Noueuse d'aiguillette

03 septembre 2014

New Kids on the robe

J'ai cherché un petit moment un titre-trop-porteur-d'laballe qui rameuterait les foules. J'aurais mieux fait de nourrir mon cholestérol au nougat basque, parce que je n'ai trouvé que ça. Oh vous là-bas, oui, c'est bon, t'as qu'à proposer un truc si t'es plus malin(e). Du coup comme je suis à moins de 24 heures de l'entrée dans l'atmosphère de la planète Nains, aussi connue sous le nom de Morveux XP94, je me suis dit qu'une référence à mon propre passif boutonneux serait de bon aloi.

Wé pask'avant de jouer au tennis avec des poussins qui remplacent avantageusement les balles et de fréquenter des soirées à thèmes Bat-cave et Tranxen, j'ai eu un bébé poney arc-en-ciel et j'ai été fan des NKOTB. Je sais, tout un pan de certitudes bien ancrées s'effondre soudain pour vous cher(s) lecteur(s). Mais le passé est le passé comme l'a dit un jour un philosophe nain (mais pas le même nanisme que mes 6èmes), de droite. Bien qu'on puisse se demander si acoquiner "philosophe" et "de droite" ne serait pas un peu oxymorique. Mais la référence ultra pointue culturellement à l'un des 1ers boyzzz band a aussi un intérêt: celle de vous présenter un post un peu à part, puisque "Step by step, ouuuuu Baîbèèèèèè, gonna get to you robbbbeeee" (à bramer avec une voix de cerf prépubère).

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En effet, si vous hantez avec constance le forum de T&N, la discussion sur les patrons Lekala ne vous aura pas échappé. Il s'agissait de coudre une robe, au choix, à partir d'un de leurs patrons. Pour les malheureuses qui connaissent pas, c'est un site de patrons russes sur mesure où on peut commander pour le prix d'un croissant au beurre, un patron à ses mesures. Ce qui est quand même vachement moins dangereux pour la cuisse de nymphe, surtout après les 72 barbeuq-bières de cet été. Je me propose donc de faire un vrai-faux pas-à-pas (ahah!!! on y est), puisque je vous donne le mode d'emploi avec renvoi vers des tutos trop classes- sa mère, parce que, bon, pourquoi s'embêter à faire en moins bien ce qui a déjà été exécuté parfaitement. Hein? Je vous le demande.

Il s'agit donc de la robe 4262, celle-là même représentée par une dame avec des jambes de 3 kilomètres.

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Elle a l'air compliquée comme ça, mais c'est juste une robe élastiquée, autant vous dire que j'ai pas pris de risques sur ce coup-là. Il vous faudra donc, pour une taille 34-36: 2 m de tissu très fin, 1.3 m de doublure et un élastique pour la taille. Autant dire que ça grèvera pas votre budget de rentrée et que vous pourrez même investir dans un casque anti-bruit (des fois que votre petite dernière vous saoûle avec sa trousse Monster High).

Première étape: vous allez couper vos devants dans le tissu de la robe et dans la doublure. Filez-y un bon coup de fer; Le fer est le meilleur ami de la femme, rappelez-vous, ou alors replongez-vous dans de saines lectures comme les manuels éducatifs à l'usage des jeunes filles de votre arrière-fossile. Puis vous bâtissez les pinces, comme ci-dessous et vous ne cochonnez pas un truc pof-pof, ni-vu-ni-connu-j't'embrouille à l'arrache et à la craie de tailleur. Il en va de votre tombé poitrine (pas sûr que ce soit vendeur)...

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Ensuite vous piquez vos pinces très soigneusement en finissant par la pointe; Repassez la pince, puis re-coup de fer devant. A ce stade là vous obtenez ça et vous regardez votre fer d'un oeil neuf:

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Vous coupez votre dos supérieur et vous piquez les coutures latérales du haut de la robe. En coutures anglaises parce que ce modèle c'est surtout joli avec du tissu transparent et que ça veut dire qu''on peut pas planquer une couture avec l'oreille un peu basse. Donc couture anglaise pour tout le monde, c'est ma tournée et le tuto est là. Faites pareil avec la doublure et n'oubliez pas votre nouvel ami le fer. Même avec une MAC seconde catégorie comme la mienne, vous obtenez ça:

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Etape 2: là c'est le seul moment un peu je-sue-comme-un-boeuf-je-comprends-pas-j'ai-pas-mangé-de-piment; vous allez monter la doublure. Y'a un super tuto en vidéo là. La cuiller en bois de Burda gardez-la pour touiller la tartiflette (dont vous pourrez abuser vu que la taille de la robe est élastique, trop bien faits les trucages). Donc vous mettez vos deux hauts endroit contre endroit et vous vous laissez guider par la dame. Normalement si vous avez tout bien fait comme elle a dit et que vous avez utilisé Fer-nand, votre doux, votre tendre, votre merveilleux fer, vous devriez avoir ça: à l'extérieur:

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Et ça, à l'intérieur:

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Là vous avez fait le plus dur, allez-donc prendre un peu de nougat basque (j'ai pas dit la plaque entière) avant d'attaquer le bas.

Etape 3: Coupez le bas de la doublure et tout pareil que pour les hauts, coutures anglaises et on repasse-on repasse-on repasse. Faites l'ourlet. Pour avoir un résultat propre, je vous encourage vivement à consulter ces tutos. Le bas doublure est prêt.

Vous préparez le bas de la robe et vous faites un ourlet mouchoir ou roulotté, comme-tu-veux-tu-choises. Vous remarquerez d'ailleurs que sur la photo l'ourlet de la jupe est bien plus fin que celui de la doublure, c'est vers ça qu'il faut tendre pour garder le côté dansant du vêtement.

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Etape 4: Vous assemblez ensemble et en même temps tous les hauts et bas. C'est un peu lourdingue toutes ces épaisseurs de tissus, mais je ne suis pas inquiète, vous y arriverez très bien. Vous surfilez très solidement les surplus de couture, puisqu'ils vont servir de coulisse à l'élastique de taille et je trouve ça bien plus propre que la coulisse par surpiqûre autour de la robe.

 

Etape 5: Un dernier coup de fer (à ce stade c'est l'idylle la plus passionnée entre vous, mieux que dans les romans-photos de Nous Deux) et une petite ceinture plus tard, vous obtenez cette petite merveille qui vous donne l'impression d'être une pure nymphe, y compris quand vous écoutez Cannibal Corpse à plein régime.

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Une chose ou deux avant de clore le chapitre; Tout d'abord le blog vient de dépasser les 100 000 vues; Je tenais à remercier mes parents sans qui rien n'aurait été possible, mon clavier d'ordinateur, sans qui rien n'aurait été possible et puis vous chers lecteurs, sans qui... complétez avec la formule consacrée. Et comme je suis à la pointe de la Technologie (ouais, bon, d'accord, au bout de 6 ans fallait s'y mettre), j'ai activé la fonction newsletter, si, si, je vous assure, je suis trop une ouf. Bref vous savez quoi faire.

Sinon la prochaine fois, si vous êtes sages, je serai assortie au ciel estival.

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13 août 2014

Le Théorème de la Loose

  Il est des moments dans la vie de tout être pluricellulaire, où on a l'impression que toutes les forces de la nature sont contre soi. Peut-être qu'elles étaient aigries par le mauvais temps, peut-être que le grand barbeq' annuel des Forces de la Nature a été annulée, peut-être qu'elles avaient trop rien à faire vu qu'il y'avait pas match ce soir. On se retrouve donc aux prises avec ce grand farceur de Destin, dont l'humour parfois lourdingue nous échappe tout bonnement.

