21 juin 2009
Papattes d'éléphant dans un magasin de porcelaine
Je laisse un peu à l'abandon mon blog, ça devrait lui filer un style jardin anglais du dernier chicos. Disons que la fin de l'année scolaire est traditionnellement rude et j'ai multiplié les rendez-vous parentaux dans la thématique "Hansaplast sur jambe de bois". Rajoutez à ça un Z'hom professionnellement au bord de l'explosion, des corections de fin d'année qui s'accumulent et vous aurez une petite idée du climat atmosphérique digne d'un passage de Katherina, chez la Noueuse.
Du coup j'avais pas envie. Pas envie de blogger, de coudre des machins ou d'aligner de la maille.
Et dans ces cas-là, nous les femelles gonflées à l'oestrogène, que fait-on pour se remonter un moral en petite forme? Ben on envoie son aimable banquier aller se faire voir chez nos diligents voisins à Acropole et on ouvre grand le porte-biffetons.
Bref, ça vous démange du Paypal, ça vous chatouille de la puce électronique et là, erreur fatale, vous vous souvenez de l'existence d'un truc démoniaque qui s'appelle Ebay. Qu'on soit d'accord, Ebay c'est Satan, c'est le genre de machin qui peut transformer une honorable ménagère avec bigoudis intégrés en hystérique compulsive. Vous vous dites "Tiens si j'allais faire un petit tour sur Ebay? Juste pour voir?", sauf que dès le départ y'a des tas d'affaires trop pas chères et archi-trop-bien sa mère la banquière. Vous essayez de résister: "Allez un petit coup d'oeil ça fait pas de mal". Vous faiblissez légèrement: "Wah, trop la classe, le coffret collector double platine de Franck Mickaël !!!". Vous vous laissez envoûter par les sirènes de l'achat: "Tain, en cadeau pour le meilleur enchérisseur y'a un tube de Polydent, c'est top wander moumoute". Vous mollissez carrément: "Bon, je vais juste poser mon enchère, on sait jamais pitètre que personne y va en poser une et pitètre que je ferai l'affaire of the century twenty-one". Z'êtes foutu: "Nan tu l'auras pas mon coffret. Minou-Minou71 t'es qu'un fils de personne, plus que 22 secondes et tu l'as dans le fondement la balayette".
Post coïtum animal triste, c'est bien connu, une fois passée la joie d'avoir écrabouillé l'autre avec sa stratégie ebayesque, vous vous rendez compte que vous détestez Franck Mickaël et que vous n'avez que faire du tube
de Polydent puisque vos chicots tiennent encore à peu près en place.
Valà ce qui s'est passé quand j'ai regardé "pour voir", ce qu'il y avait à vendre dans la rubrique Lutterloh. Je suis tombée sur ça:

Cékoidonc, direz-vous en me faisant une imitation brillante de feu Patrick Sabatier. Ben c'est du Lutterloh australien avec des modèles vachement chouettes et surtout carrément collector. Voyez plutôt:
Je n'ose pas vous dire à combien, prise de fièvre acheteuse, j'ai remporté le truc. Pas si cher finalement par rapport aux modèles ultra-moches d'un livret neuf de la Coupe d'Or. Mais quand même, c'était pas indispensable et je suis pas sûre de m'en servir un jour.
En parlant de Lutterloh, j'ai fini par exploiter un de leur patron. Je hais les slims qui font ressembler n'importe quelle gonzesse normalement constituée en bonhomme Michelin. C'est pour cela que j'ai vu d'un oeil ravi le retour du pattes d'éph. C'est pratique le patte d'éph, quand vous êtes une naine vous planquez une paire de talons de 10 cm et ni vu ni connu j't'embrouille, on a l'air de faire une taille normale. J'en voulus donc un mais un vrai, le genre que Mounette d'amour portait à 16 ans. J'ai donc vivement compulsé mes patrons de la Golden schnitte de 1974 et j'ai retenu un modèle un peu bizarre mais qui faisait pas dans la dentelle question ampleur de la guibole. Un tour chez le marchand de Nogent et zou, c'est parti.
