Noueuse d'aiguillette

01 février 2016

Stock et déstock

En ces temps de sinistrose, de chat qui revient abîmé, il faut que je m'y fasse mon vieux félin n'est qu'une petite frappe, et de chamboulement cuisinesque (une sombre période de bouffe au micro-ondes s'ouvre devant moi), j'ai décidé de faire un post léger à base de cadal augmentant les stocks, de bilan chiffonique et de nouvelles résolutions tenables. Nan, je vais pas me mettre à porter des moule-lunes en lycra pour faire une carrière de vieille fitness-girl (plutôt mourir...).

A Nawel, je suis donc allée dans ma Moselle natale, passer les fêtes avec la frangine n°2, celle qui fait de la coupe déstructurée comme personne. On a refait le monde en picolant du vin de Loire, passé le réveillon avec un de ses potes au CV bizarre (ex-barbouze chauffagiste, si si, ça existe), et j'ai reçu du cadal couture, vu que moi je pars pas en mission secrète dans des pays exotiques avec un air super détendu, comme les copains de ma frangine. Je suis juste une ninja de la poche passepoilée, un samouraï de la patte de boutonnage, une guerrière de la fermeture invisible.

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D'abord j'ai reçu cette fabuleuse collec' de coton wax que m'a ramené un copain sénégalais qui vient chaque année au mois de décembre investir notre chambre d'amis.

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On sait que c'est bientôt le temps du pétage de bide quand Ratab-le-rouge vient poser ses valoches dans notre antre. Et cette année, il y avait ça, dedans, pour moi: 3 coupons de wax destinés à se transformer en jupe Burda pour le rouge-orangé  et en robe Georgia pour le vert à fleurs roses, ainsi qu'un voile de coton rose qui aura l'insigne honneur de couvrir ma dignité basse sous la forme d'une jupe longue (sans doute une Burda de mai 2012, mais je suis pas sûre). J'aime bien le jaune pâle aussi, Mimi Kaolin dit que c'est "l'or des brunes", ce qui est joli, mais je ressemble un peu à Maya l'abeille avec cette couleur. Si néanmoins vous avez une suggestion pour ce coupon, je suis toute ouïe.

                                                                                             

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La frangine, elle, m'a offert en cadeau bonus un magazine BDF. Sauf que "ô rage, ô désespoir, ô aiguilles circulaires ennemies", je l'avions déjà, du coup je réfléchis à ce que je vais en faire, je vous tiens au courant (ouais, teasing de folie).

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Quant à ma Mounette d'amore, je lui avais stipulé que le patron de la blouse Denver me plaisait bien, mais bon "Passe-moi la Denver Mounette, euh pardon, le sel. Et sinon, comment ça va à Denver, euh, je veux dire à Nantes". Bref, ma Mamoune qui connait sa fi-fille comme si elle l'avait faite (bon, elle y est un peu pour quelque chose quand même), a mis sous le sapin... devinez.... le patron de C'est dimanche! Et là surprise, roulades avant et arrière, petits bonds de joie, vraiment, je ne m'y attendais pas, comment t'as deviné?

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Pavlov à l'usage de la couture en somme...

Moi-même je me suis offert deux cadeaux, parce que charité bien ordonnée commence par soi-même et que je suis une fille très charitable envers ma petite personne. Du coup j'ai profité du rabais offert par Schnittchen patterns pour m'offrir celui de la veste Eve. Je vous parlerai d'ailleurs bientôt de la couture avec du strudel dans le dedans parce que le patron a déjà été rentabilisé. Mais pour tenir en haleine mon lectorat, je ne vous montre que ça de mon projet:

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Enfin ma copine Saucisse intrinsèque a fait, rien que pour moi, ces superbes anneaux marqueurs en fimo. Oui, je sais, ils sont beaux, ils sont miens, bas-les-pattes et pis j'en ai dans toutes les couleurs nana-nère. D'ailleurs, si vous voulez aller voir ce que fait ma coupine courant d'air, toujours à l'autre bout du globe, allez là:

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Janvier c'est aussi le mois du brocoli vapeur eau de vittel du bilan: j'ai jamais fait, du coup je me suis pliée à l'exercice parce que bon, tant va le tissu à la MAC qu'à la fin il se coud (j'aurais peut-être du aussi me résoudre à arrêter le crack, in fine ça fait brouillon).

En décembre j'ai fêté mes 10 années de couture et je constate que je porte quasiment tout ce que je couds. J'ai d'ailleurs pas mal de vêtements faits il y a 8 ans que je mets encore très régulièrement. Bref, avec le recul je me dis que la couture n'est pas seulement un loisir envahissant (ça c'est la vision, erronnée bien entendu, de Z'hom) mais c'est aussi, si tant est qu'on soigne les finitions, le moyen d'avoir des vêtements de bonne qualité qui subisssent moins l'outrage du temps que ce qu'on trouve dans le commerce. Je pense encore avec horreur à ce pull Ko*kaï pour lequel j'avais vendu un rein et demi il y a douze ans et qui a rétréci au 1er lavage basse température. Mais j'avoue que l'enthousiasme me pousse parfois à coudre des trucs douteux.

Commençons par le palmarès de la Win et vous allez voir, ça dépote question fantaisie, une vraie drag-queen, Ru Paul, accroche-toi à tes plateformes shoes:

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Le vêtement le plus porté c'est celui-ci, mon manteau Bubu en cachemire noir, bien coupé, basique, qui va avec tout, un brin ennuyeux mais qu'on enfile sans y penser.

Et pis en deuxième position, attention, dans le style punk à chien et iroquoise on fait pas mieux, le pantalon marin en lainage gris, modèle Bubu également (que voulez-vous, j'ai une tendresse particulière pour la couture du Nord). Ouais, je sais, trop de fantaisie, de paillettes, de chamarré tuent la fantaisie, la paillette, le chamarré.

Le 3ème ouvrage beaucoup porté cet été c'est la Datura de D&D. J'avoue, ce patron est bien fichu et efficace, d'ailleurs j'en ai aussi cousu une version pour la Mounette et une pour ma BSA vu qu'on m'en a réclamé de tous les côtés.

Enfin, je ferme le palmarès par l'outsider laineux, le pull vert avec les reflets comme sur les tableaux de Monet, parce que c'est le seul survivant de la production tricot d'une année 2015 calamiteuse. Entre le pull avec de vilaines finitions, le gilet trop grand, le bonnet trop petit, j'ai erré dans les limbes du surjet torse; mais 2016 s'annonce d'ores et déjà bien mieux.

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Dans le milieu du tableau, peut mieux faire, nous avons le jean pin-pon (une taille de trop et couleur compliquée à assortir) ainsi que la veste beige en moumoute, sympa mais trop sportwear par rapport à ce que je porte d'habitude.

                                                                                    

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Enfin dans les "mais-bordel-qu'est-ce-qui-m'a-pris" on trouve l'écharpe arc-en-ciel, trop courte à mon goût, la blouse en broderie anglaise beige (moche, moche, voire super-vilaine) ainsi que la veste marron (le déguisement en chanteur de Boney Nem n'est pas encore socialement accepté).

                                                                           

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Du coup comme j'ai pas pris la résolution de perdre du poids (d'où?) d'arrêter de fumer (ça tombe bien, je fume pas) ou d'apprendre l'Esperanto (pas désespérée à ce point), j'ai pris deux résolutions couturesques. Tout d'abord m'attaquer à un nouvel Everest de la canette, faire de la lingerie. Pour l'instant je rassemble les infos, mais bon, comme j'ai 338 blogs dans mes favoris et 230 tutos, va quand même falloir que je m'y colle un jour et que j'arrête de trouver n'importe quel prétexte pour y couper (j'ai piscine, mon doigt me fait mal, c'est sûr j'ai une maladie incurable, etc...).

La seconde, suite aux polémiques sur les patrons magazines vs les patrons indé, c'est de présenter un patron indé par mois avec méthode, rigueur et sans frétillement "paske je l'ai vu sur le blog de la Dinde" ou que je le trouvais moche mais au bout de 30 podcasts dithyrambiques ma CB s'est mise à me sussurer des mots doux avec la même voix que Golum prend avec son précieux.

Je commence donc avec le patron (encore mais c'est pas le même) Denver de chez Blank Slate Pattern.

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C'est un patron PDF acquis lors d'une vente promotionnelle de 4 patrons de créateurs indé (mais j'en reparlerai). C'est une tunique qui peut aussi être cousue en version robe avec une option finition biais d'encolure ou col souple. Comme il me restait 1m30 d'un autre projet (to be continued) d'un jersey un peu épais gris bleuté et que j'avais acheté un reste de jersey texturé blanc au marché des Bosquets, j'ai décidé de partir sur la robe.

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L'éventail des tailles est assez large et celles-ci correspondent bien aux mesures annoncées. En effet, j'ai pris la taille XS et à part au niveau du tour de taille c'était parfait. Bon point aussi pour les conseils de FBA (poumons saillants), de SBA (nichons de naine) de rallonge ou de racourcissement du patron ce qui permet d'avoir un patron bien ajusté. La couture ne m'a pas posé de problème, je dis pas que j'y serai arrivé même en cousant avec des moufles, mais une débutante peut aisément s'en sortir puisque les explications sont sous forme de pas-à-pas photographique.   Quand on est habitué aux propos sybillins de Bubu, ça fait drôle, un peu comme Indiana Jones qui lirait le Times alors que d'habitude il déchiffre du Wolof du IVème siècle.J'avoue qu'à un moment j'ai eu peur en voyant les emmanchures, elles m'ont semblé bien petites et l'espace d'un instant j'ai eu peur de voir mes bras devenir violets et se détacher de mon corps, ce qui m'aurait un peu contrariée. Mais en fait non. Cela dit si vous avez le bras fort et pas comme moi des biceps de mouche, ça peut poser problème.

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Le seul vrai souci que j'ai eu n'est pas lié au patron mais au molleton fin et gris totalement merdique que j'ai utilisé. Le tissu était pénible à coudre et j'ai cru mourir quand j'ai du découdre, il était tellement de mauvaise qualité qu'il restait des trous même en maniant le découd-vite comme un artilleur un paquet de TNT. Mais bon, c'est planqué dans les coutures, du coup ça devrait tenir. J'ai du doubler toute la partie blanche avec un jersey, histoire de pas être arrêtée pour attentat à la pudeur, mais le panneau doit être légèrement plus petit parce que ça tire un chouille. Cela dit tout le monde m'a fait des compliments que j'accueille avec un visage marmoréen, mais en fait le patron a deux défauts: les tailles sont toutes en noir sur le patron et comme elles sont nombreuses, la lecture demande un peu (faut pas exagérer non plus) de concentration. Plus embêtant, voyez le dos. Oui, je sais, ça saute aux yeux, il manque des pinces, le dos n'est pas suffisamment ajusté (temps couvert = photos pourries, que voulez-vous, c'était juste pour montrer le truc). Cela dit avec un peu de bouteille ça se modifie même avec des moufles, on y revient. Bref, c'est un bon patron et je ferai sans doute à l'occaz' la version tunique.

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Je vous parlais du projet pour lequel j'avais utilisé le coupon gris avant la Denver. En voyant les Linden de je sais-plus-qui-pattern, j'ai eu envie d'un sweat, ouais, je sais je suis une ouf, question originalité j'envoie du poney canné. Mais comme j'avais investi dans un Bubu avec un chouette modèle (une partie de la blogo crache sur ces magazines mais on y trouve des perles), le 115 d'août 2015, j'ai décidé de tester le patron avec mon tissu.

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J'ai rajouté une pièce pelucheuse offerte par Mimi, que même c'est tellement doux qu'on a l'impression de transporter avec soi son ours en p'luche de quand on était nabote.

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Autant le dire toute de suite, il est hyper bien coupé, tellement bien que j'en ai refait un dans le foulée dans le même tissu merdique mais en beige (masochiste un jour...) avec dentelle champagne. La seule modification faite c'est une légère réduction du bracelet d'ourlet, mais c'était simplement une question de goût. Bref, j'ai un sweat shirt chaud, joli et zéro déchet de mon coupon tout naze du début.

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Enfin je suis sortie du marasme tricotesque de 2015 avec ce modèle du Knitscene de l'hiver 2011, le Camellia Shrug

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. Alors je sais que le boléro c'est pas à la mode, mais je m'en tamponne le coquillard au fond d'un seau et en plus mon ouvrage ne comporte aucune couture, rien, nada, que'd'chi.

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J'avoue que j'ai flippé ma race avant de commencer, mais ça m'a permis d'apprendre le magic loop et à rabattre les mailles avec beaucoup de souplesse. Voire trop. La laine est un reste d'angora premium de chez Ice Yarn; elle pique un peu mais comme je suis pas très sensible, ça va. En revanche elle tient bien chaud. J'ai utilisé les explications de Maman Moj, c'est ici: en gros on tricote deux mailles, on les repasse sur l'aiguille gauche, on les tricote ensemble (1 mailles sur la droite), on retricote une maille pour avoir à nouveau deux mailles à droite et c'est reparti. C'est de loin ce que j'ai trouvé de plus simple et de plus efficace. Dites moi si il faut un tuto image et j'en ferai un la prochaine fois. Cela mis à part c'est un tricot plus facile qu'il n'y parait et j'aime beaucoup le résultat très sophistiqué. Voyez plutôt:

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Valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, y'aura du grabuge dans le chiffon.

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21 décembre 2015

50 nuances de peaux

Plus que de coutume le mois de novembre m'a semblé un long tunnel. Très long. Très sombre.

Des jours entiers le front douloureux et plissé. Le 13 novembre d'abord. Une des copines de Z'hom dans les victimes. Et puis un autre deuil amical pour lui à la fin du mois. Et puis le score du Front de la N. Des gens de ma famille dégueulant des torrents de conneries sur FB, des intox. Putain, ils n'ont tiré aucune leçon, ils n'ont rien compris. Ils ne se rappellent même plus que du sang de l'autre côté de la Mare Nostrum coule dans leurs veines.

Du coup, pour ce Nawel, je tenais à envoyer une bouffée d'espoir du fond de mon bahut de banlieue parisienne. Là où la mixité sociale n'est pas un vain mot, là où elle est évidente, là où, quand on regarde le trombi, on voit 50 nuances de métissages, 50 nuances de peaux.