J'ai longtemps hésité quant à l'exemple à vous donner pour illustrer mon propos. Celui que je me propose d'exposer, hélas vous verrez que ce dernier terme est plus qu'approprié, est d'une violence telle que je vous demande d'ores et déjà de vous assurer qu'il n'y ait pas ni nains, ni gerbilles ni même de  grand-mère grabataire dans le coin; je tiens pas à ce qu'on me colle un procès après. Je souhaite préciser que toute ressemblance avec une quelconque cérémonie ayant eu lieu en juillet 2002 serait purement fortuite. Ces préalables étant posés, commençons:

Vous ne savez pas (encore coudre), vous êtes invitée au mariage de votre soeur, et même elle a fait la folie de faire de vous son témoin. Vous avez accompli votre rôle à la perfection, elle a toute une collec' de photos dans un appareil jetable, prises à son enterrement de vie de jeune greluche, où elle fait la bise à des inconnus soigneusement selectionnés par vos soins (édentés, avec un t-shirt de Johnny, borgne) et qu'elle pourra regarder avec tendresse lors de ses noces de platine. Il vous reste donc maintenant le côté plaisant de la chose, agiter les bras en poussant des cris de souris de 50kg et acheter une ROBE.

Vous trouvez votre Saint Graal tout de suite: une merveille blanche imprimée de grandes fleurs gris perle très greluche et romantique, avec jupon asymétrique délicat et bout d'épaule sensouale ma pas voulgaire. Après avoir vérifié en sortant de la cabine que votre précieuse n'est pas transparente, vous bigophonez la frangine pour lui demander si vous pouvez acheter une robe blanche pour son mariage, parce qu'il s'agirait pas non plus de rouler une pelle au marié ou de cuver son champagne dans la chambre des heureux époux. Mais la frangine s'en cogne comme de l'an 40, elle a autre chose à faire, elle doit choisir entre Framboise écrasée et Vert pousse de saule pour ses faire-parts. La machine infernale est dès lors en marche.

Arrive le jour fatal. Vous arrivez tout juste à la cérémonie. Tout se passe au mieux, si ce n'est que le curé raconte une obscure fable mettant en scène des porcs-épics avec un accent du Burundi à couper au couteau. Vos petits cousins gloussent et vous leur décochez un regard assassin mais digne de grande dame. Vous avez voulu vous la péter en choisissant de lire un extrait du Cantique des Cantiques, vous déchirez grave dans votre robe, vous espérez secrètement que tonton Hubert filme ce moment de gloire.

Dès le début y'a un truc qui va pas. Bien qu'on ne puisse pas négliger la charge érotique de ce texte biblique (si, si, relisez), vous vous apercevez qu'un certain nombre de vieux Messieurs dans l'assistance vous couve d'un oeil égrillard. Ce n'est qu'une fois au vin d'honneur, en vous regardant dans la baie vitrée de la salle que l'horrible vérité vous saute aux yeux (z'êtes bien la dernière d'ailleurs) : la lumière de la boutique était trompeuse et la robe ne laisse rien ignorer de votre anatomie joufflue (en plus pour pas marquer vous aviez mis un string). Quand vous posez la fatidique question à votre Z'Hom personnel (des fois que c'était juste une illusion d'optique), celui-ci répond avec un sourire un tantinet narquois qu'il y avait tout un rang de retraités qui pour une fois étaient contents d'aller à la messe. Vous finissez par rentrer rapidos mettre un jean pour couvrir ce fondement qu'on ne saurait voir, mais que tout le monde a vu quand même. Exit Albertine en fleur, bonjour la pecnode exhib...

Bref tout ça pour vous énoncer cette vérité fondamentale, la loose est toujours proportionnelle aux précautions ou conditions favorables dans lesquelles vous croyiez vous vautrer ad vitam aeternam. Ma loose de cet été est quand même un cran en dessous. Si vous avez suivi, je suis maintenant dotée d'un nombre d'heures de loisirs indécent vu que je suis débarrassée des nains jusqu'en septembre et que j'ai plus à potasser le concours de Super-prof. Je suis donc dans les meilleures conditions requises pour transformer l'intégralité de notre maison en dressing. Mais en fait, non.

J'ai tout planté depuis 1 mois:

-la blouse Carme (mauvais choix de tissu, impossible de faire de belles surpiqûres)

-la robe avec dos ouvert du Burda de ce mois d'août (erreur de couture)

-le pantalon carotte du Bubu d'avril ( fourche trop basse, modèle mal taillé)

-un boléro de chez Knit.1 en ravissante laine coton poudre (me va pas, moche)

Bref, du coup j'ai surtout des trucs de l'année dernière à vous montrer.

Voici tout d'abord le T-shirt moulti-tâches, pasque si vous le cousez pas avec les liens, vous pouvez le porter de multiples façons:

 

Le patron vient du Burda de juillet 2011 (une mine mais j'en reparlerai). Je m'aperçois que j'ai pas placé mon TS comme il faut vu qu'il plisse de façon fort peu avenante sur l'épaule, alors qu'en fait nan, c'est pas le cas. Je vous avoue que je l'ai peu porté, principalement parce que les points, faits à l'aiguille double, ne sont pas réguliers-au-garde-à-vous, merci au tissu trop fin. Mais comme ce modèle est surtout joli avec du tissu trop fin (Théorème de la loose qu'on vous dit)... Néanmoins je le vois bien en vrai cache-coeur avec manches longues pour cet hiver. Sinon pas de difficultés, c'est comme coudre un TS, tout pareil, aiguille ronde, tout ça...                                                                  

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Ensuite pour oublier le trauma de la robe de mariage j'ai cousu une jupe trop courte, dans l'absolu et pour mon âge canonique, avec crochet et fanfreluches du meilleur goût. Voyez plutôt:

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Là encore la climatisation du cuissot est assurée. Je crains d'ailleurs la pneumonie si je la sors avec les fabuleuses températures de ces derniers jours en Ile de France.

Petit zoom sur le tissu crochet qui vient de chez Stop Tissu. Le modèle vient d'un Bubu de 98 (ouais, je sais c'est has-been avec cette déferlante de patrons indé, mais moi j'aime bien), c'est une bête mini-jupe que j'ai doublée avec un coton blanc épais acheté chez Reine et qui donne de la tenue à l'ensemble.

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Enfin voilà un ravissant modèle de chez Phi-Phi, magazine 70 réalisé avec un vieux stock de coton de chez Zeemann, un discounter dans le style Tati mais en plus nordique.Pas de difficultés jusqu'à l'encolure qui devait être faite au crochet. C'est là que je pousse un cri d'horreur et qu'on me retrouve recroquevillée dans mon bac à douche. Je suis une quiche en crochet, j'ai donc emprunté un bouquin à la bibliothèque sur les encolures, choisi un truc qui pouvait faire Phildar like, et en voiture Simone. Du coup c'est un peu plus épais qu'au crochet mais je trouve ça plutôt joli et pis j'aime bien le côté greluche au fraise.

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Enfin, si vous avez eu le courage de lire jusqu'à là, je tenais à vous montrer ce que le lapin de Pâques m'a laissé sur ma table de couture ce matin. Quel fifou le lapin de Pâques, c'est même pas Pâques en plus, non, vraiment, je ne vois pas d'autre explication à l'arrivée de ce tissu sur ma table. Et là il y a un coupon de maille rayée, noir, bleu, violet avec des couleurs bien plus profondes que sur la photo, 2 coupons de jersey molletonné et un énorme coupon de tricot gris qui me fait d'ores et déjà les yeux de Chimène. Vous croyez que si je suis sage le Papa Noël va me ramener du velours?

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La prochaine fois, si vous êtes sages... je serai déprimée car ce sera la rentrée.

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11 juillet 2014

De la mode (avec des morceaux de Montesquieu dedans)

"Je trouve les caprices de la mode, chez les Français, étonnants", faisait dire ce bon vieux Montesquieu, Charlie pour les intimes, à ses Persans d'opérette il y a presque 300 ans, ce qui ne nous rajeunit pas (enfin surtout vous), soit-dit en passant. Le côté changeant de la chose semblait le défriser carrément, mais s'il était revenu d'entre les refroidis, il serait sans doute moins étonné par le bouleversement des "Tendanches", en perpétuelle évolution à chaque saison, que par le paradoxe du modeux.