Je vous passe la séance de fesses en l'air au milieu du salon pour recopier le patron, j'y ai beaucoup perdu de ma distinction naturelle. Mais le découpage et l'assemblage des pièces n'ont posé aucun problème. Vous remarquerez qu'il n'y a pas de couture sur les côtés; c'est normal parce qu'on assemble les pièces par les milieux devant. Histoire de parfaire mon pantalon collector j'ai fait des surpiqûres bleu sur les coutures qui ont l'avantage de renforcer les coutures sur ce tissu très épais.
Voilà la bête après réajustement.



Alors là celles qui ont suivi devrait dire, "Ben Lutterloh je croyais que c'était du sur-mesure?". En théorie oui. Sauf que j'ai du enlever 5 cm à la chose pour que j'ai pas l'air d'une anorexique en pleine diète de printemps. En pratique j'ai peut être pas mesuré où il fallait ou alors je sais plus lire les les chiffres. J'ai fait L moi, les numéros c'est pas mon truc.
Pour aller avec et pour essayer de faire baisser un peu un stock de tissu positivement exubérant, j'ai repris un vieux patron de New Look, et j'ai fait un petit haut genre casual, comme disent les Anglishes, avec une chute de 70 cm de jersey de coton. Echaudée par l'expérience du pattes d'éph, j'ai découpé une taille en dessous de celle préconisée par les mesures à l'arrière de la pochette. Mais au final je me suis retrouvée avec un truc genre que pourrait porter ma Bonne Maman qui doit faire genre 4 bonnets de plus que moi (elle rigole pas de l'armature Mère-Grand, y'a un gène qui a du se paumer quelque part). J'ai donc tout repris et traficoté pour que ça m'aille. Extèrieurement il est bien, mais les finitions avec les différentes retouches que j'y ai faites ne sont pas terribeuls et ça me chiffonne un peu.
Il est fini et porté depuis belle lurette, mais j'ai eu la flemme de faire des photos une fois fini. Je vous mets donc l'image de The pull de l'été en plein travaux de finitions. Le modèle vient d'un Phildar été de l'an dernier et comme vous connaissez ma propension à la fantaisie la plus extrême, je l'ai fait en vacances Pistache, comme sur la photo, sauf que le mien il est plus mieux parce que d'abord j'ai fait le corps à l'aiguille circulaire. Et là, j'avoue que ça a révolutionné ma vie de tricoteuse. Il y aura un avant et un après ce pull. J'ai adooooré le fait de pas avoir de couture à faire, d'avoir un résultat super propre qu'on dirait que mon pull il est Suisse. J'ai aussi rabattu les épaules à 3 aiguilles. Mais je le refera plus parce que c'est tout aussi joli et moins fatigant de les coudre à la machine. Enfin j'ai relevé les mailles pour évitre d'avoir une couture moche au niveau de l'encolure. Sauf que là SM (super-Maline et non sado-maso) a refait surface. J'ai pas compté le nombre de mailles, je me suis dit: 1 maille relevée par maille tricotée. Je me suis retrouvée avec une super encolure qui baillait comme une Marenne. J'ai résolu le truc avec du fil élastique. C'est qui la reine de la triche?
A part Ebay y'a aussi Phildar au rayon des sites méphistophélestiques. Y'avait les Philday's (boudiou ce que je je trouve ces anglicismes prétentieux) et j'ai acheté ça:
-des pelotes de Superbaby pourpre pour un chèche pour moi (que je finirai sans doute en 2051 vu la vitesse à laquelle avance le premier)
-des pelotes de Philcrochet jean pour un débardeur que je pourrais sans doute porter quand je serai grabataire (pour les raisons voir ci-dessus)
- et de la Wilky braise pour la robe rouge que je vous ai montré la dernière fois.
Enfin, dans la catégorie gâteau bavarois, voici un échec couturesque. C'était censé donner ça:
Et mauvais choix de tissu, ça donne ça:
Et autant vous dire qu'avoir la sensation d'être gonflée comme une baudruche ne me plaît que très moyennement.
