Noueuse d'aiguillette

25 août 2011

Je suis passée par là, j'ai vu de la lumière

Bon, il se trouve que je vous ai habitué, je suis un courant d'air. La vie est un gros bouillon breton, bien que disons-le tout net, il n'y a JAMAIS d'intempéries en Bretagne. Et là question météo j'étais plutôt raccord avec celle de l'été.

M'enfin rien de grave, juste de grosses frayeurs et des trucs pénibles comme une crise d'hémorroïdes, bien que mon fondement de princesse ignore tout des basses avanies humaines, vous vous en doutez.

Parfois y'a aussi des trucs sympas qui vous arrivent, mais ça je vous en parlerai plus tard histoire de pas attirer la schkoumoune. Je vous avais tantôt, en des temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, promis de disséquer du Velu, celui qui vous pourrit la vie au quotidien mais qui est bien pratique en hiver quand vous avez besoin, à peine glissée dans vos draps douillets, de réchauffer vos petons jolis en les collant sournoisement contre le corps chaud de la Bête. Je ne traiterai que du Velu domestique; le Velu sauvage étant une espèce que je ne fréquente plus depuis longtemps (mais qui peut se dresser fort bien cela dit). 

                                                                    images

Tout d'abord le Velu est naïf, il regarde le monde avec les yeux émerveillés d'un enfant ou d'un réjoui de la paroisse, c'est selon. La preuve, malgré les preuves scientifiques que vous lui avez apporté (un article dans Closer et un post du blog starsanspâtéencroûtesurlatronche.com), le Velu continue à croire que Lou Doillon est nichonnisante et que la très espagnole Pénélope n'a jamais entendu que très vaguement parler de l'existence des poils quand votre vie est un combat permanent contre l'envahisseur. 

Le Velu ignore également les basses besognes et quand vous lui rappelez que votre nom de baptême n'est pas Conchita et que jusqu'à preuve du contraire le gène féminin de la serpillère n'a pas encore été découvert, il vous regarde interloqué en finissant par vous dire "Bah regarde, c'est des mains d'aristocrate, elles peuvent pas faire la vaisselle..." (et vous vous avez juste envie de lui rejouer 1789).

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Le Velu est fragile. Au moindre courant d'air, même s'il a une carrure de bûcheron canadien, il se transforme en petite chose geignante et attendrissante. C'est là qu'en général on se laisse prendre au piège. Le Velu, à coup d'oeil de Bambi en phase terminale va réussir à vous asservir complètement, vous transformant en femme idéale (50% Conchita imberbe, contrairement à Pénélope, 50% infirmière), qui lui aportera avec amour sa tisane ("Mais pas trop chaude ma Chérie et puis mets une cuillère de miel, mais pas celui au romarin, j'aime pas le goût").

Le Velu manifeste sa tendresse de façon particulière. Alors que vous rêvez qu'il vous appelle Mon doux, mon grand, mon merveilleux z'amour, vous avez droit à des surnoms tirés de la ménagerie de l'enfer. Le Velu vous donnera des noms d'animaux moches ou qui puent (mon hippopotame d'amour, ma tendre moufette) tout en faisant pouet-pouet cellulite à chaque fois que votre fondement passe à portée de ses pognes.

Le Velu ne sait pas faire les courses. Et cela même si vous avez pris la précaution de lui donner une liste. Il vous dira tout penaud en rentrant "J'ai pas trouvé de carottes. Par contre regarde ce chouette saucifflard ail-pistache-muscade- fraise des bois que je te ramène". Il ne comprendra pas alors pourquoi vous ne vous ébaudissez pas et trouvera mesquin que vous fassiez la tronche parce qu'il a dépensé 1 mois de courses dans des cochonneries qui ne nourriront votre cholestérol que durant 1 jour et demi.

Enfin le Velu a des goûts étranges. Alors que vous avez passé un temps fou à coudre une robe longue trop hype façon nurse anglaise victorienne psycho-rigide, il ne manifestera qu'un enthousiasme extrêmement mou en disant: "C'est pas mal pour une robe de moine. T'as l'intention d'adopter la tonsure aussi?". Parce que la vérité est là, le Velu aime le court, le moulant, le décolleté dans le plus pur style "J'aère mon Mont Ventoux". Genre ça: 

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M'enfin j'exagère un peu...

Sinon j'ai fait plein de trucs, depuis le temps, même si mon activité couturistique s'est cosidérablement ralentie depuis que j'ai décidé de passer un concours de profs qui me permettra de devenir super-prof. Mais ça j'en reparlerai plus tard.

D'abord ce haut Mc Calls, tiré d'un patron qui doit être dans une caisse et que donc je peux pas vous donner la réf. Au départ je vous cache pas que c'est un cache-coeur. Mais une sombre histoire de mauvais calcul de tissu (me restait qu'un mètre de ce très joli voile), m'a interdit d'achever l'objet de mes rêves. Du coup j'en ai fait un top à nouettes façon That 70's show. Porté avec mon jean papattes d'éléphant il est sublime et arrive presque à faire quelque chose de mon absence de glandes sa mère.

                                                               SNC11929

Ensuite, ouvrez bien grand vos yeuses, voilà the bon plan of the Hell. Je sais plus trop comment je suis arrivée là-dessus (Alzheimer naissant ou alcoolisme galopant), toujours est-il que je suis tombée sur le site russe des patrons Leko qui proposent des patrons à télécharger à vos mesures. Et pour moi ça a été Noël en plein juillet puisque tous les patrons sont disponibles gratuitement dans une seule taille qui correspond, à 1 ou 2 cm près à la mienne. C'est jeune padawan de l'aiguille. Bref j'ai testé un petit modèle avec une chute de jersey. C'est le 5665, celui-là et sur moi ça donne ça.          SNC11934

Le patron est super bien taillé, j'ai raboté deux cm sur les côtés pour que ce soit parfaitement à mes mesures et je suis ra-vie. J'ai déjà prévu de me faire une saharienne (qui sera sans doute prête pour janvier 2034 au rythme où je couds). Cerise sur le gigot, ça ne prend qu'une petite heure à coudre. Ne me remerciez pas, c'est tout naturel...

Y'a quelques mois j'ai aussi fait ça à partir d'un système australien des années où qu'on fumait des trucs qui font rire en portant des pantalons pattes d'éph qui faisaient rire aussi: le Dot pattern system. Je me suis plantée sur le décolleté, je l'ai trop creusé, mais je le porte pas devant les boutonneux comme ça, il serait de très mauvais goût d'en perdre un lors d'un cours enflammé sur l'article indéfini et ses mystères. Il est en jersey acheté à Montmartre dans une boutique dont je me suis empressée d'oublier le nom. Ignorez la pause de pin-up, j'ai voulu innover, j'aurais mieux fait de m'abstenir.

                                                           SNC11938

Pour contrenbalancer l'effet déprimant de ce lumineux été j'ai également cousu un petit t-shirt tout ce qu'il y a de plus basique. Certaines auront reconnu le modèle du Burda de juillet. Je l'ai fait dans un jersey acheté il y a 6 mois à la croix Chavaux. Il est confortable, sexy et facile à faire. Même Z'hom qu'aime pas le côté sac à patates (du court et du moulant vous dis-je) a grogné pour marquer son contentement. Là la photo ne lui rend pas justice, mais je ne désespère pas d'avoir bientôt un endroit plus sympa où vous produire des clichés qui violentent la rétine.                                  SNC11935

Enfin en tricot j'ai produit un chef d'oeuvre. Rien de moins. Il faut dire que ça faisait des plombes que je bavais sur ce modèle du Vogue knitting de l'an dernierjpg010. Je regardais les versions des autres comme une furieuse toutes les semaines, rêvant du jour où il serait mien. J'ai mis un bon mois pour en venir à bout, j'ai cru devenir cinglée sur les diminutions du point dentelle, mais j'ai compris  le truc. Voici donc mon précieux en laine Aurore framboise de chez Phiphi. Vous avez le droit de pleurer un bon coup à l'idée que c'est moi qui ai cette merveille dans mon armoire, je vous en voudrais pas.SNC11943SNC11945

Enfin, tout ragaillardie par le succès j'ai commandé 5 pelotes de Laguna à la filature de Valgaudemar pour faire ça.scan-47 Je pense que ça doit être le fait d'avoir grandi à proximité de la Grande Germanie, mais je suis inconsciemment attirée par le dirn'dl (et la bière et les patates et la charcut'). Le modèle s'appelle Ambrosia, il est dans le Interweave Knits de l'été 2010, il est très mignon, mais la laine ça a été une erreur de casting. Voyez plutôt:                                               SNC11947

Il se trouve malheureusement que l'effet feutré et rustique je suis pas fan et bien que plutôt mignon, je suis pas sûre de porter un jour mon gilet.