Laissez-moi par avance vous présenter des voeux de paix et de douceur de la part de S. grande courge bretonne aux yeux bleus et de son amoureuse C., ravissante indienne toujours souriante, de B. cabotin d'origine marocaine et de son meilleur pote Y, dont le nom évoque d'emblée les murs de Jérusalem, de P. qui clame sans arrêt "Forza Italia" et qui passe son temps à se bidonner avec F, qui parle de Dakar et de Paris avec les mêmes étoiles dans les yeux. Car si "nous on s'entend bien Madame, les adultes devraient y arriver ausi, non?". Joyeuses fêtes donc.

                                                                                                  

Metissage

 

Valà, je vais à présent reprendre une activité normale et vous parler de vert (ah la COP21 est passée par là_ sans laisser de traces ai-je envie d'ajouter). Comme nos formidables dirigeants vont continuer allègrement à vider de leur substance les lois censées sauver l'Humanité, histoire qu'une toute petite minorité puisse continuer à vivre dans un luxe obscène, j'ai décidé de vous montrer de la créa chlorophyllée exclusivement faite dans du tissu et de la laine de 2nde main.

                                                                                        

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Tout d'abord cette robe Lekala. C'est le modèle 4046, à faire dans une maille épaisse.

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Et ça tombait 'achement bien vu que ma copine Mimi Kaolin m'avait filé un coupon de milano tilleul dans lequel toutes mes pièces rentraient parfaitement et en rang par deux sinon ça va barder pour leur matricule.

Le patron est assez simple à assembler, le décolleté est très profond, mais Lekala a tout prévu, afin de vous préserver de la pleurésie chafouine, une pièce supplémentaire est ajoutée pour couvrir votre pudeur et éviter d'avoir comme la brave Margot de Brassens, "tous les gars tous les gars du village" dans votre salon, parce que ça fait passablement désordre. Il faut bien évidemment travailler les pièces en sandwich, c'est un peu plus épais, mais ça ne présente pas de grosses difficultés. Avec le recul je me dis que j'aurais du faire cette "modestie" dans une couleur différente pour casser le côté uniforme de la robe.

Concernant le patron en lui-même, on a souvent reproché à cette marque de tailler étroit et il faut bien l'admettre, les Russes adorent être gainées dans leurs vêtements comme un boudin antillais dans un boyau. On a les métaphores qu'on peut et puis c'est de saison. C'est typiquement, ce qui manque à cette robe. Si le bas moule le popotin plus que correctement (quand j'ai regardé les photos de dos j'ai eu l'impression que des lutins farceurs m'avaient greffé des prothèses durant la nuit), la robe est trop large à la taille et elle est un chouille grande au niveau du buste. Pourtant j'ai indiqué mes mensurations habituelles et celles-ci n'ont pas changé depuis mon dernier couturage avec des morceaux de Bortsch dans le dedans.

Voyez plutôt:

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Bon, y'a rien de très vilain non plus, mais c'est pas tout à fait ce que j'espérais. Autre déception: les manches. En regardant le dessin du modèle elles sont longues, c'était parfait c'était exactement comme ça que je les voulais. Quelle ne fut pas ma surprise quand je me suis aperçue que je m'étais fait couillonée de la manche! C'est du 3/4, y'a pas de doute. Ou alors la population de manchots en Russie est ultra-majoritaire. Bref, du coup je me retrouve avec une robe qu'est sympa, très working girl, mais qui n'est pas tout à fait comme je me la figurais.

Et hop, une photo de dos pour vous amuser un peu (paye ta paire de pastèques).

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Ensuite j'ai testé un patron de Papavero pour rester dans la thématique East sewing. J'étais un peu échaudée par mon dernier essai avec le site polonais. En effet, j'avais beau me contorsionner dans tous les sens, je n'ai jamais pu fermer le chemisier que j'avais coupé en 34. Je me suis dit que c'était sans doute du à mon opulente poitrine (étrange d'ailleurs, parce que sur les photos on a l'impression que les lutins ont tout tablé sur l'arrière). Du coup, au moment de couper un pantalon jean slim, j'ai choisi la taille 38.

Je l'ai taillé juste après le jean 1083 dans un tissu qui est une chute de rouleau. L'endroit est vert foncé flammé et l'envers est un vert néon plus flashy. Pas sûre d'assumer le côté réverbère en goguette, j'ai choisi la face la plus sobre pour couper mon pantalon.

BIen sûr, impossible de tenir compte des instructions traduites par Google, à crever de rire, certes, mais complètement inutiles. Cela dit, si vous n'en êtes pas à votre premier essai de pantalon, ça va tout seul. J'ai doublé les poches avec un satin vert pomme, mais elles ne sont pas assez profondes, la prochaine fois je les modifierai un peu. J'ai également surpiqué le dos pour accentuer le côté jean. Le résultat est sympa et bien coupé même si mon jean est plus un pantalon droit qu'un slim. Du coup, la prochaine fois je ferai plutôt un 36. Voici la bête:

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Bon, évidemment, c'est pas un pantalon de cadrounet super discret, mais avec un haut uni très simple, ça fait un ensemble sympa. Et hop, une photo du dos et une autre de la surpiqure dos:

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Enfin, j'ai pris quelques pelotes qui dormaient dans un carton chez Mimi et j'ai dégainé un patron de Elle des années 70 que j'ai légèrement modifié. Le patron vient d'un blog dont j'ai oublié le nom et j'en suis réellement désolée. La photo du modèle me semblait sympa.

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J'ai à peu près suivi les instructions, sauf qu'au moment de tricoter le dos je me suis dit que ce serait sympa de faire un petit quelque chose, alors j'ai fait un truc délirant, j'ai rajouté des côtes sur les épaules et tant qu'à faire sur l'arrière des manches aussi. Vous excuserez les plis sur le dos, j'ai eu la flemme de remédier à ça.

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La laine est un ravissant mérinos très fin mais aussi très fragile avec des nuances de vert et de jaune qui me font penser à un tableau de Monet. Je suis contente du résultat d'autant plus que j'ai fait des calculs savants pour rapetisser la taille. Bref le pull me va bien, il est fin mais chaud, je finis donc ce post sur un satisfecit.

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La prochaine fois, si vous êtes sages, je serai le Vidéo-gag de la couture.

 

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31 octobre 2015

Comme une Dietrich de la couture

Ca n'aura échappé à personne c'est les vacances ("Encore" dit Z'hom juste avant que je le foudroie avec le regard n° AK47) et ça veut dire temps mais aussi augmentation considérable du taux ambiant de flemme.

Du coup j'ai vu d'un bon oeil le fait que Yaya m'ait awardisée, ça me permet de vous pondre un article fin, spirituel et enlevé à peu de frais et d'en garder sous le coude pour le mois prochain, car comme le dirait Pierre Gattaz à une table de négociations ouvrières: "Trop de bonheur et d'acquis sociaux nuisent". Pour ceux que les jactages futiles n'intéressent pas, vous avez tout à fait le droit d'aller directement aux trois nouveaux projets que je vais vous présenter. Suis pas faciste.

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Donc le but c'est, si j'ai bien tout compris:

-parler d'un sujet passionnant, c'est à dire dévoiler 11 choses sur moi_ je vous sens déjà frémissants

-répondre avec la grâce et la subtilité qui me caractérisent aux questions de Yaya

-en trouver 11 plus mieux que ceusses de ma collègue de blog à poser à d'autres collègues de blog

 

11 trucs qui peuvent expliquer bien des choses sur la Noueuse

1- J'ai le pied romain. Pour mes lecteurs peu versés dans la Podologie (et comment vous en vouloir?), ça veut dire que j'ai tous les doigts de pied de la même longueur. Ajoutez à cela qu'ils ressemblent à des saucisses cocktail, qu'ils prennent une charmante teinte violette en hiver pour virer au rouge incarnat en été et vous comprendrez que je suis dotée des palmes les plus laides de la Création. Je compense en étant absolument ravissante partout ailleurs.

2-Chaque année je rêve d'épouvanter mes élèves en imitant Hartmann, le saint patron des profs heureux en leur disant "Si vous ressortez de chez moi, les louloutes, si vous survivez à mon instruction, vous deviendrez une arme, vous deviendrez un prêtre de la subordonnée relative implorant la Grammaire ! Mais en attendant ce moment-là, vous êtes du vomi, vous êtes le niveau 0 de la vie sur terre, vous n’êtes même pas humain, bande d’illettrés !". Mais je me dégonfle chaque année...

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3-Mon chat a sa propre serviette et quand il rentre mouillé d'une de ses escapades, il gueule en me tournant autour jusqu'à ce que je l'ai frictionné et séché.

4-J'ai été élevée par un militaire. Un vrai avec rangers, qui chante devant le défilé retransmis à la télé à chaque 14 juillet. J'en ai gardé une aversion sévère pour le kaki et les chansons de Jean Pax Méfret (si tu ne connais pas, clique , à tes risques et périls) mais je dois avouer qu'on sent une influence dans la façon dont je sévis dans mon métier.

5-Je suis hypocondriaque, mais seulement par période (quand des proches sont malades ou pire) et avec une prédilection pour les maladies bien incurables et mortelles. Dans ces moments-là, le moindre bouton sur le doigt et je me vois emportée, à la fleur de l'âge, par un cancer de l'auriculaire.

6-A 10 ans j'ai claironné que les garçons c'était beurk et que jamais je ne me marierai. Comme mes parents sont joueurs ils ont d'abord essayé de m'appâter avec la robe de princesse. Pas folle la guêpe je me suis obstinée. Et puis comme ils étaient très très joueurs, ils m'ont fait écrire sur un papier que je ne passerai jamais devant Mr le Maire. 28 12 ans après j'ai toujours pas changé d'avis. Et j'ai enfin compris pourquoi je suis pas tout à fait équilibrée (ah les névroses parentales!!! Mum, si tu me lis, j'te kiffe!).

7- J'ai fait de la danse orientale pendant un an. Je faisais vachement bien le chameau inversé, mais j'avais l'air d'une nouille quand la prof disait: "Faites-moi trembler tout ça"...

8- J'ai fait des jobs assez étranges pour payer mes études: femme de ménage dans une centrale nucléaire, disquaire dans une petite boutique qui ne faisait quasiment que du rock indé (et des DVD, avec un vieux Mr qui venait faire une énorme provision de films pour adultes chaque semaine, ce qui faisait dire à mon boss qu'il voudrait pas être à la place des héritiers).

9- Paraît que je suis gémeaux ascendant gémeaux. Bref, y'a beaucoup trop de monde là-dedans.

10- La plupart de mes amis sont des ovnis: un métalleux ex-infographiste qui élève des poussins et rénove des maisons alsaciennes anciennes, une prof de Français qui fait de la médecine chinoise mais qui fume et boit comme trois cosaques et veut passer l'Agrégation d'Allemand pour le plaisir. Bref, je n'attire que des gens étranges.

11-Je voue un amour incommensurable aux films de chinois qui s'tapent des années 70-80 mais aussi aux films coréens, mais uniquement ceux avec costumes. Allez savoir pourquoi...

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Allez, vous en reprendrez bien une louchée? C'est comme une truffade double fromage, ça se mange sans faim. Let me introduce you les questions de Yaya:

1-Quel est ton âge mental? Compteur bloqué à 21 ans. Hélas c'est pas tout à fait la même chose pour le physique.

2- Tu te souviens du moment où tu t'es dit que tu voulais coudre? Ah ça oui, je déprimais dans mon établissement cauchemardesque en plein milieu de la crise des banlieues de 2005 et je suis tombée sur une pub de discounter qui annonçait la vente de machinesà coudre. Ma Lervia a été bien vaillante, 3 années de bons et loyaux services, puis je l'ai donné à une copine.

3- Le tissu le plus moche de ton stock (+ photos/+ défi) ? C'est un jacquard d'ameublement vert amande acheté chez Emmaus, je ne sais pas ce qui m'a pris, je ne sais toujours pas quoi en faire. Si vous faite de la réfection de sièges anciens, je le donne volontiers (vous règlerez juste les frais de port). J'ai eu la flemme de le prendre en photo mais j'y remédierai dans la semaine.

4-Quel est le truc qui te met hors de toi? Les gens qui assument pas. Genre l'élève qui fait n'importe quoi de façon ostentatoire et qui dit "C'est pas moi", quand on le reprend. En général ça finit par un tympan percé chez l'intéressé. Cela dit c'est de plus en plus courant chez les adultes.

5-Un accessoire, une technique qui te facilite la vie en couture? Je vous renvoie à l'article sur les pieds de couture, là. Mais il y a aussi les fonctions arrêt position basse de l'aiguille et coupe fil de Yuki Zaraî qui ont changé ma vie de couturière.

6-A part la couture, si tu pouvais avoir un autre talent, ce serait quoi? J'en ai déjà trop, faut en laisser pour les autres. Sinon, je voudrais être la femme qui murmure à l'oreille des chaudières. Ouais, je sais, c'est moyen glamour, mais que voulez-vous, je suis quelqu'un de terre-à-terre.

7- T'as des tatouages? Des piercings? Des scarifications? Nan, mon corps est un terrain vierge (Ahum).

8-Qu'est-ce qui te plaît le plus dans la blogo? Le moins? J'aime le fait qu'il y ait des nouveaux articles tous les jours, l'entraide, la somme de savoir à laquelle la blogo nous permet d'accéder. J'aime moins le fait de voir toujours les mêmes modèles. La Moneta est sympa, mais là c'est un peu l'overdose ( dit-elle alors qu'elle a cousu trois Datura cet été). J'ai toujours l'impression, sans doute fallacieuse, que ça cache une sorte de paresse; celle de chercher d'autres modèles ou de chercher tout(e) seule comment on construit un vêtement (Pas taper!).

9-T'étais comment ado? J'étais le Canada dry de la gothos. Toujours en noir, mon exemplaire des Fleurs du Mal sous le bras et teeeeeeellllleeeement malheureuse!!!! Mais comme le côté communautaire me gonflait franchement, j'ai jamais fréquenté de gothiques. Ce qui n'a pas empêché mes camarades de classe de m'appeler la Veuve noire.

