Noueuse d'aiguillette

27 avril 2012

Jardinure et couturage

"Il faut cultiver son jardin" comme dit Voltaire, Jeannot de son petit nom et qu'a sans doute jamais tenu une binette de sa vie. M'enfin je suis bien contente qu'il ait pas sacrifié l'écriture à la culture forcenée de la carotte nantaise. Je sais, tant de culture(s) vous éblouit, mais c'est bien normal vu que c'est relativement mon fond de commerce.                                            téléchargement

Bref malgré la crédibilité quasi  zéro absolu du sieur Arouet en Nicolas le jardinier, on ne peut qu'applaudir devant tant de sagesse. Si vous avez suivi, et vous avez suivi, d'ailleurs je ramasse les copies à la fin, vous savez que la nature, les petits oiseaux, les primevères et tout ça, c'était un truc avec lequel je cohabitais vaguement en bonne indifférence. "A part la culture intensive du poil", comme le dit pernicieusement Z'hom, en me rappelant que j'avais pas été tout fait imperméable aux moeurs pilaires de la Grande Germanie près de laquelle j'ai passé mes 30 premières années, bref, à part ça, toute idée de faire pousser des trucs me filait des vapeurs.

Ma mère qu'a la main verte comme c'est pas permis, a tenté à plusieurs reprises de m'initier à tout ça avec de la plante Rambo qui crève pas même si on l'oublie. Mais la triste vérité s'est vite fait jour pour ma génitrice, j'étais incapable de m'occuper d'un truc qui miaule pas quand il a faim. Autant vous dire que Koubi a pas intérêt à devenir aphone...

Mais le Home sweet Home a tout changé. Quand on est arrivé en automne, y'avait de la citrouille. Pas du cucurbitacé de tafiole qui pousse sous cellophane, mais de la bonne grosse citrouille dans le plus pur style burtonien. J'ai arrosé avec fierté mes collègues de mes productions maraîchères et ça a été une joie sans cesse renouvelée pour mes sadiques compagnons d'infortune de me voir débarquer en suant, moi et mes 50 kilos avec mes enclumes orange. Du coup ça a été le déclic. Comme tout, ou presque, passe chez moi par l'estomac, je me suis mise à rêver de pléthore de radis croquants, tomates juteuses et autres pimpants petits pois.

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Bon, il faut être honnête, entre le désir et la réalité, il y a un écart voire un abîme qui frise la profondeur de la fosse des Mariannes. J'ai découvert sous l'oeil hilare de Z'hom que le maniement de la bèche n'est pas une évidence quand on est gaulé comme Jean Claude Duss, que l'argile c'est merveilleux sur la tronche mais pas terrible dans un potager et qu'il ne suffit pas de faire un trou dans la terre et de jeter quelques graines négligemment pour que ça pousse. Mais j'ai surtout découvert combien décaillouter une bande culture détend l'Homme enfin la Femme moderne, genoux dans la glaise et cerveau sur off. Un peu comme devant une machine à coudre mais en plus salissant. 

Maintenant que je suis à J-3 de ma 1ère récolte de radis flamboyants, j'ai toute latitude de vous montrer 2-3 trucs de fin de saison froide:

D'abord ce spencer en velours milleraies bleu canard déjà utilisé pour faire ça. Le patron vient d'un Burda Couture Facile- Easy- Peasy de l'hiver 2006. Elle est entièrement doublée et j'ai bien soigné les finitions. Pour un résultat encore plus soigné, j'ai utilisé mes boutons à recouvrir achetés aux puces des couturières de Champigny. Et puis j'ai customisé le tout avec un morceau de ce divin perlé des années 30 donné par une collègue. Couture à la main évidemment vue la délicatesse de la chose. SNC12000Techniquement elle est réussie, voyez-vous même, mais y'a quelquechose qui me chagrine.SNC11997 Peut être parce que la couleur ne va pas avec grand chose, peut être que c'est la coupe, peut être est-ce parce que Lucette Van Poupoule, la garce, la porte mieux que moi. Vous remarquerez que Lucette a pris de nouvelles couleurs, quelle cabotine celle-là. Bref, je trouve la coupe peu flatteuse sur moi.SNC11998

J'ai également fait ce cache-coeur tiré du Burda de mars 2012 dans un reste de jersey blanc. Vous noterez ma flemmingite récurrente qui fait que j'ai pas cherché plus loin que la photo du modèle. Bon, là aussi il est techniquement réussi, même si je me suis pas foulée, j'ai laissé les bords à cru, mais je dois me résigner, mon hypotrophie mammaire rend moyen dans ce type de vêtement. Et puis il faut être honnête, le bas remonte tellement que si on ne met rien en dessous on risque de provoquer une émeute dans le quartier. Ou pas dans mon cas.                                               SNC12001

Enfin j'ai tricoté près du sapin cette charmante robe de chez Phiphi qui rend rien du tout sur la photo faut bien l'avouer. Le modèle vient d'un Phildar de 2010, le n°6 je crois et est tricoté en Wilky. Du jersey au kilomètre, le repos de l'âme. La robe est bien plus jolie en réalité au vu de la récolte de compliments, essentiellement masculins, reçue au collège. Problème, elle est très, très chaude. J'ai l'impression d'être un jambon en croûte à pein sorti du four et emballé sous une triple couche d'alu. Si pour travailler dans des classes surchauffées elle n'est pas adéquate, je pense que si je me lance dans un trekk au Népal elle sera parfaite.

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Je tiens à remercier le temps de ces 15 derniers jours pour la lumière hideuse qui m'a permis de faire des photos aussi moches, m'enfin on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a .

La prochaine fois si vous êtes sage, je jouerais la dormeuse du val.

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20 mars 2012

Oh! Un hibou!

J'ai toujours détesté la campagne. Réellement. Tout juste, quand j'étais une naine, acceptais-je de me rouler un peu dans l'herbe après une inspection méticuleuse et en règle pour voir si une bête fourbe n'allait pas en profiter pour mordre l'endroit le plus tendre de mon intégrité (j'ai dit tendre et pas mou). D'ailleurs la frangine de mon fossile adoré, qui élève des vaches dans un coin de Lorraine, avait achevé de sceller cette aversion pour le champêtre en m'emmenant voir des petits veaux, pensant sans doute que "la gamine qu'est pâlotte, là, elle les a jamais vues que sous cellophane". Sauf que j'avais 4 ans et que je me suis retrouvée face à des bêtes qui m'ont parue énormes, moi qui frôlait le mètre-dix les bras levés sur un tabouret, et elles avançaient vers moi un mufle dégoulinant me faisant furieusement penser à la chose au nez suintant avec laquelle ma mère était sortie peu de temps avant de l'hôpital, alias ma soeur Nini.

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Vous imaginez donc combien ô rage, ô désespoir, ô gazoil ennemi, quand à l'heure de la première pétrôlette, ma Mounette m'annonça qu'on allait vivre dans une belle maison toute neuve dans un village qu'est trop bate sa mère. Je me voyais déjà en train de pédaler sur une dynamo qui me permettrait d'alimenter un poste tv noir et blanc pour regarder Julien Lepers-qui-est-quand-même-bel-homme pendant que Robert, mon alter ego, boirait un coup de schnaps. Bref du haut de mes 14 balais j'ai grave fait la tronche. Ce n'est qu'après avoir débarqué en région parisienne que je me suis rendue compte que je me fourvoyais lourdement. Après 5 ans de "plus belle ville du monde", de gens qui font la gueule et ne vous disent pas bonjour, d'harmonieux concertos pour klaxons majeurs qui m'ont fait frôler l'infractus (comme disent mes têtes vides) et l'impossibilité totale de dormir la fenêtre ouverte en été sous peine d'être réveillée à 5 heures du matin par le livreur de roteuses du bar d'en bas et les joyeux éboueurs, je me suis surprise à soupirer après le moindre brin d'herbe. 