Voilà, la prochaine fois, si vous êtes sage, je vous expliquerai comment la marmotte, à l'automne, migre dans un terrier tout neuf.

 

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25 février 2011

Parcours du combattant

J'ai été élevée par un militaire. Le genre grand golgoth nourri à la potée, qui terrorisait le moindre courageux prétendant acnéique qui osait pénétrer dans l'antre de la Bête. J'ai également eu le privilège d'assister à tous les barbecues de caserne alors que j'étais ado. Occasion pour tout le régiment de desserrer un peu le treillis et de manger plus liquide que solide sous l'oeil inquisiteur des bobonnes, davantage craintes que le Colon, soit-dit en passant. Je rappelle que le Colon, dans une caserne, c'est pas celui-qui souffre du syndrôme irritable (ce qui, je vous l'accorde, peut vite transformer l'endroit clos qu'est la chambrée en enfer), mais le grand Patron, le Boss, celui qui va chercher Rambo pour aller faire la guerre aux Viets.

Inutile de vous dire que je garde de cette époque une grande réticence à porter du kaki et qu'écouter du clairon me déclenche un tic incontrôlable de la paupière droite. Mais j'ai également acquis une grande résistance dans l'épreuve et, heureusement, parce qu'il m'est tombé dessus une mission que même le zigouillage de l'intégralité de l'armée afghane par Sly en comparaison, c'est un stage pâte-à-sel et macramé. rambo_879

Récemment j'ai récupéré la tuture de BSA (belle soeur d'amour pour les intimes), il fallut donc que je vendions ma Titine à moi, surnommé "The Love Boat", puisqu'une soixantaine de boat-peoples soudanais y tiendrait amplement. La voiture idéale pour une jeune conductrice à Paris, vu le gabarit de la bête. Bref, après avoir imprimé une énième bosse dans la carrosserie de la vieille dame, je me suis décidée à m'en séparer.

Et là je me suis rappelé Lamartine et son "Objets avez-vous donc une âme, qui s'attache à notre âme et la force d'aimer". Grave. Dès lors j'ai eu l'impression que ma grosse Simone désapprouvait silencieusement ma décision.

D'habitude je suis une fille relativement rationnelle. Je ne me balade pas avec un tricorne sur la tête, la main coincé dans le gilet en exigeant qu'on m'appelle Bonaparte (quoi que... avec mes 3èmes...), pas plus que je ne monologue seule dans les endroits publics et je n'ai plus d'amis imaginaires depuis au moins deux ans. C'est dire si je suis saine d'esprit. Mais là, quand j'allais chercher Titine, j'avais l'impression qu'elle avait le phare triste et l'aile avant basse (et c'était pas parce que je m'étais tapé un poteau deux semaines plus tôt). Je culpabilisais donc comme une folle un peu.

Et puis il a fallu la mettre en vente, organiser les visites et la pomponner pour qu'on voit pas trop que le jupon de la vieille était un peu défraîchi.

C'est le moment pour un Big Up, comme on dit chez Castel, pour Z'Hom qui s'est tapé le tour du proprio avec les acheteurs potentiels. Y'a eu le couple qui essaie d'avoir la tuture pour rien, le vieux qui veut la voir alors qu'il est à 900km et le jeune Kèv' avec casquette mal enfoncée intégrée. Elle a fini par partir dans le petit matin pâle, triste et cahotante de tant d'ingratitude sur les routes du 9-4. Titine est morte, vive Toutoune!!! J'ai à présent une voiture normale, et quand on me regarde avec insistance la carrosserie je sais que c'est à cause de ma grâce renversante et non plus parce que j'ai le cligno avant qui pend lamentablement depuis 10 kilomètres.

Pour me remettre de mes émotions j'ai cousu pleins de trucs pour moi, mais pas que...

Z'hom a une cousine dont le boulot est de s'envoyer en l'air régulièrement pour emmener des touristes couleur bidet dans des pays inconnus aux éternels étés où l'on vit presque nus, mais avec un écran total 50, sur la plage (merci Charles) puis de les ramener dans Paris l'ensoleillée avec un bronzage pâté en croûte à montrer aux collègues. Bref BCA (belle cousine d'amour) est hôtesse de l'air.accueil Je tiens d'ailleurs à avertir mon lectorat masculin qu'il est inutile de me soudoyer pour obtenir son numéro de téléphone, je suis à peu près incorruptibl. BCA avait donc besoin d'une petite robe légère, introuvable dans les boutiques à l'heure où on solde les dernières moonboots. Elle avait une idée précise et en farfouillant dans ma monstrueuse collection de patrons j'ai trouvé ça:246_a_1_

C'est un modèle Lutterloh de 2008 si ma mémoire est bonne. J'ai naïvement pensé que ce serait une partie de rigolade, ben que nenni et je me suis rappelé pourquoi ça me file de l'eczéma de coudre pour les autres. J'avais pas BCA sous la main et j'ai donc du faire la partie inférieure au pif. Je vous le dis sans ménagement, je m'a vigoureusement trompé. Ce qui fait que j'ai du recommencer avec un tissu moins beau que celui initialement prévu; ça m'apprendra à me prendre pour la reine de l'aiguille jersey à bout rond. J'ai doublé l'empiècement du haut, mais c'est perfectible. Et comme je trouvais l'ensemble un peu tristoune, j'ai cousu à la main un des cols achetés aux puces des couturières l'an dernier.SNC11818

 

Après j'ai couturé pour moi mais uniquement des trucs marron parce que j'avais la flemme de réenfiler ma surjeteuse.

Y'a d'abord eu le short... Pendant de longues années j'ai refusé de porter des trucs au-dessus du genou, claironnant à ceux qui se gaussaient de mes attifements de bonne soeur que la longueur sous genou c'était classe. La vérité c'est que je souffrais d'une pathologie psychiatrique rare: la molletophobie, affection qui donne l'impression à celui qui en souffre, qu'il est affublé d'une immonde hypertrophie molletaire et ce, même s'il a des cannes de serin. Du coup j'ai quelques années à rattraper et quand j'ai vu BSA (belle soeur d'amour) en short avec des bottes, j'ai repensé à ce fabuleux reste de lainage qui dormait profondément dans mes caisses. Le modèle est celui-ciBM1010_MG_7986_324x432_ID204310_bbd9f813e19ea1c4887d695794d0f4c4, il vient du Burda d'octobre et il est traître. D'abord je me suis un peu râtée sur la braguette mais ça se voit pas. Ensuite, le patron m'avait semblé court, j'ai donc rajouté prudemment 8 cm, bien que partant avec l'idée qu'un mannequin standard fait 1m80 et que donc je pouvais espérer que sur moi la dite pièce fasse bermuda. Sauf qu'une fois monté et essayé on était loin de l'attirail de carmélite, c'était court et même très court, voyez plutôt:SNC11831

Inutile de dire que Z'hom adore mais qu'il m'a sournoisement fait remarquer que "Maintenant que t'as joué à la Barbie avec toi-même, tu vas plus le porter ton short, je te connais", ce à quoi j'ai répondu avec toute ma mauvaise foi rassemblée que non, que j'allais le mettre tout le temps. Parce que j'aime pas quand il a raison... Je ne suis pas sûre de le remettre un jour parce que j'ai vraiment l'impression qu'on me reluque un peu trop le panorama dans le style: "Du haut de ces montagnes, 34 ans vous contemplent".