La prochaine fois (ouais, bon, on va faire des efforts pour être moins feignasse) si vous êtes sages, je vous ferais la Vahiné des plages nogentaises.
08 mai 2009
Glamour/ Pas glamour
Me voilà revenue de Bretagne, où j'ai soutenu avec enthousiasme la production locale de Chouchen (j'étais trop occupé à le boire, je me suis pas attardée sur l'étiquette, vous excuserez l'orthographe approximative) et de Kouign Aman, spécialité particulièrement diététique de la cuisine bretonne (à peine 800 grammes de beurre pour faire un gâteau) que je m'enfilais, en général pour faire passer la complète oeuf-jambon-fromage du déjeuner.
On a aussi titillé du phoque
et décimé du homard (m'en fous j'ai fait que commanditer, c'est Z'hom qui a le karma tâché par la mort affreuse de ces nobles crustacés). En hommage à ces seigneurs de la mer, voici une photo de ces aimables carapacés du bocal. Une minute de silence pour Benito et Attila (on a pas idée comme c'est belliqueux ces bêtes-là) et paix à leurs âmes. Burp...
Le problème, c'est qu'après être reviendus de vacances, reposés d'avoir fait le veau marin toute la journée et bronzés, car il a fait un temps splendide en Bretagne pendant toute la semaine que même j'ai eu des coups de soleil et que Z'hom était noir au bout de deux heures montre en main (et même que c'est pas juste, parce qu'il est plutôt du genre Viking, le Z'hom), bref, le problème disais-je, quand on rentre, c'est que la triste réalité fond sur vous à la vitesse d'un épervier convoitant un lapereau. Mais, bande de veinards, j'ai quand même des trucs à vous montrer malgré les copies qui s'accumulent, les machins aussi glamours que faire la queue à la Sous-Prèf pour aller chercher un permis qu'on aurait du vous envoyer depuis deux mois ou aller acheter du PQ fraîcheur nordique à l'Inter (honnêtement, après usage de la chose j'ai un doute sur la réelle fraîcheur, nordique ou pas du truc).
D'abord pour continuer dans le pas glam's du panier de la parfaite petite ménagère, voici les chaussettes que j'ai tricotées avec un reste de pelotes et le logiciel d'Abracadafil, spécial petons-jolis.
Vous noterez la discrétion élégante des couleurs, l'harmonie discrète des nuances qui font de moi la digne héritière pédicuresque de Grace Kelly.
J'ai travaillé en aiguilles double- pointes et à part le fait que j'ai une mémoire de poisson rouge, je me suis pourtant coltiné du rang raccourci au km avec le GRR, et là, pas moyen de se rappeler comment on faisait, c'était plutôt facile à faire. Evidemment mon niveau de sexitude est grimpé en flèche, surtout quand je les porte avec mon peignoir taille triple XL brodé "Club Marin de Palavas-les-Flots".
En revanche, dans la série Glamour, je pense que vous vous rappelez de ça:
Normalement vous devriez vous en rappeler même si j'en ai parlé à peine 45 fois l'an dernier. Ben ma robe of my Dreams, celle pour qui J-Lo, Rihanna et et Maria Carey réunies se rouleraient par terre en hullulant comme des cervidés en rut (là aussi j'ai un doute, c'est pas ce qu'elles font déjà dans leurs clips?), a été cousue en un temps record. Pas de zip, une doublure en maille polyester histoire de préserver ma pudeur du regard concupiscent du monde et un élastique ajouté pour pas me retrouver avec une jupe au genou si d'aventure je me lançais dans une Macarena endiablée, ce qui ferait légèrement désordre dans le mariage super-chicos-almost-versaillais auquel on est invités avec Z'hom et hop, emballé c'est pesé.