                                                                                                 

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Pour ceux qui n'ont pas fait le doctorat "Reine du shopping" à l'Université C. Cordula, ou qui s'obstinent à porter des collants chair alors que "Ma Chéwwiiiieeee, ça va pas dou tout, c'est pas magnifaïque", il convient de faire une piqûre de rappel.

Au commencement était la gonzesse normale. Appelons-la Josiane (comme le prof de Techno moustachu qui me sert mon café au boulot).

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Josiane porte des jeans, des t-shirt et s'achète, dans un accès de fantaisie délirante, une robe de temps à autre pour aller à un mariage, Josiane est un esprit simple, les portes du Paradis Fashion lui sont donc grandes ouvertes, Amen. Sauf que Josiane ne peut rester ainsi dans son innocence et ignorer éternellement l'existence des Stilletos; un jour, elle passe devant une boutique Koo*les. Dès lors son destin est scellé (à relire avec la voix de Pierre Bellemare), quelque chose lui sussure qu'il lui faut absolument s'acheter cet incroyable pantalon boyfriend, trop classe pour se singulariser au Carrouf de Nogent-le-Rotrou.

Et c'est la chute. Une étrange voix roucoulante sortant de son téléviseur lui ouvre la voix de la connaissance "Ma Chéwiiiiieee tou es un H", des commandements en lettres de feu s'inscrivent sous ses yeux ébahis dans le Elle du mois de janvier et lui intiment "Singularisez-vous (courez chez Ma*e et S**dro).

Josiane comprend que son but est de s'accomplir, d'être unique dans ce monde de "putains de conformistes", tel un gothos dans South Park.

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Un désir irrépressible s'empare d'elle et la pousse à aller dépenser l'équivalent d'un rein (plus une portion du gros côlon) chez Héloïse & Rousseau pour s'acheter un pull trop classe (qui boulochera au 1er lavage). Dès lors la métamorphose s'accélère: Josiane se fait un teint glossy mais nude (comprendre terreux et grassouille) et porte pour rehausser sa carnation un merveilleux ràl rouge-orangé-super-pointu-dans-la-tendance qui rehausse surtout ses dents jaunes. Elle apprend les lois du coiffé-décoiffé et porte une espèce de masse de cheveux roulée en boule au sommet de la tête qui lui donne un air faussement désinvolte (comprendre: qui prend quatre plombes et qui lui donne l'air d'une vieille souillon). Mais la descente aux enfers ne s'arrête pas là: pour montrer combien elle est originale et singulière Josiane crée son blog de mode; elle y "mixe" (comme si le verbe mélanger n'existait pas) des pièces vintages, voire rétros, jupes à losanges verts, marron et roses ou veste sans manches en pur poil de Bobtail que Tata Simone portait dans les années 70, avec des pulls en grosses mailles acrylique du Norvégien (pasque dire M&H c'est pour la plèbe).

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Alors que Josiane est persuadée d'être une fille cool et pas du tout une figurante de l'attaque des clones, elle monte à la Capitale et là, stupeur, tremblements et paradoxe, on y est, elle s'aperçoit que 70% des spécimens féminins qu'elle croise portent des bonnets, des lunettes chinées chez un petit fripier (en fait c'était plutôt la brocante de Puttelange-aux-lacs) et des manteaux boyfriend qui leur donnent l'air d'être avalées par leurs propres vêtements. En voulant se distinguer, Josiane est tombée dans le paradoxe de la modeuse.

Y'a-t-il une leçon à tirer de tout cela? Je vous laisse juge, dépatouillez-vous, l'est tard et je suis trop occupée à digérer ma moussaka.

En attendant je vais vous montrer du pas du tout fashion, vu que je lis pas Elle et que je fais qu'est-ce qui me plait.

Donc à l'heure du faussement négligé j'ai cousu cette robe super chicos avec le patron 3503 de chez Simplicity, avec the fronces sur les épaules qui vous filent un charisme glamour super travaillé à la Rita-Hayworth et des découpes en font l'antithèse à peu près exacte du pull mollusque de chez le Norvégien.

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Voyez plutôt (et ignorez le pansement très distingué sur le décolleté, c'est pas pour casser le côté classique de la robe et lui donner un côté fun-destroy-trop rock'n'roll, c'est juste que je me suis fait charcuter un grain de beauté):

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Au début je me suis dit que y'aurait pas de défi: du jersey, pas de fermeture éclair, bref de la couture en charentaises (c'est la couture avec des charentaises, et non pas "mixer" la robe avec des charentaises). Mais la difficulté est d'abord venue du jersey, le tissu, parfait pour un t-shirt, s'est avéré un peu mou pour la robe. Il s'est ajouté un gros souci avec le patron: partie sur la taille 6, je me suis très vite aperçue qu'on pouvait aisément caser l'intégralité de l'équipe de Français de mon collège dans le dedans. J'ai retaillé dans le tas, mais la ceinture était encore trop large. Avant de tenter de mettre fin à mes jours en regardant l'intégralité des Anges de la Télé-réalité, j'ai tout démonté et j'ai fait des pinces au dos de la robette. Du coup ça va beaucoup mieux et avec une ceinture noire pour casser un peu l'uniformité du truc et une paire de talons haut je me sens très holywoodienne (ouais, bon, sans la chevelure flamboyante et le nichon arrogant). J'aime particulièrement le dos qui est très gracieux, voyez ici (et puis concentrez-vous sur la robe, pas sur le mollet blanc qui pique l'oeil):

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D'ailleurs on m'a moult complimentée sur cette robe, mais je ne me tortille pas de bonheur en rougissant et en gloussant de plaisir vu que je garde en toute circonstance un détachement Marlène Dietrichien.

La 2ème pièce que je vais vous montrer est non seulement en opposition contraire avec les préceptes de Sainte Christina (Lé boléro ma Chéwiieeee ma c'est has-beeen!!!), mais en plus il est pas rétro et je m'en tamponne le coquillard au fond d'un seau vu qu'il me restait une pelote et que j'aime pas gâcher. Il s'agit de 29 years, un modèle disponible gratuitement ici, sur Ravelry, et qui a l'avantage d'accommoder intelligemment vos restes laineux. La photo n'est pas très bonne, le rouge flashy du Cotton light de chez Drops est compliqué à prendre en photo, surtout quand les trombes d'eau qui tombent depuis une semaine vous font une lumière crépusculaire, mais la forme est toute simple et le point dentelle facile à faire:

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Je le porte au boulot pour pas avoir les épaules nues quand je mets un haut à bretelles devant mes nains remplis d'hormones.

Valà, c'est tout pour aujourd'hui. J'ai bien conscience de vous avoir montré des trucs pas très palpitants techniquement, mais la prochaine fois, si vous êtes sages, vous aurez droit à un chemin de roses

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15 juin 2014

Vol au-dessus d'un nid de (petits) coucous

Quand j'étais minus (et le 1er qui me dit que le dessous des bras me chatouille quand je traverse une moquette pure laine, va mal finir), donc quand j'étais minus disais-je, je voulais être psychologue. Enfin je voulais être aussi danseuse étoile, journaliste, archéologue, mais en aucun cas je n'aurais voulu être prof. Jamais. Plutôt manger du choux de Bruxelles à tous les repas, ou regarder des photos de lapins sur une table de dissection. J'ai donc pas fait psy et au sortir du long nuage éthylique que furent mes études, je me suis retrouvée un matin devant une classe de 6èmes. 

                                                                                   

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Remettons tout de suite les choses à leur place. Il circule en effet des tas d'idées reçues sur ces êtres étranges que sont les petites classes et il est de mon devoir d'atomiser les préjugés, tel un Einstein de l'Educ Nat'

- "Le 6ème est petit et choupi" : FAUX _ En plus d'avoir une hygiène parfois douteuse, le 6ème a le nez qui produit des substances purulentes dans toute une gamme de couleurs fort peu avenantes, de septembre à juin. Matières qu'il prend un plaisir sournois à partager avec ses camarades en ne se mouchant jamais ou alors en tapant régulièrement des mouchoirs à son prof (j'ai une dette, chez Kleenex, du montant du PIB du Quatar).

