lui qui est décorateur gay new-yorkais à la maison) et j'ai fait petite main. Il m'a fallu une vingtaine d'heures pour arriver à ce résultat presque parfait (y'a un ou deux trucs derrière qui me chiffonnentquand même), voyez plutôt:

PicMonkey Collage

Le tissu a été commandé sur Tissu.net. Le service a été grandement amélioré chez eux et je n'ai que des louanges à faire, tant sur la livraison que sur le produit lui-même. Il m'a fallu une dizaine de mètres, tous tissus confondus. L'assise n'est pas déhoussable et j'ai utilisé des clous de tapissier pour fixer la toile sous le canapé. En revanche les coussins le sont, j'ai posé des pressions avec ma pince Kam à l'arrière et ça tient vraiment très bien, même sur la bouclette d'ameublement très épaisse que j'ai utilisée. Et hop, un gros plan sur la bête durant le "Work in progress".

DSCN0678

Après ça je me suis dit que j'allais arrêter de jouer à Valérie Damidot et que j'allais retourner aux vraies priorités parce que, évidemment, j'ai rien à me mettre. Ma coupine Soph, ma Saucisse intrinsèque d'amour (d'ailleurs, pour voir ses ravissantes créas, clique là jeune scarabée) m'a envoyé quelques coupons cet été et notamment, un merveilleux lainage fin, légèrement stretch avec un tombé fabuleux.

Comme ça faisait des plombes que je voulais un pantalon à pont, je me suis dit que c'était le moment. J'ai d'abord sorti le Burda d'août 2012, modèle 109. Sauf que j'avais égaré la feuille de patron où se trouvait le chouette pantalon que je convoitais. Et rien qu'à regarder le nombre de Bubu où il aurait pu potentiellement se cacher, je me suis senti défaillir. Du coup j'ai hésité entre le modèle Endeavour de chez Cake pattern ou le 125 du Burda d'avril 2012.

OLV-CP-Endea-D_Prod_Full

310_413

Je me suis décidée pour le 2ème après avoir vu la version d'Amandine, le côté taille haute a d'ailleurs eu du poids dans ma décision. La doublure et le zip viennent de mon stock et les boutons, qui m'ont couté une blinde, mais qui sont beaux et de très belle qualité, ont été achetés à la mercerie des Sept Îles à Montfermeil.

J'ai donc téléchargé le patron sur Burdastyle. Rien à dire, c'est rapide et tout est prévu pour faciliter le boulot. Sauf que j'ai eu la flemme de faire mon 35 habituel chez Burda; je me suis dit que le 34, avec un tissu stretch, ça allait le faire. Sauf que j'ai fait l'erreur de faire mon 1er essayage au moment du mois où mes cellules retiennent la flotte à la maison pour faire la java  et où je gonfle comme une outre. On aurait dit que je portais le pantalon de ma petite soeur. J'ai donc recommencé deux tailles au-dessus. Oui mais au moment de coudre mes boutonnières, ma Youki Zaraï a refusé net de les faire à la bonne taille. Après l'avoir traitée de tous les noms dans toutes les langues, j'ai enfin compris que c'était les fils de bâti qui la rendaient toute chose. A ce stade là j'étais au bord d'aller demander une boîte de Tranxen à mon docteur. C'est alors que j'ai décidé d'essayer à nouveau la version 34.

DSCN0729

Et là, miracle, ça tirait un tout petit chouille, mais c'était plus que portable. Les finitions intérieures ne me plaisent pas des masses, mais je peux vivre avec. T'façon je le referai un jour, dans la bonne taille et avec des finitions dignes de ce nom. En attendant voilà la chose:

DSCN0718Moyenne

DSCN0723

Le plombé est vraiment chouette. Le pantalon est relativement simple à faire, mais il demande quand même un peu de précision et de rigueur (bouuuuh, le vilain mot), notamment pour la poche passepoilée dos (tuto merveilleux chez Petit Citron).

DSCN0733

L'intérieur est fermé par un zip invisible et la ceinture par une pression. Soyons clairs, plusieurs couches de tissu sur le ventre, ça rajoute une bonne épaisseur et si on est pas à l'aise avec son bedon mignon il vaut mieux passer son chemin ou alors apprendre à ne plus respirer ce qui est très moyen dans les tâches de la vie quotidienne.

DSCN0730

DSCN0731

Ensuite, je me suis dit qu'il me fallait un manteau de rentrée, voici "Deuil de l'été", une créa pleine d'allégresse.

Le modèle vient également d'un Burda, mars 2012_décidemment un grand cru_ modèle 110.

310_413

Le tissu vient du marché des Bosquets, c'est un lainage fin, du Super 120, avec du cachemire dans le dedans qui vient d'un fabricant anglais, y'avait le nom de la maison, le grammage et la compo brodés sur les côtés, comme tous les tissus anglais de luxe. Quand je dis que les vendeurs ne savent pas ce qu'ils proposent ! Bref, y'avait un coupon de trois mètres sous une pile de polyesters moches et quand le Monsieur m'a dit "3 euros", je me suis empressée d'ôter la serrure à 3 points sur mon porte-monnaie et roule ma poule. Le manteau est en 34 et il m'a fallu 1m50 de laine pour le faire. La doublure est un satin polyester bleu Caraïbes de belle qualité de chez Bennytex.

DSCN0736

DSCN0734

Le modèle ne présente absolument aucune difficulté, il est dans l'air du temps, mais c'est aussi un bon classique qui mettra bien en valeur des tissus un peu bariolés (pas comme le mien en somme), bref, je le réutiliserai sans aucun doute. Mon seul regret est de ne pas l'avoir fait plus long.

DSCN0738

L'ourlet de la robe qui dépasse c'est moyen la classe, mais avec un pantalon ajusté il est parfait. J'ai également tenté le montage des manches sans les fils de fronce, en suivant les conseils de My Hand-made closet (tuto ici) et c'est une excellente méthode, mes manches sont impeccablement posées. Bref, j'ai déjà beaucoup porté mon manteau et si les températures restent clémentes, je vais sans doute le porter encore.

DSCN0740

Enfin, et après, promis je vous lâche, j'ai fait une commande chez Renaissance Dying, qui, comme son nom ne l'indique qu'à moitié est une entreprise française qui fait dans la laine d'agneau teinte avec les méthodes du XVIème siècle. J'ai pris le kit "Dans le parc"

index

, avec l'idée de me faire une écharpe multicolore. Les échevettes que j'ai reçues étaient très douces et les couleurs superbes. J'ai choisi un modèle dentelle simple qui vient d'un catalogue Filati (pas moyen de me rappeler les références du magazine). Le résultat est vraiment joli, mais un peu court, même après blocage. Du coup je m'en sers en tour de cou et c'est très bien comme ça.

DSCN0744

DSCN0745

Pour la Rihanna du 9-3 on verra ça l'été prochain, mais la prochaine fois, si vous êtes sages, on sera tous dans le rouge.