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10-Quelle est la bonne résolution que tu prends tous les ans et que tu ne tiens jamais? Faire du sport. Faut dire que c'est fatigant et j'aime pas être fatiguée. Et puis ça bouffe du temps de couture.

11-T'aurais pas un bon bouquin à me recommander? Dans le drôle et instructif t'as Le Charme discret de l'intestinc de Giulia Enders, plus contestataire il y a Flatland, d'Abbott (libre de droit, c'est un classique) et en plus littéraire et onirique, Mardi de Melville, c'est beau, c'est bien écrit, c'est étrange, ça ne ressemble à rien de ce que j'avais pu lire avant. Je m'arrête là où je risque de continuer sur plusieurs pages.

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Questions subtiles et fraîches de la Noueuse à l'intention de qui-n'en-veut

1- Dans la peau de qui voudrais-tu passer 24h? Ton chat? La Noueuse d'aiguillette? Ton banquier? Adrianna Karembeu? Un ficus vésiculeux? Autre?

2-Combien de coupons achètes-tu par an? Combien en couds-tu?_ question qui fâche...

3- Quelle est ta dernière honte linguistique (à l'oral ou à l'écrit)?

4- Brel ou Brassens_ oui, je sais, c'est cruel comme question.

5-Quel est le truc le plus étrange que tu aies jamais mangé?

6- Daniel Day Lewis te demande de lui coudre un pantalon sur-mesure, comment réagis-tu (perso, j'hyperventile)?

7-A quel personnage de fiction pourrait-on t'identifier?

8- Comment refuses-tu de faire les ourlets de ton entourage?

9- Comment imaginais-tu ta vie d'adulte quand tu avais 15 ans? Avec moins d'acné n'est pas une réponse satisfaisante.

10-Quel est le dernier truc qui a révolutionné ta couture?

11- As-tu une sale manie dont tu n'as aucune envie de te débarrasser?

 

Les Awardisées, mais y'a rien d'obligé sont:

-Amy de la laine

-La Couture des gros manches

-Quattre

-Telle est une Estelle

-Threadie

-Créalino

-Du fil et mon...

-Roze Mousse

-Kaffeeklatsch

-Par Issy

-Sabali

Et maintenant, passons aux trucs qui encombrent un placard déjà trop plein.

J'adore le rouge, et pas seulement sous forme liquide; ça doit être lié à mes origines ibériques, on ne me tient plus dès que quelqu'un entonne un chant andalou. Alors je me suis fait plaisir, non pas en me cousant une robe de flamenco, ce qui serait fun mais pas super pratique pour courir après un nain qui refuse de me filer son carnet_ olé!_ mais en me cousant deux ou trois trucs bien pimentés.

J'ai d'abord taillé un t-shirt original qui m'avait tapé dans l'oeil à la sortie du Burda d'août 2014. J'avais acheté un coupon de jersey viscose très fin et fluide à un prix dérisoire au marché et c'est typiquement le type de tissus qu'il faut pour coudre ce modèle (vous remarquerez la sobriété et l'élégance du tissu choisi par Burda, on en a fusillé pour moins que ça):

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J'aime bien le mariage du côté décontracté du gland, à la fraîche du t-shirt, et du côté élégant, un peu comme le tombé d'un sari, du drapé de l'épaule. Limite je me sens comme Lakhmé, mais heureusement pour mes voisins je me souviens de mon enfance près de la grande Teutonie et je m'abstiens de bramer à moi toute seule le Duo des fleurs (si tu connais pas clique , c'est très beau).

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Il a l'air compliqué à faire mais en fait non, le drapé est simplement une extension de la pièce devant qu'on plisse selon les marquages du patron et qu'on fixe dans la couture d'épaule. C'est très intuitif et il n'y a rien d'insurmontable. En revanche, comme souvent chez Bubu, les explications de montage du biais d'encolure en V sont très sommaires. J'ai bidouillé, le résultat est joli, mais pas comme je le voulais, il n'est pas assez franc. Le prochain sera mieux, car oui, prochain il y aura (Maître Yoda sort de ce corps). Je me suis aperçu à la fin seulement que j'avais utilisé l'envers de mon jersey, mais comme le coloris est uni, ça n'a aucune forme d'importance, ça ne se voit pas.

Voilà la bête, qui me plaît beaucoup:

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Je pense que le 2ème projet devrait intéresser un certain nombre d'entre vous. Il s'agit du patron en open source de 1083. Pour ceux qui dirait "1080 quoi?", 1083 est une jeune entreprise française (avec l'accent de Malraux), qui a fait le pari de la relocalisation et qui commercialise des jeans, des vêtements et des chaussures_ vous pouvez aller jeter un coup d'oeil là.

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Ils ont aussi laissé le patron de leurs deux pantalons phares gratuitement, à disposition. Il y a le 201 et le 101, coupe droite femme et homme et le 202 qui est un bootcut. J'ai tenté le 201 avec un jean fin et souple aimablement donné par Mimi Kaolin (qu'elle en soit bénie sur 13 génération), avec l'idée d'en faire une toile au départ et tant mieux si elle était portable. Avant de se lancer il faut savoir deux choses:

-des marges de coutures il faut ajouter (ouais, déjà sont super sympas de nous filer gratos un patron qui tient la route, alors on va pas râler non plus, bande d'ingrates)

-on doit se débrouiller toute seule comme une grande fi-fille, et c'est la meilleure façon, à mon sens, de progresser. Cela dit, ça reste un jean qui se monte de la façon la plus classique qui soit, à savoir: d'abord les poches devant, ensuite vous passez au dos avec les empiècements supérieurs, les poches plaquées dos, on couds les jambes jusqu'au début de la fourche, pose de la braguette, puis de la ceinture et des passants et pour finir broder la boutonnière, poser les bouton et faire les ourlets.

Si, de votre vie, vous n'avez cousu qu'un coussin et une jupe tube pour Barbie, la sagesse la plus élémentaire m'oblige à vous dire de ne pas vous lancer tout de suite, mais avec un tout petit peu de bouteille, de la patience et un bon livre de couture, il n'y a rien d'insurmontable.

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Pour la taille j'ai suivi les conseils du site et j'ai mesuré un jean qui m'allait bien. Sauf que je l'ai mesuré alors que je l'avais porté quelques jours, et on connait toutes le syndrôme de la fausse joie du jean porté depuis quelques jours. Il se détend, nous faisant croire que oui, il est possible de perdre du poids après avoir mangé un cassoulet et une double part de St Honoré. Du coup je me retrouve avec un jean qui est pas mal, mais qui est une demi taille trop grande, voire une quand je le porte plus d'une journée.

Rien de dramatique, voyez plutôt:

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Les photos des détails sont pourraves, vous m'excuserez, mais c'est compliqué de prendre en photo un truc aussi rouge. Bref, je suis malgré tout convaincue par mon essai et je pense réitérer avec un des tissus bio vendu par 1083 (c'est là), car on le sait, un beau jean c'est un peu le Graal de la coutureuse du dimanche.

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Dernier projet dans le style Pin-Pon (bien qu'il date d'il y a deux bonnes années), il s'agit d'un pull d'un ancien magazine de BDF, le 138. Au début j'ai hésité, la capuche ça faisait un peu gros lutin de Nawel sur le retour.

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Du coup je m'y suis mise en me disant que j'allais faire des MODIFICATIONS... Rien que d'y penser j'en ai eu des palpitations pendant trois jours. J'ai tricoté le pull cache-coeur avec de la Drops cotton, qui n'a pas bougé mais qui est un peu pénible à tricoter par moment puisqu'il lui arrive de se dédoubler pour aller voir ailleurs si elle y est. Malgré tout, elle donne un tricot très régulier, voyez cette splendide encolure.

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Pour les manches, c'est simplissime, ce sont des mailles lâchées. J'ai frôlé l'infarctus à chaque fois que j'ai laissé couler la maille, mais tout s'est merveilleusement bien passé.

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L'ensemble est fermé par un petit cordon tressé au dos et il va sans dire que j'aime beaucoup mon incendiaire pull-over (rime suffisante).

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Valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je vous montrerai que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes (non, je vais pas parler de ma vie de future quarantenaire).

 

 

 

 

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20 septembre 2015

Sailor et Bla-Bla

Bon, ben nous y voilà, l'été et sa cohorte d'apéros et viandes grillées cacérigènes est terminé. Il a fallu retrouver le chemin de l'école (ou du travail, ou de la mine, ou des trois à la fois) et renouer avec cette petite frappe qu'est le réveil matin, instrument du diable qui vous couine dans les oreilles, "DEBOUT GROSSE FEIGNASSE!!! C'EST L'HEURE!!! SORS DANS LA FROIDURE, MWWAAAAARRFF". Oui, je sais, même sans le son, c'est violent.

                                                                                                        

réveil-difficile

C'est en général à 6h15 du matin, alors que Zhom pionce encore du sommeil du gros veinard qu'est pas frigorifié, que je me mets à repenser à cette saison bénie qu'est l'été et aux vacances mortes et enterrées.

Aaahh, la douce chaleur estivale, celle qui vous interdit de poser un seul de vos petons jolis nus sur la terrasse sous peine de porter des chaussettes de gaze fourrées de biafine pendant 15 jours. L'absence de soucis, exception faite de l'inquiétude de voir ses cuves de jardin se vider inexorablement alors qu'on vient de planter de l'artichaut-lotus japonais à fleurs phosphorescentes qui siffle en eau plus que l'oncle Robert ne picole de vinasse aux dîners de famille, puis la terreur de voir dix jours de pluie arriver, paske, vous comprenez, les tomates "Rose de Berne" bio (oui, bon, ça ça existe vraiment), que vous chouchoutez depuis des mois comme si c'était la chair de votre chair sont pas loin d'arriver à maturité. Et que vous en avez marre des salades de tomates à la flotte du supermarché.

PicMonkey Collage(1)

Ahhh, la douceur des beaux ailleurs. Les plongées dans le Lac de Bonde avec option vannes pourries, qui feraient honte à mes 6èmes, sur le dit endroit. La découverte du patrimoine local (parfois sous forme liquide, soyons francs). La deuxième session blagues frelatées quand ma copine Gastine propose d'aller visiter Cucuron (qui soit dit en passant est ravissant). Passons sous un silence ému les séances de ciné avec des films de chinois qui s'tapent de 3 heures, les barbeuq' à rallonge où on retrouve de vieux copains et les dangers de la Chartreuse surtout au bout du 2ème litre.

Bref, ma vie de banlieusarde m'a soudain paru très fade. Et viralement plus dangereuse. Bah oui, qui dit retour devant les nains dit contact avec des bactéries diverses et variées. Comme tous les ans, j'ai entendu la musique de psychose à chaque fois que je touchais une poignée de porte au boulot. Sauf que mes dégoulinants du groin à peine pubères semblent m'avoir eu quand même. A l'heure où je vous écris je me sens carrément partir et mon ravissant nez Cléopatresque s'est métamorphosé en muffle bovin suintant. Le nain c'est la mort du glamour...

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Mais bon, j'ai pas fait que boire des coups avec les copains dans des endroits totalement improbables; cet été, je me suis aussi lancée dans une opération périlleuse: la réfection de canapé.

Je vous sens déjà frémir d'effroi, mais attendez de voir le dit canapé, avant qu'il soit rénové. Je pose le décor: quand on a emménagé ensemble Z'hom et moi, j'avais un sofa de vpc moche et inconfortable. Les amis de mes Jolis Parents nous ont alors proposé le leur, un Steiner qui avait approximativement le même âge que moi, mais qui était en excellent état. Et le tissu qui le recouvrait était même pas moche. Ce truc s'est avéré être un piège, il est tellement confortable que s'en lever est une expérience limite, genre j'ai l'impression qu'on m'a fondu un postérieur en bronze. Bon, il a quand même fallu que je m'attelle à changer le tissu 5 ans plus tard. Je l'avais recouvert d'une toile taupe de chez l'enfer suédois et j'avais bidouillé un truc passable à l'époque. Sauf que ça a mal vieilli, j'avais fait du déhoussable, mais le tissu était très décoloré à certains endroits et sur d'autres, la toile s'était étirée et faisait des poches tout à fait vilaines. Z'hom a donc choisi le tissu ( c'est lui qui est décorateur gay new-yorkais à la maison) et j'ai fait petite main. Il m'a fallu une vingtaine d'heures pour arriver à ce résultat presque parfait (y'a un ou deux trucs derrière qui me chiffonnentquand même), voyez plutôt:

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Le tissu a été commandé sur Tissu.net. Le service a été grandement amélioré chez eux et je n'ai que des louanges à faire, tant sur la livraison que sur le produit lui-même. Il m'a fallu une dizaine de mètres, tous tissus confondus. L'assise n'est pas déhoussable et j'ai utilisé des clous de tapissier pour fixer la toile sous le canapé. En revanche les coussins le sont, j'ai posé des pressions avec ma pince Kam à l'arrière et ça tient vraiment très bien, même sur la bouclette d'ameublement très épaisse que j'ai utilisée. Et hop, un gros plan sur la bête durant le "Work in progress".

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Après ça je me suis dit que j'allais arrêter de jouer à Valérie Damidot et que j'allais retourner aux vraies priorités parce que, évidemment, j'ai rien à me mettre. Ma coupine Soph, ma Saucisse intrinsèque d'amour (d'ailleurs, pour voir ses ravissantes créas, clique là jeune scarabée) m'a envoyé quelques coupons cet été et notamment, un merveilleux lainage fin, légèrement stretch avec un tombé fabuleux.

Comme ça faisait des plombes que je voulais un pantalon à pont, je me suis dit que c'était le moment. J'ai d'abord sorti le Burda d'août 2012, modèle 109. Sauf que j'avais égaré la feuille de patron où se trouvait le chouette pantalon que je convoitais. Et rien qu'à regarder le nombre de Bubu où il aurait pu potentiellement se cacher, je me suis senti défaillir. Du coup j'ai hésité entre le modèle Endeavour de chez Cake pattern ou le 125 du Burda d'avril 2012.