Après j'ai cédé aux sirènes de la mode blogosphérique, j'ai cousu nippon, je vous dirai une autre fois tout le bien que j'en pense, hum, hum, mais je remercie la Bouaillée de m'avoir prêté son Everyday Camisole. J'avais vu une 12, pour parler à la façon ésotérique des initiés, modifiée en robe par Nessie. C'était :

J'ai donc pris mon coupon de jersey marron et j'ai tranché dans le tas. Couture sans souci, montage des manches impec', je couds le biais d'encolure en partie à la main pour une finition propre. Lovely! Sauf que ça pouvait pas être si simple, même en taille 7 et sans doute à cause du tissu utilisé qu'était très mou, c'était trop grand à l'encolure, il suffisait que je baisse un peu les épaules pour faire le strip-tease le plus rapide de l'histoire de l'effeuillage. La mort dans l'âme j'ai décousu mon biais tout propre, j'ai re-froncé et re-posé le biais, mais cette fois à la sauvage. C'était beaucoup mieux sauf que les fronces, allez savoir pourquoi, avait migré sur le côté (les ravages du crack dans le milieu enseignant sans doute). Mais finalement j'ai trouvé ça pas si mal et j'ai gardé mon encolure qu'est plus tordue mais asymétrique, c'est pareil mais ça fait plus chic.SNC11836 En bonus une photo un peu moins arty où on voit mieux ma bourde (et ça rime avec gourde):SNC11844

Pour me reposer de tout ce travail j'ai cousu un tee-shirt sur un modèle que j'avais déjà fait en blanc mais que je vous avais pas montré parce que j'ai pas de mémoire. Je vous conseille d'ailleurs fortement le patron, le Simplicity 40764076 , un excellent basique, qui prend une heure trente à coudre si vous êtes tatillonne, est peu tissuphage (1m suffit) et facile à assortir. J'ai décidé de le porter version Yihaaa!!! mais sans stetson avec le gilet sans manches fait l'an dernier.SNC11839

Enfin, c'est vous dire si j'ai été productive, j'ai fini un 3ème chèche Phildar, j'ai juré mes grands Dieux que ce serait le dernier, mais en plus d'avoir la mémoire vive d'une carpe morte, j'ai aucune parole. Cette version là est de loin la plus jolie que j'ai faite, elle est en Malabrigo lace couleur rose damask, couleur choisie par sa destinataire, Jolie Maman qui fêtait ses 25 hivers au mois de janvier. Voilà la bête (on parle bien du châle et pas de ma charmante belle mère):SNC11816

La prochaine fois, si vous êtes sages, je disséquerais les moeurs du Velu.

 

 

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08 janvier 2011

Purple rain

Pour faire court, je vous la souhaite bonne et joyeuse, sachant qu'on peut toujours faire pire mais restons optimiste, c'est sûr cette année:

-on va toutes gagner au loto

-on va manger comme des pourceaux sans que les analyses de tri glycérides sourcillent

-on va être heureux 24/24 et le ciel sera toujours bleu (bon ça c'est presque mort déjà)

-on va coudre comme des petites mains de chez Chanel sans effort

En tout cas c'est tout le mal que je vous souhaite, mais....

La merde arrive toujours en escadron, comme le disait très élégamment un grand philosophe auvergnat du siècle dernier (le même qu'a dit "Les escargots n’aiment pas les Français. C’est pourquoi les Français doivent se méfier des escargots qui, sous des dehors bon enfant, cachent en réalité une âme de fauve prêt à bondir"). Et là j'ai eu un mois de novembre digne d'une session d'entraînement intensif de la patrouille de France. Y'a eu des trucs mouillent-à-tes-yeuses et des trucs moins graves mais aussi pénibles qu'une poussée d'hémorroïdes. Voyez l'tableau.
Du coup j'ai eu mollement envie de scribouiller vu que j'avais l'esprit totalement occupé à retrouver une positive attitude de brailleuse blonde décérébrée.
M'enfin là, entre deux bouchées de restes de dinde, je m'en vais vous écrire une bafouille vu que faut pas déconner non plus, nanméo, sur du léger. Et là, ça va être du lourd. Ouais, je sais, je viens de dire le contraire mais si on peut plus faire sa maline avec des antiphrases, où va-t-on ma bonne dame? Hein? Je vous le demande...

Bref, replaçons le cadre tout d'abord: Z'Hom et moi on regardait tranquillement un chef d'oeuvre du cinéma français, un drame psychologique dressant un tableau sans concession de la société, diatribe dont la finesse n'a d'égal que la profondeur sur la lutte des classes. Donc, disais-je, on regardait Camping II, quand tout à coup, mon poil se hérissa, mes oreilles se dressèrent, mes pupilles se dilatèrent et j'émis un grognement sourd traduisant un sentiment de terreur profonde. Un traumatisme oublié depuis longtemps avait ressurgi des tréfonds de mon passé. Franck Dubosc écoutait "Gentil dauphin triste" de Gérard Le norman...gerard_lenorman
Pour ceux qui connaissent pas, je vous déconseille formellement de vous mettre ça dans les esgourdes. Pour ceux qui lisent ce blog avec une combinaison en latex assis sur un siège à clous, voilà le lien où vous pouvez écouter ce morceau sataniste, disponible dans toutes les bonnes messes noires près de chez vous.

D'ailleurs comme il est hors de question que je souffre seule et que vous vous vautriez dans une ignorance béate, voici l'un des couplets de cette litanie démoniaque (éloignez les mômes quand même, si vous voulez pas avoir des factures de psychiatre qui grèveront votre budget tissus):
Moi le gentil dauphin
                    Je n'y suis pour rien
                    Je ne   suis pas méchant tu le sais bien
                    Si tu me fais la gueule
                    Je vais rester   tout seul
                    On va rater nos vacances d'été


Moi le gentil dauphin
                      Je n'y   comprends rien
                      Pourquoi tout ce fracas ce cinéma
                      Pour un poisson   bidon
                      Un requin de carton
                      Allez soit chouette envoie-moi ton   ballon

Oh ! oh ! oh ! oh ! que je suis triste
                      oh ! oh ! oh !   triste triste triste

Je peux vous dire qu'après ça on trouve qu'Amel Bent est la Louise Labbé du XXIème siècle...
Il se trouve que depuis ma plus tendre enfance je hais Gérard Lenorman et son glucose musical, c'est comme ça, j'y peux rien, j'ai des pulsions de meurtre dès que j'entends sa voix. Le problème c'est que Z'Hom s'est roulé par terre de rire, ou pas loin, en écoutant cet hymne à Belzébuth et que depuis il l'utilise comme moyen de pression quand je refuse de lui dire ou j'ai planqué la dernière gaufrette. Mon tyran domestique a d'ailleurs l'intention de mettre "gentil dauphin triste" comme sonnerie de portable, ce qui me donne, par avance, envie de m'ouvrir les veines avec les dents, mais qui a l'avantage certain d'éloigner de façon définitive toute pouf libidineuse de ma propriété. Gérard Lenorman est une arme de destruction massive, qu'on se le dise.

Cela dit j'ai une botte secrète, s'il continue à m'opprimer le conduit auditif, j'investirais dans une paire de boule Quiès (Quillès?) et un CD Best of d'Yves Duteil. Et là ça va moins rigoler, je vous le garantis.

Bon, j'ai pas fait que me dégrader la trompe d'eustache, j'ai quand même fait deux ou trois machins dans la thématique Purple Rain, parce que la chanson qui fout bien les glandes c'était quand même de saison.

J'ai d'abord fait un truc super gratifiant. 2 pièces de patron en tout et pour tout, 4 pinces, surfilage contrastant tout autour, montage de manches et pouf- pouf, fini, j'avais un cardigan modulable et super chaud (tissu maille mohair du marché de la Croix Chavaux). Le corps n'est qu'un bête rectangle avec deux trous pour les bras. Les pinces apportent un peu de structure, et en rallongeant un peu en haut on peut en faire un gilet à col dégoulinant assez sympa.