 

 

 

Posté par nedjmaia à 14:28 - Commentaires [13] - Permalien [#]

18 juillet 2015

Millepattes

Il fut un temps où j'avais deux pieds: le basique et celui pour les boutonnières, mais ça c'était avant que telle une Alice de la couture, j'entre dans le pays des Merveilles que y'a des trucs même pas tu soupçonnais qu'ils existassent. Ouais, j'aime bien le Subjonctif et je vous raconte pas comme mes benêts de 3èmes l'ont kiffé quand je leur ai fait le cours en fin d'année. J'ai cru à un moment qu'ils allaient le rapper et en les entendant scander "Il eut fallu que je fusse, il eut fallu que tu fusses, ect... " à l'unisson, je me suis sentie comme Julie Pietri au 3ème rappel de la foire aux vins de Gif-sur-Yvette.

Dollyjessy_Alice_AuPaysDes_Merveilles_Mariage3

Mais voilà, mes neuneus de 3ème ont (presque) tous eu leur Brevet et je me retrouve avec un vide intersidéral à combler. Je lis donc des trucs bien écrits (après m'être tapé des kilomètres de rédactions bourrées de fautes d'Orthographe toute l'année), je regarde pousser mes tomates avec ravissement tout en lorgnant du coin de l'oeil mes citernes de jardin se vider inexorablement (vous connaissez le syndrôme de l'agriculteur, jamais content du temps qu'il fait), je couds de la laine cashemire, mon précieux, par 37° celsius et comme le boulot me manque pas du tout, je vous fais une petite fiche révision sur les pieds de machine à coudre. Non je ne suis pas obsessionnelle, la preuve, j'ai renoncé à amener mon tableau numérique et ma MAC à la plage cet été, mais vraiment parce qu'on m'a obligé.

Y'a déjà plein de trucs 'achement bien faits là dessus sur le net, mais un peu à droite à gauche, ce post va juste permettre de s'y retrouver, de donner des liens utiles vers vidéos et tutos et parfois donner un avis sur l'utilité des trucs. Je laisse volontairement de côté le pied basique et celui pour les boutonnières automatiques, ceux-là tout le monde connaît et j'ai la flemme.

 

  • Le pied à broder transparent:

    pied-a-broder-transparent-7-mm

    si vous avez des motifs de broderie sur votre MAC et des monogrammes, il est fort probable que vous en ayez un. Il est également fort probable que vous ayez fait joujou avec 1/2 heure et que vous l'ayez oublié pour toujours ensuite. Pourtant il peut être très pratique, vu qu'il est transparent, pour border des appliqués, comme dans ce tuto de l'étoile de coton.
  • Le pied téflon:

    pied-teflon

    c'est un pied pour des matières techniques, celles qui vous collent aux cuisses par ces températures torrides alors que vous espériez vous prélasser sur votre canapé en cuir et qui font scrouich-scrouich à chacun de vos mouvements. Bref, ça entraîne les tissus comme le skaï, la toile cirée, le cuir.
  • Le pied point bourdon:

    pied-bourdon-singer-madam-tradition-initiale

    j'avoue que celui-ci je ne l'ai jamais utilisé et j'avais tort, parce que c'est comme le pied à broder transparent mais en mieux vu qu'il y a une petite encoche. Pour les appliqués c'est juste miraculeux, pour faire des festons tranquille-Mimile aussi et je vous invite à aller regarder ce tuto de l'Atelier d'Emma, d'une simplicité biblique, qui vous montre comment finir un bord avec un point de bourdon.
  • Le pied pose-bouton:

    index

    Bon, ce pied-là, je dois avouer que je m'en suis servie une seule fois (et c'est pas seulement parce que j'ai passé mon temps à m'amuser comme une petite folle avec ma nouvelle pince Kam). Bien utilisé, sur une floppée de petits boutons ça peut être pratique, mais, mais, mais, il faut, avant, trouver le bon réglage, pleurs et arrachage de veuch' en perspective et c'est valable sur un nombre limité de boutons. En gros ceux à trous et ne dépassant pas un calibre moyen. Vous pouvez cliquer là pour voir une démonstration de la chose (je déblatère mais quand je vais coudre des boutons au km sur des chemises cet hiver j'aurais sans doute un autre discours).
  • Le pied fermeture à glissière:

    pied-fermeture-a-glissiere

    la plupart des MAC sont livrées avec, mais si vous ne l'avez pas, autant vous dire qu'il faut investir de toute urgence. Grave. Non seulement comme son nom l'indique il aide à une pose propre des zips classiques, mais il permet aussi de faire des surpiqûres régulières pour peu qu'on prenne son temps et qu'on couse pas comme si on avait une armée de zombies en train de défoncer la porte de sa salle de couserie. Quand on pose une fermeture invisible il permet aussi de finir le bord inférieur sans qu'il y ait de trous. Je m'en sers presque systématiquement quand je couds.
  • Le pied pour fermeture invisible:

    pied_fermeture_invisble_catalogue_SA128

    Indispensable ou presque pour un résultat nickel. On peut s'en sortir avec le pied précédent, mais on va bien plus vite et c'est bien moins aléatoire qu'avec le pied pour zip. Un petit tuto pour celles qui n'ont pas encore dompté cette bêêête.
  • Le pied ourlet roulotté:

    images

    J'étais un peu réticente au départ, je maîtrise l'ourlet roulotté sans pied spécial_ genre la fille c'est trop un ponte de l'OR_ et ça me semblait un peu compliqué à utiliser. Mais sans le pied, c'est assez long et j'avais envie d'essayer. Sauf que j'ai pas RTFM (Read The Fucking Manuel) avant, du coup j'ai trouvé ça laborieux pour un résultat à peu près correct, en tout cas moins convaincant qu'avec ma méthode habituelle, surtout dans les courbes. Mais avec ce tuto de Christelle Beneytout (si tu passes par là Christelle, que les Dieux te bénissent jusqu'à la 7ème génération), ça va beaucoup mieux. Et si vous voulez une démo vidéo courte et efficace, allez voir là, chez Création-Partage.
  • Le pied point invisible

    Point invisible

    Autant vous dire que celui-ci j'étais sûre de ne jamais l'utiliser. Ma religion me l'interdit, l'ourlet invisible machine c'est le Mal absolu, faut pas, jamais, les points se voient TOUJOURS! Si vous l'utilisez vous serez foudroyé sur place et votre descendance errera dans les limbes avec des ourlets moches pour l'éternité. Mais, mais, mais, y'a une autre utilisation possible, pas orthodoxe, certes, mais pratique. En jouant avec la molette et la place de l'aiguille, ce pied permet d'avoir des surpiqûres bien régulières. Pas de tuto là-dessus, vous êtes grands et autonomes maintenant, je vais quand même pas me taper tout le boulot nanméo.
  • Le pied trois cordonnets:

    3 cordons

    Là j'ai pas d'avis sur la question, c'est typiquement le pied complètement dispensable, mais pour faire des effets de déco sympas, pourquoi pas. Si vous voulez voir le truc en action allez donc là.
  • Le pied surfilage:

    Surfil2

    Je ne m'en sers pas, paske je suis une sale nantie munie d'une surjeteuse. Mais pour les coutureuses en pleine ascension sociale qui passeraient par là, voilà une vidéo de chez Stecker qui vous aidera, à peu de frais, à avoir de jolies finitions.
  • Le pied patchwork:

    patchwork

    N'étant pas encore prête psychologiquement à faire du quilt, je ne m'en suis servie qu'une fois; je l'ai détourné de son usage pour surpiquer de façon régulière et parfois pour fixer des plis nervurés. Voici une autre vidéo de chez Stecker.
  • Le pied à rouleau:

    rouleau

    Voici le Kwiskas des pieds de MAC, l'ami des tissus difficiles. Sans lui j'aurais mis 4 ans et demi à coudre ma veste en peau lainée de cet hiver. A la limite il vaut mieux investir dans ce pied-là que dans le pied téflon. Pourquoi? Parce qu'il est plus polyvalent. On peut l'utiliser pour toutes les matières compliquées, celles qui traînassent sur la griffe d'entraînement comme un troupeau d'adolescents avant un cours de Grammaire; donc la peau lainée, le cuir et simili, le velours, l'éponge, le jean. Ce n'est pas miraculeux, mais ça aide énormément.
  • Le pied application:

    appliqué

    Je ne l'ai jamais utilisé, mais je ne désespère pas que ça arrive un jour. Il a un gros trou devant pour une bonne visibilité.
  • Le pied fronceur:

    fronce

    Je vais vous dire la vérité, celui-là me fait peur. Je veux bien que ce soit pratique une fois qu'on maîtrise, mais faut faire des maths!!! Je ne dis pas que je ne l'utiliserai pas, mais il va me falloir un certain temps avant que l'idée ait fait son chemin. Oui, je sais, on a les tabous qu'on peut. Voilà une vidéo assez complète pour utiliser le truc.

Enfin voilà les deux derniers pieds de ma collec' offerts par mes Jolis parents pour fêter ma marche inexorable vers l'incontinence et la presbytie:

-Le pied fermeture à glissière réglable:

ShowImage

au début je voulais un pied passepoil universel, mais je n'en ai pas trouvé pour ma machine. Du coup j'ai opté pour celui-ci, qui ressemble à celui dont je vous ai parlé plus haut, sauf qu'il est plus fin. Dire que je suis ravie de mon achat est un bien faible mot. Je l'utilise très souvent, il permet de piquer très près des bords et de faire, assez facilement son propre passepoil; je l'ai acheté et si vous avez la patience de lire la suite, vous aurez un exemple de ce qu'on peut faire avec.

-Le pied pose biais universel:

outillage-fdp-offerts-pied-pose-biais-unive-816491-img-0391-f7478_570x0

Je ne vais pas raconter d'histoires, les débuts ont été un peu difficiles. Il fonctionne très bien, mais mon encéphale très lent a mis du temps à comprendre comment le régler pour un résultat optimum. Après c'est que du bonheur, j'ai ourlé toutes les coutures intérieures d'un pantalon au biais en un temps record. Cela dit, j'ai jamais essayé dans les courbes, mais si vous voulez un tuto simple et efficace, allez voir cette vidéo d'Ecolaines.

Valà, j'ai prévu encore quelques achats dans les années à venir, notamment le pied coutures rabattues, mais ça attendra encore quelques mois.

Je vous avais donc promis un exemple de pose passepoil. Il se trouve que ma Mounette d'amour, qu'est la plus chouette des Mounettes m'a offert le patron qu'on présente plus, le Datura. Elle est maline ma Mounette vu que la fête des Mounettes c'est dans la même semaine que mon Niversaire, ça lui a permis de demander l'air de rien une petite Datura pour elle (ainsi que ma BSA qui m'a fait des yeux de faon malade, c'est dire si j'en ai cousu à la chaîne).

datura_229

J'avais des chutes de tissus que je gardais au cas où, trop petites pour être utilisés seules mais assez grandes pour pouvoir les recycler en trucs sympas. J'ai donc taillé ma V1 dans le dedans et je suis fière de vous annoncer la naissance de ma Datura noueuse version bleu électrique saigne -de- l'oeil et moutarde vintage provençal. Ouais, ça fait bizarre comme ça, mais c'est magnifaïque, même que quand je l'ai portée au boulot j'ai cru qu'une de mes collègues allait m'assommer dans un coin sombre du parking pour me la faucher. 

Voyez plutôt:

DSCN0644

J'ai suivi en partie les instructions du patrons, non pas parce qu'elles sont vaseuses, les directives d'Eléonore sont un modèle de limpidité, mais juste parce que je suis une grosse déglingo. Donc du coup j'ai assemblé entièrement le haut puis entièrement le bas avant de coudre les deux parties en rond. Mais bon, je dois admettre que la méthode du patron est moins risquée.

DSCN0646

J'ai récupéré quelques boutons boules orphelins qui se sont avérés parfaits avec le tissu choisi. Quant au col j'ai décidé de faire compliqué en posant un passepoil maison à partir des chutes du tissu bleu. Gérer les courbes n'a pas été simple, mais je m'en suis bien sortie, même pas peur, même pas mal.

PicMonkey Collage

J'ai également cousu un modèle de chez Patrones, une veste H&M du numéro 264, dans le reste d'un satin très épais, marron avec des reflets cuivrés.

100122140703_big

C'était la fausse bonne idée par excellence. Tissu sympa et de bonne qualité, joli patron. La couture se passe sans trop de problèmes, sauf pour les poches où, après une erreur de manipulation, je me suis retrouvée avec une boutonnière machine moche et une autre passepoilée avec l'oreille un peu basse.

PicMonkey Collage(2)

Si encore y'avait eu que ça... En l'essayant je me suis rendue compte que la carrure était assez étroite, et Dieu sait qu'il y a un abîme entre une nageuse de l'Ex RDA et moi (l'une coule, l'autre non).

DSCN0654

Si encore y'avait eu que ça... En me voyant avec la 1ère fois j'ai eu une irrésistible envie de fredonner "Ra-ra-raspoutine" de Boney Nem. D'ailleurs Josiane, le prof de techno à moustache siffle systématiquement du Abba quand il me croise dans ce brillant appareil.

DSCN0658

Bref, je suis pas sûre de la porter des masses cette veste.