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Je me suis décidée pour le 2ème après avoir vu la version d'Amandine, le côté taille haute a d'ailleurs eu du poids dans ma décision. La doublure et le zip viennent de mon stock et les boutons, qui m'ont couté une blinde, mais qui sont beaux et de très belle qualité, ont été achetés à la mercerie des Sept Îles à Montfermeil.

J'ai donc téléchargé le patron sur Burdastyle. Rien à dire, c'est rapide et tout est prévu pour faciliter le boulot. Sauf que j'ai eu la flemme de faire mon 35 habituel chez Burda; je me suis dit que le 34, avec un tissu stretch, ça allait le faire. Sauf que j'ai fait l'erreur de faire mon 1er essayage au moment du mois où mes cellules retiennent la flotte à la maison pour faire la java  et où je gonfle comme une outre. On aurait dit que je portais le pantalon de ma petite soeur. J'ai donc recommencé deux tailles au-dessus. Oui mais au moment de coudre mes boutonnières, ma Youki Zaraï a refusé net de les faire à la bonne taille. Après l'avoir traitée de tous les noms dans toutes les langues, j'ai enfin compris que c'était les fils de bâti qui la rendaient toute chose. A ce stade là j'étais au bord d'aller demander une boîte de Tranxen à mon docteur. C'est alors que j'ai décidé d'essayer à nouveau la version 34.

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Et là, miracle, ça tirait un tout petit chouille, mais c'était plus que portable. Les finitions intérieures ne me plaisent pas des masses, mais je peux vivre avec. T'façon je le referai un jour, dans la bonne taille et avec des finitions dignes de ce nom. En attendant voilà la chose:

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Le plombé est vraiment chouette. Le pantalon est relativement simple à faire, mais il demande quand même un peu de précision et de rigueur (bouuuuh, le vilain mot), notamment pour la poche passepoilée dos (tuto merveilleux chez Petit Citron).

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L'intérieur est fermé par un zip invisible et la ceinture par une pression. Soyons clairs, plusieurs couches de tissu sur le ventre, ça rajoute une bonne épaisseur et si on est pas à l'aise avec son bedon mignon il vaut mieux passer son chemin ou alors apprendre à ne plus respirer ce qui est très moyen dans les tâches de la vie quotidienne.

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Ensuite, je me suis dit qu'il me fallait un manteau de rentrée, voici "Deuil de l'été", une créa pleine d'allégresse.

Le modèle vient également d'un Burda, mars 2012_décidemment un grand cru_ modèle 110.

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Le tissu vient du marché des Bosquets, c'est un lainage fin, du Super 120, avec du cachemire dans le dedans qui vient d'un fabricant anglais, y'avait le nom de la maison, le grammage et la compo brodés sur les côtés, comme tous les tissus anglais de luxe. Quand je dis que les vendeurs ne savent pas ce qu'ils proposent ! Bref, y'avait un coupon de trois mètres sous une pile de polyesters moches et quand le Monsieur m'a dit "3 euros", je me suis empressée d'ôter la serrure à 3 points sur mon porte-monnaie et roule ma poule. Le manteau est en 34 et il m'a fallu 1m50 de laine pour le faire. La doublure est un satin polyester bleu Caraïbes de belle qualité de chez Bennytex.

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Le modèle ne présente absolument aucune difficulté, il est dans l'air du temps, mais c'est aussi un bon classique qui mettra bien en valeur des tissus un peu bariolés (pas comme le mien en somme), bref, je le réutiliserai sans aucun doute. Mon seul regret est de ne pas l'avoir fait plus long.

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L'ourlet de la robe qui dépasse c'est moyen la classe, mais avec un pantalon ajusté il est parfait. J'ai également tenté le montage des manches sans les fils de fronce, en suivant les conseils de My Hand-made closet (tuto ici) et c'est une excellente méthode, mes manches sont impeccablement posées. Bref, j'ai déjà beaucoup porté mon manteau et si les températures restent clémentes, je vais sans doute le porter encore.

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Enfin, et après, promis je vous lâche, j'ai fait une commande chez Renaissance Dying, qui, comme son nom ne l'indique qu'à moitié est une entreprise française qui fait dans la laine d'agneau teinte avec les méthodes du XVIème siècle. J'ai pris le kit "Dans le parc"

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, avec l'idée de me faire une écharpe multicolore. Les échevettes que j'ai reçues étaient très douces et les couleurs superbes. J'ai choisi un modèle dentelle simple qui vient d'un catalogue Filati (pas moyen de me rappeler les références du magazine). Le résultat est vraiment joli, mais un peu court, même après blocage. Du coup je m'en sers en tour de cou et c'est très bien comme ça.

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Pour la Rihanna du 9-3 on verra ça l'été prochain, mais la prochaine fois, si vous êtes sages, on sera tous dans le rouge.

 

 

 

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18 juillet 2015

Millepattes

Il fut un temps où j'avais deux pieds: le basique et celui pour les boutonnières, mais ça c'était avant que telle une Alice de la couture, j'entre dans le pays des Merveilles que y'a des trucs même pas tu soupçonnais qu'ils existassent. Ouais, j'aime bien le Subjonctif et je vous raconte pas comme mes benêts de 3èmes l'ont kiffé quand je leur ai fait le cours en fin d'année. J'ai cru à un moment qu'ils allaient le rapper et en les entendant scander "Il eut fallu que je fusse, il eut fallu que tu fusses, ect... " à l'unisson, je me suis sentie comme Julie Pietri au 3ème rappel de la foire aux vins de Gif-sur-Yvette.

Dollyjessy_Alice_AuPaysDes_Merveilles_Mariage3

Mais voilà, mes neuneus de 3ème ont (presque) tous eu leur Brevet et je me retrouve avec un vide intersidéral à combler. Je lis donc des trucs bien écrits (après m'être tapé des kilomètres de rédactions bourrées de fautes d'Orthographe toute l'année), je regarde pousser mes tomates avec ravissement tout en lorgnant du coin de l'oeil mes citernes de jardin se vider inexorablement (vous connaissez le syndrôme de l'agriculteur, jamais content du temps qu'il fait), je couds de la laine cashemire, mon précieux, par 37° celsius et comme le boulot me manque pas du tout, je vous fais une petite fiche révision sur les pieds de machine à coudre. Non je ne suis pas obsessionnelle, la preuve, j'ai renoncé à amener mon tableau numérique et ma MAC à la plage cet été, mais vraiment parce qu'on m'a obligé.

Y'a déjà plein de trucs 'achement bien faits là dessus sur le net, mais un peu à droite à gauche, ce post va juste permettre de s'y retrouver, de donner des liens utiles vers vidéos et tutos et parfois donner un avis sur l'utilité des trucs. Je laisse volontairement de côté le pied basique et celui pour les boutonnières automatiques, ceux-là tout le monde connaît et j'ai la flemme.

 

  • Le pied à broder transparent:

    pied-a-broder-transparent-7-mm

    si vous avez des motifs de broderie sur votre MAC et des monogrammes, il est fort probable que vous en ayez un. Il est également fort probable que vous ayez fait joujou avec 1/2 heure et que vous l'ayez oublié pour toujours ensuite. Pourtant il peut être très pratique, vu qu'il est transparent, pour border des appliqués, comme dans ce tuto de l'étoile de coton.
  • Le pied téflon:

    pied-teflon

    c'est un pied pour des matières techniques, celles qui vous collent aux cuisses par ces températures torrides alors que vous espériez vous prélasser sur votre canapé en cuir et qui font scrouich-scrouich à chacun de vos mouvements. Bref, ça entraîne les tissus comme le skaï, la toile cirée, le cuir.
  • Le pied point bourdon:

    pied-bourdon-singer-madam-tradition-initiale

    j'avoue que celui-ci je ne l'ai jamais utilisé et j'avais tort, parce que c'est comme le pied à broder transparent mais en mieux vu qu'il y a une petite encoche. Pour les appliqués c'est juste miraculeux, pour faire des festons tranquille-Mimile aussi et je vous invite à aller regarder ce tuto de l'Atelier d'Emma, d'une simplicité biblique, qui vous montre comment finir un bord avec un point de bourdon.
  • Le pied pose-bouton:

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    Bon, ce pied-là, je dois avouer que je m'en suis servie une seule fois (et c'est pas seulement parce que j'ai passé mon temps à m'amuser comme une petite folle avec ma nouvelle pince Kam). Bien utilisé, sur une floppée de petits boutons ça peut être pratique, mais, mais, mais, il faut, avant, trouver le bon réglage, pleurs et arrachage de veuch' en perspective et c'est valable sur un nombre limité de boutons. En gros ceux à trous et ne dépassant pas un calibre moyen. Vous pouvez cliquer là pour voir une démonstration de la chose (je déblatère mais quand je vais coudre des boutons au km sur des chemises cet hiver j'aurais sans doute un autre discours).
  • Le pied fermeture à glissière:

    pied-fermeture-a-glissiere

    la plupart des MAC sont livrées avec, mais si vous ne l'avez pas, autant vous dire qu'il faut investir de toute urgence. Grave. Non seulement comme son nom l'indique il aide à une pose propre des zips classiques, mais il permet aussi de faire des surpiqûres régulières pour peu qu'on prenne son temps et qu'on couse pas comme si on avait une armée de zombies en train de défoncer la porte de sa salle de couserie. Quand on pose une fermeture invisible il permet aussi de finir le bord inférieur sans qu'il y ait de trous. Je m'en sers presque systématiquement quand je couds.
  • Le pied pour fermeture invisible:

    pied_fermeture_invisble_catalogue_SA128

    Indispensable ou presque pour un résultat nickel. On peut s'en sortir avec le pied précédent, mais on va bien plus vite et c'est bien moins aléatoire qu'avec le pied pour zip. Un petit tuto pour celles qui n'ont pas encore dompté cette bêêête.
  • Le pied ourlet roulotté:

    images

    J'étais un peu réticente au départ, je maîtrise l'ourlet roulotté sans pied spécial_ genre la fille c'est trop un ponte de l'OR_ et ça me semblait un peu compliqué à utiliser. Mais sans le pied, c'est assez long et j'avais envie d'essayer. Sauf que j'ai pas RTFM (Read The Fucking Manuel) avant, du coup j'ai trouvé ça laborieux pour un résultat à peu près correct, en tout cas moins convaincant qu'avec ma méthode habituelle, surtout dans les courbes. Mais avec ce tuto de Christelle Beneytout (si tu passes par là Christelle, que les Dieux te bénissent jusqu'à la 7ème génération), ça va beaucoup mieux. Et si vous voulez une démo vidéo courte et efficace, allez voir là, chez Création-Partage.
  • Le pied point invisible

    Point invisible

    Autant vous dire que celui-ci j'étais sûre de ne jamais l'utiliser. Ma religion me l'interdit, l'ourlet invisible machine c'est le Mal absolu, faut pas, jamais, les points se voient TOUJOURS! Si vous l'utilisez vous serez foudroyé sur place et votre descendance errera dans les limbes avec des ourlets moches pour l'éternité. Mais, mais, mais, y'a une autre utilisation possible, pas orthodoxe, certes, mais pratique. En jouant avec la molette et la place de l'aiguille, ce pied permet d'avoir des surpiqûres bien régulières. Pas de tuto là-dessus, vous êtes grands et autonomes maintenant, je vais quand même pas me taper tout le boulot nanméo.
  • Le pied trois cordonnets:

    3 cordons

    Là j'ai pas d'avis sur la question, c'est typiquement le pied complètement dispensable, mais pour faire des effets de déco sympas, pourquoi pas. Si vous voulez voir le truc en action allez donc là.
  • Le pied surfilage:

    Surfil2

    Je ne m'en sers pas, paske je suis une sale nantie munie d'une surjeteuse. Mais pour les coutureuses en pleine ascension sociale qui passeraient par là, voilà une vidéo de chez Stecker qui vous aidera, à peu de frais, à avoir de jolies finitions.
  • Le pied patchwork:

    patchwork

    N'étant pas encore prête psychologiquement à faire du quilt, je ne m'en suis servie qu'une fois; je l'ai détourné de son usage pour surpiquer de façon régulière et parfois pour fixer des plis nervurés. Voici une autre vidéo de chez Stecker.
  • Le pied à rouleau:

    rouleau

    Voici le Kwiskas des pieds de MAC, l'ami des tissus difficiles. Sans lui j'aurais mis 4 ans et demi à coudre ma veste en peau lainée de cet hiver. A la limite il vaut mieux investir dans ce pied-là que dans le pied téflon. Pourquoi? Parce qu'il est plus polyvalent. On peut l'utiliser pour toutes les matières compliquées, celles qui traînassent sur la griffe d'entraînement comme un troupeau d'adolescents avant un cours de Grammaire; donc la peau lainée, le cuir et simili, le velours, l'éponge, le jean. Ce n'est pas miraculeux, mais ça aide énormément.
  • Le pied application:

    appliqué

    Je ne l'ai jamais utilisé, mais je ne désespère pas que ça arrive un jour. Il a un gros trou devant pour une bonne visibilité.
  • Le pied fronceur:

    fronce

    Je vais vous dire la vérité, celui-là me fait peur. Je veux bien que ce soit pratique une fois qu'on maîtrise, mais faut faire des maths!!! Je ne dis pas que je ne l'utiliserai pas, mais il va me falloir un certain temps avant que l'idée ait fait son chemin. Oui, je sais, on a les tabous qu'on peut. Voilà une vidéo assez complète pour utiliser le truc.

Enfin voilà les deux derniers pieds de ma collec' offerts par mes Jolis parents pour fêter ma marche inexorable vers l'incontinence et la presbytie:

-Le pied fermeture à glissière réglable:

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au début je voulais un pied passepoil universel, mais je n'en ai pas trouvé pour ma machine. Du coup j'ai opté pour celui-ci, qui ressemble à celui dont je vous ai parlé plus haut, sauf qu'il est plus fin. Dire que je suis ravie de mon achat est un bien faible mot. Je l'utilise très souvent, il permet de piquer très près des bords et de faire, assez facilement son propre passepoil; je l'ai acheté et si vous avez la patience de lire la suite, vous aurez un exemple de ce qu'on peut faire avec.