Le patron vient du numéro de Patrones décembre 2005, voyez plutôt:

-le modèle d'origine:144320_O3V8UAKMMBSHUON1XAHVJ8NKEEHHHQ_patrones

-ma version:SNC11790

Et avec effet (j'ai découvert un site comme Toshop mais en gratos et plus simple, c'est Picnik, alors vous allez en bouffer de la photo artichtique)SNC11800 Et là vous voyez un peu mieux le col.

Après j'ai voulu faire ma pin-up, un peu dans le style de la nénette de Mad World, en moins rousse, en moins plantureuse de la croupe et du nichon, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. J'ai jeté mon dévolu sur ce modèle, une robe Burda col carré à mancherons terrriblement classe.000001802171 Et pis ça tombait bien il me restait un morceau de lainage fin de très belle qualité et légèrement extensible, violet foncé. Sauf que ça a été Le Retour du Coupon maudit...

Tout se passait on ne peut mieux, quand j'ai voulu faire le 1er essayage. Fallait bien l'avouer, j'avais de la place pour une grossesse avancée (nan Maman, j'ai pas dit que j'allais me reproduire), disons un 8 mois et demi. Je rectifie donc...

2ème essayage: y'a un truc qui va pas, et ô stupeur!, je m'aperçois que l'arrière de la robe monte trop haut et dépasse de chaque côté. Un peu comme un écureuil volant.ecureuil_volant Et là c'est le drame, parce que je dois découdre la doublure et l'encolure qu'étaient toutes belles... J'ai fait ce que j'ai pu, Z'Hom aime bien mais elle est imparfaite. Du coup j'ai fini à la va-vite parce que j'étais écoeurée et que mes rêves de Dita Van Teese du 94 s'envolaient à tout jamais. Cela dit c'est peut être pas plus mal.SNC11804

Vous ne verrez sans doute pas grand chose sur les photos mais elle est très loin de l'idée que je m'en faisais. Et là je pousse un coup de gueule contre Burda qui fait de très jolis patrons pour les grandes tailles mais qu'aurait pas l'idée de faire la même chose pour les naines atrophiées de partout. Parce qu'il n'y a pas que les rondes qui ont du mal à s'habiller (je vous raconterai un jour mes essais de pantalon en prêt-à-porter, ça nous fera rire un peu).

Enfin, après 3 mois de dur labeur, mon Céleste est fi-ni. Et porté plusieurs fois parce que je l'aime "comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma" (rien ne vous sera épargné).

Il est en Aurore couleur mûre et il a fallu deux pelotes et demi pour en venir à bout (Charlotte je te bénis 40 fois, toi ainsi que ton petit bouchon et l'intégralité des tiens qu'en demandent pas tant). Il est tricoté en deux parties à l'aiguille circulaire avec une couture au milieu dos et un grafting pour la bande dentelle d'encolure. Il est pas parfait non plus, j'ai trop tiré les mailles sous les bras, c'est pas tout à fait nickel et j'ai pas trop compris la mise en forme de l'encolure, du coup j'ai fait un point pour réduire la bande dentelle, mais il reste très beau et chaud.SNC11782

Sur le livre il est présenté ouvert, mais moi je préfère le porter comme ça:SNC11774

Vous avez le droit de vous rouler par terre d'enthousiasme, d'ailleurs cela ne serait que justice.

Pour finir, message personnel: Elodie, je t'ai prêté un patron dont j'aurais besoin assez rapidement, je n'arrive pas à te joindre sur Thread and the needle, alors si tu me lis, essaie de décalquer au plus vite et de me le renvoyer.

La prochaine fois, si vous êtes sage, je vous dirais: "Marius, as-tu du coeur?".

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27 novembre 2010

Avis à la population

Si toi, petit scarabée, tu ne sais pas quoi déposer au pied du sapin de l'Aimé, si les achats de Nawel sont une corvée sans nom, va donc voir chez Speedy euh Mimi qu'a plein de promos irrésistibeuuuullll sur de vrais kimonos et Yukatas japonais trop beaux, la vérité si j'mens!
En plus elle fait moins 50% sur les tissus japonais. Gardez l'adresse dans vos tablettes les filles parce que l'adorable Mimi va bientôt vous proposer des jeux que même dans le Schmilblick ils en sont jaloux.
C'est là que ça se passe: http://fabricdemimi.canalblog.com/

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29 octobre 2010

Mademoiselle âge tendre

Surfons mes frères (des fois qu'il y aurait un Velu qui se serait échoué ici tel un baleineau sur une plage corse) et mes soeurs sur la vague du "C'était mieux avant".
Si on en juge par les innombrables photos exposées sur la blogo de trucs et machins chinés à la brocante de Trifouillis-sur-Châtillon, la mode est à la nostalgie.
On expose avec tendresse des horreurs en bakélite (genre le fruit bac à glaçon, vous vous rappelez de ce truc?) qui rehaussent avec magnificence l'intérieur tout Ikéa. On montre le dernier jouet déniché à la foire du Troc-tout avec l'espoir que Pépette 1ère passe des heures à s'éclater avec le téléphone à roulettes rouges qui fait pouet-pouet. Or, déception cruelle, Pépette, l'ingrate, jette un regard méprisant sur la chose en vous demandant dans un Français châtié: "Où qu'elle est ma DS?". Mort et désolation pour la vintageuse, le virus du vieux truc n'est pas contagieux...

Je l'avoue, j'ai moi aussi mon petit objet bien kitschouille, le genre à filer des palpitations de désir sauvage à n'importe quelle bobo de la blogo: un magnifique grille-pain de 38 ans, orange avec grosse fleur marron. SNC11744__3_

Je l'ai récupéré au tout début de ma vie d'étudiante et si les gens se sont gaussés de mon magnifique objet, ils se sont vite arrêtés quand ils ont vu que mon Mimile continuait vaillamment à griller sa tranchette quand leur grille-pain- radio-réveil-couteau-suisse- avec station météo intégrée high tech craquait au bout de deux ans de service épisodique.

Bref, le vintage c'est chouette, à condition de ne pas se laisser submerger par une nostalgie indue car, et celles qui sont nées entre le milieu des années 70 et le début des années 80, se rappelleront avec épouvante:

- qu'elles portaient des pulls acrylique qui grattaient leur race dans un assortiment de couleurs somme toute germanique, le tout rehaussé par un gilet à poils longs en pur acrylique qui empêchait le dessous de bras de respirer.

-que des parents sadiques et dénués de tous scrupules les obligeaient à porter de seyantes cagoules jaunes brodées d'ours géants marron. Ce qui avait deux conséquences à plus ou moins court terme: devenir le centre d'intérêt de l'intégralité de la cour de récré (la bande de bonnets à côtes rouges trop mode qui vous pétait la tronche à cause de votre couvre-chef) et devenir le centre d'intérêt de la communauté psychiatrique à l'âge adulte vu que vous avez développé une pathologie inédite, la cagoulophobie, qui vous transforme en monstre hurlant dès que vous croisez un pauvre gamin affublé d'une de ces horreurs (ce qui interdit à tout jamais les carrières dans l'Educ et les magasins de jouets).

-que les murs du salon parental étaient recouverts de papier qui donnaient la nausée rien qu'en l'observant deux minutes et que le mystérieux reflux gastrique dont elles souffraient enfant s'est volatilisé au moment de la réfection du living.

-que Papy et Mamie leur offraient tous les Noël le dernier 33 tours de Chantal Goya achevant sans pitié leur psychisme déjà fortement ébranlé par les fantaisies vestimentaires parentales.

Bref l'époque vintage c'est loin d'être le vert paradis des amours enfantines, comme dirait l'Autre, si on y regarde de plus près.