DSCN0659

Enfin, toujours dans l'optique sobriété heureuse appliquée à la couture, j'ai fini un reste de DMC natura en tricotant ce ravissant petit boléro, le Sagebrush d'Hanna Bretz que vous pouvez trouver gratuitement ici. Le point dentelle est très facile à retenir, d'ailleurs j'en ai un autre en laine violette sur mes aiguilles en ce moment, et le rendu est très sympa. En revanche pour rabattre les mailles je vous conseille de faire le Jenny super stretch bind off, au risque de ne jamais pouvoir mettre votre boléro.

PicMonkey Collage(1)

Enfin, je voulais vous présenter le très beau travail de ma couse' qui se lance dans la couture d'accessoires pour bébé. Elle officie sur Little Market sous le nom de Bobines d'amour, elle fait des choses ravissantes qui feront la joie de vos nains et de ceux que vous aimez (et en plus vous n'y laisserez pas l'intégralité de votre PEL). Clique donc jeune spartiate, c'est là qu'il faut aller.

11107731_1592069114383954_7236353495819038149_n

La prochaine fois, si vous êtes sages, je serai la nouvelle Rihanna du neuf-cube.

Posté par nedjmaia à 23:31 - Commentaires [19] - Permalien [#]

01 juin 2015

Si tu t'imagines fillette...

J'avais prévu de vous écrire un petit article léger et enlevé mais la semaine dernière a été plombée comme un exposé de 3ème sur Desnos, c'est dire si c'était moyen jouasse.

images

D'abord y'a eu des coups de frayeur dans la famille. Rien de grave, tout est rentré dans l'ordre, mais sur le coup on l'a pas ramené, profil bas-et-fais-moi-le-plaisir-de-pas-lever-les-yeux-de-tes-mocassins-vernis.

Et pis y'a eu le boulet félin, qui d'abord m'a ramené un souris. Je suis phobique des rongeurs. Morte. Je suis également phobique des animaux morts. Double combo dans ta face, game over la bestiole. J'ai hurlé comme un cochon qu'on égorge, j'étais seule face au dangereux cadavre. J'ai d'ailleurs été très vexée de voir qu'aucun voisin n'a pris la peine de venir vérifier si j'étais pas en train de me faire charcuter par l'écarteleur de Livry-Gargan. Bref, je suis allée m'enfermer dans la chambre et le chat s'en est allé penaud non sans me lancer un regard qui disait: "T'y connais rien Jon Snow".

index

Le même jour le relou miaulant rentre d'une bagarre super violente où il a vraisemblablement pris une raclée monumentale. Faut dire qu'à presque 13 ans Môssieur se prend pour le "Rambo des hôtes de ces bois" comme dirait ce brave Jean-Jean s'il avait pu occuper son temps, après avoir écrit ses fables, à regarder l'intégralité des films de Stallone. Bref, Môssieur le sauvageon était assez mal en point. Je rassure mes lecteurs, il va très bien maintenant, la preuve, il a recommencé à pourrir les grasses mat' de Zhom.

Enfin votre servitrice a pris une année de plus dans la face et ça c'est plus douloureux d'année en année. Il y a quelques temps je me suis demandé si je ne souffrais pas de problèmes de vue. Je me vois pimpante trentenaire (ouais, bon, plus sur la toute fin de trentaine), le cuissot encore alerte, le nichon arrogant et une peau de jeune fille (comprenez qui n'a toujours pas compris que l'adolescence c'est fini depuis, pfffiooou, tout ça). Un matin comme tant d'autres, l'un de mes élèves, L., un 5ème dont le bavardage se rapport à son plumage, c'est à dire pas bien brillant, me regarde d'un air pénétrant et me demande si la télé ça existait "à votre époque Madame?". Une nostalgie profonde des exécutions publiques m'a soudainement envahie et j'ai répondu que non, qu'à "mon époque", pour avoir de l'électricité il fallait faire courir un hamster dans une dynamo. Bon, il a pas compris ce qu'est une dynamo parce qu'il a fait des yeux ronds et un filet de bave a coulé du coin gauche de ses babines de nain.

index

C'est alors que tout s'est éclairé: mon aversion pour le R&B dégoulinant braillé par toutes les chaînes de musique actuelle, mon refus de porter du rouge à lèvre Fuschia pouf, mon oeil dubitatif devant le retour du jogging peau de pèche aux couleurs improbables des années 90 (allez, avouer, vous en aviez un aussi il y a 20 ans) et ma méconnaissance crasse de la biographie de Miley Cirrus (en plus de deux ou trois ridules au coin de l'oeil gauche). Je vieillis. Dans ma tête le compteur est bloqué à 21 ans, mais pour les gnomes je suis au mieux une daronne, mon dieu que ce mot est laid, au pire une vioque avec option momification en cours.

Du coup, pour me consoler je me suis fait offrir des tas de choses pour m'adonner à mon obsession ma passion et j'ai cousu.

Tout d'abord cette robe faussement vioque, prononcez "Vintage" avec un air snobinard, d'Hôtesse de l'air de la Panam version 1965. Vous remarquerez le lavande délicieusement désuet du tissu; ça a un peu défrisé au boulot mais moi j'aime bien.

index

Le modèle vient du Tendances Couture n°3, modèle 10. Vous pouvez d'ailleurs aller regarder là, y'a marqué que c'est un modèle à la Audrey Hepburn (et mes poufinettes de 4èmes de hurler: "Audrey qui? Ah ben non, moi je préfère la mini jupe en dentelle transparente orange fluo de Kim Kardachiante). A priori le modèle n'est pas bien difficile, c'est une robe droite avec fermeture invisible dans le dos. Deux détails lui donnent de l'intérêt: le plissé sur la taille et les manches qui sont assez travaillées. Evidemment si vous complexez sur votre bidon mignon ou vos ravissantes népaules de nageuse d'ex RDA, il va falloir assumer parce que ça rajoute de l'ampleur sur le ventre et la carrure. Mais la forme est suffisamment fuselée pour garder une silhouette équilibrée, voyez plutôt:

DSCN0618

 

L'ourlet ne semble pas droit sur la photo, mais en réalité il l'est, c'est juste une galère sans nom de jouer à Kate Moss toute seule.

J'ai suivi le tableau des tailles et j'ai cousu un 36, ce qui s'est révélé être un bon choix, sauf pour la taille puisque j'ai du rajouter des pinces fuseau au dos que le patron ne prévoyait pas. Là elles ne se voient pas des masses et la robe tournicote comme je vous l'ai dit mais ça vous donne une idée.

En revanche, elle me moule franchement le fondement et ça je ne m'en suis aperçue qu'après avoir vu les photos prises de dos. J'ai coupé la photo à l'endroit litigieux, mais on est à la limite de la décence, en effet on voit deux boules poindre, genre "Coucou, on est là!!!! Mais si, on est làààà, vous dis-je". Bref, j'ai compris pourquoi Zh'om adore et je suis moyen sûre de la porter souvent.