-Le pied pose biais universel:

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Je ne vais pas raconter d'histoires, les débuts ont été un peu difficiles. Il fonctionne très bien, mais mon encéphale très lent a mis du temps à comprendre comment le régler pour un résultat optimum. Après c'est que du bonheur, j'ai ourlé toutes les coutures intérieures d'un pantalon au biais en un temps record. Cela dit, j'ai jamais essayé dans les courbes, mais si vous voulez un tuto simple et efficace, allez voir cette vidéo d'Ecolaines.

Valà, j'ai prévu encore quelques achats dans les années à venir, notamment le pied coutures rabattues, mais ça attendra encore quelques mois.

Je vous avais donc promis un exemple de pose passepoil. Il se trouve que ma Mounette d'amour, qu'est la plus chouette des Mounettes m'a offert le patron qu'on présente plus, le Datura. Elle est maline ma Mounette vu que la fête des Mounettes c'est dans la même semaine que mon Niversaire, ça lui a permis de demander l'air de rien une petite Datura pour elle (ainsi que ma BSA qui m'a fait des yeux de faon malade, c'est dire si j'en ai cousu à la chaîne).

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J'avais des chutes de tissus que je gardais au cas où, trop petites pour être utilisés seules mais assez grandes pour pouvoir les recycler en trucs sympas. J'ai donc taillé ma V1 dans le dedans et je suis fière de vous annoncer la naissance de ma Datura noueuse version bleu électrique saigne -de- l'oeil et moutarde vintage provençal. Ouais, ça fait bizarre comme ça, mais c'est magnifaïque, même que quand je l'ai portée au boulot j'ai cru qu'une de mes collègues allait m'assommer dans un coin sombre du parking pour me la faucher. 

Voyez plutôt:

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J'ai suivi en partie les instructions du patrons, non pas parce qu'elles sont vaseuses, les directives d'Eléonore sont un modèle de limpidité, mais juste parce que je suis une grosse déglingo. Donc du coup j'ai assemblé entièrement le haut puis entièrement le bas avant de coudre les deux parties en rond. Mais bon, je dois admettre que la méthode du patron est moins risquée.

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J'ai récupéré quelques boutons boules orphelins qui se sont avérés parfaits avec le tissu choisi. Quant au col j'ai décidé de faire compliqué en posant un passepoil maison à partir des chutes du tissu bleu. Gérer les courbes n'a pas été simple, mais je m'en suis bien sortie, même pas peur, même pas mal.

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J'ai également cousu un modèle de chez Patrones, une veste H&M du numéro 264, dans le reste d'un satin très épais, marron avec des reflets cuivrés.

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C'était la fausse bonne idée par excellence. Tissu sympa et de bonne qualité, joli patron. La couture se passe sans trop de problèmes, sauf pour les poches où, après une erreur de manipulation, je me suis retrouvée avec une boutonnière machine moche et une autre passepoilée avec l'oreille un peu basse.

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Si encore y'avait eu que ça... En l'essayant je me suis rendue compte que la carrure était assez étroite, et Dieu sait qu'il y a un abîme entre une nageuse de l'Ex RDA et moi (l'une coule, l'autre non).

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Si encore y'avait eu que ça... En me voyant avec la 1ère fois j'ai eu une irrésistible envie de fredonner "Ra-ra-raspoutine" de Boney Nem. D'ailleurs Josiane, le prof de techno à moustache siffle systématiquement du Abba quand il me croise dans ce brillant appareil.

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Bref, je suis pas sûre de la porter des masses cette veste.

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Enfin, toujours dans l'optique sobriété heureuse appliquée à la couture, j'ai fini un reste de DMC natura en tricotant ce ravissant petit boléro, le Sagebrush d'Hanna Bretz que vous pouvez trouver gratuitement ici. Le point dentelle est très facile à retenir, d'ailleurs j'en ai un autre en laine violette sur mes aiguilles en ce moment, et le rendu est très sympa. En revanche pour rabattre les mailles je vous conseille de faire le Jenny super stretch bind off, au risque de ne jamais pouvoir mettre votre boléro.

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Enfin, je voulais vous présenter le très beau travail de ma couse' qui se lance dans la couture d'accessoires pour bébé. Elle officie sur Little Market sous le nom de Bobines d'amour, elle fait des choses ravissantes qui feront la joie de vos nains et de ceux que vous aimez (et en plus vous n'y laisserez pas l'intégralité de votre PEL). Clique donc jeune spartiate, c'est là qu'il faut aller.

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La prochaine fois, si vous êtes sages, je serai la nouvelle Rihanna du neuf-cube.

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01 juin 2015

Si tu t'imagines fillette...

J'avais prévu de vous écrire un petit article léger et enlevé mais la semaine dernière a été plombée comme un exposé de 3ème sur Desnos, c'est dire si c'était moyen jouasse.

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D'abord y'a eu des coups de frayeur dans la famille. Rien de grave, tout est rentré dans l'ordre, mais sur le coup on l'a pas ramené, profil bas-et-fais-moi-le-plaisir-de-pas-lever-les-yeux-de-tes-mocassins-vernis.

Et pis y'a eu le boulet félin, qui d'abord m'a ramené un souris. Je suis phobique des rongeurs. Morte. Je suis également phobique des animaux morts. Double combo dans ta face, game over la bestiole. J'ai hurlé comme un cochon qu'on égorge, j'étais seule face au dangereux cadavre. J'ai d'ailleurs été très vexée de voir qu'aucun voisin n'a pris la peine de venir vérifier si j'étais pas en train de me faire charcuter par l'écarteleur de Livry-Gargan. Bref, je suis allée m'enfermer dans la chambre et le chat s'en est allé penaud non sans me lancer un regard qui disait: "T'y connais rien Jon Snow".

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Le même jour le relou miaulant rentre d'une bagarre super violente où il a vraisemblablement pris une raclée monumentale. Faut dire qu'à presque 13 ans Môssieur se prend pour le "Rambo des hôtes de ces bois" comme dirait ce brave Jean-Jean s'il avait pu occuper son temps, après avoir écrit ses fables, à regarder l'intégralité des films de Stallone. Bref, Môssieur le sauvageon était assez mal en point. Je rassure mes lecteurs, il va très bien maintenant, la preuve, il a recommencé à pourrir les grasses mat' de Zhom.

Enfin votre servitrice a pris une année de plus dans la face et ça c'est plus douloureux d'année en année. Il y a quelques temps je me suis demandé si je ne souffrais pas de problèmes de vue. Je me vois pimpante trentenaire (ouais, bon, plus sur la toute fin de trentaine), le cuissot encore alerte, le nichon arrogant et une peau de jeune fille (comprenez qui n'a toujours pas compris que l'adolescence c'est fini depuis, pfffiooou, tout ça). Un matin comme tant d'autres, l'un de mes élèves, L., un 5ème dont le bavardage se rapport à son plumage, c'est à dire pas bien brillant, me regarde d'un air pénétrant et me demande si la télé ça existait "à votre époque Madame?". Une nostalgie profonde des exécutions publiques m'a soudainement envahie et j'ai répondu que non, qu'à "mon époque", pour avoir de l'électricité il fallait faire courir un hamster dans une dynamo. Bon, il a pas compris ce qu'est une dynamo parce qu'il a fait des yeux ronds et un filet de bave a coulé du coin gauche de ses babines de nain.

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C'est alors que tout s'est éclairé: mon aversion pour le R&B dégoulinant braillé par toutes les chaînes de musique actuelle, mon refus de porter du rouge à lèvre Fuschia pouf, mon oeil dubitatif devant le retour du jogging peau de pèche aux couleurs improbables des années 90 (allez, avouer, vous en aviez un aussi il y a 20 ans) et ma méconnaissance crasse de la biographie de Miley Cirrus (en plus de deux ou trois ridules au coin de l'oeil gauche). Je vieillis. Dans ma tête le compteur est bloqué à 21 ans, mais pour les gnomes je suis au mieux une daronne, mon dieu que ce mot est laid, au pire une vioque avec option momification en cours.

Du coup, pour me consoler je me suis fait offrir des tas de choses pour m'adonner à mon obsession ma passion et j'ai cousu.

Tout d'abord cette robe faussement vioque, prononcez "Vintage" avec un air snobinard, d'Hôtesse de l'air de la Panam version 1965. Vous remarquerez le lavande délicieusement désuet du tissu; ça a un peu défrisé au boulot mais moi j'aime bien.

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Le modèle vient du Tendances Couture n°3, modèle 10. Vous pouvez d'ailleurs aller regarder là, y'a marqué que c'est un modèle à la Audrey Hepburn (et mes poufinettes de 4èmes de hurler: "Audrey qui? Ah ben non, moi je préfère la mini jupe en dentelle transparente orange fluo de Kim Kardachiante). A priori le modèle n'est pas bien difficile, c'est une robe droite avec fermeture invisible dans le dos. Deux détails lui donnent de l'intérêt: le plissé sur la taille et les manches qui sont assez travaillées. Evidemment si vous complexez sur votre bidon mignon ou vos ravissantes népaules de nageuse d'ex RDA, il va falloir assumer parce que ça rajoute de l'ampleur sur le ventre et la carrure. Mais la forme est suffisamment fuselée pour garder une silhouette équilibrée, voyez plutôt:

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L'ourlet ne semble pas droit sur la photo, mais en réalité il l'est, c'est juste une galère sans nom de jouer à Kate Moss toute seule.

J'ai suivi le tableau des tailles et j'ai cousu un 36, ce qui s'est révélé être un bon choix, sauf pour la taille puisque j'ai du rajouter des pinces fuseau au dos que le patron ne prévoyait pas. Là elles ne se voient pas des masses et la robe tournicote comme je vous l'ai dit mais ça vous donne une idée.

En revanche, elle me moule franchement le fondement et ça je ne m'en suis aperçue qu'après avoir vu les photos prises de dos. J'ai coupé la photo à l'endroit litigieux, mais on est à la limite de la décence, en effet on voit deux boules poindre, genre "Coucou, on est là!!!! Mais si, on est làààà, vous dis-je". Bref, j'ai compris pourquoi Zh'om adore et je suis moyen sûre de la porter souvent.

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Les explications sont assez limpides et en les suivant aveuglement on réussit très bien cette mignonne robette pour callipyge. Je vous montre quelques détails comme la construction de la manche, la fermeture invisible ou la parementure intérieure. Je n'ai pas doublé la bête parce que le tissu, un lainage fin avec un peu d'élasthane était suffisamment chaud comme ça et suer du derche dans une robe aussi "valorisante" pour cette partie de l'anatomie aurait été du plus mauvais goût.

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Puisqu'on est dans la thématique old school, j'ai sorti un reste de coupon psychédélique violet pour me faire un t-shirt vite fait bien fait. J'ai dégainé le patron Simplicity 4076 dans lequel j'avais investi lors de mes débuts couturesques et que j'ai pas mal amorti depuis.

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J'ai fait la version mancherons: 2 pièces, pas de trucs techniques tordus, un vrai bonheur, surtout quand on est trop fatiguée pour coudre quelque chose de compliqué après son retour du club de bridge. Le résultat est très sympa, tombe bien et je le porte très souvent.

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Ici un petit détail du noeud qui fait tout le charme de ce petit haut.

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Enfin j'ai fait tomber de mes aiguilles ce petit gilet fait à partir d'un patron gratuit Adriafil, le Loretta. A l'origine le modèle comportait des noppes formant des grappes de raisins, mais la kitscherie a des limites, j'ai déjà porté des pulls avec des camions brodés sur le dessus quand j'avais 13 ans, c'est bon. Du coup j'ai simplifié la chose et j'ai juste tricoté en côtes et jersey. Le résultat est assez joli, mais j'aurais pu prendre une taille d'aiguille inférieure, le seyant (nan je dis pas fitting on a des mots équivalents dans notre jolie langue bordel_ Mode vieille réac off) est perfectible. De plus j'ai cousu mes boutons de travers: ça a été arrangé depuis, mais comme mon shooting a été inopinément interrompu par la découverte du crime odieux dont je vous ai parlé plus haut...

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La laine c'est, encore et toujours, de la DMC Natura, coloris prune, qui s'est révélée un peu molle pour ce modèle. M'enfin je l'aime bien quand même mon gilet et avec une petite jupe patineuse ça file un style 1ère communiante tout à fait rassérénant.

La prochaine fois, si vous êtes sages, vous prendrez votre pied.

Posté par nedjmaia à 19:29 - Commentaires [19] - Permalien [#]

30 avril 2015

Prune et tricot

Je profite, après un retour aux sources de quelques jours, à base de mirabelle, barbeuq et bave de nain qui va pas encore à l'école (mon neveu avait décidé de pourrir l'intégralité de ma garde-robe sous le prétexte fallacieux qu'il fait ses dents, nan mais allo quoi, tu baves et t'as pas de dents), pour répondre à l'invitation de la charmante Micoton au Knit Tag. Comme ça, ça vous changera un peu des chroniques de l'intérieur du Mammouth et puis avec mon neurone sous anesthésie à chaque période de vacances ça colle parfaitement à mes ambitions du jour, c'est à dire en faire le moins possible.

Si ma vie de tricoteuse ne vous intéresse que mollement, je vous suggère de prendre votre mal en patience parce qu'il y a aussi de la couture, des projets à foison, du rire, de l'aventure et des larmes. Z'avez vu comme je vends bien le truc? Si prof ça marche pas je pourrais toujours me reconvertir en vendeuse de caisson de basse ou en détaillante de gel pour Kèv' à crête.

                                              

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1. Combien de temps passes-tu chaque jour à tricoter ?

Quand j'ai fini de former l'élite future de la pensée française qui sait pas accorder un participe passé, que j'ai activement contribué à la sauvegarde de la biodiversité francilienne en arrosant mes petits pois dans le potager et que j'ai fini de cuisiner des trucs trop la classe qui iront droit dans le bide de Zhom, je pose mon auguste popotin dans mon fauteuil de bureau et ça peut me prendre 15 minutes comme 2 ou 3 heures ; ça dépend si le point est relou, si je suis de bonne humeur et si le vent souffle d'est en ouest plutôt que l'inverse. Bref, tu l'auras compris cher Lecteur, c'est variable.