Cela dit je garde un goût prononcé pour le style d'une époque que je n'ai pas connu, vu que j'ai encore la cuisse fraîche et le teint rose, toute la période entre 1965 et 1972 (oui, c'est précis), d'ailleurs si l'envie vous en prend, allez donc faire un tour sur le site Doucement le matin qui publie chaque lundi un vieux numéro de Elle. On y voit des choses extraordinaires.

J'ai donc un goût immodéré pour la mode que portait ma grand-mère quand elle avait mon âge et je le prouve avec ces quelques pièces cousues l'hiver dernier. Ouais, je sais, je suis à la bourre.

D'abord avec ce t-shirt tiré d'un Patrones de 2007 en jersey de coton kaki.

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Pas de manches à monter, le tout assemblé à la surjeteuse en moins d'une heure trente. Pour lui donner un côté furieusement disco j'ai rajouté un galon pailleté acheté une misère aux puces des couturières de Champigny.SNC11758__2_ L'a trop la classe mon t-shirt, j'ai presque envie de sortir avec en l'agrémentant d'un mini short, de plateform-shoes, de me faire des couettes et des injections massives de Botox afin de quitter l'Educ pour me lancer dans une carrière de sosie de Sheila période pré-momie.SNC11753__2_

J'ai ensuite fait cette robette très mignonne, très Laura Ingalls à partir de ce patron Lutterloh de l'été 1973.Sans_titre Pas de mauvaises surprises, c'est une bête tunique rallongée et ceinturée. Elle est peut-être un peu courte à mon goût (je vois déjà ma Mounette d'amour secouer la tête en me traitant de nonne), mais je l'aime beaucoup. Le tissu est un damassé brique, bien dans les tons seventies, qui s'est révélé comporter un défaut, voyez plutôt:SNC11766__2_

Mais en plaçant correctement le tissu on dirait que c'est fait exprès et du coup c'est assez joli.

                                                                                  SNC11764__2_

Je me suis trompée dans les couture, le noeud-noeud qui devait être devant est derrière, mais in fine j'aime bien comme ça aussi. La ceinture qui permet d'obtenir une silhouette plus cintrée est un bête obi raccourci avec 4 boutonnières. Look at the boutons, ils m'ont couté presque plus cher que la robe mais qu'est-ce qu'ils sont beaux! Vous êtes priés de vous extasier bruyamment.SNC11765__2_

Je me suis ensuite lancée dans la confection de patron personnel sur mesure grâce à ce livre déniché pour deux sous chez Emmaüs. Scan10024Admirez la couverture bien kitschouille mais ne vous y fiez pas, ce livre est un trésor qui vous explique les bases de la coupe à plat de façon simple. Etant donné mes qualités de mathématicienne frisant le zéro absolu, j'étais un peu sceptique quant à mes capacités d'exploiter le dit bouquin, j'ai donc commencé par une jupe de base, un peu trapèze, donc pile dans la tendance années 60, tendance renforcé par l'utilisation d'un coupon de velours bleu canard. Ben en fait il s'est avéré que ce bouquin est génial, que la jupe tombe nickel et qu'elle fait ma joie et mon bonheur vu qu'on me l'envie jusqu'aux confins du 9-4.

                                                                              SNC11768__2_

J'ai rajouté une petite doublure (parce qu'autant faire les choses bien, hein?) et une fermeture invisible dont je ne rajouterai pas de photo vu que c'est une chose entendue maintenant que je suis l'impératrice du zip et de la braguette (nan pas celle-là bande de mal-tournés).

Enfin let me introduce you le gilet marronnasse, pour rester dans la palette pur rétro. Le modèle vient du Phildar n° 1916, tricoté en Quiétude Ebène. C'est facile et rapide, il m'a fallu moins de trois semaines pour le finir et j'aime beaucoup le résultat. Une petite critique cependant, la patte de boutonnage aurait mérité une vraie mise en forme, elle rebique légèrement au niveau du cou. N'empêche que je l'aime beaucoup mon gilet.SNC11750__2_

La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous parlerais de la Couleur pourpre.

Posté par nedjmaia à 19:30 - Commentaires [32] - Rétroliens [0]




10 octobre 2010

Torchon-carpette

Un petit mot du fond du tourbillon où la rentrée m'a violemment projetée. Je suis passée de la douce indolence, voire coma profond, des vacances à je-suis-surbookée comme un président de la Rép-gadget branché sur 12000 volts.
Pourtant ça avait commencé mollo, limite mou du genou. J'ai d'abord appris que je réintégrai le bahut de l'an dernier. Après avoir claironné durant les deux derniers mois de l'année scolaire passée que je me plaisais pas là-bas, voilà que je suis renvoyée manu-militari pour un an dans l'antre amiantée du Savoir. Je comprends pas pourquoi le Rectorat m'a punie, j'ai pourtant été 'achement gentille avec tout le monde, la preuve cette année j'ai même pas mordu d'élèves.

Passée la phase de dépression, j'ai essayé de me convaincre que c'était pas si mal, que j'allais passer une année formidabeul et tout ça et tout ça. Sauf que c'est de la blague et que la méthode Coué ne marche que sur des années.
J'ai donc retrouvé mes collègues. Pour vous dresser un tableau clair du truc, mes compagnons d'infortune se partagent en deux catégories distinctes: les ménopausées et les enceintes.
La première catégorie est de loin la moins pénible, en dehors des navrantes vannes sur les tuyaux de poêle et les discussions sur la nécessité de s'acheter un Damart neuf, elles vous foutent la paix. Le problème, c'est la parturiante et croyez-moi si vous le voulez, tout ce qui a un utérus en état de marche est enceinte. A croire qu'elles n'ont pas la télé. Je ne vois que ça et je me refuse d'expliquer cette explosion de bébés par une libido débordante chez mes collègues qui tiennent plus de Chantal Goya que de Paris Hilton en période de rut.

L'année dernière j'ai eu droit au comparatif des meilleurs gynéco-obstétriciens, des meilleurs biberons, à l'évolution, jour par jour du transit de bébé L., à l'épisiotomie de Mme B., le tout évidemment toujours quand je m'apprête à déguster mon assiette de hachis parmentier. Évidemment, j'ai eu ma dose aussi. Elles ont flairé l'ovaire potentiellement fécondable. Du coup j'ai été traquée: "Mais comment? Ben ça fait X années que tu supportes avec une patience frisant la sainteté est avec ton Z'hom et rien, nada, queue d'chi? Mais comment cela se fait-ce que tu ne sois pas encore à la tête d'une équipe de rugby junior?"

Ou encore: "Ah tu couds? C'est gé-nial, tu vas pouvoir faire plein de jolies choses pour petites filles ou petits garçons."

Et enfin: "Mais je comprends pas, ça te donne pas envie quand tu nous entends parler?"

Ce à quoi je me suis retenue de répondre que les écouter me donnait juste envie de faire vœu éternel d'abstinence et de défendre définitivement l'accès de mon utérus à toute gamète mâle.

Qu'on soit bien d'accord, La Noueuse est pas totalement fermée à l'idée de se reproduire un jour, mais là, elle est pas assez grande et elle sait pas si elle le sera un jour. D'où mon manque d'intérêt pour les blogs avec frusques pour nains, blogs souvent très jolis, certes, mais que je zappe direct.

Bref, la bonne nouvelle c'est qu'elles sont presque toutes en congé mat' et que du coup je savoure une paix toute relative. M'enfin j'en reparlerai plus tard.

J'ai aussi obtenu une formation pour passer l'Agrég et du coup je retourne à l'école, encore, mais cette fois comme élève. Je redécouvre, non sans plaisir, les joies du morpion et de la bataille navale ainsi que du tortillage sur chaise pour cause de "pfff-c'est-long", tortillage auquel je m'adonne à cœur joie alors que je l'interdis à mes boutonneux. Je l'ai déjà dit, le fascisme en milieu scolaire y'a qu'ça de vrai.

En fait ça m'éclaterait totalement de jongler à nouveau avec des notions universitaires velus si ça me faisait pas des semaines de tarée. Je travaille 6 jours par semaine, ne vous attendez donc pas à ce que je sois très prolifique (déjà que d'habitude).