DSCN0622

Les explications sont assez limpides et en les suivant aveuglement on réussit très bien cette mignonne robette pour callipyge. Je vous montre quelques détails comme la construction de la manche, la fermeture invisible ou la parementure intérieure. Je n'ai pas doublé la bête parce que le tissu, un lainage fin avec un peu d'élasthane était suffisamment chaud comme ça et suer du derche dans une robe aussi "valorisante" pour cette partie de l'anatomie aurait été du plus mauvais goût.

PicMonkey Collage

Puisqu'on est dans la thématique old school, j'ai sorti un reste de coupon psychédélique violet pour me faire un t-shirt vite fait bien fait. J'ai dégainé le patron Simplicity 4076 dans lequel j'avais investi lors de mes débuts couturesques et que j'ai pas mal amorti depuis.

index

J'ai fait la version mancherons: 2 pièces, pas de trucs techniques tordus, un vrai bonheur, surtout quand on est trop fatiguée pour coudre quelque chose de compliqué après son retour du club de bridge. Le résultat est très sympa, tombe bien et je le porte très souvent.

DSCN0629

 

Ici un petit détail du noeud qui fait tout le charme de ce petit haut.

DSCN0631

 

Enfin j'ai fait tomber de mes aiguilles ce petit gilet fait à partir d'un patron gratuit Adriafil, le Loretta. A l'origine le modèle comportait des noppes formant des grappes de raisins, mais la kitscherie a des limites, j'ai déjà porté des pulls avec des camions brodés sur le dessus quand j'avais 13 ans, c'est bon. Du coup j'ai simplifié la chose et j'ai juste tricoté en côtes et jersey. Le résultat est assez joli, mais j'aurais pu prendre une taille d'aiguille inférieure, le seyant (nan je dis pas fitting on a des mots équivalents dans notre jolie langue bordel_ Mode vieille réac off) est perfectible. De plus j'ai cousu mes boutons de travers: ça a été arrangé depuis, mais comme mon shooting a été inopinément interrompu par la découverte du crime odieux dont je vous ai parlé plus haut...

DSCN0633

La laine c'est, encore et toujours, de la DMC Natura, coloris prune, qui s'est révélée un peu molle pour ce modèle. M'enfin je l'aime bien quand même mon gilet et avec une petite jupe patineuse ça file un style 1ère communiante tout à fait rassérénant.

La prochaine fois, si vous êtes sages, vous prendrez votre pied.

Posté par nedjmaia à 19:29 - Commentaires [19] - Permalien [#]

30 avril 2015

Prune et tricot

Je profite, après un retour aux sources de quelques jours, à base de mirabelle, barbeuq et bave de nain qui va pas encore à l'école (mon neveu avait décidé de pourrir l'intégralité de ma garde-robe sous le prétexte fallacieux qu'il fait ses dents, nan mais allo quoi, tu baves et t'as pas de dents), pour répondre à l'invitation de la charmante Micoton au Knit Tag. Comme ça, ça vous changera un peu des chroniques de l'intérieur du Mammouth et puis avec mon neurone sous anesthésie à chaque période de vacances ça colle parfaitement à mes ambitions du jour, c'est à dire en faire le moins possible.

Si ma vie de tricoteuse ne vous intéresse que mollement, je vous suggère de prendre votre mal en patience parce qu'il y a aussi de la couture, des projets à foison, du rire, de l'aventure et des larmes. Z'avez vu comme je vends bien le truc? Si prof ça marche pas je pourrais toujours me reconvertir en vendeuse de caisson de basse ou en détaillante de gel pour Kèv' à crête.

                                              

url

 

1. Combien de temps passes-tu chaque jour à tricoter ?

Quand j'ai fini de former l'élite future de la pensée française qui sait pas accorder un participe passé, que j'ai activement contribué à la sauvegarde de la biodiversité francilienne en arrosant mes petits pois dans le potager et que j'ai fini de cuisiner des trucs trop la classe qui iront droit dans le bide de Zhom, je pose mon auguste popotin dans mon fauteuil de bureau et ça peut me prendre 15 minutes comme 2 ou 3 heures ; ça dépend si le point est relou, si je suis de bonne humeur et si le vent souffle d'est en ouest plutôt que l'inverse. Bref, tu l'auras compris cher Lecteur, c'est variable.

 

2. Quelle est ta laine préférée ? Pourquoi ?

J'ai longtemps tenu secrète ma passion dévorante pour le mohair. C'était socialement peu acceptable, j'avais peur qu'on chuchote dans mon dos "T'as vu? C'est une mohairophile!", que la vindicte populaire s'abatte sur moi ou que ma carrière dans le corps professoral soit stoppée net dans son élan à cause de ces penchants inavouables (bien que l'on puisse se demander si carrière et éducation nationale peuvent réellement s'accorder). Le tricot m'a aidée à faire mon coming out mohairesque et j'assume, je porte aujourd'hui au grand jour des pulls qu'on dirait que j'ai tué un Muppet pour le faire. Je tiens juste à préciser que si j'aime le mohair, je ne suis pas fétichiste mohairophile. D'ailleurs, ami Lecteur, si tu veux t'en payer une bonne tranche, tape dans le moteur de recherche de ton choix "le mohair est le nouveau latex"_ perso, j'ai repeint mon écran d'ordinateur à l'Earl Grey...

 

3. Avec quelles aiguilles tricotes-tu le plus souvent ?

Étant une femme super fainéante totalement moderne, j'utilise la plupart du temps les aiguilles circulaires ce qui donne un résultat super propre sur les côtés et permet de glander davantage sur Ravelry. Mais quand ce sont des écharpes ou des points de dentelle complexes, je ressors les aiguilles droites.

 

4. Actuellement, combien ton stock de laine compte-t-il de pelotes ?

Je ne répondrai qu'en présence de mon avocat.

 

5. Quelle est ta marque de laine préférée ?

Autant demander de choisir entre Papa et Maman. Cela dit je n'ai pas encore testé les marques qui m'intéressent vraiment. J'ai commencé avec Phildar comme tout le monde, mais j'avoue, après avoir passé un temps fou à me vautrer dans le stock de Mimi Kaolin, que les laines anglaises sont merveilleuses. Elles crient "Maman" quand vous vous approchez et elles ont tendance à annihiler toute forme de jugement chez les tricoteuses normalement constituées.

 

6. Plutôt aiguilles circulaires ou quatre aiguilles ?

Circulaires pour les grosses pièces et 4 aiguilles pour les accessoires, mais avec la trouille permanente qu'il y en ait une qui glisse.

 

7. As-tu déjà créé tes propres patrons ? Si oui, lesquels ?

Le simple fait de modifier un tant soit peu des indications d'un modèle me file des palpitations, alors un patron... Psychorigide un jour...