- "Le 6ème est un être pur et innocent": FAUX _ Si en septembre vous les entendez se rouler de rire parce que l'un d'entre eux a placé le mot "caca d'oie" dans sa production écrite alors que vous essayez péniblement de les sensibiliser à la beauté de la poésie japonaise, en juin il s'avère qu'ils se sont surtout très bien sensibilisés au langage nettement plus fleuri des 3èmes.

Wesh boloss 1- Haïku de la vioque 0...

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-"Le 6ème d'aujourd'hui maîtrise les nouvelles technologies": FAUX_ Un beau matin j'ai naïvement amené la horde en salle info. Au bout de 05 minutes j'avais un concert de hurlements prépubères collectifs en La mineur "Madame, MAdame MADAAAMMMMMMEEEE, ça marche PASSSSS". Alors que je leur avais dit d'allumer l'ordinateur, mes 28 nabots étaient presque tous en train d'appuyer frénétiquement sur l'écran en s'étonnant que rien ne se passe. Et je vous passe la séance de recherche sur Internet, trop de rock'n'roll tue le rock'n'roll.

Bref, moi les 6èmes j'en voulais pas à la base, j'aime pô les petits. Ben j'ai été gâtée cette année, j'ai pu réaliser mon rêve de bosser dans une ambiance digne d'un HP albanais en surpopulation. Y compris le lundi à 8 heures du matin... Normalement à cette heure-là de la semaine, ils dorment encore. Mes coucous, eux, étaient en pleine forme. A croire que les parents les séquestrent dans la cave tout le w-e et ne les relâchent que pour les confier à leurs pauvres enseignants, ce dont je ne peux pas les blâmer du reste.

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J'ai pu donc expérimenter tous les troubles de l'attention possibles et imaginables, courir sous les tables pour récupérer un morveux en train d'imiter Rambo rampant dans les rizières, écouter avec compassion le minot qui scie sa table aux ciseaux à 1 mètre de mon bureau et qui hurle "C'est pas moi" alors qu'il a, à ses pieds, un fort beau tas de sciure qui n'était pas là au cours précédent. Mais je tiens à remercier mes nains, ma voix est surentraînée, Angela Gheorghiu je te prends quand tu veux sur le final de la Tosca.

Du coup j'ai compensé, comme d'hab, à grands coups d'aiguilles de toutes tailles.

J'ai d'abord fait ce ravissant petit haut:

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Je suis tombée sur feu Picasa, sur des scans du magazine Female. Vous connaissez mon amour pour les patrons japonais; quand les photos ne sont pas hideuses, les vêtements tiennent plus du parachute que de la ravissante tunique. Il se trouve que dans female, une bonne partie des patrons est présentée sous forme de schémas avec les mesures précises. Armée d'un perroquet, le fessot à l'air, étalée très gracieusement au milieu de ma salle de couture, j'ai reconstitué le patron. 

 

 

 

 

Un petit coupon de coton viscose déniché au marché de Clichy-Montfermeil plus tard, et hop, j'avais ma blouse très jeune fille en fleur. Le tout fait en un temps record, si ce n'est la parementure intérieure que j'ai fixée à la main, ce qui m'a pris plus de temps que la couture de l'ensemble. M'enfin porter un truc avec des finitions moches ça me gâche le plaisir.

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Et puis comme il fallait se rendre à l'évidence: le printemps était là dans mon jardin et sur les tronches de mes collégiens, il me fallait un nouveau short. J'ai choisi ce modèle du Patrones 244 "Joven", histoire de continuer à croire que j'ai le cuissot d'une candidate au baccalauréat, et j'ai sorti un reste de coupon gris perle dans lequel j'avais déjà coupé une robe style hôtesse de l'air de la Panam avec jambon apparent.

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Je suis restée dans l'étalage charcutier même si j'ai rajouté 5 bon cm d'ourlet à la chose. Sinon tout s'est passé tranquillement, même si la surpiqûre blanche me convainc moyen et qu'en revoyant la photo je m'aperçois que ça taille, in fine, assez petit. Voyez plutôt:

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L'homme a un voile libidineux dans le regard quand il le regarde, donc j'imagine qu'il me moule le fondement comme il se doit et non pas comme un saucisson d'âne entravé dans une ficelle corse. Voici une photo de détail. Vous omettrez de remarquer que ce short est un peu froissé, vu que vous avez été bien éduqués, contrairement à mes 6èmes.

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Enfin je vous présente mon Précieux du moment. Le modèle est le Summer Blooms shawl d'Interweave Knits de l'été dernier. J'ai utilisé un reste de Mérinos et Soie utilisé pour un gilet fait à Z'hom (oui, je sais, il est trop gâté). Je me suis un peu vautrée sur le motif à la fin, m'enfin, je m'en fous, l'amour ça oublie les défauts (ouais, bon, en théorie, hein Z'hom?). Voici ma merveille; chaude, douce, légère. 

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Déplié il doit faire dans les 1m60 de tendresse absolue. Look at the délicatesse of the truc. Oui, je sais, vous êtes amoureux (-se), c'est normal.

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Et puis tiens, un détail du motif. Celui que j'ai réussi. Parce qu'à quoi ça sert d'avoir un blog si on peut pas se faire mousser un peu?

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Je vous conseille donc de me congratuler copieusement parce que la prochaine fois, si vous êtes sages, ce sera St Jacques et Corail pour tout le monde

 

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22 mai 2014

Game of Super Prof

Aaaaahhhhh, un an!!! Sur le plan gestationnel, l'éléphante à côté c'est Fat and Furious sous amphèt'. Mais pour me faire pardonner y'a un lien avec plein de patrons gratos trop chouettes à la fin (non je n'achète pas mon lectorat).

Bon, je vais pas vous faire le coup du "J'étais occupée", "Je me suis exilée dans un ashram pour retrouver mon Moi dans l'dedans de moi-même" ou encore, comme le dit jadis un grand philosophe des temps modernes: "Je pouvais pas j'avais piscine".

Nan, l'affreuse, la terrible vérité, c'est que j'ai rempilé pour le concours de Super-Prof, parce que si les élèves eux le savent, fallait quand même que je montre à quelques honorables membres cravatés du Mammouth, que moi aussi je faisais partie du Club et que je pouvais porter le collant et la cape aussi bien qu'eux. Faut croire que j'ai fini par les avoir à l'usure, parce qu'ils ont fini par me le donner ce pu...., je veux dire ce doux, ce tendre, ce merveilleux concours (à dire avec la voix suave et l'oeil mouillé).

                                                          

Y'a eu d'abord les écrits, ou comment suer sang et eau sur un corpus "France et Poésie".

A 9 heures du matin, dans une salle surchauffée, après une nuit de 3 heures ponctuée de rêves à base d'humiliations diverses et variées, c'est rude. Je vous passe aussi les pulsions meurtrières quand les chers collègues candidats passent bruyamment à côté de vous en martelant un sol dont le lino fait joyeusement "Scrouich Scrouich" à chaque pas, alors que vous essayez de trouver autre chose à dire que "Ben dans ce poème y'a des métaphores".

Le lendemain j'ai du me battre avec une dissertation au combien passionnante sur Dame Sévigné et les lettres qu'elle écrivit à sa pauvre fille qui n'en demandait pas tant. Ou comment pondre un devoir avec une réflexion fine et universitaire sur une belle doche envahissante qui répète sur 350 pages "Bouh et que je suis malheureuse!!! Bouh et que je mange du melon tristement ma bonne!!!! Bouuuuhhh!". Autant vous dire que je suis pas prête de la fréquenter à nouveau la mère Rabutin.

                                                              

                                                             (Rabutin sa mère!!)

Ajoutez à ça les 6 semaines avant proclamation des résultats de l'écrit, ponctués de "Mais si je vais aux oraux! Nan en fait j'ai raconté que du bullshit dans mes copies. Mais quand même y'avait des trucs qui se tenaient". Bref j'ai eu de longs et passionnants débats avec moi même, mais je vais pas en faire des recueils de 350 pages qui deviendront des oeuvres au programme de "Super Prof: The Big Challenge".