Du coup je vais vous montrer des trucs faits cet été et donc pas du tout de saison, histoire d'en rajouter, question déprime, par dessus la saisonnière.

J'ai d'abord fait ce petit haut très seyant (catalogué comme Best Pattern sur Sewing pattern review, c'est dire), fait à partir du patron New Look 6470 avec un minuscule bout de maille résille acheté une misère il y a deux ans sur le marché de St Denis. 6470Rien à signaler, ça se coud tout seul et c'est un chouette basique. Je pense d'ailleurs lui faire un p'tit frère (j'en profite, y'a pas de collègues dans le coin) en lui rajoutant des manches parce que sinon je risque de me peler grave malgré mes gènes à potée bien grasse.SNC11713

J'ai aussi exploité mon classeur Lutterloh des années 70 en transformant un modèle de robe de 1974, ravissant certes, mais un peu trop Laura Ingalls, en blouse plus facile à assumer. J'ai élargi la taille, replacé les pinces du dos, mais à part ça, c'est strictement le même. Le tout en plumetis, parce que tant qu'à donner dans le romantique, autant y aller franco. Et puis le côté léger du plumetis blanc ça va très bien avec les manches papillon qui me donnent envie de chanter "Fais comme l'oiseau" (la dinde surtout, dit Z'hom qu'est assez moyen question ornithologie puisqu'il me confond régulièrement avec le dit volatile).L'encolure est peut être un chouille large pour chipoter, mais les finitions sont super propres. J'ai appliqué la méthode des patrons américains, pas de parmenture, mais une sorte d'ourlet fin roulé cousu à ras avec le pied bord étroit.

                                                                              SNC11715

Pour finir deux bas:

Un pantalon pattes de Babar du Burda Couture facile du printemps 2009, appelé aussi ultra flare par les modeuses (jamais compris ce snobisme qui consiste à s'exprimer comme Van Damme en employant à tout bout de champ des mots angliches).000001756010 Pour tout vous dire, si, si ça vous passionne, je préfère le modèle du Burda d'avril 2009 que j'avais fait en rose, celui-ci tombe pas trop mal, mais je trouve que la coupe est moins belle. Ou alors c'est la couleur. Encore...SNC11737 (ignorez le bordel à chat derrière, j'ai fait les photos à la va-vite vu que j'ai des crobes qui me rendent toute suintante du pif). Faut dire qu'à mon cours d'Agrég tout le monde est habillé en noir et en gris ce qui va parfaitement bien avec l'air grave de circonstance et le tirage de tronche. Du coup je fais dans la couleur exotique. Le tissu est donc un mélange coton lin qui vient de chez Mimi Kaolin en vert tilleul, ou assimilé. Toujours est-il que je dois admettre que ce pantalon ne va pas avec grand chose.SNC11739 L'occasion peut être de m'acheter un ou deux coupons pour me faire des petits hauts assortis? Oui, je sais, appelez-moi Nicolas. Comme Machiavel, pas comme S...., z'allez me vexer sinon... Moi j'ai de petites oreilles.

Enfin j'ai fait cette petite jupe grave seyante, dans le plus pur style hôtesse de l'air vintage. Le patron vient du Burda d'avril 2009, une mine je vous dis et est, lui aussi, répertorié dans les "Best patterns" de Sewing patterns review.000001757901 Le tissu est un polyester blanc pas tout jeune que m'a donné gracieusement la douce Mimi. Il est parfait, sauf qu'il froisse un peu au cours de la journée, m'enfin un tissu faut qu'ça vive. J'ai fait à ma sauce vu que Burda c'est un peu de l'araméen pour moi et qu'au bout de 4 heures de déchiffrage je me suis rendue compte que leur démarche était vachement plus difficile que celle que j'avais en tête. J'ai fait l'empiècement d'un seul tenant et je n'ai pas fait de boutonnières.SNC11711 J'ai doublé la ceinture avec une chute de coton à fleurs,et fait des surpiqures,  mais ce sont les seules modifications que j'ai apportées.SNC11708 J'ai pas réussi à en faire une photo potable, c'est dommage, en vrai elle est vraiment jolie.SNC11717

En ce qui concerne les aiguilles, j'ai fini la 1ère moitié du modèle Céleste, issu du livre French girls knits. Je m'étais fait une montagne de cet adorable gilet, mais au final, la seule difficulté, c'est la traduction.French_Girl_Knits93

Bon ben là vous avez assez de photos moches jusqu'au prochain post (qui devrait venir dans les temps bénis des vacances de la Toussaint). Je ferai mieux la prochaine, mais là je suis archi-mourante, la preuve, je suis même pas allée à la fête du pochtronnage avec Joli-Papa, et pourtant je m'en faisais une joie... La prochaine fois, si vous êtes sages (et si j'ai récupéré une vivacité supérieure à celle d'une moule frelatée), je ramasserai les feuilles mortes à la pelle.

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02 octobre 2010

Pirate!

Je viens de voir un message que j'ai pas posté...
Je comprends pas trop l'intérêt de mettre des messages sans queue ni tête sur le blog d'un autre. M'enfin le caractère retors de l'esprit humain m'étonnera toujours.
Du coup j'ai changé ce qui devait être changé et je vous dis à la fin de la semaine prochaine. Normalement...

Posté par nedjmaia à 20:46 - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
17 août 2010

Le Johnny de la blogo

Me voici à nouveau tel un Johnny de la blogo à faire mon énième retour. C'était pas gagné les gens, c'est moi qui vous le dis. Pas parce que j'étais en cure de désintox (quoique... le reblochon est quand même une drogue dure, surtout en absorption massive), ni en procès avec un quelconque honorable membre à stéthoscope, bien qu'il y en ait un qui a essayé de me supprimer sournoisement il y a quelques jours à peine. J'ai juste été poissarde comme c'est pas permis et je m'en vais de ce pas vous raconter mes malheurs pour que je sois pas la seule à engraisser Kleenex.

D'abord y'a eu le Sénégal...
J'ai une trouille bleue de l'avion. La dernière fois que je l'ai pris c'était pour aller manger de la frite géante pas bonne avec du vinaigre de cidre, histoire que ce soit encore plus beurk, chez nos amis Ricains. J'avions donc pris l'avion avec mon poto Matthiou et paf, pouf, évidemment, moi aussi détendue qu'un Ministre du budget en examen, j'ai eu droit à ma zone de turbulence. Mais pas celle de tafiole où le thé il reste bien sage dans la tasse où il devrait être, mais plutôt la zone Schwarzy avec option montagnes russes, earl grey sur la chemise du voisin, voire plus si affinités parce que j'avais pas digéré le lapin chasseur servi une heure plus tôt. Bref, z'ont éteint tout dans la cabine, on a attaché nos ceintures, j'ai défoncé l'avant bras de Matthiou qui n'en demandait pas tant avec mes ongles qui ont, malheureusement pour lui, la dureté du diamant et surtout j'ai eu tellement la trouille que j'ai du bouffer de l'Immodium pendant 3 jours après l'atterrissage afin d'éviter toute fuite qui aurait réduit à néant la réputation de grande élégance de la femme française...
Mais la chkoumoune prit une autre forme. Récapitulpétons: je prends l'avion une fois tous les 10 ans, les chances que mon vol soit annulé à cause d'un nuage volcanique étaient quasi nulles...
Voyez où je veux en venir?
Sauf que j'ai une coupine de moi qui a traf-traf et du coup j'ai pris l'avion 3 jours plus tard par rapport à ma date d'embarquement initial.
Deux ou trois trucs à savoir sur Dakar:

-vous avez l'impression d'atterrir sur une autre planète, voire dans un univers parallèle. Vous avez de grandes villas d'où sortent de gros 4/4 sans blondes péroxydées (sinon ça s'appelle "Nochent") et juste à côté des bidonvilles. La sensation est très étrange et pas seulement à cause de votre culpabilité innée de touriste européen repu.