 

8. Quelle méthode liée aux arts de la laine aimerais-tu apprendre ? (crochet, filage, tissage…?)

Je suis une grosse croûtasse en crochet, je ne sais jamais où piquer et comment. Et pis j'ai l'impression que ça avance pas, du coup j'ai laissé tomber, à mon grand regret, ces instruments de torture. Sinon je veux faire du jaquard, me tricoter des pulls à empiècements norvégiens qui désespèreront Zh'om. Je veux concurrencer les pulls à têtes de rennes de mes pires noëls des années 80 et faire saigner de l'oeil mes gnomes, car il est hors de question que je sois la seule à avoir eu une enfance difficile.

 

9. Quel est le pire selon toi : un fil qui se dédouble ou se rendre compte que tu as fait une erreur dans ton tricot 20 rangs plus bas ?

Le pire c'est quand ton fil se dédouble, que tu t'aperçois que tu as fait une erreur 10 cm en dessous et qu'évidemment c'est un point dentelle qui requiert une concentration de démineur face à une bombe qui risque de faire sauter le Pentagone. C'est aussi en général le moment où tu vois que ton boulet félin s'est amusé avec le fil pendant les 30 secondes où tu as quitté la pièce parce que le fil est imprégné de bave de chat FROIDE.

 

10. Avec quel(s) fil(s) tricotes-tu en ce moment ?

Gniiiii, du mohair, gnééééé. Extase sur ta face et peluche de poils de chèvre sur tes doigts.

 

11. Quelle marque de laine aimerais-tu tester ?

J'essaie de limiter mon impact écologique à un petit niveau, alors j'achète pas mal en 2nde main chez Emmaus ou aux puces des couturières, mais j'aimerais bien aussi tester des laines locales, parce que les filatures françaises ont un vrai savoir-faire. Alors après avoir testé celles de Valgaudemar, je voudrais aussi essayer Ardelaine ou Kaneh Bosem.

 

12.Que penses-tu du tricot ?

Le tricot c'est dangereux, faut jamais commencer, c'est comme la cocaïne mais en plus addictif. Genre là j'ai tenté un sevrage de 4 jours, juste pour voir, et regarder un film sans avoir d'aiguilles et de pelotes a été un enfer, mains qui tremblent, bave aux lèvres (j'ai failli aller pourrir la grenouillère et les bavettes de mon neveu pour me venger d'ailleurs), sentiment de dépression. Me suis soignée en allant chez un dealer (BDF à Thionville), parce qu'une journée de plus et j'aurais fait des convulsions.

Valà, valà, je taggue pas à mon tour, vu que j'ai la flemme de choisir et de vérifier kiki l'a déjà fait.

Je parlais de laines de seconde main un peu plus haut. Voilà ce qui s'est retrouvé dans mon stock à l'issue des puces des couturières de Saint Maur:

Bon, d'accord, j'avais pas besoin de ces magazines vu que je n'aurais pas assez d'une vie pour coudre ce que j'ai déjà, mais y'avait un gilet trop chouette dans l'un et un manteau d'hivver qui tabasse dans l'autre.

                                                                                  

DSCN0610

 

Bon d'accord, j'avais pas non plus besoin de toutes ces pelotes, mais c'était de la laine vintage en 75% laine dans une si chouette couleur à 2 euros les 100 gr. Moi si on parle à mon coeur de grosse pince Monseigneur, j'ai du mal à résister. Et pis bon, de quoi faire un chouette pull écru avec de l'angora dans le dedans pour aller avec la jupe longue Max Mara qu'on m'a donné et qui va avec rien, là je pouvais pas passer à côté (non?).

 

PicMonkey Collage

DSCN0613

 

Quant à la tonne de boutons que j'ai ramenée, c'est toujours utile, me regardez pas comme ça, avec cet air réprobateur on dirait Z'hom, nanméo.

Sinon, au retour de ma Lorraine natale, je vous avais promis un petit coup de prune (paske la mirabelle, à part celle de contrebande, elle est pas terrible et non je vous donnerai pas mes adresses).

Puisqu'on en est à parler point dentelle, surjet torse et autres réjouissances, j'ai commis un nouveau pull de printemps le mois dernier. Tout est parti d'un modèle de VK de l'année dernière.

00017

 

J'ai acheté 4 pelotes de DMC Natura qui collait à peu près à l'échantillon et roule ma poule. J'ai décidé de le tricoter aux circulaires pour éviter les coutures moches sur les parties dentelle, mais je crains que les augmentations que j'ai faites donnent un côté trop brouillon à la chose.

 

DSCN0587

 

J'ai aussi décidé de faire un bas resserré et de ne pas tricoter les manches, mais si c'était à refaire je suivrais exactement ce que préconisait le magazine (je vous l'avais bien dit, sortie des sentiers battus y'a plus personne). Faites pas gaffe à la pose, cocotte qui bat de l'aile, j'ai pas eu le courage de recommencer. Résultat, j'aime moyennement le tombé au dos, ça ne rend pas comme dans mon idée de départ, celle où je traverse la salle des profs sous les holas de mes collègues soufflés par le plombé de mon vêtement.

 

DSCN0591

 

Quant à l'encolure, j'ai relevé les mailles, mais le devant ne me satisfait pas non plus. Voyez plutôt.

DSCN0589

 

In fine le pull est portable; l'homme, dans un élan d'enthousiasme délirant, a même décrété qu'il était pas mal, mais il n'est pas comme je voulais.

 

DSCN0586

 

Heureusement, la 2ème pièce que je voulais vous montrer, elle, me satisfait à mort (j'ai juste envie de faire le tour du quartier les bras en l'air en hurlant "GOAAAALLLLL" et en escaladant le muret du voisin avec mon tee-shirt sur la tête, mais ça aussi c'est pas socialement acceptable).

Bref, voici un t-shirt issu du Burda d'août 2014. Il est très facile à faire et mis à part pour le col, où on doit quand même éviter d'y aller comme une bouchère, le reste est assemblé à la surjeteuse. Je l'ai juste raccourci, car il est long, mais avec le recul j'aurais du moins me lâcher sur les ciseaux, parce qu'il aurait été parfait avec 5cm de plus. A part ça un coup d'aiguille double pour les ourlets et en deux heures c'était plié. Autant vous dire que j'envisage d'en faire encore quelques autres, voire d'essayer la version robe.

DSCN0581

 

Enfin, voici un pantalon à pinces issu du Bubu couture facile Cécile du printemps 2010. Il était proposé sur le site allemand en téléchargement gratuit. Bon, la donzelle semble nager dans futal, on a envie de lui filer un jambon beurre et de lui dire d'arrêter de porter des vêtements trois fois trop grand pour elle, le dessin technique montre que la coupe est classique mais que le bas resserré évite le côté "j'ai gardé tous mes pantalons des années 80". Cela dit, maintenant que je vois mes propres photos, je me dis que le modèle donne un peu cette impression de mannequin anorexique, et pourtant y'a quand même un peu de viande chez moi.D'ailleurs c'est pour ça que j'ai supprimé les rabats de poches parce qu'étant déjà fort bien pourvue du capiton, je me voyais mal me balader avec un pantalon de reine de la danse du ventilateur. Et du coup l'empiècement dos est bien mis en valeur: enfin moi j'aime bien.