Je passerai en partie sous silence le clic qui m'a appris que j'allais en finale (on a hésité, avec ma collègue également admissible, à faire le tour du bahut en hurlant "On est les champions"), la retombée dans la dure réalité "'Tain je sais rien, j'ai pas assez bossé, je vais me faire laminer", les 3 semaines avant l'épreuve "Boooouuuuuhhh, je suis trop NULLLLLLEEEE, j'y arriverai JAMAIIIIIIISSSSS" et les oraux où gonflée par l'énergie du désespoir, je suis allée au combat, engoncée dans mon habit de lumière (un tailleur pantalon noir et une chemise dans le plus pur style cadrounet). La lutte fut belle et noble et je l'emportai grâce à la Littérature médiévale alors que j'étais une quiche (le 1er qui dit Lorraine..) en fac. Comme quoi, je savais que regarder en boucle Game of Thrones n'était pas une perte de temps.  

 

 

 

 

 

 

Toujours est-il que là c'est fini et que je peux donc vous montrer des trucs vu que j'ai repris tout ce qui est bon dans la vie: la tartiflette, le Pessac Léognan, la couture et le blog. J'ai pleiiinnn de trucs à vous montrer mais je vais commencer doucement.

Tout d'abord je suis tombée, il y a peu de temps, sur le blog de liola: Liola patterns.

La demoiselle avait besoin de testeuses pour un nouveau patron. Ni une ni deux votre serviteuse se propose et se voit pourvue d'un fort joli patron; le cardigan Molly. Une plongée dans mes tissus et j'en sors un coupon de maille acrylique que je désespérais d'utiliser un jour, vu que c'est pas ma couleur, que j'aime pas le Lurex et que les rayures c'est pas mon truc (me demandez pas pourquoi je l'ai acheté, ce sont les mystères de la pulsion textile, ça ne s'explique pas).

Bref, je me suis dit que ça ferait une toile très correcte avant de trouver un tissu plus mieux. Le patron est super facile à coudre, car bien expliqué, le modèle est confortable, et fermé sur le devant il peut faire assez habillé. Attention, si vous aimez les gilets très enveloppants, passez votre chemin, mais pour chauffer vos n-épaules jolies quand vous portez un haut fin, il est parfait.

Voici donc mon cardigan Molly dans le plus pur style folk- je suis un écureuil de Corée:

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Et une petite vue de côté pour vous montrer les détails de constructions qui sont vachement sympas.

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Puisqu'on en est dans les couleurs automnales tellement en phase avec la grèle, le vent et les averses de ces derniers jours, voici un petit pull d'été issu d'un catalogue Bergère de France de l'an dernier. Pour moi Bergère de France ça me semblait aussi glamour qu'un bas de contention anti-variqueux, mais je me fourvoyais follement. En fait y'a du sexy chez ces gens-là (répétons-le, la Lorraine c'est Grrrrr Miaowwww).

 

Du coup j'ai fait ce petit pull,Bergère de France, magazine 166, printemps-été, femmes, catalogues mais comme je souhaitais tester la Natura de chez DMC, j'ai changé la laine. Le modèle est très simple, original et bien taillé. Sauf qu'il est un peu court et que jouer à Britney Spears devant mes boutonneux je suis pas sûre que ce soit très productif en ce qui concerne la maîtrise de l'accord du participe passé des verbes réfléchis.

Du coup comme j'ai eu la flemme de remonter des mailles en bas, je le porte avec un caraco en dessous et Basta cosi.

 

 

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Quant à la Natura, j'adore, elle donne un résultat très régulier, voyez plutôt:

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et la tenue est excellente. Ici vous avez un gros plan du pull un an après tricotage et avec lavages réguliers en machine. Ben ça n'a pas bougé d'un poil. Autant dire que je vais réitérer.

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Bon si vous avez lu jusque là c'est que vous êtes rentiers, que vous avez enchaîné vos enfants à la cave ou alors que votre chef est en pause café depuis deux heures. Vous avez donc le droit d'aller voir là: Papavero est un site polonais sur lequel, après inscription, vous avez accès à tellement de patrons chouettes que vous allez en pleurer de bonheur (voire vous allez encore oublier votre progéniture un jour ou deux dans la cave). Dois-je vous achever en vous disant que beaucoup de patrons sont disponibles de la taille 32 à 52 (amies crevette et belle plante le bonheur est à portée de click).

La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous raconterai mon immersion dans Vol au dessus d'un nid de coucou.

 

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06 mai 2013

La Fille du chantier

Vous en avez rêvé ? La Noueuse l'a fait: 2 posts en moins d'une semaine, c'est Nawel avant l'heure (ou alors très en retard). Non, ne me remerciez pas, vraiment, ça me gène, c'est cadeau. Sachant que je vais très bientôt partir pour le monde merveilleux des travaux, je profite donc d'une (très) relative oisiveté pour vous écrire une bafouille. Autant vous dire que ça rigole moyen dans la chaumière à l'idée de retrouver la truelle et le rouleau...

                                                                                

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D'abord parce que je suis née avec 2 mains gauches, certes, mais encore coiffées de moufles, ce qui vous l'avouerez est un peu handicapant. Il suffisait de me voir suer sang et eau sur le montage d'un jouet Kinder surprise (instrument du démon entre tous), pour s'apercevoir de l'étendue des dégâts. L'Auteure de mes jours en a d'ailleurs un jour fait les frais.

Que je vous raconte: Mounette of Love est arrivée un matin avec une paire de ciseaux, me demandant de lui couper quelques pointes. Après un exposé fort développé sur l'art capillaire à travers les âges, exposé qui m'avait d'abord fait bailler comme une horde d'huitres sauvages, je m'étais saisie de l'effroyable instrument du Destin. Telle une Parque du dégradé-effilé, je m'apprêtais à commettre un ignoble, mais involontaire, attentat  contre le glamour maternel. Oubliant donc les précieux conseils (le fameux syndrome du "cause-toujours-tu-m'intéresses" adolescent), je tranchais dans le tas. Vous imaginez l'effroi quand je me suis aperçu que les cheveux mi-longs de Mummy étaient devenus un charmant carré destructuré. Euh, très destructuré... Voire franchement novateur.

                                                                                 

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Bref, vous pensez bien que mon art capillaire était trop visionnaire pour ne pas être méprisé. J'ai donc tiré les leçons de cet échec et je me suis retirée définitivement du monde de la coiffure.

Je me suis évidemment bien gardée d'avouer mon peu d'habilité à Z'hom quand on a acheté la Casa dolce Casa. De toute façon Z'hom ne sachant rien faire d'autre de ses 10 doigts que démonter des micro-P, je me disais que mes inaptitudes passeraient inaperçues et que de toute façon,  notre maison était une perle qui ne demanderait aucun arrangement et qu'ainsi je pourrais continuer à me moquer copieusement du chromosome XY qui partage ma vie.

Sur ce coup là j'ai été gourdasse comme une oie du jour (ou comme une hypertrophique glandulaire de télé réalité), on s'est vite rendu compte qu'il faudrait mettre la main au béton. Z'Hom a fait ce qu'il fait depuis l'adolescence, il a donné une dimension geek au bricolage. Du coup il est devenu bon, voire très bon, voire parfois plus tatillon qu'un jury d'Agrégation (et pan!). Moi je fais charmante assistante: je ponce de la poutre, je fous des coups de burin sur des murs, j'enduis à tout va, je m'emmerde fais la queue chez Leroy Merlin le dimanche alors que Z'Hom gambade tel un cabri folâtre dans le rayon menuiserie, le tout vêtue d'un très seyant jogging en polyester fuschia. Elégante en toutes circonstances vous dis-je. Bref, alors que ma moitié d'orange s'éclate carrément à péter des blocs de béton à la pioche, je me fais violence pour pas répondre à l'appel de la pelote.

Néanmoins, il reste quelques plages de détente où Z'hom ne m'oblige pas à assister à ses poussées de crises cimentières et j'ai donc produit 2 ou 3 petites choses que je vais m'atteler à vous montrer.