Du coup le côté petite maison dans la prairie de notre nouveau HSH (home sweet home) a pesé lourd dans la balance. Et quand la proprio nous a dit en plus qu'on avait un hérisson, j'ai manqué défaillir, bien que ça se bouffe pas trop le hérisson. C'était sans compter d'autres surprises. C'était dans la nuit brune, sur le clocher jauni sous la lune, comme dirait l'autre, j'entends un "OUH OUH", alors que j'allais sommer au boulet félin de rentrer sinon ça allait chauffer pour son fondement de chat. Là je me suis très finement dit: "C'est pas Koubi". Bref on a une chouette, ou un hibou, je sais pas trop faire la différence, suis une fille de la ville, qu'a décidé de passer ses RTT dans un de nos arbres. Car c'est connu, auprès de mon arbre je vivais heureux. Alors depuis je me la pête suprêmement auprès de mes collègues qui n'ont pas la chance d'être aussi bien pourvus ornithologiquement parlant: "Comment, t'as pas de hibou??? OUHHH, la honte". Comme quoi, la nature, c'est terriblement hipster.

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Sinon voilà la terrasse derrière laquelle se trouve l'arbre de MON hibou et où je vous montre une nouvelle fournée de trucs faits récemment:

-Tout d'abord une tunique couleur Grand Duc pour les froides nuits d'observation de rapaces. C'est un modèle Phildar du catalogue 043 si j'ai bonne mémoire, tricotée en Phil light aiguilles 9. C'est dire si c'est rapide. Bon c'est d'ailleurs tellement facile que l'ennui rôde comme une effraie en chasse.

                                                       

J'ai gardé la taille d'aiguille préconisée pour avoir un résultat un peu plus large que ma taille. Le résultat est sympa mais un peu trop cocoon décontract beatnick pour la porter au boulot. En plus la laine est très chaude et douillette, mais paraît qu'elle vieillit mal. Du coup j'ai un très agréable nouveau doudou d'hiver.

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- J'ai ensuite repris le patron gagnant du pantalon Burda d'avril 2009 et j'ai taillé dans un coupon de laine beige rosé, acheté chez Emmaüs, cette petite chose:

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Bon là il est brique, mais en fait la couleur est bien plus claire et pour tout dire, bien plus chouette.

Vu sur la face nord comme d'habitude et avec comme d'habitude un commentaire valorisant de Zhom'," Oh il fait presque disparaitre ton popotin rihannesque" (oui parce que chez nous le mètre-étalon-popotin c'est Rihanna). C'est officiel, je vis avec le Prince charmant.

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Enfin, quand j'ai vu la jupe de Saki, là, j'ai sorti mon Tendances couture n°3 et j'ai coupé cette petite jupe très seyante:

                                                                 SNC11984bis                                               

Le tissu vient du marché de Saint Denis, c'est une laine mélangée avec un joli bord brodé. D'ailleurs il m'en reste assez pour faire un short que je porterai pas, l'hiver prochain. Le tout est en 36 qui tombe impec' et d'une facilité extrêmement gratifiante. Dedans j'ai l'impression d'être la Hulotte des hôtes de ces bois_ monomaniaque, moi, jamais. Pour de plus jolies finitions, j'ai brodé l'ourlet d'un biais avant de le replier. Ma jupe est donc aussi belle dehors que dedans.

La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous prouverai que le déguisement de Muppet n'est pas forcément toujours un Tue-l'Amour.

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01 mars 2012

Cocoon

Je pourrais vous dire que j'étais partie élever des chèvres dans l'Himalaya, que j'ai été coincée dans une faille spatio-temporelle ou que j'ai été retenue en otage pendant six mois par des parents d'élèves qui militent contre le E accent grave sur événement. Mais j'aurais pas été crédible vu que toutes les bestioles me font peur sauf quand elles sont cuites, que j'ai pas de porte des étoiles ni de sceptre magique à disposition chez moi (et accessoirement que ça se commande pas encore sur le net) et que le E accent grave sur événement les parents de mes élèves s'en tamponnent allègrement si on en juge par leur orthographe parfois calamiteuse dans les mots qu'ils me laissent. Comme quoi souvent le fruit tombe pas très loin de l'arbre...

Nan, en fait pour ceux qui suivent, et je suis sûre que vous suivez TOUS, j'étais overbookée, au moins autant que deux employés de Pôle Emploi en ces temps de "Y'a-pas-autre-chose-que-des-pâtes-jusqu'à-la-fin-du-mois". Donc j'ai passé les épreuves du concours de super-prof. En vrac: "Que faites-vous lors d'une intervention d'urgence où vous n'avez aucune autre arme à disposition que 3 scènes d'exposition de Beaumarchais?" ou encore une séance de torture psychologique de 7 heures sur La Fontaine pour voir si je peux résister à tout. Je sais pas si je m'en suis sortie, mais je me suis battue jusqu'au bout. Comprenez "J'ai sué pendant 7 heures dans mon ravissant t-shirt Burda qu'était plus ravissant du tout à la fin du temps imparti, mais j'ai fini les deux dissert'. On saura ce mois-ci si je remets le couvert pour les oraux en avril.téléchargement

 

Ensuite pour me compliquer encore la vie, on a trouvé une maison. Et là, sur l'échelle de stress l'Agrég, en comparaison c'est de la grosse gnognotte. Faut dire qu'avec Z'hom ça fait 3 ans qu'on cherche un nid douillet. On a visité une quarantaine de bicoques, de la maison de l'horreur avec cave glauque aux murs suintants à la maison cromignonne mais qui part dans l'heure. On cherchait donc plutôt mou et sans trop de conviction quand on est arrivés devant le portail de Home sweet Home. Et bon, là, le coup de foudre ça s'explique pas, ça fait chaleuuur et foutcheball dans votre tête, vous entendez la samba brésilienne et vous avez envie de vous mettre des plumes quelquepart en vous trémoussant pour montrer votre joie. Seules votre volonté de pas passer pour une échappée d'HP et la moue dédaigneuse de circonstance que vous devez afficher pour pouvoir négocier ensuite vous empêche de vous exprimer librement. Bon après moults vicissitudes on l'a eue notre maison. On est donc pauvres comme Zob depuis, mais on est heureux.

                                                         maison-de-reve

Euh sur la photo vous aurez bien compris que c'est pas notre pavillon en région parisienne (dans le cas contraire je crains que personne ne puisse plus rien faire pour vous...).

Pour finir, ben il a quand même fallu faire des travaux. Parce que la casbah elle avait l'air toute pimpante avec les meubles de l'ancien proprio, m'enfin les murs couleur carotte et la peinture talochée façon tas de boue, allez savoir pourquoi ça me plaisait moyen. Z'hom s'est donc découvert une passion pour l'enduit de lissage et la ponceuse. Vous voyez bien que même avec la meilleure volonté du monde je pouvais ni coudre, ni blogguer. D'ailleurs je m'excuse de pas avoir répondu aux gentilles lectrices qui m'ont laissé une bafouille et à la place je les bisouille avec componction.Voilà, c'est dit.

Alors y'a quand même un bon côté des choses, j'ai MON atelier, mon antre du tissu, mon temple du découd-vite, bref une toute petite pièce pour m'éclater du pied invisible. Ouais, je sais, là vous bavez de concupiscence devant votre écran. Sauf celles qui ont une plus grande pièce que moi, mais à elles je leur parle plus, bande d'ignobles nanties qu'elles sont...