- en parlant de "repu", on ne refuse jamais de nourriture quand on vous en offre, même si ça peut devenir dangereux. Si on vous invite à manger au bol (gros plat où tout le monde mange à la cuillère), sachez que vous risquez votre vie. Le Tiboudiène c'est tellement bon que vous perdez toute mesure, et comme c'est servi dans un plat commun et non une petite assiette vous n'avez aucun contrôle sur la quantité engrangée. Essayer de se lever après ça est une expérience intéressante bien que douloureuse, on comprend enfin ce que veut dire l'expression consacrée "avoir mangé une enclume".

- Vous vous apercevez aussi que vous n'êtes pas au sommet de la chaîne alimentaire. Ce sont les moustiques qui le sont... Et votre arrivée coïncide nécessairement avec la semaine de la gastronomie française pour eux. Les insectes sont nos amis, il faut les aimer aussi.

- C'est le paradis de la couturière ou plutôt du couturier, car ce sont majoritairement les Velus qui cousent. Mais j'ai regretté de ne pas être venue avec un sac vide pour faire le plein de fournitures. Cela dit il vaut mieux laisser le marchandage à un autochtone, sinon vous allez payer le prix toubab ( être humain sujet à cette étrange maladie que sont les coups de soleil), qui peut être 10 fois plus élevé que le prix local.

- La réputation de la femme sénégalaise n'est pas usurpée, elle est tellement apprêtée que c'est un spectacle à elle toute seule. Tout est étudié et j'avais l'impression d'être au théâtre de façon permanente. A tel point que Z'hom a cru à un moment que je virais ma cuti parce que je regardais plus les gonzesses que lui. Limite s'il m'a pas traitée de castratrice.
Bon, ça vous file mal à l'égo quand même, devant tout ce chatoiement, z'avez un peu l'impression d'être un pou, d'autant plus que vous n'avez aucun succès avec vos 50 kilos tout mouillés. Parait que là-bas je suis pas une vraie femme et les domestiques pensaient que j'étais malade vu mon poids mouche.

-Enfin la Malarone c'est le mal. J'ai eu le moral et le transit en yoyo à cause de mon médicament anti-palu. Mon côté princesse en a définitivement pris un coup.

Sinon c'était vachement bien, je vous mets juste une photo histoire de vous faire bisquer. Ouais, je sais, c'est mal...

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Sinon pour continuer dans la débine j'ai eu, dans l'ordre, une rhino carabinée par 33 degrés, un Z'hom tout flapi à cause d'un palu (les insectes sont nos amis... vous complèterez), un mal de dos rétif dû au au fait que je me suis prise pour Rambo (pourtant ma ressemblance avec Stallone n'est plus à prouver) et un aimable serviteur d'Hippocrate qu'a pas trouvé mieux que de chercher à m'occire à coup de cachets plein de machins proches de la méthadone.

C'est le moment où vous me plaignez les gens... Allez-y, j'écoute.

Pour contrebalancer j'ai fait plein de trucs. Tellement que Z'hom m'a dit que j'exagérais vu qu'on risquait la mort par avalanche à chaque fois qu'on ouvrait l'armoire. Me restait deux options:

-investir dans un Saint Bernard, ce qui aurait franchement épicé notre vie dans notre 70 m carré parisien

-faire un sérieux tri

Bon je vous cache pas que devant les réticences des deux mâles, humain et félin, de la maison, j'ai choisi l'option deux. Mais je désespère pas de dresser Koubi à porter un tonnelet de rhum autour du cou (petite précision, sur la photo vous aurez noté que c'est pas Koubi).

                                                                         galerie_membre_chien_saint_bernard_alfz

Pour en revenir à la couture j'ai plein de trucs à vous montrer, mais vous aurez tout ça au compte-goutte. Trop de bonheur tue.

J'ai d'abord fait cette robe du Burda de mai, tellement super originale que personne l'a faite sur la blogo. Et c'est grand dommage parce que c'est la robe la plus confortable du monde. Voyez plutôt comme elle est chouette:

                                                             SNC11689

Le tissu c'est un coupon dont je n'arrive pas à définir la couleur, entre gris clair et vert tilleul, de coton gaufré. Le modèle est pas bien difficile, sauf que je me suis rajouté de quoi me pourrir la vie, sinon c'est pas drôle. J'ai rajouté une doublure en haut pour avoir une finition propre et j'ai enlevé 15 cm aux volants histoire de pas faire "Patapouf à la plage". Je me suis un petit chouille raté sur une des bretelles mais ça se voit pas. J'ai fait un faux empiècement devant parce que j'avais la flemme de faire un boutonnage, mais j'ai quand même rajouté un peu de passepoil histoire de me la péter "je joue pro". SNC11697J'ai pas mis de fermeture comme préconisé sur le magazine, là j'ai peut-être eu tort, mon opulente poitrine passe, mais je suis quand même obligée de me contorsionner pour l'enfiler. Sinon elle est impec et on peut caser, ni vu, ni connu un repas complet avec entrée, plat et dessert plus supplément barbaque.

J'ai aussi fait ce petit gilet tout droit inspiré de ce modèle Lutterloh de 1939:1939

J'ai utilisé un reste de lin turquoise qui traînait dans mon armoire depuis un certain temps. Je suis pas convaincue par le résultat. J'ai peur que ça fasse un peu noeud-noeud voire Chantal Goya. Ô toi lecteur, voix de la sagesse, exprime-toi! Ignorez ce sein, de Lucette Van Poupoule, que vous ne sauriez voir et qui dépasse allègrement. Chez moi ça couvre ce qu'il faut couvrir vu que j'ai le nichon encore haut et alerte.

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Pour lui donner un côté un peu plus rock'n'roll, j'ai pensé ôter les manches ballon et ajouter des clous achetés lors de ma virée à la Droguerie de Strasbourg. Las, même avec ça je trouve encore qu'il fait sortie de pensionnat catho et je ne vois plus guère que les traces de vomi et de substances psychotropes (aimablement fournis par mon Doc) pour lui donner ce petit supplément d'âme punk qui lui manque tant.SNC11704

Au rayon laine j'ai terminé mon chèche Phildar. Je me suis grandement améliorée, je n'ai mis que 4 mois pour finir la chose. Et j'adore mon châle, je me sens comme une bohémienne, bien que ce soit plutôt dangereux en ces temps troublés... Problème, tout le monde en veut un. M'enfin vu mon entraînement maintenant, je pourrais les crocheter avec les pieds et les yeux bandés. Voilà l'obscur objet du désir en Superbaby pourpre:SNC11706

SNC11705Valà, la prochaine fois si vous êtes sages, vous aurez droit à l'avant-première de ma collection hiver de l'an dernier, mais avant de vous laisser repartir j'en profite pour souhaiter un joyeux Niversaire à mon fossile d'Amour (oui Mounette, je sais je te l'ai déjà faite) à Nez-de-boeuf, alias soeurette 3ème du nom, ainsi qu'à mon très Joli Papa qui fête ses 32 ans, héhé.

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26 mai 2010

La Flemme

Je ne suis pas très présente sur ce blog. Tout va bien dans ma life de la mort qui tue. J'ai juste pas envie de blogger, pas envie de coudre, pas envie de tricoter. Je reviens dès que ça me chatouillera à nouveau.