Tout d'abord ce petit gilet d'été en lace couleur naturel de chez Drops. C'est tout petit, ça a l'air de rien, mais ce gilet a été un énorme boulet. Je ne le dirai qu'une fois, ouvrez bien vos portugaises, attention, c'est d'une rare violence, je vous avais prévenu. Faudra pas venir vous plaindre après.  Bien, prêtes ? Aiguilles...2. Oui, je sais, ça fait mal, on a l'impression de faire du sur-place, au bout de 10 heures de tricotage intensif et on se demande juste "Mais pourquoi? Pourquoi s'infliger ça?"_ comme certaines émissions de télé ou certains concours de la Fonction publique.

Et puis arrive le jour béni de l'assemblage et on oublie tout en touchant cette merveille de finesse et de douceur. Voyez plutot. 

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Voici le boulet version 2012, bien plus joli en vrai qu'en photo. Bref, c'est là que je suis sortie de ma torpeur extatique pour m'apercevoir avec horreur que ce petit gilet n'allait avec rien. Il parait que ce soir là on a entendu, sur les coups de 20 heures, un long cri de terreur jusqu'aux tréfonds de mon quartier...

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Ah oui, j'oubliais, le patron qui s'appelle Bel, vient du livre Whisper de Kim Hargreaves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du coup en cousette je suis tombée dans la facilité; reprise du pantalon Burda d'avril 2009, dit aussi "le patron aux 1000 versions". J'avais un coupon de serge blanc cassé un peu courtaud, m'enfin j'avais décidé que ça passerait." Dans l'atelier de couture il y a 2 types de personnages: ceux qui tiennent les ciseaux et ceux qui sont coupés. Toi, j'te coupe...". Bon, du coup il est un peu feu de plancher mais avec une paire de ballerines ça va. Je n'ai pas fait de ceinture montée, je n'avais vraiment plus assez de tissu.

Voici l'avant: avé le cuissot moulé post-tartiflette, tendance exhib du nombril.

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Voilà l'arrière avec traces de culotte apparente, après le jogging fuschia, je n'en suis plus à une faute de gout près.

 

 

 

 

 

 

Enfin j'ai repris le patron du top noeud-noeud de mars 2012 et je l'ai rallongé pour en faire une robe. Elle est confortable à mort et j'ai passé quasiment tout l'été dernier dans le dedans, sauf quand j'étais en jogging de chantier.

                                                                             

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Le jersey avait été acheté il y a des plombes au marché de la Croix Chavaux à Montreuil. Voilà le détail du motif "Printemps sous acides". 

                                                                              

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La prochaine fois, si vous êtes sages, je pêcherais   par le corail.

 

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30 avril 2013

Le Blues de la couturière

Oyez, oyez braves gens, she's alive! Et oui, bon, hein, pas la peine de râler, je sais, une vraie éléphante, 9 mois de gestation pour un petit post de rien du tout.

Mais un complot international s'est formenté contre moi et a eu raison de mon envie folle de vous raconter mes périlleuses aventures de hussarde noire de la République. Que je vous explique, parce que les théories du complot on connait et bla et bla...

                                                                             

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D'abord y'a eu aout; pour que je me méfie pas, les conspirateurs du NBFLN (No Blog for la Noueuse) ont recruté parmi ma propre famille. J'ai passé un temps infini à écouter l'épopée de soeurette 3ème du nom qui venait juste de rentrer de chez les kangourous avec une planche de surf et un Ritalien sournois (ouais, elle fait rien comme les autres), dans ses valises. Evidemment ma soeurette a vite eu d'autres occupations comme inventer des cocktails qui font marrer avec ses copains, du coup j'ai à nouveau senti l'appel du blog.

C'est là que Sandrouille, ma Sandrouille, ma coupine de moi s'y est mise aussi. Et bon, elle a utilisé des armes de destruction massive: confit d'oignon- cuissot de sanglier-rhum, épaule d'agneau- gratin de courgette-rhum, seiches à la provençale- bandol rouge ( l'ennui naquit de l'uniformité, voyez-vous) et sieste dans les oliveraies de l'arrière pays varois. Burp...

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Autant dire que j'étais trop occupée à digérer mes 5 kilos de viande macérée quotidienne pour pouvoir écrire quoi que ce soit. Après tant d'agapes et un foie au bord de l'implosion, il a fallu revenir à un mode de vie plus ennuyeux  sage, surtout parce que faire une petite sieste digestive le jour de la rentrée, c'est une perspective certes réjouissante, mais pas compatibles avec une horde furieuse de gnomes regonflés à bloc par 2 mois de vacances. 

Ben et après me direz-vous? Ben ce sont les nains qui s'y sont mis. Ils se sont révélés gentils et disciplinés. Oui, je sais, vous êtes déçus voire mortifiés. Mais que je vous rassure, ils se sont révélés gentils et disciplinés pendant au moins une semaine après la rentrée; j'ai donc du mettre en place une dictature stalinienne en milieu scolaire afin de leur pourrir la vie et de m'assurer 10 mois de paix et sérénité.

Et puis y'a eu l'Agreg, saison 2 le retour ou "Comment pouvoir afficher son masochisme à la face du monde sans perdre sa dignité sociale". J'ai gagné 6 points par rapport à l'an dernier. Et j'ai échoué aux écrits pour 0.5 point... Là, ça a été le blues tout court que le chant des esclaves noirs dans les champs de coton à côté, c'est un jinggle pour une pub Mon petit Poney. Le genre de déprime qui vous donne envie de vous acheter une grenouillère, des chaussons en forme de pattes de poulet et de vous nourrir exclusivement de chou-fleur à la vapeur. J'ai bien tenté de remonter la pente et de venir trouver une écoute attentive parmi vous, mais j'ai, comble de la chkoumoune, cassé mon APN. 

Mais si j'ai pas bloggé, j'ai beaucoup cousu et tricoté; ça a été mon Xanax à moi. J'ai donc plein de trucs à vous montrer, mais pas tout d'un coup car trop de bonheur tue.

Voilà donc, en tant que Picasso de la couture (pas sure que ce soit flatteur ça), MA période bleue.

Tout d'abord j'avais acheté un lot de fil ultra fin aux Puces des couturières de St Maur, en octobre. Un bon kilo et demi d'un fil d'une extrême finesse. Je ne sais pas vraiment qu'est-ce qu'il y a dans le dedans, mais il est d'un magnifique bleu paon. Regardez donc et pleurez, car cette merveille est à moi.

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J'avais en tête le modèle Sea tangles de Knitty que vous pouvez trouver là. Je me suis lancée sans échantillon sinon c'est moins drôle et le modèle s'est avéré très facile à tricoter et relativement rapide. 

L'originalité du patron c'est que la place des torsades change à chaque téléchargement du patron. Du coup on peut se moquer comme d'une guigne (au fait c'est qui cette pauvre guigne ?) de se tromper. Voyez le point de plus près.

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Evidemment, tout était réuni pour que ça roule tout seul et il a fallu que je mette mon grain de sel. J'ai pensé que les manches étaient trop grandes, du coup j'ai enlevé 10 mailles et j'aurais pas du, les emmanchures sont très justes et mes bras prennent une jolie couleur violacée très seyante avec le bleu paon quand je le porte. Mais si je le porte basculé sur l'épaule, comme ici, tout va bien.

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Comble du bonheur, je n'ai utilisé que 120 grammes de ce merveilleux fil pour le tout.

Z'hom adore. Il dit que ce serait un formidable uniforme pour une danseuse de pole dance et que je devrais le porter avec un soutien gorge rouge. Les hommes sont sensibles à l'élégance féminine, c'est connu...

J'ai aussi fait, en bleu qui pique l'oeil cette fois, le haut 113 du Burda de février 2013 qu'on a vu partout sur la blogo. Il est facile à faire une fois comprises les explications cryptiques du magazine et rend vraiment bien. D'ailleurs mes modeuses de 4ème ne s'y sont pas trompé, j'ai eu droit à "M'dame!!!! Z'avez trop le swag!", ce qui est le summum du compliment chez les boutonneux.