Donc j'ai des trucs à vous montrer. D'abord le premier truc cousu dans Home sweet Home. Là j'ai eu un coup de chaud parce que des fois, je suis superstitieuse. Alors bon, c'est comme la mariée qu'il faut pas qu'elle se prenne les pieds dans son voile en dentelle de Calais comme une gourdasse sur le pas de sa porte (déjà qu'elle vient de se rendre compte de la suprême bêtise qu'elle a faite) sinon ça porte malheur, j'étais intimement persuadée dans le fond de moi-même qu'il était capital que j'inaugure cette maison par une réussite. J'ai triché, j'ai choisi un teesh parfaitement bêta du Burda Couture les doigts dans le nez de cet hiver.000001858980

En fait j'avais vu le même dans un manga dont je me suis empressé d'oublier le nom et je trouvais ça Uber-sexy comme on dit à Tokyo. J'ai donc pris un coupon de jersey gris chiné de la Croix Chavaud qui s'est avéré d'une qualité exceptionnelle. Rien que ça. Sinon cousu en une soirée, manches exprès trop longues pour le porter basculé sur une épaule, je rentre en dépression nerveuse à chaque fois que je dois le laver. Valà, valà mon doudou de grande fille:SNC11967              SNC11977

 

Une fois lancée j'ai ressorti un autre Burda "Trop simple Olympe", celui d'il y a deux ans et j'ai fait cette blouse qui me fait penser, allez savoir pourquoi à Melle Chatoune dans Oui-Oui. 000001800556Et le premier qui fait une remarque sur mes références littéraires je lui démonte la 3ème vertèbre fissa... J'ai fait la version E, celle avec la lavallière et le plastron à plis religieuse. Sauf que j'ai vite abandonné l'idée de plis de nonne vu que mon tissu était trop instable pour ça. Sinon tout s'est déroulé comme un rêve jusqu'au montage des manches. Les manches ballon se sont avérées être des manches montgolfière me transformant en un magnifique Goldorak. J'ai ravalé mon envie de tout passer à la poubelle et j'ai monté des manches basiques. Après que du bonheur, sauf que ça tire au niveau de épaules et que ça fait de petits soufflés fort disgracieux, voyez vous même (j'ai eu la flemme de repasser et maintenant je regrette, mais là, tout de suite j'ai la flemme de reprendre des photos. Ma vie n'est que misère): 

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Je soupçonne le col d'être trop tendu, ça devrait être de l'ordre du rattrapable. Voilà la ravissante mais pénible blouse portée avec un slim et des bottes parce que dans le rôle de la jeune fille toute fraîche sortie du pensionnat je trompe plus que les porteurs de culs-de-bouteille.

                        SNC11962                  SNC11964

 Enfin il m'aura fallu trois mois pour arriver à bout de Bégonia, commencé dans l'ancien appart et fini dans notre nid d'amour. Y'a eu des erreurs de faites et il est en acrylique bien crado, mais je l'aime beaucoup, beaucoup. Le modèle est disponible gratuitement sur Ravelry et c'est que du bonheur.

                                          SNC11970            

La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous parlerais de la chouette qui vient hululer chaque nuit dans notre jardin.

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25 août 2011

Je suis passée par là, j'ai vu de la lumière

Bon, il se trouve que je vous ai habitué, je suis un courant d'air. La vie est un gros bouillon breton, bien que disons-le tout net, il n'y a JAMAIS d'intempéries en Bretagne. Et là question météo j'étais plutôt raccord avec celle de l'été.

M'enfin rien de grave, juste de grosses frayeurs et des trucs pénibles comme une crise d'hémorroïdes, bien que mon fondement de princesse ignore tout des basses avanies humaines, vous vous en doutez.

Parfois y'a aussi des trucs sympas qui vous arrivent, mais ça je vous en parlerai plus tard histoire de pas attirer la schkoumoune. Je vous avais tantôt, en des temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, promis de disséquer du Velu, celui qui vous pourrit la vie au quotidien mais qui est bien pratique en hiver quand vous avez besoin, à peine glissée dans vos draps douillets, de réchauffer vos petons jolis en les collant sournoisement contre le corps chaud de la Bête. Je ne traiterai que du Velu domestique; le Velu sauvage étant une espèce que je ne fréquente plus depuis longtemps (mais qui peut se dresser fort bien cela dit). 

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Tout d'abord le Velu est naïf, il regarde le monde avec les yeux émerveillés d'un enfant ou d'un réjoui de la paroisse, c'est selon. La preuve, malgré les preuves scientifiques que vous lui avez apporté (un article dans Closer et un post du blog starsanspâtéencroûtesurlatronche.com), le Velu continue à croire que Lou Doillon est nichonnisante et que la très espagnole Pénélope n'a jamais entendu que très vaguement parler de l'existence des poils quand votre vie est un combat permanent contre l'envahisseur. 

Le Velu ignore également les basses besognes et quand vous lui rappelez que votre nom de baptême n'est pas Conchita et que jusqu'à preuve du contraire le gène féminin de la serpillère n'a pas encore été découvert, il vous regarde interloqué en finissant par vous dire "Bah regarde, c'est des mains d'aristocrate, elles peuvent pas faire la vaisselle..." (et vous vous avez juste envie de lui rejouer 1789).

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Le Velu est fragile. Au moindre courant d'air, même s'il a une carrure de bûcheron canadien, il se transforme en petite chose geignante et attendrissante. C'est là qu'en général on se laisse prendre au piège. Le Velu, à coup d'oeil de Bambi en phase terminale va réussir à vous asservir complètement, vous transformant en femme idéale (50% Conchita imberbe, contrairement à Pénélope, 50% infirmière), qui lui aportera avec amour sa tisane ("Mais pas trop chaude ma Chérie et puis mets une cuillère de miel, mais pas celui au romarin, j'aime pas le goût").

Le Velu manifeste sa tendresse de façon particulière. Alors que vous rêvez qu'il vous appelle Mon doux, mon grand, mon merveilleux z'amour, vous avez droit à des surnoms tirés de la ménagerie de l'enfer. Le Velu vous donnera des noms d'animaux moches ou qui puent (mon hippopotame d'amour, ma tendre moufette) tout en faisant pouet-pouet cellulite à chaque fois que votre fondement passe à portée de ses pognes.

Le Velu ne sait pas faire les courses. Et cela même si vous avez pris la précaution de lui donner une liste. Il vous dira tout penaud en rentrant "J'ai pas trouvé de carottes. Par contre regarde ce chouette saucifflard ail-pistache-muscade- fraise des bois que je te ramène". Il ne comprendra pas alors pourquoi vous ne vous ébaudissez pas et trouvera mesquin que vous fassiez la tronche parce qu'il a dépensé 1 mois de courses dans des cochonneries qui ne nourriront votre cholestérol que durant 1 jour et demi.

Enfin le Velu a des goûts étranges. Alors que vous avez passé un temps fou à coudre une robe longue trop hype façon nurse anglaise victorienne psycho-rigide, il ne manifestera qu'un enthousiasme extrêmement mou en disant: "C'est pas mal pour une robe de moine. T'as l'intention d'adopter la tonsure aussi?". Parce que la vérité est là, le Velu aime le court, le moulant, le décolleté dans le plus pur style "J'aère mon Mont Ventoux". Genre ça: 

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M'enfin j'exagère un peu...

Sinon j'ai fait plein de trucs, depuis le temps, même si mon activité couturistique s'est cosidérablement ralentie depuis que j'ai décidé de passer un concours de profs qui me permettra de devenir super-prof. Mais ça j'en reparlerai plus tard.

D'abord ce haut Mc Calls, tiré d'un patron qui doit être dans une caisse et que donc je peux pas vous donner la réf. Au départ je vous cache pas que c'est un cache-coeur. Mais une sombre histoire de mauvais calcul de tissu (me restait qu'un mètre de ce très joli voile), m'a interdit d'achever l'objet de mes rêves. Du coup j'en ai fait un top à nouettes façon That 70's show. Porté avec mon jean papattes d'éléphant il est sublime et arrive presque à faire quelque chose de mon absence de glandes sa mère.