 

2. Quelle est ta laine préférée ? Pourquoi ?

J'ai longtemps tenu secrète ma passion dévorante pour le mohair. C'était socialement peu acceptable, j'avais peur qu'on chuchote dans mon dos "T'as vu? C'est une mohairophile!", que la vindicte populaire s'abatte sur moi ou que ma carrière dans le corps professoral soit stoppée net dans son élan à cause de ces penchants inavouables (bien que l'on puisse se demander si carrière et éducation nationale peuvent réellement s'accorder). Le tricot m'a aidée à faire mon coming out mohairesque et j'assume, je porte aujourd'hui au grand jour des pulls qu'on dirait que j'ai tué un Muppet pour le faire. Je tiens juste à préciser que si j'aime le mohair, je ne suis pas fétichiste mohairophile. D'ailleurs, ami Lecteur, si tu veux t'en payer une bonne tranche, tape dans le moteur de recherche de ton choix "le mohair est le nouveau latex"_ perso, j'ai repeint mon écran d'ordinateur à l'Earl Grey...

 

3. Avec quelles aiguilles tricotes-tu le plus souvent ?

Étant une femme super fainéante totalement moderne, j'utilise la plupart du temps les aiguilles circulaires ce qui donne un résultat super propre sur les côtés et permet de glander davantage sur Ravelry. Mais quand ce sont des écharpes ou des points de dentelle complexes, je ressors les aiguilles droites.

 

4. Actuellement, combien ton stock de laine compte-t-il de pelotes ?

Je ne répondrai qu'en présence de mon avocat.

 

5. Quelle est ta marque de laine préférée ?

Autant demander de choisir entre Papa et Maman. Cela dit je n'ai pas encore testé les marques qui m'intéressent vraiment. J'ai commencé avec Phildar comme tout le monde, mais j'avoue, après avoir passé un temps fou à me vautrer dans le stock de Mimi Kaolin, que les laines anglaises sont merveilleuses. Elles crient "Maman" quand vous vous approchez et elles ont tendance à annihiler toute forme de jugement chez les tricoteuses normalement constituées.

 

6. Plutôt aiguilles circulaires ou quatre aiguilles ?

Circulaires pour les grosses pièces et 4 aiguilles pour les accessoires, mais avec la trouille permanente qu'il y en ait une qui glisse.

 

7. As-tu déjà créé tes propres patrons ? Si oui, lesquels ?

Le simple fait de modifier un tant soit peu des indications d'un modèle me file des palpitations, alors un patron... Psychorigide un jour...

 

8. Quelle méthode liée aux arts de la laine aimerais-tu apprendre ? (crochet, filage, tissage…?)

Je suis une grosse croûtasse en crochet, je ne sais jamais où piquer et comment. Et pis j'ai l'impression que ça avance pas, du coup j'ai laissé tomber, à mon grand regret, ces instruments de torture. Sinon je veux faire du jaquard, me tricoter des pulls à empiècements norvégiens qui désespèreront Zh'om. Je veux concurrencer les pulls à têtes de rennes de mes pires noëls des années 80 et faire saigner de l'oeil mes gnomes, car il est hors de question que je sois la seule à avoir eu une enfance difficile.

 

9. Quel est le pire selon toi : un fil qui se dédouble ou se rendre compte que tu as fait une erreur dans ton tricot 20 rangs plus bas ?

Le pire c'est quand ton fil se dédouble, que tu t'aperçois que tu as fait une erreur 10 cm en dessous et qu'évidemment c'est un point dentelle qui requiert une concentration de démineur face à une bombe qui risque de faire sauter le Pentagone. C'est aussi en général le moment où tu vois que ton boulet félin s'est amusé avec le fil pendant les 30 secondes où tu as quitté la pièce parce que le fil est imprégné de bave de chat FROIDE.

 

10. Avec quel(s) fil(s) tricotes-tu en ce moment ?

Gniiiii, du mohair, gnééééé. Extase sur ta face et peluche de poils de chèvre sur tes doigts.

 

11. Quelle marque de laine aimerais-tu tester ?

J'essaie de limiter mon impact écologique à un petit niveau, alors j'achète pas mal en 2nde main chez Emmaus ou aux puces des couturières, mais j'aimerais bien aussi tester des laines locales, parce que les filatures françaises ont un vrai savoir-faire. Alors après avoir testé celles de Valgaudemar, je voudrais aussi essayer Ardelaine ou Kaneh Bosem.

 

12.Que penses-tu du tricot ?

Le tricot c'est dangereux, faut jamais commencer, c'est comme la cocaïne mais en plus addictif. Genre là j'ai tenté un sevrage de 4 jours, juste pour voir, et regarder un film sans avoir d'aiguilles et de pelotes a été un enfer, mains qui tremblent, bave aux lèvres (j'ai failli aller pourrir la grenouillère et les bavettes de mon neveu pour me venger d'ailleurs), sentiment de dépression. Me suis soignée en allant chez un dealer (BDF à Thionville), parce qu'une journée de plus et j'aurais fait des convulsions.

Valà, valà, je taggue pas à mon tour, vu que j'ai la flemme de choisir et de vérifier kiki l'a déjà fait.

Je parlais de laines de seconde main un peu plus haut. Voilà ce qui s'est retrouvé dans mon stock à l'issue des puces des couturières de Saint Maur:

Bon, d'accord, j'avais pas besoin de ces magazines vu que je n'aurais pas assez d'une vie pour coudre ce que j'ai déjà, mais y'avait un gilet trop chouette dans l'un et un manteau d'hivver qui tabasse dans l'autre.

                                                                                  

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Bon d'accord, j'avais pas non plus besoin de toutes ces pelotes, mais c'était de la laine vintage en 75% laine dans une si chouette couleur à 2 euros les 100 gr. Moi si on parle à mon coeur de grosse pince Monseigneur, j'ai du mal à résister. Et pis bon, de quoi faire un chouette pull écru avec de l'angora dans le dedans pour aller avec la jupe longue Max Mara qu'on m'a donné et qui va avec rien, là je pouvais pas passer à côté (non?).

 

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Quant à la tonne de boutons que j'ai ramenée, c'est toujours utile, me regardez pas comme ça, avec cet air réprobateur on dirait Z'hom, nanméo.

Sinon, au retour de ma Lorraine natale, je vous avais promis un petit coup de prune (paske la mirabelle, à part celle de contrebande, elle est pas terrible et non je vous donnerai pas mes adresses).

Puisqu'on en est à parler point dentelle, surjet torse et autres réjouissances, j'ai commis un nouveau pull de printemps le mois dernier. Tout est parti d'un modèle de VK de l'année dernière.

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J'ai acheté 4 pelotes de DMC Natura qui collait à peu près à l'échantillon et roule ma poule. J'ai décidé de le tricoter aux circulaires pour éviter les coutures moches sur les parties dentelle, mais je crains que les augmentations que j'ai faites donnent un côté trop brouillon à la chose.

 

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J'ai aussi décidé de faire un bas resserré et de ne pas tricoter les manches, mais si c'était à refaire je suivrais exactement ce que préconisait le magazine (je vous l'avais bien dit, sortie des sentiers battus y'a plus personne). Faites pas gaffe à la pose, cocotte qui bat de l'aile, j'ai pas eu le courage de recommencer. Résultat, j'aime moyennement le tombé au dos, ça ne rend pas comme dans mon idée de départ, celle où je traverse la salle des profs sous les holas de mes collègues soufflés par le plombé de mon vêtement.

 

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Quant à l'encolure, j'ai relevé les mailles, mais le devant ne me satisfait pas non plus. Voyez plutôt.

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In fine le pull est portable; l'homme, dans un élan d'enthousiasme délirant, a même décrété qu'il était pas mal, mais il n'est pas comme je voulais.

 

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Heureusement, la 2ème pièce que je voulais vous montrer, elle, me satisfait à mort (j'ai juste envie de faire le tour du quartier les bras en l'air en hurlant "GOAAAALLLLL" et en escaladant le muret du voisin avec mon tee-shirt sur la tête, mais ça aussi c'est pas socialement acceptable).

Bref, voici un t-shirt issu du Burda d'août 2014. Il est très facile à faire et mis à part pour le col, où on doit quand même éviter d'y aller comme une bouchère, le reste est assemblé à la surjeteuse. Je l'ai juste raccourci, car il est long, mais avec le recul j'aurais du moins me lâcher sur les ciseaux, parce qu'il aurait été parfait avec 5cm de plus. A part ça un coup d'aiguille double pour les ourlets et en deux heures c'était plié. Autant vous dire que j'envisage d'en faire encore quelques autres, voire d'essayer la version robe.

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Enfin, voici un pantalon à pinces issu du Bubu couture facile Cécile du printemps 2010. Il était proposé sur le site allemand en téléchargement gratuit. Bon, la donzelle semble nager dans futal, on a envie de lui filer un jambon beurre et de lui dire d'arrêter de porter des vêtements trois fois trop grand pour elle, le dessin technique montre que la coupe est classique mais que le bas resserré évite le côté "j'ai gardé tous mes pantalons des années 80". Cela dit, maintenant que je vois mes propres photos, je me dis que le modèle donne un peu cette impression de mannequin anorexique, et pourtant y'a quand même un peu de viande chez moi.D'ailleurs c'est pour ça que j'ai supprimé les rabats de poches parce qu'étant déjà fort bien pourvue du capiton, je me voyais mal me balader avec un pantalon de reine de la danse du ventilateur. Et du coup l'empiècement dos est bien mis en valeur: enfin moi j'aime bien.

 

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J'ai utilisé un lin bordeaux acheté il y a fort longtemps chez Stop Tissus. Il s'est avéré, même après lavage, un peu raide, mais avec peu de tenue. In fine ce n'est pas bien gênant, mais la pièce rendrait bien mieux avec un tissu à l'armure plus serrée.

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J'ai du reprendre la ceinture comme d'habitude, mais sinon tout a roulé sans problème. Pour celles qui voudraient le meilleur tuto du net pour la pose de braguette, allez voir là, vous m'en direz des nouvelles.

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Je le porte avec le bas roulotté pour faire "trop stylé", comme le disent mes boutonneux et une paire de talons hauts, parce que mine de rien, avec l'ampleur des pinces sur les hanches, si je suis à plat ça fait pot à tabac.

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Valà, la prochaine fois, si vous êtes sage, vous attraperez un coup de soleil (on a la culture musicale qu'on peut).

 

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04 mars 2015

Gotainer

Le prof est un être de rituel. Il suffit de le voir entrer en salle des enseignants l'oeil vitreux, commencer par insulter la machine à café (qui ne fonctionne jamais, la garce) puis s'engouffrer dans la salle des copies où il injure copieusement la photocopieuse (qui ne fonctionne jamais la diablesse) pour finir désespéré, envisageant la mort par absorption massive d'After Eights, une certaine idée de l'agonie, avant d'invectiver les deux ordinateurs de la salle de travail, dont l'un refuse de démarrer et l'autre a décidé qu'il n'y aurait pas d'Internet aujourd'hui.

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Il lui faudra ensuite récupérer les 3èmes, les laisser poireauter 10 minutes debout pour qu'ils finissent de se raconter le match PSG- Association de la Pétanque dinanaise, avant que le silence se fasse et que ses grands dadais puissent enfin se mettre au boulot. Heureusement le rituel de la récréation viendra agréablement entrecouper le flot ininterrompu d'entorses et massacres en tout genre de la langue française, que même la convention de Genève elle y pourrait que dalle, marquant par là même un autre rituel, celui lié à la surdité  qui touche momentanément l'ensemble de la salle des profs quand retentit la 2ème sonnerie marquant la fin de la pause: alors même que Chef Suprême nous répète depuis 3 ans qu'on doit être avec les nains en train de communier autour de l'article défini contracté à ce moment-là... Comme quoi rien ne sert de se plaindre des gnomes, au fond, on a les élèves qu'on mérite (ou presque).

Il ne faut donc pas s'étonner que le prof soit un être qui a une forte tendance à la psycho-rigidité mais sans combinaison en latex, sinon on aurait des problèmes avec le Rectorat. Hélas, votre servitrice a les défauts de sa profession et cela se traduit par une floppée de tics, certains passagers d'autres constants, aussi gestuels que verbaux. Selon des sources bien informées (ouais, bon, Z'hom) paraît que je suis la spécialiste d'un "ouuuuuii" traînant, voire avec une pointe de gracieux accent lorrain alors que d'habitude dans les soirées de l'ambassadeur je fais illusion. De même je me sens obligée de vérifier systématiquement si j'ai mes clefs et mon portefeuille à chaque fois que je sors d'une pièce, et cela même si je n'ai pas ouvert mon sac, des fois qu'un lutin du foyer aurait décidé de commencer une carrière de pick-pocket. Evidemment j'ai contaminé Zh'om avec mes sales habitudes et c'est comme ça que nous en sommes arrivés à donner un nom de baptême à toutes les plantes ou les objets ayant une importance particulière dans le Home sweet Home.

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Nous avons ainsi Django (le cactus), Totor (l'ordinateur), Brad (l'oranger) et depuis 6 semaines, Youki Zaraï.

C'est l'homme qui a trouvé le surnom, non pas en référence à la Chanson de Gotainer, le Youki (si vous ne connaissez pas ce monument de poésie française, allez l'écouter là), ni à la dame qui préconisait chez Drucker, dans les années 80, de faire des bains de siège pour rester jeune, soigner les panaris et avoir le cuissot lifté. En fait Z'hom a fait un curieux amalgame en entendant le nom de la nouvelle arrivante, ma Juki HZL-G210. Elle est là:

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Changer ma gentille Toyota bien vaillante et jamais en panne pour une machine de guerre me trottait dans la tête depuis un certain temps. Non pas que Titine m'ait déçu, mais étant donné mes projets en matière couturistique, son gentil petit moteur ne me suffisait plus. Je me suis donc d'abord rencardée sur les marques: pas Singer, trop mauvaise réputation, pas Pfaff ni Husqvarna (ma cop's modéliste m'avait dit que cela faisait maintenant partie du groupe Singer et donc moins fiables qu'avant), je ne souhaitais pas investir dans Brother non plus (trop proche de ce que j'avais), ni Bernina (trop coûteux). Au départ j'ai donc louché sur la Janome DC4100 du site Sewing Machine Direct. Le cahier des charges était simple, moteur plus puissant, entraînement plus costaud, plusieurs types de boutonnières et bien lourde (oui parce que contrairement aux blogueuses, plus elles sont lourdasses, mieux c'est). C'est là que j'ai eu écho de la marque japonaise Juki. Il paraît que c'est une entreprise liée à Bernina et que 60% des fringues du commerce sont cousues avec cette marque. J'ai lu plusieurs articles disant que les modèles domestiques avaient bonne réputation.