 

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J'ai fixé le drapé sous la parementure, mais je regrette, je pense que je ferai autrement la prochaine fois. J'ai fait un ourlet ultra fin pour terminer le bas et pour éviter de passer par la fenêtre ma surjeteuse qui a pris ses aises et bosse quand elle veut depuis quelques temps.

Le tissu vient du marché des bosquets de Clichy Montfermeil. Antre du mal où je ne pose le pied qu'en cas d'extrême nécessité parce que y'a du tissu en veux-tu en -voilà, et du tellement beau parfois que je me dis que les vendeurs ne savent pas ce qu'ils proposent à la clientèle vus les prix pratiqués.

La prochaine fois, si vous êtes sages, je serais la fille du chantier.

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27 juillet 2012

Vitamine

Il y a des choses qu'il est inconcevable de ne pas aimer: le Nutella, les chansons de Mickaël Jackson et faire du shopping. Or dans l'imaginaire collectif (merci papa Yung), une fille digne de ce nom devient hystérique dès qu'il s'agit de dépenser des écus sonnants et trébuchants.

                                                                     

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Moi je dis "FOUTAISES"! Je hais faire les magasins depuis toute petite. D'abord c'est la faute de Nini, soeurette 1ère du nom (et que j'embrasse ainsi que la mini-crevette qu'elle a mis au monde il y a pile une semaine). Juste avant la rentrée des classes avait toujours lieu le même rituel. On s'entassait bruyamment dans le paquebot familial pour filer s'acheter de quoi faire bonne impression aux profs (d'ailleurs l'illusion durait peu) et nous débarquions avec le calme d'une horde de fauves nourris à la feuille de chêne, terrorisant la cliente de plus de 70 ans, venu innocemment là pour s'acheter un Damart. Pour dire la vérité, ça me gonflait très vite de déambuler dans les rayons et j'avais vite fait de trouver un pantalon noir, un pull noir, voire, comble de la fantaisie vestimentaire, un tee-shirt gris pour égayer un peu tout ça. Gothos refoulée qu'on vous dit... Pour Nini c'était pas pareil, elle examinait chaque pièce de vêtements comme si sa vie en dépendait (2 heures), puis se faisait livrer par tracto-pelle les chiffons qu'elle avait choisis. Malheureusement y'avait ensuite l'essayage (2 heures supplémentaires). A ce stade le score était de deux vendeuses au bord de la démission et de deux autres en dépression. Quant à moi j'étais pas loin de proposer un remake de Caïn et Abel à ma bien aimée Nini (devinez qui aurait du jouer Abel).

Tout ça pour que finalement Nini décrète que tout était naze, qu'il fallait aller ailleurs. In fine, après avoir fait l'intégralité des magasins de la ville, Nini voulait revenir dans le 1er magasin car elle ne pouvait subitement pas se passer du pantalon écossais rouge naze qu'elle avait essayé 3 heures plus tôt et qui lui apparaissait à présent comme un élément vital pour réussir son année. J'ai fini par piquer les rations de suvie , à caser entre le sac de couchage et la tente de camouflage, de mon beau -papa Rambo avant chaque expédition mercantile.

Inutile de dire que dès que j'ai eu l'âge, j'ai fait mes courses toute seule. Ou plutôt avec ma Yayate (c'est ma MAPLV _meilleur ammi poure la vi _ comme l'écrivent si finement mes 6èmes sur leurs classeurs), étant entendu que faire ses courses entre copines est un moment de socialisation obligatoire au lycée. Sauf que Yayate s'est révélée encore plus casse-bonbon que ma soeurette.

Heureusement y'a eu internet et puis la couture. Ce qui fait que je ne mets les pieds dans les antres du Mal que sont les magasins de vêtements qu'1 à 2 fois par an. En général il me faut une mise en condition d'une bonne semaine de préparation: exercices de respiration, gymnastique chinoise voire séances de méditation (si, si, c'est pas parce que je ronfle que je médite pas).

En théorie j'ai un grand coup de fatigue dès que point l'avenante façade du centre commercial. Mais n'écoutant que mon courage, je m'engouffre dans le temple du vice. Souvent je suis au bord de l'hyper ventilation quand je vois que je ne trouve rien, ou que je trouve mais y'a pas ma taille, ou que ça me va pas ou alors ça me va, la forme est belle mais la couleur est immonde. Bref j'ai envie de me faire un nid douillet avec les nippes moches, trop grandes et bla et bla, et de me pelotonner dedans au fin fond d'une cabine d'essayage oubliée. Je finis, au bout d'une demi-heure par ressentir un vague écoeurement devant les marchandises étalées, avec la sensation que cette abondance a quelquechose d'obscène. C'est grave docteur?

Pour me remettre de tout ça j'ai décidé de me coudre du t-shirt punchy, de la robe vitaminée, du boléro pétillant.

Tout d'abord j'ai ressorti le patron du t-shirt d'hiver du Burda couture simple Olympe de 2011 déjà utilisé ici. J'ai utilisé le même patron sans les manches, comme une grosse feignasse écrasée par la chaleur. Deux coutures sur les côtés, les finitions à l'aiguille double et c'était plié, je pouvais retourner à ma sieste. Le très joli jersey corail vient, comme toujours, du marché de la Croix Chavaux à Montreuil. Et mon t-shirt permet de cultiver l'indolence ambiante, puisqu'il va avec tout. Inutile de dire que si j'avais pas le fondement collé au fond de mon transat, je lui chanterai mon amour. Grave.

                                                                         

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Message spécial pour Mounette d'amour: oui Maman, tu ne rêves pas, je suis bronzée, c'est pas une illusion d'optique_ fin du message personnel_

Comme je ne pouvais pas rester dans cette torpeur antillo-francilienne, je me suis mise aux choses sérieuses. J'ai jeté mon dévolu sur ça: 

Sans titre

C'est une robe issu d'un Lutterloh du printemps 73. Et là ça a pas du tout été la même chose. J'ai d'abord fait une toile qui s'est révélé parfaite. Pour une fille avec un bonnet F... Mort et désolation. J'ai donc joué sur les pinces, j'en ai notamment rajouté sur les côtés pour créer des pinces Dior (classe!) juste sur le côté des nichons (pas classe...). J'ai zappé les poches parce que j'aime pas trop ça et resserré le bas pour le côté Hôtesse sexy de la PanAm des années 70.

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J'ai fini par faire quelque chose de très portable, mais comme le tissu est rigide et qu'avec mes changements c'est très structuré, j'ai l'impression de porter une sorte d'armure ou un corset Madonna période Jean Paul Gautier. Pour un peu plus de fantaisie, parce que le gris faut avouer que c'est moyen follichon, j'ai surpiqué en jaune tournesol et cousu de jolis boutons de la même couleur achetés chez Fil 2000. Les ourlets sont fait à l'aide de parement en gros grain assortis.

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Vous avez le droit de vous ébaudir sur la splendide pose de zip invisible.

PicMonkey Collage

Pour finir j'ai pris mes 4 pelotes de coton achetées chez Aldi et j'ai utilisé le patron Hew, disponible gratos sur Ravelry. Z'avait dit que c'était plus une recette qu'un vrai patron et c'est vrai, j'ai pas mal bidouillé le truc. La photo ne lui rend pas justice, en vrai j'ai pas l'air de porter le boléro à ma petite soeur, et bien que ce soit du 100% coton, je le trouve un peu chaud pour l'été.

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La prochaine fois, si vous êtes sages, et si je suis pas en profonde dépression après être rentrée de vacances, je vous jouerais "Le Temps des cerises".

 

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26 juin 2012

Les Hauts du Hurlevent ta Mère!