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Ensuite, ouvrez bien grand vos yeuses, voilà the bon plan of the Hell. Je sais plus trop comment je suis arrivée là-dessus (Alzheimer naissant ou alcoolisme galopant), toujours est-il que je suis tombée sur le site russe des patrons Leko qui proposent des patrons à télécharger à vos mesures. Et pour moi ça a été Noël en plein juillet puisque tous les patrons sont disponibles gratuitement dans une seule taille qui correspond, à 1 ou 2 cm près à la mienne. C'est jeune padawan de l'aiguille. Bref j'ai testé un petit modèle avec une chute de jersey. C'est le 5665, celui-là et sur moi ça donne ça.          SNC11934

Le patron est super bien taillé, j'ai raboté deux cm sur les côtés pour que ce soit parfaitement à mes mesures et je suis ra-vie. J'ai déjà prévu de me faire une saharienne (qui sera sans doute prête pour janvier 2034 au rythme où je couds). Cerise sur le gigot, ça ne prend qu'une petite heure à coudre. Ne me remerciez pas, c'est tout naturel...

Y'a quelques mois j'ai aussi fait ça à partir d'un système australien des années où qu'on fumait des trucs qui font rire en portant des pantalons pattes d'éph qui faisaient rire aussi: le Dot pattern system. Je me suis plantée sur le décolleté, je l'ai trop creusé, mais je le porte pas devant les boutonneux comme ça, il serait de très mauvais goût d'en perdre un lors d'un cours enflammé sur l'article indéfini et ses mystères. Il est en jersey acheté à Montmartre dans une boutique dont je me suis empressée d'oublier le nom. Ignorez la pause de pin-up, j'ai voulu innover, j'aurais mieux fait de m'abstenir.

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Pour contrenbalancer l'effet déprimant de ce lumineux été j'ai également cousu un petit t-shirt tout ce qu'il y a de plus basique. Certaines auront reconnu le modèle du Burda de juillet. Je l'ai fait dans un jersey acheté il y a 6 mois à la croix Chavaux. Il est confortable, sexy et facile à faire. Même Z'hom qu'aime pas le côté sac à patates (du court et du moulant vous dis-je) a grogné pour marquer son contentement. Là la photo ne lui rend pas justice, mais je ne désespère pas d'avoir bientôt un endroit plus sympa où vous produire des clichés qui violentent la rétine.                                  SNC11935

Enfin en tricot j'ai produit un chef d'oeuvre. Rien de moins. Il faut dire que ça faisait des plombes que je bavais sur ce modèle du Vogue knitting de l'an dernierjpg010. Je regardais les versions des autres comme une furieuse toutes les semaines, rêvant du jour où il serait mien. J'ai mis un bon mois pour en venir à bout, j'ai cru devenir cinglée sur les diminutions du point dentelle, mais j'ai compris  le truc. Voici donc mon précieux en laine Aurore framboise de chez Phiphi. Vous avez le droit de pleurer un bon coup à l'idée que c'est moi qui ai cette merveille dans mon armoire, je vous en voudrais pas.SNC11943SNC11945

Enfin, tout ragaillardie par le succès j'ai commandé 5 pelotes de Laguna à la filature de Valgaudemar pour faire ça.scan-47 Je pense que ça doit être le fait d'avoir grandi à proximité de la Grande Germanie, mais je suis inconsciemment attirée par le dirn'dl (et la bière et les patates et la charcut'). Le modèle s'appelle Ambrosia, il est dans le Interweave Knits de l'été 2010, il est très mignon, mais la laine ça a été une erreur de casting. Voyez plutôt:                                               SNC11947

Il se trouve malheureusement que l'effet feutré et rustique je suis pas fan et bien que plutôt mignon, je suis pas sûre de porter un jour mon gilet.

Voilà, la prochaine fois, si vous êtes sage, je vous expliquerai comment la marmotte, à l'automne, migre dans un terrier tout neuf.

 

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25 février 2011

Parcours du combattant

J'ai été élevée par un militaire. Le genre grand golgoth nourri à la potée, qui terrorisait le moindre courageux prétendant acnéique qui osait pénétrer dans l'antre de la Bête. J'ai également eu le privilège d'assister à tous les barbecues de caserne alors que j'étais ado. Occasion pour tout le régiment de desserrer un peu le treillis et de manger plus liquide que solide sous l'oeil inquisiteur des bobonnes, davantage craintes que le Colon, soit-dit en passant. Je rappelle que le Colon, dans une caserne, c'est pas celui-qui souffre du syndrôme irritable (ce qui, je vous l'accorde, peut vite transformer l'endroit clos qu'est la chambrée en enfer), mais le grand Patron, le Boss, celui qui va chercher Rambo pour aller faire la guerre aux Viets.

Inutile de vous dire que je garde de cette époque une grande réticence à porter du kaki et qu'écouter du clairon me déclenche un tic incontrôlable de la paupière droite. Mais j'ai également acquis une grande résistance dans l'épreuve et, heureusement, parce qu'il m'est tombé dessus une mission que même le zigouillage de l'intégralité de l'armée afghane par Sly en comparaison, c'est un stage pâte-à-sel et macramé. rambo_879

Récemment j'ai récupéré la tuture de BSA (belle soeur d'amour pour les intimes), il fallut donc que je vendions ma Titine à moi, surnommé "The Love Boat", puisqu'une soixantaine de boat-peoples soudanais y tiendrait amplement. La voiture idéale pour une jeune conductrice à Paris, vu le gabarit de la bête. Bref, après avoir imprimé une énième bosse dans la carrosserie de la vieille dame, je me suis décidée à m'en séparer.

Et là je me suis rappelé Lamartine et son "Objets avez-vous donc une âme, qui s'attache à notre âme et la force d'aimer". Grave. Dès lors j'ai eu l'impression que ma grosse Simone désapprouvait silencieusement ma décision.

D'habitude je suis une fille relativement rationnelle. Je ne me balade pas avec un tricorne sur la tête, la main coincé dans le gilet en exigeant qu'on m'appelle Bonaparte (quoi que... avec mes 3èmes...), pas plus que je ne monologue seule dans les endroits publics et je n'ai plus d'amis imaginaires depuis au moins deux ans. C'est dire si je suis saine d'esprit. Mais là, quand j'allais chercher Titine, j'avais l'impression qu'elle avait le phare triste et l'aile avant basse (et c'était pas parce que je m'étais tapé un poteau deux semaines plus tôt). Je culpabilisais donc comme une folle un peu.

Et puis il a fallu la mettre en vente, organiser les visites et la pomponner pour qu'on voit pas trop que le jupon de la vieille était un peu défraîchi.

C'est le moment pour un Big Up, comme on dit chez Castel, pour Z'Hom qui s'est tapé le tour du proprio avec les acheteurs potentiels. Y'a eu le couple qui essaie d'avoir la tuture pour rien, le vieux qui veut la voir alors qu'il est à 900km et le jeune Kèv' avec casquette mal enfoncée intégrée. Elle a fini par partir dans le petit matin pâle, triste et cahotante de tant d'ingratitude sur les routes du 9-4. Titine est morte, vive Toutoune!!! J'ai à présent une voiture normale, et quand on me regarde avec insistance la carrosserie je sais que c'est à cause de ma grâce renversante et non plus parce que j'ai le cligno avant qui pend lamentablement depuis 10 kilomètres.

Pour me remettre de mes émotions j'ai cousu pleins de trucs pour moi, mais pas que...

Z'hom a une cousine dont le boulot est de s'envoyer en l'air régulièrement pour emmener des touristes couleur bidet dans des pays inconnus aux éternels étés où l'on vit presque nus, mais avec un écran total 50, sur la plage (merci Charles) puis de les ramener dans Paris l'ensoleillée avec un bronzage pâté en croûte à montrer aux collègues. Bref BCA (belle cousine d'amour) est hôtesse de l'air.accueil Je tiens d'ailleurs à avertir mon lectorat masculin qu'il est inutile de me soudoyer pour obtenir son numéro de téléphone, je suis à peu près incorruptibl. BCA avait donc besoin d'une petite robe légère, introuvable dans les boutiques à l'heure où on solde les dernières moonboots. Elle avait une idée précise et en farfouillant dans ma monstrueuse collection de patrons j'ai trouvé ça:246_a_1_

C'est un modèle Lutterloh de 2008 si ma mémoire est bonne. J'ai naïvement pensé que ce serait une partie de rigolade, ben que nenni et je me suis rappelé pourquoi ça me file de l'eczéma de coudre pour les autres. J'avais pas BCA sous la main et j'ai donc du faire la partie inférieure au pif. Je vous le dis sans ménagement, je m'a vigoureusement trompé. Ce qui fait que j'ai du recommencer avec un tissu moins beau que celui initialement prévu; ça m'apprendra à me prendre pour la reine de l'aiguille jersey à bout rond. J'ai doublé l'empiècement du haut, mais c'est perfectible. Et comme je trouvais l'ensemble un peu tristoune, j'ai cousu à la main un des cols achetés aux puces des couturières l'an dernier.SNC11818

 

Après j'ai couturé pour moi mais uniquement des trucs marron parce que j'avais la flemme de réenfiler ma surjeteuse.