Je me suis donc mise à fureter sur le net tel un truffier dans une forêt auvergnate et j'ai fait mon choix. J'ai ensuite comparé les prix et les services, car oui, acheter une machine qu'on va sans doute garder plus d'une dizaine d'années, c'est un taf, il me fallait le modèle choisi avec un prix correct et un service après-vente fiable. C'est là que je suis tombée sur ce site; non seulement ce sont eux qui proposaient le prix le plus bas, ce qui réjouissait mon coeur de pince, mais en plus le SAV était assuré par un artisan réparateur de machine dont l'échoppe se trouve à 4 km de chez moi. Cerise sur le mojito, on m'envoie en cadeau un coffret de 15 pieds adaptables, une table d'extension et des bobines de fil en veux-tu-en-voilà. Et là mon coeur de pince exulte, entend du Trénet, bref, la totale. Voyez plutôt:

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Au bout de quelques semaines de pratique avec mon arme de précision japonaise, je peux faire un premier bilan sur les points positifs et négatifs de la machine:

-Les +_ Elle est rapide, précise, peu bruyante, l'entraînement est efficace, la fonction arrêt avec aiguille dans le tissu et le coupe-fil automatique ont changé ma vie, les boutonnières sont vraiment très belles.

-Les moins_ La canette se met par le dessus, en soulevant une trappe en plastique qui me semble un peu fragile, à voir à l'usage. Sans l'offre cadeau de 15 pieds, la machine n'est livrée qu'avec 3 pieds, le standard, celui pour les motifs brodés et celui pour les boutonnières. C'est peu, surtout quand on voit le prix d'un pied à l'unité.

Ces détails mis à part, je suis ravie de mon pesant achat (un beau bébé de 9.5 kilos) et elle coud tout sans broncher; J'ai déjà pu tester sur du jean, du jersey de viscose, de la maille Milano et c'est tellement facile que c'est presque pas drôle. J'ai eu un peu, au départ, la sensation que je n'étais pour rien dans la réussite de mes projets, que la machine faisait tout et que c'était moins prise de tête mais moins marrant qu'avec l'ancienne, je pouvais pas l'insulter comme la photocopieuse. Masochisme quand tu nous tiens... Et surtout j'ai pu coudre un tissu qui m'aurait filé des sueurs froides il y a encore 2 mois, la fausse peau lainée.

Cela faisait plusieurs années que je louchais sur ce modèle, le 106 du Burda d'octobre 2010, une petite veste toute simple, en vraie peau retournée d'agneau. Ayant mis tous mes deniers dans l'industrie japonaise et surtout ayant peur de massacrer un cuir valant un bras (en plus de venir d'un petit animal mignon et innocent), j'ai commandé 1.8m de fausse peau lainée chez Self tissus. D'ailleurs le service semble rapide et sans fioritures chez eux, j'aurais tendance à recommander.

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Là je vais me fendre de quelques conseils pour coudre ce tissu créé par Satan pour soumettre la malheureuse couturière aux pires tourments et afin, mes biens chères soeurs, d'exorciser vos appréhensions quant à ce délicat textile:

                                                                                   

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-Sur le patron les marges directement tu ajouteras (essayez de tracer des contours à la craie sur ce type de tissu et vous comprendrez ce que c'est que le Purgatoire) _ Photo milieu du haut

-Pour marquer les pinces la bouclette de bâti tu utiliseras_ Photo milieu bas

-Pour couper le ciseau uniquement tu utiliseras, autrement dit la coupe au cutter rotatif on oublie, ça marche mal, ça énerve et après on a envie de balancer le chat par la fenêtre juste parce qu'il passait par là_ 3ème photo en haut

- Un pied double entraînement, téflon ou à rouleau tu utiliseras (rappelez-moi qu'il faut que j'écrive un article sur l'utilisation des pieds de couture), sinon sur l'intégralité du marbré dans ta cuisine tu te vengeras

- Pour repasser une pattemouille tu utiliseras, sinon bonjour la bonne odeur de mouton synthétique crâmé_ 3ème photo du bas

-Si des pupuches coincées dans les coutures tu as, avec un ciseau à broder délicatement tu couperas_ Grande photo à gauche

Mis à part ces précautions ça a roulé presque tout seul et je porte beaucoup ma veste qui est chaude, douce et confortable, vous pouvez maintenant vous extasier, allez-y, j'attends:

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Je vais être honnête, le montage des manches, avec un tissu aussi épais n'est pas une sinécure, mais l'absence de montage de doublure fait vite oublier ce petit désagrément. Sur la photo de dos on dirait qu'il y a des plis sur les manches, en fait c'est simplement l'ombre et mes bras croisés qui donnent cette impression, en fait, en vrai, c'est quasi nickel.

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Voici également quelques détails avec, dans l'ordre, l'intérieur et les pinces qu'il ne faut pas oublier de fendre, les poignets ( coudre endroit contre endroit jusqu'à l'endroit où les manches doivent être retournées et à partir de ce point coudre envers contre envers), puis le col, sur lequel j'ai fait un petit ourlet parce que le rendu était plus joli.

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Pour vous montrer la différence entre mon travail avec Youki Zaraï et mon ancienne Titine, voici une blouse faite l'an dernier, à partir d'un patron Lutterloh de 1972:

Lutterloh-1970-72 (43)

Petite

                                                                                 

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Le devant est choucard, les manches bien montées, bien qu'un poil courtes, et j'ai même rajouté un petit galon en dentelle de coton pour accentuer le côté greluche romantique. Bref ça sent la Win' sortez-les lauriers les gars j' vais me tresser une couronne. Les détails semblent confirmer tout ça:

                                                                                     

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Les fronces des poignets sont bien réparties, les raccords sont jolis dans le dos et les motifs brodés du tissu bien placés. Pourtant je porte peu ma blouse, c'est un quasi échec; voyez plutôt le dos:

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Ben ouais, ça tire grave autour du cou, la faute, sans doute, à ma pente d'épaule pas pentue du tout. Du coup je porte ma jolie blouse sans plaisir et toujours sous un petit gilet.

Enfin, je vous présente mon tricot préféré de tous les temps après mon pull de fée, celui qui a fait que je sacrifie tous les jours un sachet de Lipton sur l'autel de Cirillia Rose, mon gilet Aidez, tricoté il y a deux ans dans de la Cascade Eco. J'ai eu besoin de 2 écheveaux en tout et j'ai tricoté la taille S pour obtenir le bon échantillon. Le résultat est impec', long comme il faut, si seyant et chaud que c'en est un rêve.

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Ce n'est clairement pas un tricot de télé, un minimum de concentration est requis, mais c'est un modèle qui n'est pas difficile et qui monte assez vite. Il m'a fallu 5 semaines, un peu tous les soirs, pour en venir à bout. Z'hom déteste... le style (je rappelle qu'il ne jure que par le style pouffinette), la couleur et à son grand désespoir je le porte constamment en hiver. D'ailleurs, je peux maintenant faire un point sur la qualité de la laine et sa tenue. Après 2 ans et des brouettes, 1 lavage machine par mois (j'ai un programme Woolmark et je peux même laver sans danger le pur mohair), la laine est nickel. Bien sûr ça bouloche un peu aux points de friction, mais un coup de rasoir à pull suffit pour retrouver un gilet quasi neuf. Bref je suis ravie et regardez s'il est pas beau mon point (là, aimable lecteur tu peux voir le détail des manches avec son point "fer à cheval"et le dos avec ces divins losanges grainés).

                                                                                             

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Valà, valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je vous offrirai un p'tit coup de prune.

 

 

 

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03 février 2015

Fluctuat nec mergitur

Il n'est plus temps selon la Baronne de Rotschild, mais je vous la souhaite douce et paisible, du moins, plus calme que ce fuligineux mois de janvier qui laisse comme un goût de cendres...

Je reviendrai  peu sur ces tristes événements, mais quittant un peu mon côté "pouet-pouet-camion", j'aimerais dire quelques mots sur une des retombées de tout ceci. Quand je suis arrivée le jeudi matin du 08 janvier, j'étais retournée et je savais que je commençais avec les 4èmes, ceux où se trouvent la petite M., qui, hélas pour elle, partage le même patronyme qu'un enturbanné trépané et surtout le petit O., né le même jour que celui où on a dégommé les Twin Towers et dont les géniteurs n'ont rien trouvé de mieux que de l'appeler du même nom que du commanditaire des attentats ricains... Ambiance.

                                                                                         

Alors je me suis dit que j'allais mettre les mains dans le cambouis, défendre ce qui pourtant me semblait aller de soi, et faire prendre tout son sens à l'expression "Hussard noir de la République". Du coup j'ai laissé ce que je ressentais de côté, écouté mes nains pubères gavés d'infos qu'ils ne comprenaient pas ou alors très partiellement, et j'ai opposé un discours fondé sur des faits objectifs, des explications de vocabulaire alors que dans les médias le pathos régnait. Travail sur le dessin de presse avec la documentaliste, rappel de la loi, de ses limites, deux ou trois choses sur des gravures que l'on peut trouver dans les musées et à l'Institut du Monde arabe mais aussi discussions sur des caricatures anti-cléricales du 19ème siècle. Mes nains ont eu l'air content, ils étaient d'accord, rassurés, y compris Dame M. et O. qui ont posé des questions tout à fait pertinentes.

In fine, sur 700 élèves, 3 ou 4 gamins qui ont tenu des propos parfois limites, mais qui après discussion ont compris que bon, on tue pas des gens, même si on est pas d'accord avec ce qu'ils disent/écrivent/dessinent. Et puis les regards curieux des mômes, quand dans le réfectoire, à la minute de silence, ils ont vu certains des robots qui leur faisaient cours, s'essuyer les yeux (pour autre chose qu'une copie inepte).

Et c'est là que je suis remontée. Remontée par rapport à la presse qui a présenté l'école de façon apocalyptique. Si j'en crois ce que j'ai lu dans les journaux, entendu à la radio, les établissements étaient devenus un ersatz de Verdun 1916, une guerre de tranchées remplies de petits terroristes en herbe qui n'attendaient qu'un seul signe pour plastiquer la réserve de Français voire le prof de Physique qu'avait trop mal évalué leurs copies. En fait y'a eu 400 incidents (chiffre donné par Chef Suprême) sur 12 millions d'élèves... Alors bien sûr parfois ces incidents sont graves (ils sont trop nombreux on est d'accord) et je refuse l'angélisme, je ne connais que trop bien la façon dont fonctionnent certains bahuts défavorisés ou pas d'ailleurs, mais d'une part il serait bon aussi de rappeler qu'une partie de ces incidents (je parle de ceux liés à la parole) sont le fait d'ados, qui cherchent les limites et beaucoup sont dans la provoc parce que "ça fait cool" et rappelons que d'autre part on a pas attendu les journaleux pour prendre en main ces mômes, que ce soit les profs ou l'administration, pour établir un dialogue avec eux et leur famille. Du coup la position de la presse me semble tout à la fois malhonnête et surtout malsaine, puisqu'elle fait monter la mayonnaise sur un truc dont il faut parler certes, mais auquel il faut donner une juste place. En somme, il serait bon que la presse se remette en question et substitue à la tyrannie des sentiments une rigueur qui ne pourrait qu'apaiser tout le monde.

                                                                                                

Mode front ridé et gastrite off.

Ce sont également des passions qui se déchainent sur la blogo couture en ce moment avec l'affaire M comme Marie. Je n'en parlerais pas moi-même, mais je relaie l'info : pour ceux qui reviennent de 3 mois passés dans le désert, voici toute l'affaire chez Biquette, un post chez Saki et un autre chez Tasticottine. Lisez et loin de la dictature du sentiment, on y revient, faites-vous votre propre opinion. Quant à moi, la mienne est faite, quand ça gueule, que ça s'indigne, que ça se fâche tout rouge, je préfère m'en tenir au concret, à la logique, à la démonstration scientifique. Si, si, malgré mon côté Mme Bovary éthérée...

Sinon, puisqu'il est question de création de patron, de l'a fait-l'a pas fait, je vous présente mes premiers pas dans le fabuleux monde de la coupe à plat.

Soyons claire tout de suite, je n'ai pas l'intention de sortir une jupe N comme Nunuche ou un top N comme Nouillasse, je fais ça pour moi, pour voir jusqu'où je peux aller et parce que la simple idée de faire du vrai sur-mesure me met dans un état de frétillement proche de l'épilepsie (je pense d'ailleurs sérieusement à me coudre une bavette).

                                                                                                 

J'ai décidé de commencer par le pantalon parce que j'aime bien me pourrir la vie, c'est mon truc. Et là j'ai été gâtée, parce que j'ai fait 4 versions avant d'arriver au Graal, à mon précieux que même je regarde le moindre saucisson brioché comme un Inquisiteur regarderait un hérétique, tellement j'ai peur de recommencer l'opération si mon cuissot en venait à décider que "le changement c'est maintenant".

Rassurons mon lectorat sur mon état de santé anémique, des fois, je vous le dis hein, sous le sceau du secret, j'exagère un peu, en vrai je continue à me taper des tartines de reblochon juste avant de dîner.

J'ai commencé, par paresse, il faut bien l'avouer, et aussi parce que j'étais curieuse, après une prise de mesure en bonnet Duforme, par essayer le logiciel gratuit mis en ligne par Grosgrain, fondé sur la méthode Aldrich. Me demandez pas qui c'est ce Aldrich, j'en sais rien, mais j'aime bien me la péter avec des références trop classes, trop pointues, sa mère. Bref, vous rentrez vos mesures et on vous calcule tout, z'avez plus qu'à tracer:

-Le plus, c'est facile d'emploi

-Le moins, voyez ci-dessous; Pour moi c'est clairement trop grand, ce qui ne veut pas dire que la méthode ne marche pas, mais j'ai voulu aller voir ailleurs si j'y suis (et j'y étais).