N'ayons pas peur des caricatures les plus crasses, ce que j'aime le plus chez nos amis Angliches, ce n'est pas leur excentricité , porter un collant jaune avec une robe imprimée de poulpes rose fuschia ne me fait pas tripper, ni leur cuisine, euh surtout pas leur cuisine, ni même leur majestueuse momie qui porte le pot de fleur sur la tête comme personne. Non, ce que j'aime, c'est la politesse. Vous me rétorquerez, et vous aurez raison, que tous les Anglais ne sont pas polis, que même certains ont une fâcheuse tendance à vous défoncer le crâne à coup d'Union Jack si vous avez le malheur de les croiser après un match de foot (sport de gentlemen qu'y disaient), mais avouons que le flegme britannique et la cup of tea avec le petit doigt levé (euh pas le même que chez les aimables supporters de foot précedemment cités) ne me laissent pas indifférente.

                                                                          

tea time

Voilà le mot qui me reste à la fin de cette année scolaire. Au risque de passer pour une réac de base qui militerait pour le retour de la blouse, du certificat d'études et des châtiments corporels (même si j'ai pensé remettre au goût du jour ces derniers 2 ou 3 fois cette année), je ne peux que constater que la politesse, la courtoisie, le savoir-vivre, c'est moyen tendance, voire même considéré comme pas fun du tout par une bonne partie des boutonneux et souvent, hélas, par leurs parents.

Ainsi la petite B., 6ème pourvue d'un 85C et d'un système hormonal particulièrement performant (la montée de sève chez elle c'est du 1er mars au 29 février), a passé la moitié des heures de Français à mâcher du chewing gum avec une distinction que lui aurait envié Katharine Hepburn, l'autre moitié du volume horaire étant consacrée à essayer de faire croire à la vioque qu'est au tableau que non, elle ne venait pas de s'asperger de parfum Yves Rocher alors que toute la classe tournait à moitié de l'oeil sous les effluves de vanille chimique et que je l'avais vue ostensiblement ranger le-dit flacon bien au chaud avec son Closer dans son sac. C'est la même qui, lors d'un exercice de mime fera semblant de ne pas comprendre pourquoi il est déplacé d'imiter Zahia en séance d'escalade avec Ribéry.

La deuxième place est attribuée à J. arrivé en milieu d'année, mais qu'on avait, hélas, déjà pratiqué vu qu'il s'était fait virer de l'établissement l'an dernier. Non content d'avoir un physique de souteneur albanais, le petit J. en avait hélas la mentalité. Si bien qu'avant la fin du 2ème trimestre ses manières douteuses foutaient les jetons à la moitié des élèves du beau sexe du collège. En gros à toutes celles possédant ne serait-ce qu'un embryon de poitrine. Ajoutez à cela le fait qu'entre deux siestes (à se demander si l'hypothèse du souteneur...) dans un pur élan d'altruisme, de peur que ces braves femmes de ménage ne s'ennuient, il créait des oeuvres d'art éphémères à base de bouts de gomme, d'emballages de bonbons, de morceaux de papiers, transformant les salles les plus rutilantes en bauges immondes et ce durant 7 longs mois. J'ai mis moins de temps à apprendre la propreté à Koubi...

Mais la 1ère place revient sans conteste à ce triumvirat de l'enfer de ma 3ème Isabelle Giordano. B., H. et P. ont employé toute leur année à pourrir le quotidien de la vie de la communauté scolaire entière sous l'oeil complaisant de leurs camarades de classe. Ainsi B. non content de pousser des gloussements, fort mal caché derrière sa mimine, de faire semblant de tomber de sa chaise 3 fois par cours ou de déplacer les affaires de tous, n'importe où, ne manquait pas de venir se planter devant mon bureau à la fin du cours, surtout quand il avait été odieux (c'est à dire 9 fois sur 10) et à me claironner un "Au revoir Madame" avec un air tête-à-claques furieusement hypocrite. H., son grand copain à-la-vie-à-la-mort jouait à peu près sur le même registre, mielleux au dernier degré mais profitant du moindre moment de faiblesse pour subtiliser les affaires de ses profs ou y jeter des chewing gum secs (la perversité a ses limites quand même). Mais cela n'est rien comparé à P., persuadé d'être sorti de la cuisse de Jupiter, voire d'Einstein, de Mozart et de Brad Pitt en même temps (ce dont on peut imputer la responsabilité à ses géniteurs) et qui a passé 10 mois à s'adresser à l'ensemble de ses profs comme s'ils étaient des demeurés, à contester systématiquement les notes (il était évident que derrière les fautes d'orthographe, de ponctuation, de grammaire, de vocabulaire et de syntaxe nous n'étions pas capables de détecter le vrai talent) et à nous parler comme l'aurait fait le Duc d'Orléans au dernier de ses gens. J'ai vu les parents deux fois dans l'année. La 2ème fois ça a duré 1h30 et quand je suis rentrée j'ai arrosé méthodiquement à l'arrosoir mes 700m carrés de terrain pour me calmer. C'était ça ou me laisser aller à un alcoolisme sauvage. Z'hom m'avait proposé de lui apprendre musculairement la politesse, j'ai décliné l'offre mais ça m'aurait fait rire un peu quand même.

Bref, débarassée de mes boulets adolescents j'ai maintenant toute latitude pour vous montrer dans la thématique, soyons romantiques, soyons polis, soyons Anglais, quelques créas pleines de douceurs dans ce monde de brutes:

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Tout d'abord le pull de fée II, le retour, je suis un peu le Rambo du tricot, je suis retournée en découdre avec l'Aurore de Phildar. Ce sera sans doute ma dernière version, deux pulls de ce modèle suffisent amplement. Bref comme d'habitude, facile mais long à faire, joli résultat mais dans une couleur plus girly que la dernière fois (en même temps la couleur Amande est pas non plus une teinte de chauffeur routier). J'ai également adapté le modèle pour l'aiguille circulaire et, allez savoir pourquoi, y'a 2 mailles qui m'ont échappé, un peu comme la logique de mes élèves d'ailleurs et du coup j'ai du rattrapper le trou à l'aiguille. M'enfin c'est complètement imperceptible. Voyez plutôt et ignorez le mouchoir de poche en guise de jupe, j'avais déjà un truc en mohair par 30°, je vais pas pousser le sacrifice jusqu'à arborer un pantalon de ski:

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Ensuite j'ai littéralement fondu devant le côté structuré et masculin du petit haut à noeud-noeud du Burda de mars 2012, c'est celui-là, le 119:

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J'ai choisi de le faire dans une résille mauve, histoire de conserver un air martial et guerrier. J'ai ignoré les instructions Burda qui préconisaient de replier le tissu et de faire un ourlet, j'ai préféré poser des biais que j'ai fini par une couture main. Comme je voulais des finitions rigoureuses, voire germaniques, j'ai laissé les ourlets à cru (en vrai j'avais la flemme après 1h de couture à la main pour mes biais. J'adore ce top, il me donne envie de m'allonger sur un lit de rose en chantonnant Gentil coquelicot un verre de grenadine à proximité de moi. Enfin presque. Je compte d'ailleurs le réemployer mais en le rallongeant pour en faire une petite robe d'été.

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Enfin, comme c'était trop facile, j'ai fait cette chemise du Burda de mai 2012 dans un voile blanc acheté au marché des Bosquets de Clichy-sous-bois.

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Elle n'a pas été trop compliquée à faire mais en revanche elle taille très petit (ou alors c'est les dix kilos de gâteaux apportés de façon hebdomadaire par mes collègues qui se sont brutalement rappelés à moi). Du coup la patte se soulève légèrement quand elle est fermée. Cela dit elle fait un peu Chantal Goya portée ainsi, à cause du col légèrement arrondi, du coup je la porte ouverte et basta cosi.

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La prochaine fois, si vous êtes sages, ce sera vitamine pour tout le monde.

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10 juin 2012

100% des gagnants...

Après tirage au sort, il s'avère selon ce logiciel:

True Random Number Generator  28Powered by RANDOM.ORG

(sauf que j'avais bien mis le nombre 33 dans la bonne case mais quand j'ai fait copié-collé, allez savoir pourquoi ça a changé) que c'est Carotte qui a gagné. Merci Mamzelles de tout poil d'avoir joué et bises respectueuses à toutes!

Posté par nedjmaia à 20:43 - Commentaires [3] - Permalien [#]



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