Y'a d'abord eu le short... Pendant de longues années j'ai refusé de porter des trucs au-dessus du genou, claironnant à ceux qui se gaussaient de mes attifements de bonne soeur que la longueur sous genou c'était classe. La vérité c'est que je souffrais d'une pathologie psychiatrique rare: la molletophobie, affection qui donne l'impression à celui qui en souffre, qu'il est affublé d'une immonde hypertrophie molletaire et ce, même s'il a des cannes de serin. Du coup j'ai quelques années à rattraper et quand j'ai vu BSA (belle soeur d'amour) en short avec des bottes, j'ai repensé à ce fabuleux reste de lainage qui dormait profondément dans mes caisses. Le modèle est celui-ciBM1010_MG_7986_324x432_ID204310_bbd9f813e19ea1c4887d695794d0f4c4, il vient du Burda d'octobre et il est traître. D'abord je me suis un peu râtée sur la braguette mais ça se voit pas. Ensuite, le patron m'avait semblé court, j'ai donc rajouté prudemment 8 cm, bien que partant avec l'idée qu'un mannequin standard fait 1m80 et que donc je pouvais espérer que sur moi la dite pièce fasse bermuda. Sauf qu'une fois monté et essayé on était loin de l'attirail de carmélite, c'était court et même très court, voyez plutôt:SNC11831

Inutile de dire que Z'hom adore mais qu'il m'a sournoisement fait remarquer que "Maintenant que t'as joué à la Barbie avec toi-même, tu vas plus le porter ton short, je te connais", ce à quoi j'ai répondu avec toute ma mauvaise foi rassemblée que non, que j'allais le mettre tout le temps. Parce que j'aime pas quand il a raison... Je ne suis pas sûre de le remettre un jour parce que j'ai vraiment l'impression qu'on me reluque un peu trop le panorama dans le style: "Du haut de ces montagnes, 34 ans vous contemplent".

Après j'ai cédé aux sirènes de la mode blogosphérique, j'ai cousu nippon, je vous dirai une autre fois tout le bien que j'en pense, hum, hum, mais je remercie la Bouaillée de m'avoir prêté son Everyday Camisole. J'avais vu une 12, pour parler à la façon ésotérique des initiés, modifiée en robe par Nessie. C'était :

J'ai donc pris mon coupon de jersey marron et j'ai tranché dans le tas. Couture sans souci, montage des manches impec', je couds le biais d'encolure en partie à la main pour une finition propre. Lovely! Sauf que ça pouvait pas être si simple, même en taille 7 et sans doute à cause du tissu utilisé qu'était très mou, c'était trop grand à l'encolure, il suffisait que je baisse un peu les épaules pour faire le strip-tease le plus rapide de l'histoire de l'effeuillage. La mort dans l'âme j'ai décousu mon biais tout propre, j'ai re-froncé et re-posé le biais, mais cette fois à la sauvage. C'était beaucoup mieux sauf que les fronces, allez savoir pourquoi, avait migré sur le côté (les ravages du crack dans le milieu enseignant sans doute). Mais finalement j'ai trouvé ça pas si mal et j'ai gardé mon encolure qu'est plus tordue mais asymétrique, c'est pareil mais ça fait plus chic.SNC11836 En bonus une photo un peu moins arty où on voit mieux ma bourde (et ça rime avec gourde):SNC11844

Pour me reposer de tout ce travail j'ai cousu un tee-shirt sur un modèle que j'avais déjà fait en blanc mais que je vous avais pas montré parce que j'ai pas de mémoire. Je vous conseille d'ailleurs fortement le patron, le Simplicity 40764076 , un excellent basique, qui prend une heure trente à coudre si vous êtes tatillonne, est peu tissuphage (1m suffit) et facile à assortir. J'ai décidé de le porter version Yihaaa!!! mais sans stetson avec le gilet sans manches fait l'an dernier.SNC11839

Enfin, c'est vous dire si j'ai été productive, j'ai fini un 3ème chèche Phildar, j'ai juré mes grands Dieux que ce serait le dernier, mais en plus d'avoir la mémoire vive d'une carpe morte, j'ai aucune parole. Cette version là est de loin la plus jolie que j'ai faite, elle est en Malabrigo lace couleur rose damask, couleur choisie par sa destinataire, Jolie Maman qui fêtait ses 25 hivers au mois de janvier. Voilà la bête (on parle bien du châle et pas de ma charmante belle mère):SNC11816

La prochaine fois, si vous êtes sages, je disséquerais les moeurs du Velu.

 

 

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08 janvier 2011

Purple rain

Pour faire court, je vous la souhaite bonne et joyeuse, sachant qu'on peut toujours faire pire mais restons optimiste, c'est sûr cette année:

-on va toutes gagner au loto

-on va manger comme des pourceaux sans que les analyses de tri glycérides sourcillent

-on va être heureux 24/24 et le ciel sera toujours bleu (bon ça c'est presque mort déjà)

-on va coudre comme des petites mains de chez Chanel sans effort

En tout cas c'est tout le mal que je vous souhaite, mais....

La merde arrive toujours en escadron, comme le disait très élégamment un grand philosophe auvergnat du siècle dernier (le même qu'a dit "Les escargots n’aiment pas les Français. C’est pourquoi les Français doivent se méfier des escargots qui, sous des dehors bon enfant, cachent en réalité une âme de fauve prêt à bondir"). Et là j'ai eu un mois de novembre digne d'une session d'entraînement intensif de la patrouille de France. Y'a eu des trucs mouillent-à-tes-yeuses et des trucs moins graves mais aussi pénibles qu'une poussée d'hémorroïdes. Voyez l'tableau.
Du coup j'ai eu mollement envie de scribouiller vu que j'avais l'esprit totalement occupé à retrouver une positive attitude de brailleuse blonde décérébrée.
M'enfin là, entre deux bouchées de restes de dinde, je m'en vais vous écrire une bafouille vu que faut pas déconner non plus, nanméo, sur du léger. Et là, ça va être du lourd. Ouais, je sais, je viens de dire le contraire mais si on peut plus faire sa maline avec des antiphrases, où va-t-on ma bonne dame? Hein? Je vous le demande...

Bref, replaçons le cadre tout d'abord: Z'Hom et moi on regardait tranquillement un chef d'oeuvre du cinéma français, un drame psychologique dressant un tableau sans concession de la société, diatribe dont la finesse n'a d'égal que la profondeur sur la lutte des classes. Donc, disais-je, on regardait Camping II, quand tout à coup, mon poil se hérissa, mes oreilles se dressèrent, mes pupilles se dilatèrent et j'émis un grognement sourd traduisant un sentiment de terreur profonde. Un traumatisme oublié depuis longtemps avait ressurgi des tréfonds de mon passé. Franck Dubosc écoutait "Gentil dauphin triste" de Gérard Le norman...gerard_lenorman
Pour ceux qui connaissent pas, je vous déconseille formellement de vous mettre ça dans les esgourdes. Pour ceux qui lisent ce blog avec une combinaison en latex assis sur un siège à clous, voilà le lien où vous pouvez écouter ce morceau sataniste, disponible dans toutes les bonnes messes noires près de chez vous.