 

DSCN0601

 

J'ai utilisé un lin bordeaux acheté il y a fort longtemps chez Stop Tissus. Il s'est avéré, même après lavage, un peu raide, mais avec peu de tenue. In fine ce n'est pas bien gênant, mais la pièce rendrait bien mieux avec un tissu à l'armure plus serrée.

DSCN0596

 

J'ai du reprendre la ceinture comme d'habitude, mais sinon tout a roulé sans problème. Pour celles qui voudraient le meilleur tuto du net pour la pose de braguette, allez voir là, vous m'en direz des nouvelles.

DSCN0599

 

Je le porte avec le bas roulotté pour faire "trop stylé", comme le disent mes boutonneux et une paire de talons hauts, parce que mine de rien, avec l'ampleur des pinces sur les hanches, si je suis à plat ça fait pot à tabac.

DSCN0598

 

Valà, la prochaine fois, si vous êtes sage, vous attraperez un coup de soleil (on a la culture musicale qu'on peut).

 

Posté par nedjmaia à 18:45 - Commentaires [12] - Permalien [#]

04 mars 2015

Gotainer

Le prof est un être de rituel. Il suffit de le voir entrer en salle des enseignants l'oeil vitreux, commencer par insulter la machine à café (qui ne fonctionne jamais, la garce) puis s'engouffrer dans la salle des copies où il injure copieusement la photocopieuse (qui ne fonctionne jamais la diablesse) pour finir désespéré, envisageant la mort par absorption massive d'After Eights, une certaine idée de l'agonie, avant d'invectiver les deux ordinateurs de la salle de travail, dont l'un refuse de démarrer et l'autre a décidé qu'il n'y aurait pas d'Internet aujourd'hui.

                                                                                        Résultat de recherche d'images pour

Il lui faudra ensuite récupérer les 3èmes, les laisser poireauter 10 minutes debout pour qu'ils finissent de se raconter le match PSG- Association de la Pétanque dinanaise, avant que le silence se fasse et que ses grands dadais puissent enfin se mettre au boulot. Heureusement le rituel de la récréation viendra agréablement entrecouper le flot ininterrompu d'entorses et massacres en tout genre de la langue française, que même la convention de Genève elle y pourrait que dalle, marquant par là même un autre rituel, celui lié à la surdité  qui touche momentanément l'ensemble de la salle des profs quand retentit la 2ème sonnerie marquant la fin de la pause: alors même que Chef Suprême nous répète depuis 3 ans qu'on doit être avec les nains en train de communier autour de l'article défini contracté à ce moment-là... Comme quoi rien ne sert de se plaindre des gnomes, au fond, on a les élèves qu'on mérite (ou presque).

Il ne faut donc pas s'étonner que le prof soit un être qui a une forte tendance à la psycho-rigidité mais sans combinaison en latex, sinon on aurait des problèmes avec le Rectorat. Hélas, votre servitrice a les défauts de sa profession et cela se traduit par une floppée de tics, certains passagers d'autres constants, aussi gestuels que verbaux. Selon des sources bien informées (ouais, bon, Z'hom) paraît que je suis la spécialiste d'un "ouuuuuii" traînant, voire avec une pointe de gracieux accent lorrain alors que d'habitude dans les soirées de l'ambassadeur je fais illusion. De même je me sens obligée de vérifier systématiquement si j'ai mes clefs et mon portefeuille à chaque fois que je sors d'une pièce, et cela même si je n'ai pas ouvert mon sac, des fois qu'un lutin du foyer aurait décidé de commencer une carrière de pick-pocket. Evidemment j'ai contaminé Zh'om avec mes sales habitudes et c'est comme ça que nous en sommes arrivés à donner un nom de baptême à toutes les plantes ou les objets ayant une importance particulière dans le Home sweet Home.

                                                                                               Résultat de recherche d'images pour

Nous avons ainsi Django (le cactus), Totor (l'ordinateur), Brad (l'oranger) et depuis 6 semaines, Youki Zaraï.

C'est l'homme qui a trouvé le surnom, non pas en référence à la Chanson de Gotainer, le Youki (si vous ne connaissez pas ce monument de poésie française, allez l'écouter là), ni à la dame qui préconisait chez Drucker, dans les années 80, de faire des bains de siège pour rester jeune, soigner les panaris et avoir le cuissot lifté. En fait Z'hom a fait un curieux amalgame en entendant le nom de la nouvelle arrivante, ma Juki HZL-G210. Elle est là:

                                                                                       Résultat de recherche d'images pour

Changer ma gentille Toyota bien vaillante et jamais en panne pour une machine de guerre me trottait dans la tête depuis un certain temps. Non pas que Titine m'ait déçu, mais étant donné mes projets en matière couturistique, son gentil petit moteur ne me suffisait plus. Je me suis donc d'abord rencardée sur les marques: pas Singer, trop mauvaise réputation, pas Pfaff ni Husqvarna (ma cop's modéliste m'avait dit que cela faisait maintenant partie du groupe Singer et donc moins fiables qu'avant), je ne souhaitais pas investir dans Brother non plus (trop proche de ce que j'avais), ni Bernina (trop coûteux). Au départ j'ai donc louché sur la Janome DC4100 du site Sewing Machine Direct. Le cahier des charges était simple, moteur plus puissant, entraînement plus costaud, plusieurs types de boutonnières et bien lourde (oui parce que contrairement aux blogueuses, plus elles sont lourdasses, mieux c'est). C'est là que j'ai eu écho de la marque japonaise Juki. Il paraît que c'est une entreprise liée à Bernina et que 60% des fringues du commerce sont cousues avec cette marque. J'ai lu plusieurs articles disant que les modèles domestiques avaient bonne réputation.

Je me suis donc mise à fureter sur le net tel un truffier dans une forêt auvergnate et j'ai fait mon choix. J'ai ensuite comparé les prix et les services, car oui, acheter une machine qu'on va sans doute garder plus d'une dizaine d'années, c'est un taf, il me fallait le modèle choisi avec un prix correct et un service après-vente fiable. C'est là que je suis tombée sur ce site; non seulement ce sont eux qui proposaient le prix le plus bas, ce qui réjouissait mon coeur de pince, mais en plus le SAV était assuré par un artisan réparateur de machine dont l'échoppe se trouve à 4 km de chez moi. Cerise sur le mojito, on m'envoie en cadeau un coffret de 15 pieds adaptables, une table d'extension et des bobines de fil en veux-tu-en-voilà. Et là mon coeur de pince exulte, entend du Trénet, bref, la totale. Voyez plutôt:

PicMonkey Collage5

Au bout de quelques semaines de pratique avec mon arme de précision japonaise, je peux faire un premier bilan sur les points positifs et négatifs de la machine:

-Les +_ Elle est rapide, précise, peu bruyante, l'entraînement est efficace, la fonction arrêt avec aiguille dans le tissu et le coupe-fil automatique ont changé ma vie, les boutonnières sont vraiment très belles.