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09 mars 2010

Paris-Dakar

Je viens, après une rentrée chaotique (diverses avanies collégiesques ont repoussé la rentrée d'un jour au grand dam de mes boutonneux), de regagner mes pénates scolaires. C'est donc avec joie que j'ai retrouvé ce matin mes pubères sous-dèv qui ont pu composer dans l'allégresse sur un texte de Balzac. Je peux vous dire que ça a transpiré sec (oxymore) ce matin chez les 4èmes.
Y'a pas de raison que je sois la seule à suer à grosses gouttes, car les vacances de février ont été placées sous le signe du "Lève-les-bras-fraïcheur-Narta". Que je vous explique...
D'abord faut que je vous parle de Belle Soeur d'Amûr, appelons-la BSA. BSA est un modèle de classe. Audrey Hepburn aurait sans doute eu, Dieu ait son âme, l'impression d'être une grosse souillon vulgos si elle avait eu l'honneur de se tenir auprès d'elle. Ma BSA porte le complet tailleur comme si elle était née avec, ce qui, vous le concèderez, aurait été un peu bizarre. Mais ma BSA est pas une chochotte doublée tafiole, là où les pseudos princesses hésitent à avouer leurs indigences digestives, ma BSA  vous fait l'apologie du Normacol ( on va dire que c'est une aide à la plomberie pour celles qui connaissent pas), étude scientifique sur sa propre personne à l'appui. Autant vous dire qu'elle est distrayante. Du coup je peux rien lui refuser et quand elle m'a fait des yeux de faon agonisant en me disant "Alleeeeezzzzz, viens au club de gym avec mooooooiiiii", ben j'ai pas pu dire non, malgré un vieux reste de crève et la capacité respiratoire d'une tubarde.
Bref, équipée pour l'aventure je suis arrivée dans le temple de la forme, bien décidée aussi à en finir avec les clichés comme quoi les body-builder sont des huîtres et les clubs de sport des parcs à moules.
Hélas, je n'avais pas tout à fait tort. Equipées disais-je, de nos collants moulant élégamment nos formes galbées par deux jours de baffrage intensif de tartiflette ainsi que de la cousine de BSA, qui elle aussi porte le tailleur mieux que la Duchesse de Windsor elle-même (à croire que c'est de famille), nous sommes descendues dans la salle où devait avoir lieu une pratique sauvage consistant à tuer l'innocente créature que je suis à coup d'abdo-fessiers. Comme nous étions en avance nous avons attendu près des machines que les tas de muscles ont envahi dès qu'ils ont senti l'odeur de la femelle nubile. Je me suis soudain sentie comme un pot de nutella dans un camp de régime pour obèses. Ne parlons pas de l'entraîneur fou qui vous déballe un discours incohérent sur les moeurs des crocodiles pendant que vous découvrez que vous êtes pourvue de muscles à des endroits que vous ne soupçonniez pas, de la musique que ne renierait aucun Macumba club, des vieilles ados en caleçon stretch qui minaudent avec le prof pour qu'il mette "les petites étoiles vertes" (comprenez le stromboscope) et vous comprendrez l'enfer que j'ai vécu. Le lendemain, mes ischios-jambiers avec qui je vivais dans une reposante indifférence se sont manifestés de façon fort bruyante. J'étais à deux doigts d'installer une grue pour me relever du trône.

Du coup j'ai décidé de suer autrement et après mes muscles (ou du moins ce qui en fait office), de me préparer une petite valise pour les vacances prochaines. Un prof, c'est bien connu, ça ne pense qu'à ça. Et en plus quand le prof en question part loin, les blonderies des boutonneux pèsent pas lourd contre un aller-retour Paris-Dakar.

Comme je vais importer mes augustes miches en Afrique dans 1 mois et demi, et qu'évidemment je n'ai rien à me mettre, j'ai profité des vacances pour me coudre une garde robe complète et légère. Très légère. Très, très légère... Une vraie garde-robe dans la thématique bimbo. Voyez plutôt:

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D'abord ce modèle de bustier Burda de juin 2009, en jersey de la Croix Chavaux dans le plus pur style Bimbo tropézienne. Vu également ici, il est facile à faire, rapide et avec un gilet et un pantalon en tweed, on ne vous soupçonnera pas d'entretenir un culte à la mémoire d'Eddy Barclay.Ensemble1

Ensuite j'ai pris un reste de coupon de mousseline de soie dit aussi "Coupon maudit" ou "Tissu de l'anathème qui te fout grave les boules", car tout ce que j'ai cousu avec a été importable. J'avais choisi ce modèle: le 6559 de chez New Look, déjà utilisé ici, pour finir mon mètre restant. Et je me suis vautrée. Lamentablement. Parce que je suis allée trop vite. Pour ne pas rester sur un échec qui m'aurait plombé le moral j'ai pris un chèche acheté une misère avec une couleur sublime, que même tu as le teint d'une double aspirine t'as l'air d'avoir couru dans les prés toute la journée, et j'ai taillé dans le tas. Que vous dire, j'adore le résultat, la doublure donne l'impression que Dieu a mis des formes là où il devrait logiquement y en avoir et les petits volants me filent un air délicieusement Belle des champs, Bimbo de la Creuse, plus jolie fille du hameau, voire du village.                    Ensemble_2

Après j'ai eu une folle envie de faire sa fête aux rideaux vintage donnés par Mimi Kaolin l'an dernier. J'ai repris ce patron Mc Call déjà essayé et approuvé là et j'y suis allée gaiement. Autant vous dire que j'adore ma robe Bimbo de Goa mais qu'il y a deux problèmes:

- les coutures se barrent à cause des parties ajourées du tissu qui prennent un malin plaisir à péter dès que je déplace légèrement ma fesse droite sur la gauche (si, si, c'est possible).

-Elle est courte. Très. Jugez-en par vous même. Et je pense que je vais la porter en tunique, parce que je suis pas sûr d'assumer l'étalage charcutier y compris par 35°.

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Ensuite pour faire un peu couleur locale, j'ai plongé dans mes stocks pour en sortir ce wax. J'ai fait un truc que je ne fais jamais, au grand jamais, parce que l'approximation me fout une trouille bleue, en couture comme ailleurs, j'ai fait mon patron à l'arrache grâce à ce tuto. Petits plis pour la touche personnelle et si vous êtes pas complètement miro, vous verrez peut être les petits boutons ajoutés en haut en déco. Voilà ma jupe Bimbo Dakar-sur-Seine.Ensemble_4

Ensuite j'ai ressorti la fin de ma toile de coton rose, la bien épaisse et très agréable à coudre et à porter trouvée chez Stop Tissus l'an dernier, et j'ai coupé ce pantalon tiré du Burda d'avril 2009, style bimbo londonienne seventies sur lequel je fondais beaucoup d'espoir. J'ai fait une taille 35 jusqu'au genou puis une taille 36 pour le bas pour conserver une belle ampleur. J'ai monté la braguette, et avec sous-patte s'il vous plait, grâce à ce tuto vidéo japonais dont je vous ai déjà dit moult bien. Que vous dire? On dirait qu'il a été taillé pour moi. Euh,en fait il a été taillé pour moi. Confortable, joli, il est encore mieux que dans mes rêves les plus fous. Sans déc.Ensemble_5

Voyez ma merveille, mon précieux avec vue aérienne sur... Enfin avec vue aérienne quoi.

Pour finir, parce que les nuits peuvent parfois être un peu fraîches, j'ai pris une maille légère pour y couper un boléro à partir de ce patron:6559

3 pièces, 1h20 de couture, super facile à coudre et assortir, et un boléro auquel j'aurais presque rajouté des manches triple volants histoire de faire ma bimbo Brasil ou de ressembler à Chiquita danseuse de Mambo, la corbeille à fruits sur la tête en moins.Ensemble_6

Et là vous vous dites, ça vire au pathologique, on va un jour la retrouver grognante et sale au milieu de ses tissus, se nourrissant exclusivement de patrons Burda. Ben figurez-vous qu'en plus de me livrer à d'honteuses activités solitaires, je me suis aussi livrée à mes vices en public lors d'activités de groupe.

On s'est retrouvées entre cousettes un dimanche chez la Bohémienne pour coudre japonais, une grande première pour moi, manger des gâteaux et bavasser sur la vie, l'amour, les poches passepoilées. Pour celles que ça intéresse, les photos et le compte rendu, fait bien mieux que moi par la Bohémienne, sont ici.

Voilà, la prochaine fois, si vous êtes sages, j'essaierais de faire concurrence à ma Belle Soeur d'Amûr pour le titre de plus belle working girl de l'année.

Posté par nedjmaia à 17:48 - Commentaires [39] - Rétroliens [0]