D'ailleurs comme il est hors de question que je souffre seule et que vous vous vautriez dans une ignorance béate, voici l'un des couplets de cette litanie démoniaque (éloignez les mômes quand même, si vous voulez pas avoir des factures de psychiatre qui grèveront votre budget tissus):
Moi le gentil dauphin
                    Je n'y suis pour rien
                    Je ne   suis pas méchant tu le sais bien
                    Si tu me fais la gueule
                    Je vais rester   tout seul
                    On va rater nos vacances d'été


Moi le gentil dauphin
                      Je n'y   comprends rien
                      Pourquoi tout ce fracas ce cinéma
                      Pour un poisson   bidon
                      Un requin de carton
                      Allez soit chouette envoie-moi ton   ballon

Oh ! oh ! oh ! oh ! que je suis triste
                      oh ! oh ! oh !   triste triste triste

Je peux vous dire qu'après ça on trouve qu'Amel Bent est la Louise Labbé du XXIème siècle...
Il se trouve que depuis ma plus tendre enfance je hais Gérard Lenorman et son glucose musical, c'est comme ça, j'y peux rien, j'ai des pulsions de meurtre dès que j'entends sa voix. Le problème c'est que Z'Hom s'est roulé par terre de rire, ou pas loin, en écoutant cet hymne à Belzébuth et que depuis il l'utilise comme moyen de pression quand je refuse de lui dire ou j'ai planqué la dernière gaufrette. Mon tyran domestique a d'ailleurs l'intention de mettre "gentil dauphin triste" comme sonnerie de portable, ce qui me donne, par avance, envie de m'ouvrir les veines avec les dents, mais qui a l'avantage certain d'éloigner de façon définitive toute pouf libidineuse de ma propriété. Gérard Lenorman est une arme de destruction massive, qu'on se le dise.

Cela dit j'ai une botte secrète, s'il continue à m'opprimer le conduit auditif, j'investirais dans une paire de boule Quiès (Quillès?) et un CD Best of d'Yves Duteil. Et là ça va moins rigoler, je vous le garantis.

Bon, j'ai pas fait que me dégrader la trompe d'eustache, j'ai quand même fait deux ou trois machins dans la thématique Purple Rain, parce que la chanson qui fout bien les glandes c'était quand même de saison.

J'ai d'abord fait un truc super gratifiant. 2 pièces de patron en tout et pour tout, 4 pinces, surfilage contrastant tout autour, montage de manches et pouf- pouf, fini, j'avais un cardigan modulable et super chaud (tissu maille mohair du marché de la Croix Chavaux). Le corps n'est qu'un bête rectangle avec deux trous pour les bras. Les pinces apportent un peu de structure, et en rallongeant un peu en haut on peut en faire un gilet à col dégoulinant assez sympa.

Le patron vient du numéro de Patrones décembre 2005, voyez plutôt:

-le modèle d'origine:144320_O3V8UAKMMBSHUON1XAHVJ8NKEEHHHQ_patrones

-ma version:SNC11790

Et avec effet (j'ai découvert un site comme Toshop mais en gratos et plus simple, c'est Picnik, alors vous allez en bouffer de la photo artichtique)SNC11800 Et là vous voyez un peu mieux le col.

Après j'ai voulu faire ma pin-up, un peu dans le style de la nénette de Mad World, en moins rousse, en moins plantureuse de la croupe et du nichon, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. J'ai jeté mon dévolu sur ce modèle, une robe Burda col carré à mancherons terrriblement classe.000001802171 Et pis ça tombait bien il me restait un morceau de lainage fin de très belle qualité et légèrement extensible, violet foncé. Sauf que ça a été Le Retour du Coupon maudit...

Tout se passait on ne peut mieux, quand j'ai voulu faire le 1er essayage. Fallait bien l'avouer, j'avais de la place pour une grossesse avancée (nan Maman, j'ai pas dit que j'allais me reproduire), disons un 8 mois et demi. Je rectifie donc...

2ème essayage: y'a un truc qui va pas, et ô stupeur!, je m'aperçois que l'arrière de la robe monte trop haut et dépasse de chaque côté. Un peu comme un écureuil volant.ecureuil_volant Et là c'est le drame, parce que je dois découdre la doublure et l'encolure qu'étaient toutes belles... J'ai fait ce que j'ai pu, Z'Hom aime bien mais elle est imparfaite. Du coup j'ai fini à la va-vite parce que j'étais écoeurée et que mes rêves de Dita Van Teese du 94 s'envolaient à tout jamais. Cela dit c'est peut être pas plus mal.SNC11804

Vous ne verrez sans doute pas grand chose sur les photos mais elle est très loin de l'idée que je m'en faisais. Et là je pousse un coup de gueule contre Burda qui fait de très jolis patrons pour les grandes tailles mais qu'aurait pas l'idée de faire la même chose pour les naines atrophiées de partout. Parce qu'il n'y a pas que les rondes qui ont du mal à s'habiller (je vous raconterai un jour mes essais de pantalon en prêt-à-porter, ça nous fera rire un peu).

Enfin, après 3 mois de dur labeur, mon Céleste est fi-ni. Et porté plusieurs fois parce que je l'aime "comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma" (rien ne vous sera épargné).

Il est en Aurore couleur mûre et il a fallu deux pelotes et demi pour en venir à bout (Charlotte je te bénis 40 fois, toi ainsi que ton petit bouchon et l'intégralité des tiens qu'en demandent pas tant). Il est tricoté en deux parties à l'aiguille circulaire avec une couture au milieu dos et un grafting pour la bande dentelle d'encolure. Il est pas parfait non plus, j'ai trop tiré les mailles sous les bras, c'est pas tout à fait nickel et j'ai pas trop compris la mise en forme de l'encolure, du coup j'ai fait un point pour réduire la bande dentelle, mais il reste très beau et chaud.SNC11782

Sur le livre il est présenté ouvert, mais moi je préfère le porter comme ça:SNC11774

Vous avez le droit de vous rouler par terre d'enthousiasme, d'ailleurs cela ne serait que justice.

Pour finir, message personnel: Elodie, je t'ai prêté un patron dont j'aurais besoin assez rapidement, je n'arrive pas à te joindre sur Thread and the needle, alors si tu me lis, essaie de décalquer au plus vite et de me le renvoyer.

La prochaine fois, si vous êtes sage, je vous dirais: "Marius, as-tu du coeur?".

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27 novembre 2010

Avis à la population

Si toi, petit scarabée, tu ne sais pas quoi déposer au pied du sapin de l'Aimé, si les achats de Nawel sont une corvée sans nom, va donc voir chez Speedy euh Mimi qu'a plein de promos irrésistibeuuuullll sur de vrais kimonos et Yukatas japonais trop beaux, la vérité si j'mens!
En plus elle fait moins 50% sur les tissus japonais. Gardez l'adresse dans vos tablettes les filles parce que l'adorable Mimi va bientôt vous proposer des jeux que même dans le Schmilblick ils en sont jaloux.
C'est là que ça se passe: http://fabricdemimi.canalblog.com/

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29 octobre 2010

Mademoiselle âge tendre

Surfons mes frères (des fois qu'il y aurait un Velu qui se serait échoué ici tel un baleineau sur une plage corse) et mes soeurs sur la vague du "C'était mieux avant".
Si on en juge par les innombrables photos exposées sur la blogo de trucs et machins chinés à la brocante de Trifouillis-sur-Châtillon, la mode est à la nostalgie.
On expose avec tendresse des horreurs en bakélite (genre le fruit bac à glaçon, vous vous rappelez de ce truc?) qui rehaussent avec magnificence l'intérieur tout Ikéa. On montre le dernier jouet déniché à la foire du Troc-tout avec l'espoir que Pépette 1ère passe des heures à s'éclater avec le téléphone à roulettes rouges qui fait pouet-pouet. Or, déception cruelle, Pépette, l'ingrate, jette un regard méprisant sur la chose en vous demandant dans un Français châtié: "Où qu'elle est ma DS?". Mort et désolation pour la vintageuse, le virus du vieux truc n'est pas contagieux...