                                                                     

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Let me introduce the second candidat, le favori, la méthode Gilewska:

Je dis le favori parce qu'il en est beaucoup question sur la blogo de celles qui jouent à la modéliste:

-Le plus, c'est complet et assez clair

-Le moins, y'a un truc qui doit pas non plus fonctionner pour moi parce que Epic Fail...

Tout cela pochait, c'était moche, mais faut l'avouer c'était aussi bidonnant. Mais bon, désespérée, j'ai jeté la toile aux orties...

Le troisième candidat est un outsider: La Couture familiale (avec la couverture à crever de rire), chinée chez Emmaus.On est dans le super classique en ce qui concerne la démarche, mais avec un effort de vulgarisation visible, puisque c'est clairement orienté vers la ménagère à mise en plis qui se retrouve dépourvue d'une bonne partie de ses neurones dès que Chéri-Chéri sort de la pièce.

-Le plus, la méthode est détaillée pas à pas

-Le moins, il manquait une info et j'ai donc utilisé (Misère!), mon bon sens pour y remédier.

Là aussi ça n'a pas été probant (le bon sens, le patronnage, une complète oeufs-jambon-fromage et ramasse tes dents), comme vous pouvez le voir ici, même si c'était légèrement mieux que les précédents (note j'avais déjà fait une rectif dessus). Le problème vient particulièrement de là, ça poche de façon assez peu gracieuse au niveau du ventre jusqu'au début de l'entrejambe. En ouvrant ma Bible Burda (ben ouais, on a beaucoup craché sur Burda ces dernières années mais leur livre sur la couture c'est d'la'balle), j'ai pu trouver l'origine du problème: Mme Noueuse z'avez le ventre trop plat, gna, gna, gna. J'ai bien tenté de remédier en augmentant considérablement ma consommation de bière, mais Zhom jugeant la méthode un peu radicale, j'ai changé d'option.

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J'ai alors repris mes mesures au cas où et je me suis mise à traîner sur les sites de patronnage. J'ai alors ouî parler de Mode pour Lol. J'ai commandé le CD (motivée qu'on vous dit) et en voiture Roberte. Je ne suis pas fan du personnage qui fait tagada-pouet-pouet, j'ai même plutôt envie d'initier une pédagogie de la batte de base-ball quand je l'entends, ceci dit, pour le reste je n'ai rien à dire et le fait que ce soit en vidéo est assez rassurant.

-Le plus, c'est facile à suivre et assez efficace

-Le moins, ce n'est pas la panacée et il faut faire régulièrement des arrêts pour suivre

Et là c'était mieux, pas parfait, mais mieux. J'ai donc fait ce que Bubu préconisait, j'ai absorbé le surplus devant de façon progressive, ce qui a abouti à une toile déséquilibrée. A ce stade j'étais presque chauve, mais je me suis reprise et tel un Bouddha du Perroquet, j'ai attendu l'Illumination. Elle est arrivée rapidos, paske j'avais pas que ça à faire de l'attendre, j'ai une vie, faut pas charrier. J'ai mesuré ma hauteur de fourche, et je l'ai comparée avec ce que je mesurais sur mon patron. J'ai trouvé une différence de 8 cm. J'ai décidé d'ôter 6 cm à ma fourche (ça me rappelle la vanne avec la Papaye, rappelez-moi de ne jamais vous la raconter) pour conserver assez d'aisance et j'ai ôté 4 cm devant (puisque c'est surtout là que ça pêchait) et 2 au dos, qu'était pas parfait non plus.

                                                                             

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Ouf, j'ai fait une 5ème toile, tenace vous dis-je, et là, Alléluia, "Sonnez hautbois, Résonnez Musettes", ciel qui s'ouvre et anges qui chantent, ça tombait nickel, comme vous pouvez le voir là.

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Une fois sûre de mon patron, j'ai tenté un short. Au départ je voulais quelque chose d'inspiré du short Chataigne (j'ai dit inspiré, pas décalqué tel quel sur l'original, gnarf, gnarf), mais j'ai eu peur de changer quoi que ce soit, je me suis dit que le changement finalement, ce serait pas maintenant. Je me suis hollandisé du short, quoi. Du coup j'ai fait une pièce très simple, avec braguette latérale et patte fermée par crochet sur la ceinture. Le tout SANS AUCUNE RETOUCHE...

Ouais, je sais, ça fait rêver. Voilà la bête et l'épilogue heureux d'un truc qui commençait mal. Ben je vous souhaite, les gens, que votre année se finisse de même.

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La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous parlerai d'une japonaise et de sa relation au poil. Et non c'est pas racoleur.

 

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30 décembre 2014

Du rose, du genre, de la couture...

Oui, je sais, en voilà un programme entre deux bouchées de chapon et une autre de bûche fraise-fruit de la passion-blanquette de veau. Mais je viens de vivre une expérience inédite, rien que ça, alors on lâche son toast au saumon et on écoute, nanméo.

                        

Un doux matin de septembre me prit l'envie d'aller voir R., le secrétaire du kholkoze collège où je sévis. Oui, je sais, un homme secrétaire et en plus avec le physique d'un catcheur russe, ça défriserait Mam Boutin, mais que voulez-vous ma bonne dame, les valeurs se perdent. Donc, j'allais avec mon allégresse coutumière (j'avais pas encore eu les 3èmes) me fourrer tout droit dans un traquenard que même Ian Flemming aurait pas pu en inventer de pareil. Il se trouve que tout à fait par hasard, inopinément, de façon fortuite, la Chef Suprême était chez R. Oui, je sais, chez nous le patron est une patronne, Frigide Barjeot, tu m'en vois désolée, mais que veux-tu, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Bref, après une profonde révérence notre Chef Suprême, la Lumière de nos jours, celle par qui la craie arrive dans nos salles, m'a gratifiée d'un regard magnanime et m'a demandé: "Mam Noueuse, vous reprendrez bien un peu de couture? Nan parce qu'avec la Brésilienne télévisée qui fait des concours de cousage de short, y'a de la demande chez les nains" (bon en vrai la chef elle a pas tout à fait dit ça comme ça, mais comme je n'ai qu'une faible mémoire, je vous balance le texte dans les grandes lignes). Coincée entre l'écorcheur de Vladivostok qui a le pouvoir de communiquer avec les instances mystérieuses du Rectorat et notre Guide-Bien aimée- Qui fait les emplois du temps, j'avais pas le choix. J'ai donc pris en charge l'atelier cousette spécial nains à 2 mains gauches, d'autant plus que j'avais eu chaud, j'avais d'abord cru qu'elle avait eu vent de mon entrée en matière de la rentrée avec les 5èmes, celle où je refais la scène inaugurale du Sergent Hartmann dans Full Metal Jacket.

                                                                                             http://www.lecinematographe.com/photo/art/default/3718273-5512235.jpg

Il a donc fallu que j'aille voir la gestionnaire pour s'équiper. Car oui, misère, chez nous c'est une femme qui tient les cordons de la bourse, sans mauvais jeu de mots, que Saint Zemmour nous pardonne.

Qui n'a jamais tenté de négocier avec un gestionnaire de l'Education nationale ne connait pas le sens du mot "terreur". C'est pourquoi je fus passablement étonnée quand Mam' Rigueur (avec de gros morceaux d'austérité dans le dedans), m'accorda un budget suffisant pour deux nouvelles machines et un autre pour des fournitures diverses et variées. Ne restait plus qu'à appâter le gnome, ce qui, après ma prestation de la rentrée devait être facile, vu que le moindre battement de cil de ma part provoquait une épouvante comparable à une privation de 15 jours de PS3. C'est dire.

J'ai donc collé quelques avenantes affichettes et fait un peu de pub par le biais des profs principaux. Mon charisme naturel étant ce qu'il est, un mélange savant entre celui de François Mitterand et Débilla, j'ai fait le plein en 3 jours. Et c'est là que les ennuis ont commencé, parce que j'ai eu beau dire qu'on boirait le thé déguisés en princesse tout en cousant des tissus imprimés de licornes et de chatons, j'ai quand même eu, sur mon groupe définitif de 15, cinq petits gars, aussi enthousiastes et motivés que si on leur avait dit qu'il y avait Ronaldo à la cantoche. Béatrice Bourges, priez pour nous!

                                                                                          

Je vous passe la 1ère séance où mon assemblée de trolls m'a regardé l'oeil vague, la bouche bavante, tentant en vain de comprendre ce que le fossile en face d'eux entendait par "marges de couture" alors qu'il y avait de rutilantes machines qui les attendaient. Ce n'est qu'à la 2ème séance qu'ils ont pu dompter la bèèèèète et coudre leurs petits porte-monnaie (à ce propos, merci à la Poule pour son tuto) et encore z'ont pas tous fini. Mais l'honneur a été sauf, vu qu'à la fin les cinq petits mecs ont couru vers le babyfoot du foyer pendant que les femelles jouaient leur rôle de femelle, c'est à dire qu'elle rangeait le bordel de tout le monde. En vrai j'ai tancé vertement les petits coqs et je leur ai rappelé que leurs chutes de tissus iraient pas toutes seules à la poubelle sur leurs petites pattes.

Du coup, comme y'avait pas de manifs pour tous où j'aurais pu exhiber mon serre-tête en velours flambant neuf, j'ai décidé de rester dans les valeurs sûres féminines: le rôze.

Bon je triche un peu y'a du pas tout neuf, mais que voulez-vous, je peux pas tout vous montrer d'un coup car trop de bonheur tue.

J'ai d'abord fait cette robe so pin-up à partir d'un patron Papavero.

                                                                                                

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Pour ceux qui ne connaissoient pas, c'est un site polonais avec pleins de patrons formidables dans des tailles qu'on trouve pas ailleurs (du 32 mini Jessica Rabbit au 56 belles formes de partout). C'est et il suffit de vous inscrire pour avoir accès à tout.

J'avais déjà fait un TS cet été et la taille était parfaite, les patrons s'emboîtent nickel et les marges de coutures sont comprises. En plus, sous chaque modèle, vous avez les versions des internautes, ce qui peut vous éviter de passer à côté d'une perle juste parce que le dessin de la dame qui le porte l'est pas beau. Bref, j'ai choisi ce modèle, une bête robe en jersey mais avec un petit détail sympa sur le devant: 2 pinces qui partent de l'épaule pour joindre les saillants et donner une touche de fantaisie à l'ensemble.

J'ai choisi un petit tissu discret (un reste de maille framboise acheté sur le marché des Bosquets) et de bon goût, pas du tout pétant, comme vous pouvez le constater:                                                         

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La couture n'a pas posé de problème. C'est comme coudre un t-shirt mais en plus facile. J'ai pris une taille 34 pour un résultat très ajusté, mais la robe est très confortable vu que la maille est très extensible.

Le revers de la médaille: le moindre petit four et votre vieille tante couve du regard votre ventre en murmurant "C'est pas trop tôt" (ou alors "Encore!" s'il ne vous manque que 2 marmots pour former une équipe de foot). Bref, il faut prendre en compte les mesures annoncées par le site, parce que si le tissu n'avait pas été stretch il m'aurait fallu un chausse-pied géant pour entrer dans cette petite chose.

Comme je n'avais pas assez de rose, j'ai repris mes vieux Burda des années 70 et j'ai refait une petite robe trapèze déjà commise dans un tissu noir à mes début en couture. J'ai sorti, pour cela, un splendide coupon de jacquard trouvé lui aussi au Bosquets. Petite parenthèse, les vendeurs ne savent pas toujours ce qu'ils vendent, surtout quand il s'agit des coupons en vrac. J'ai trouvé du velours 100% coton italien (l'étiquette de la provenance était encore dessus) de toute beauté à 3 euros les 3 mètres, le tissu que j'ai utilisé pour la robe, lui, vient d'une entreprise française de tissus prêt-à-porter haut-de-gamme (j'ai googlelisé le nom sur l'étiquette). Il n'y en avait certes qu'un mètre sur deux, mais c'était suffisant pour y faire tenir ma robe et j'ai payé le coupon un euro. Alors bon, on fait pas toujours des affaires de fifou, mais on tombe parfois, voire souvent sur des perles.

Ecce roba comme dirait l'autre:                                                                  

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Pour la couture c'était comme coudre un t-shirt, mais en moins facile à cause des raccords. Mais je m'en suis pas trop mal tirée.

Et pour vous faire baver, voilà les détails du jacquard. Gadez si c'est pas beau, gadez les détails de folie. Personnellement j'en défaille, si, si.

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Et comme malgré tout cela les valeurs de notre belle société continuaient à se faire la malle, je me suis noyée définitivement dans un torrent de rose avec ce modèle issu du Phildar n° 63.

J'ai dégainé 8 pelotes de Givre couleur Bruyère et c'est parti comme en 14 (à l'époque on savait vivre).

Comme je ne possédais qu'une mauvaise photocopie du modèle, j'ai du compter sur mon sens logique pour pallier les caractères illisibles du diagramme. Et là c'était pas gagné, vu que la Fée du Bon Sens s'est pas déplacé pour mon baptême (y'avait sans doute Drucker à la télé). Mais je m'en suis sortie très honorablement, j'ai consciencieusement scribouillé au marqueur mon diagramme, fait mes torsades tranquillement et un mois plus tard, hop, sur le dos. La Givre est très plaisante à tricoter mais elle est aussi très, très chaude. Du coup, je ne porte pas mon pull très souvent vu que j'ai l'impression de trimballer un sauna portatif sur mes épaules toute la journée.

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Voilà le détal du panneau devant (non ce n'est pas une tentative désespérée pour créer une mode du selfie de pull). Vous remarquerez une petite erreur pas trop visible sur l'un des côtés, mais bon, après un long travail sur moi-même, je peux vivre avec ça. Enfin je crois...

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Valà, valà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je vous montrerai qui est le patron.

PS: On me chuchote à l'oreille que je dois dire un mot de mon Joli Papa sans qui je ne serai rien et qui est une source perpétuelle d'émerveillement (et de Gewurtz)

 

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