-Les moins_ La canette se met par le dessus, en soulevant une trappe en plastique qui me semble un peu fragile, à voir à l'usage. Sans l'offre cadeau de 15 pieds, la machine n'est livrée qu'avec 3 pieds, le standard, celui pour les motifs brodés et celui pour les boutonnières. C'est peu, surtout quand on voit le prix d'un pied à l'unité.

Ces détails mis à part, je suis ravie de mon pesant achat (un beau bébé de 9.5 kilos) et elle coud tout sans broncher; J'ai déjà pu tester sur du jean, du jersey de viscose, de la maille Milano et c'est tellement facile que c'est presque pas drôle. J'ai eu un peu, au départ, la sensation que je n'étais pour rien dans la réussite de mes projets, que la machine faisait tout et que c'était moins prise de tête mais moins marrant qu'avec l'ancienne, je pouvais pas l'insulter comme la photocopieuse. Masochisme quand tu nous tiens... Et surtout j'ai pu coudre un tissu qui m'aurait filé des sueurs froides il y a encore 2 mois, la fausse peau lainée.

Cela faisait plusieurs années que je louchais sur ce modèle, le 106 du Burda d'octobre 2010, une petite veste toute simple, en vraie peau retournée d'agneau. Ayant mis tous mes deniers dans l'industrie japonaise et surtout ayant peur de massacrer un cuir valant un bras (en plus de venir d'un petit animal mignon et innocent), j'ai commandé 1.8m de fausse peau lainée chez Self tissus. D'ailleurs le service semble rapide et sans fioritures chez eux, j'aurais tendance à recommander.

thumb_cropped

Là je vais me fendre de quelques conseils pour coudre ce tissu créé par Satan pour soumettre la malheureuse couturière aux pires tourments et afin, mes biens chères soeurs, d'exorciser vos appréhensions quant à ce délicat textile:

                                                                                   

PicMonkey Collage

-Sur le patron les marges directement tu ajouteras (essayez de tracer des contours à la craie sur ce type de tissu et vous comprendrez ce que c'est que le Purgatoire) _ Photo milieu du haut

-Pour marquer les pinces la bouclette de bâti tu utiliseras_ Photo milieu bas

-Pour couper le ciseau uniquement tu utiliseras, autrement dit la coupe au cutter rotatif on oublie, ça marche mal, ça énerve et après on a envie de balancer le chat par la fenêtre juste parce qu'il passait par là_ 3ème photo en haut

- Un pied double entraînement, téflon ou à rouleau tu utiliseras (rappelez-moi qu'il faut que j'écrive un article sur l'utilisation des pieds de couture), sinon sur l'intégralité du marbré dans ta cuisine tu te vengeras

- Pour repasser une pattemouille tu utiliseras, sinon bonjour la bonne odeur de mouton synthétique crâmé_ 3ème photo du bas

-Si des pupuches coincées dans les coutures tu as, avec un ciseau à broder délicatement tu couperas_ Grande photo à gauche

Mis à part ces précautions ça a roulé presque tout seul et je porte beaucoup ma veste qui est chaude, douce et confortable, vous pouvez maintenant vous extasier, allez-y, j'attends:

DSCN0500                                                                                    

DSCN0492AdaptéeAdaptée

Je vais être honnête, le montage des manches, avec un tissu aussi épais n'est pas une sinécure, mais l'absence de montage de doublure fait vite oublier ce petit désagrément. Sur la photo de dos on dirait qu'il y a des plis sur les manches, en fait c'est simplement l'ombre et mes bras croisés qui donnent cette impression, en fait, en vrai, c'est quasi nickel.

DSCN0498

Voici également quelques détails avec, dans l'ordre, l'intérieur et les pinces qu'il ne faut pas oublier de fendre, les poignets ( coudre endroit contre endroit jusqu'à l'endroit où les manches doivent être retournées et à partir de ce point coudre envers contre envers), puis le col, sur lequel j'ai fait un petit ourlet parce que le rendu était plus joli.

PicMonkey Collage3

Pour vous montrer la différence entre mon travail avec Youki Zaraï et mon ancienne Titine, voici une blouse faite l'an dernier, à partir d'un patron Lutterloh de 1972:

Lutterloh-1970-72 (43)

Petite

                                                                                 

DSCN0489

Le devant est choucard, les manches bien montées, bien qu'un poil courtes, et j'ai même rajouté un petit galon en dentelle de coton pour accentuer le côté greluche romantique. Bref ça sent la Win' sortez-les lauriers les gars j' vais me tresser une couronne. Les détails semblent confirmer tout ça:

                                                                                     

PicMonkey Collage4

Les fronces des poignets sont bien réparties, les raccords sont jolis dans le dos et les motifs brodés du tissu bien placés. Pourtant je porte peu ma blouse, c'est un quasi échec; voyez plutôt le dos:

DSCN0491

Ben ouais, ça tire grave autour du cou, la faute, sans doute, à ma pente d'épaule pas pentue du tout. Du coup je porte ma jolie blouse sans plaisir et toujours sous un petit gilet.

Enfin, je vous présente mon tricot préféré de tous les temps après mon pull de fée, celui qui a fait que je sacrifie tous les jours un sachet de Lipton sur l'autel de Cirillia Rose, mon gilet Aidez, tricoté il y a deux ans dans de la Cascade Eco. J'ai eu besoin de 2 écheveaux en tout et j'ai tricoté la taille S pour obtenir le bon échantillon. Le résultat est impec', long comme il faut, si seyant et chaud que c'en est un rêve.

DSCN0486

Ce n'est clairement pas un tricot de télé, un minimum de concentration est requis, mais c'est un modèle qui n'est pas difficile et qui monte assez vite. Il m'a fallu 5 semaines, un peu tous les soirs, pour en venir à bout. Z'hom déteste... le style (je rappelle qu'il ne jure que par le style pouffinette), la couleur et à son grand désespoir je le porte constamment en hiver. D'ailleurs, je peux maintenant faire un point sur la qualité de la laine et sa tenue. Après 2 ans et des brouettes, 1 lavage machine par mois (j'ai un programme Woolmark et je peux même laver sans danger le pur mohair), la laine est nickel. Bien sûr ça bouloche un peu aux points de friction, mais un coup de rasoir à pull suffit pour retrouver un gilet quasi neuf. Bref je suis ravie et regardez s'il est pas beau mon point (là, aimable lecteur tu peux voir le détail des manches avec son point "fer à cheval"et le dos avec ces divins losanges grainés).

                                                                                             

PicMonkey Collage2

 

Valà, valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je vous offrirai un p'tit coup de prune.

 

 

 

Posté par nedjmaia à 19:20 - Commentaires [17] - Permalien [#]