Je l'avoue, j'ai moi aussi mon petit objet bien kitschouille, le genre à filer des palpitations de désir sauvage à n'importe quelle bobo de la blogo: un magnifique grille-pain de 38 ans, orange avec grosse fleur marron. SNC11744__3_

Je l'ai récupéré au tout début de ma vie d'étudiante et si les gens se sont gaussés de mon magnifique objet, ils se sont vite arrêtés quand ils ont vu que mon Mimile continuait vaillamment à griller sa tranchette quand leur grille-pain- radio-réveil-couteau-suisse- avec station météo intégrée high tech craquait au bout de deux ans de service épisodique.

Bref, le vintage c'est chouette, à condition de ne pas se laisser submerger par une nostalgie indue car, et celles qui sont nées entre le milieu des années 70 et le début des années 80, se rappelleront avec épouvante:

- qu'elles portaient des pulls acrylique qui grattaient leur race dans un assortiment de couleurs somme toute germanique, le tout rehaussé par un gilet à poils longs en pur acrylique qui empêchait le dessous de bras de respirer.

-que des parents sadiques et dénués de tous scrupules les obligeaient à porter de seyantes cagoules jaunes brodées d'ours géants marron. Ce qui avait deux conséquences à plus ou moins court terme: devenir le centre d'intérêt de l'intégralité de la cour de récré (la bande de bonnets à côtes rouges trop mode qui vous pétait la tronche à cause de votre couvre-chef) et devenir le centre d'intérêt de la communauté psychiatrique à l'âge adulte vu que vous avez développé une pathologie inédite, la cagoulophobie, qui vous transforme en monstre hurlant dès que vous croisez un pauvre gamin affublé d'une de ces horreurs (ce qui interdit à tout jamais les carrières dans l'Educ et les magasins de jouets).

-que les murs du salon parental étaient recouverts de papier qui donnaient la nausée rien qu'en l'observant deux minutes et que le mystérieux reflux gastrique dont elles souffraient enfant s'est volatilisé au moment de la réfection du living.

-que Papy et Mamie leur offraient tous les Noël le dernier 33 tours de Chantal Goya achevant sans pitié leur psychisme déjà fortement ébranlé par les fantaisies vestimentaires parentales.

Bref l'époque vintage c'est loin d'être le vert paradis des amours enfantines, comme dirait l'Autre, si on y regarde de plus près.

Cela dit je garde un goût prononcé pour le style d'une époque que je n'ai pas connu, vu que j'ai encore la cuisse fraîche et le teint rose, toute la période entre 1965 et 1972 (oui, c'est précis), d'ailleurs si l'envie vous en prend, allez donc faire un tour sur le site Doucement le matin qui publie chaque lundi un vieux numéro de Elle. On y voit des choses extraordinaires.

J'ai donc un goût immodéré pour la mode que portait ma grand-mère quand elle avait mon âge et je le prouve avec ces quelques pièces cousues l'hiver dernier. Ouais, je sais, je suis à la bourre.

D'abord avec ce t-shirt tiré d'un Patrones de 2007 en jersey de coton kaki.

                                                                                 Scan10023

Pas de manches à monter, le tout assemblé à la surjeteuse en moins d'une heure trente. Pour lui donner un côté furieusement disco j'ai rajouté un galon pailleté acheté une misère aux puces des couturières de Champigny.SNC11758__2_ L'a trop la classe mon t-shirt, j'ai presque envie de sortir avec en l'agrémentant d'un mini short, de plateform-shoes, de me faire des couettes et des injections massives de Botox afin de quitter l'Educ pour me lancer dans une carrière de sosie de Sheila période pré-momie.SNC11753__2_

J'ai ensuite fait cette robette très mignonne, très Laura Ingalls à partir de ce patron Lutterloh de l'été 1973.Sans_titre Pas de mauvaises surprises, c'est une bête tunique rallongée et ceinturée. Elle est peut-être un peu courte à mon goût (je vois déjà ma Mounette d'amour secouer la tête en me traitant de nonne), mais je l'aime beaucoup. Le tissu est un damassé brique, bien dans les tons seventies, qui s'est révélé comporter un défaut, voyez plutôt:SNC11766__2_

Mais en plaçant correctement le tissu on dirait que c'est fait exprès et du coup c'est assez joli.

                                                                                  SNC11764__2_

Je me suis trompée dans les couture, le noeud-noeud qui devait être devant est derrière, mais in fine j'aime bien comme ça aussi. La ceinture qui permet d'obtenir une silhouette plus cintrée est un bête obi raccourci avec 4 boutonnières. Look at the boutons, ils m'ont couté presque plus cher que la robe mais qu'est-ce qu'ils sont beaux! Vous êtes priés de vous extasier bruyamment.SNC11765__2_

Je me suis ensuite lancée dans la confection de patron personnel sur mesure grâce à ce livre déniché pour deux sous chez Emmaüs. Scan10024Admirez la couverture bien kitschouille mais ne vous y fiez pas, ce livre est un trésor qui vous explique les bases de la coupe à plat de façon simple. Etant donné mes qualités de mathématicienne frisant le zéro absolu, j'étais un peu sceptique quant à mes capacités d'exploiter le dit bouquin, j'ai donc commencé par une jupe de base, un peu trapèze, donc pile dans la tendance années 60, tendance renforcé par l'utilisation d'un coupon de velours bleu canard. Ben en fait il s'est avéré que ce bouquin est génial, que la jupe tombe nickel et qu'elle fait ma joie et mon bonheur vu qu'on me l'envie jusqu'aux confins du 9-4.

                                                                              SNC11768__2_

J'ai rajouté une petite doublure (parce qu'autant faire les choses bien, hein?) et une fermeture invisible dont je ne rajouterai pas de photo vu que c'est une chose entendue maintenant que je suis l'impératrice du zip et de la braguette (nan pas celle-là bande de mal-tournés).

Enfin let me introduce you le gilet marronnasse, pour rester dans la palette pur rétro. Le modèle vient du Phildar n° 1916, tricoté en Quiétude Ebène. C'est facile et rapide, il m'a fallu moins de trois semaines pour le finir et j'aime beaucoup le résultat. Une petite critique cependant, la patte de boutonnage aurait mérité une vraie mise en forme, elle rebique légèrement au niveau du cou. N'empêche que je l'aime beaucoup mon gilet.SNC11750__2_

La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous parlerais de la Couleur pourpre.

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10 octobre 2010

Torchon-carpette

Un petit mot du fond du tourbillon où la rentrée m'a violemment projetée. Je suis passée de la douce indolence, voire coma profond, des vacances à je-suis-surbookée comme un président de la Rép-gadget branché sur 12000 volts.
Pourtant ça avait commencé mollo, limite mou du genou. J'ai d'abord appris que je réintégrai le bahut de l'an dernier. Après avoir claironné durant les deux derniers mois de l'année scolaire passée que je me plaisais pas là-bas, voilà que je suis renvoyée manu-militari pour un an dans l'antre amiantée du Savoir. Je comprends pas pourquoi le Rectorat m'a punie, j'ai pourtant été 'achement gentille avec tout le monde, la preuve cette année j'ai même pas mordu d'élèves.

Passée la phase de dépression, j'ai essayé de me convaincre que c'était pas si mal, que j'allais passer une année formidabeul et tout ça et tout ça. Sauf que c'est de la blague et que la méthode Coué ne marche que sur des années.
J'ai donc retrouvé mes collègues. Pour vous dresser un tableau clair du truc, mes compagnons d'infortune se partagent en deux catégories distinctes: les ménopausées et les enceintes.
La première catégorie est de loin la moins pénible, en dehors des navrantes vannes sur les tuyaux de poêle et les discussions sur la nécessité de s'acheter un Damart neuf, elles vous foutent la paix. Le problème, c'est la parturiante et croyez-moi si vous le voulez, tout ce qui a un utérus en état de marche est enceinte. A croire qu'elles n'ont pas la télé. Je ne vois que ça et je me refuse d'expliquer cette explosion de bébés par une libido débordante chez mes collègues qui tiennent plus de Chantal Goya que de Paris Hilton en période de rut.

L'année dernière j'ai eu droit au comparatif des meilleurs gynéco-obstétriciens, des meilleurs biberons, à l'évolution, jour par jour du transit de bébé L., à l'épisiotomie de Mme B., le tout évidemment toujours quand je m'apprête à déguster mon assiette de hachis parmentier. Évidemment, j'ai eu ma dose aussi. Elles ont flairé l'ovaire potentiellement fécondable. Du coup j'ai été traquée: "Mais comment? Ben ça fait X années que tu supportes avec une patience frisant la sainteté est avec ton Z'hom et rien, nada, queue d'chi? Mais comment cela se fait-ce que tu ne sois pas encore à la tête d'une équipe de rugby junior?"

Ou encore: "Ah tu couds? C'est gé-nial, tu vas pouvoir faire plein de jolies choses pour petites filles ou petits garçons."

Et enfin: "Mais je comprends pas, ça te donne pas envie quand tu nous entends parler?"

Ce à quoi je me suis retenue de répondre que les écouter me donnait juste envie de faire vœu éternel d'abstinence et de défendre définitivement l'accès de mon utérus à toute gamète mâle.

Qu'on soit bien d'accord, La Noueuse est pas totalement fermée à l'idée de se reproduire un jour, mais là, elle est pas assez grande et elle sait pas si elle le sera un jour. D'où mon manque d'intérêt pour les blogs avec frusques pour nains, blogs souvent très jolis, certes, mais que je zappe direct.

Bref, la bonne nouvelle c'est qu'elles sont presque toutes en congé mat' et que du coup je savoure une paix toute relative. M'enfin j'en reparlerai plus tard.

J'ai aussi obtenu une formation pour passer l'Agrég et du coup je retourne à l'école, encore, mais cette fois comme élève. Je redécouvre, non sans plaisir, les joies du morpion et de la bataille navale ainsi que du tortillage sur chaise pour cause de "pfff-c'est-long", tortillage auquel je m'adonne à cœur joie alors que je l'interdis à mes boutonneux. Je l'ai déjà dit, le fascisme en milieu scolaire y'a qu'ça de vrai.

En fait ça m'éclaterait totalement de jongler à nouveau avec des notions universitaires velus si ça me faisait pas des semaines de tarée. Je travaille 6 jours par semaine, ne vous attendez donc pas à ce que je sois très prolifique (déjà que d'habitude).

Du coup je vais vous montrer des trucs faits cet été et donc pas du tout de saison, histoire d'en rajouter, question déprime, par dessus la saisonnière.

J'ai d'abord fait ce petit haut très seyant (catalogué comme Best Pattern sur Sewing pattern review, c'est dire), fait à partir du patron New Look 6470 avec un minuscule bout de maille résille acheté une misère il y a deux ans sur le marché de St Denis. 6470Rien à signaler, ça se coud tout seul et c'est un chouette basique. Je pense d'ailleurs lui faire un p'tit frère (j'en profite, y'a pas de collègues dans le coin) en lui rajoutant des manches parce que sinon je risque de me peler grave malgré mes gènes à potée bien grasse.SNC11713

J'ai aussi exploité mon classeur Lutterloh des années 70 en transformant un modèle de robe de 1974, ravissant certes, mais un peu trop Laura Ingalls, en blouse plus facile à assumer. J'ai élargi la taille, replacé les pinces du dos, mais à part ça, c'est strictement le même. Le tout en plumetis, parce que tant qu'à donner dans le romantique, autant y aller franco. Et puis le côté léger du plumetis blanc ça va très bien avec les manches papillon qui me donnent envie de chanter "Fais comme l'oiseau" (la dinde surtout, dit Z'hom qu'est assez moyen question ornithologie puisqu'il me confond régulièrement avec le dit volatile).L'encolure est peut être un chouille large pour chipoter, mais les finitions sont super propres. J'ai appliqué la méthode des patrons américains, pas de parmenture, mais une sorte d'ourlet fin roulé cousu à ras avec le pied bord étroit.

                                                                              SNC11715

Pour finir deux bas:

Un pantalon pattes de Babar du Burda Couture facile du printemps 2009, appelé aussi ultra flare par les modeuses (jamais compris ce snobisme qui consiste à s'exprimer comme Van Damme en employant à tout bout de champ des mots angliches).000001756010 Pour tout vous dire, si, si ça vous passionne, je préfère le modèle du Burda d'avril 2009 que j'avais fait en rose, celui-ci tombe pas trop mal, mais je trouve que la coupe est moins belle. Ou alors c'est la couleur. Encore...SNC11737 (ignorez le bordel à chat derrière, j'ai fait les photos à la va-vite vu que j'ai des crobes qui me rendent toute suintante du pif). Faut dire qu'à mon cours d'Agrég tout le monde est habillé en noir et en gris ce qui va parfaitement bien avec l'air grave de circonstance et le tirage de tronche. Du coup je fais dans la couleur exotique. Le tissu est donc un mélange coton lin qui vient de chez Mimi Kaolin en vert tilleul, ou assimilé. Toujours est-il que je dois admettre que ce pantalon ne va pas avec grand chose.SNC11739 L'occasion peut être de m'acheter un ou deux coupons pour me faire des petits hauts assortis? Oui, je sais, appelez-moi Nicolas. Comme Machiavel, pas comme S...., z'allez me vexer sinon... Moi j'ai de petites oreilles.

Enfin j'ai fait cette petite jupe grave seyante, dans le plus pur style hôtesse de l'air vintage. Le patron vient du Burda d'avril 2009, une mine je vous dis et est, lui aussi, répertorié dans les "Best patterns" de Sewing patterns review.000001757901 Le tissu est un polyester blanc pas tout jeune que m'a donné gracieusement la douce Mimi. Il est parfait, sauf qu'il froisse un peu au cours de la journée, m'enfin un tissu faut qu'ça vive. J'ai fait à ma sauce vu que Burda c'est un peu de l'araméen pour moi et qu'au bout de 4 heures de déchiffrage je me suis rendue compte que leur démarche était vachement plus difficile que celle que j'avais en tête. J'ai fait l'empiècement d'un seul tenant et je n'ai pas fait de boutonnières.SNC11711 J'ai doublé la ceinture avec une chute de coton à fleurs,et fait des surpiqures,  mais ce sont les seules modifications que j'ai apportées.SNC11708 J'ai pas réussi à en faire une photo potable, c'est dommage, en vrai elle est vraiment jolie.SNC11717

En ce qui concerne les aiguilles, j'ai fini la 1ère moitié du modèle Céleste, issu du livre French girls knits. Je m'étais fait une montagne de cet adorable gilet, mais au final, la seule difficulté, c'est la traduction.French_Girl_Knits93

Bon ben là vous avez assez de photos moches jusqu'au prochain post (qui devrait venir dans les temps bénis des vacances de la Toussaint). Je ferai mieux la prochaine, mais là je suis archi-mourante, la preuve, je suis même pas allée à la fête du pochtronnage avec Joli-Papa, et pourtant je m'en faisais une joie... La prochaine fois, si vous êtes sages (et si j'ai récupéré une vivacité supérieure à celle d'une moule frelatée), je ramasserai les feuilles mortes à la pelle.

Posté par nedjmaia à 17:29 - Commentaires [20] - Rétroliens [0]
02 octobre 2010

Pirate!

Je viens de voir un message que j'ai pas posté...
Je comprends pas trop l'intérêt de mettre des messages sans queue ni tête sur le blog d'un autre. M'enfin le caractère retors de l'esprit humain m'étonnera toujours.
Du coup j'ai changé ce qui devait être changé et je vous dis à la fin de la semaine prochaine. Normalement...

Posté par nedjmaia à 20:46 - Commentaires [5] - Rétroliens [0]