Valà ma vie, mon oeuvre, mon sang, sauf que quand je l'ai présenté à Belle-soeur chérie, qu'est une prêtresse du bon goût doublée d'une magicienne (la preuve, elle a transformé Z'hom que j'ai connu portant des baggys en velours caca d'oie et des t-shirt Levis avec des auréoles roses sous les bras en Playboy griffé Kenzo) m'a fait sa tête à la Carry Brad- machin comme si je portais une robe en polyester imprimée de dragons jaunes sur fond marron de la collection Jennyfer 1994. Z'hom aime pas la couleur, Joli Papa aime pas le tissu, bref j'ai fait un four.

Du coup c'est soeurette-Pépette (celle qui fait semblant de faire des études sérieuses entre deux soirées à thème "Vodka et revival 80's") qui en a hérité.
Pour me consoler j'ai investi dans deux catalogues Phildar en promo où j'ai repéré deux ou trois trucs que je tricoterai pas vu que je suis surbookée comme un gnome présidentiel à oreilles paraboliques.
Y'a ça:
Et ça:
Et pis ça:
Bref, je nageais dans le plus sombre désespoir quand Mimi m'a donné cette robe, sérigraphiée avec amour par ses mimines. Il faut juste que je fasse les finitions et que le Kouign Aman qui s'est installé dans mes fesses déménage fissa pour retourner voir les mouettes. Parce qu'elle me va divinement bien cette robe, tout le monde l'adore, mais elle est taillée pour une naine anorexique et j'ai le popotin un peu explosif depuis mon retour de vacances. M'enfin d'ici à fin juin j'aurais sans doute la fesse qui aura abandonné les proportions brésiliennes, voire africaines d'aujourd'hui.
Je vous laisse, je retourne emm***er Z'Hom avec son âge canonique, faut dire qu'il vient d'avoir 30 piges et que du coup il va moins la ramener sur ma ménopause imminente.
La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous dirais "Pourquoi l'Australie" ou comment, toi aussi, tu peux faire ta Christine Angot.
17 avril 2009
Originalité
Comme d'habitude les gens, joyeuse crise de foie, en ces temps où règne l'oxyboldine sur toutes les bonnes tables françaises, j'espère que vous êtes en paix avec votre estomac malgré les kilos de chocolat que vous avez sans doute du vous enfiler. Moi, comme de coutume, j'ai été un modèle de modération, je me suis arrêtée au 4ème kilo; oui, je sais, vous êtes admiratifs devant tant de volonté et d'ascétisme.
J'avoue quand même que je n'ai pas fait que goffiotter comme un fieffé pourceau, j'ai aussi, dans l'ordre, tyrannisé des parents, pêté un rétro, et produit des trucs de façon massive car je n'ai rien à me mettre (comment ça je risque l'avalanche à chaque fois que j'ouvre mon armoire?).
Malgré un emploi du temps d'hyper-président hydrocéphale, j'ai quand même réussi à vous pondre deux ou trois trucs entre deux rendez-vous de parents d'élèves. Et pourtant Dieu sait qu'on sort de ce genre de réjouissance avec la fraîcheur Narta d'une employée au fumage de jambon de chez Monique Ranou. Que je vous raconte les gens, vous qui êtes si friands de savoir ce qu'il se passe à l'intérieur du mammouth: cette année j'ai eu la totale question caricature de géniteurs:
-La maman-crocodile, que M, la CPE à l'autorité toute soviétique et qui dirige l'établissement façon kholkoze, ne veut plus recevoir, car le pouvoir de chiantitude de Dame Crocodile est immense et dangereux. Elle se plaint de souffrir atrocement (de ses varices, de son divorce, des résultats affligeants de son fiston) et verse moult larmes sur ses ongles fraîchement manucurés. Au bout de 2h30 de plaintes non-stop on a des envies terribles d'investir dans une corde bien solide. Dame Crocodile revigorée par sa séance de psy gratuite, promet que ça va chier dans la chaumière pour son rejeton et part guillerette vers de nouvelles aventures. Le lendemain le dit rejeton arrive au bahut sur un scooter flambant neuf et continue à faire ce qu'il fait si bien, ronfler dans un coin de la salle.
-Le papa aigle royal daigne, du haut de ses cimes, accorder un rendez-vous au stupide domestique qui a pour mission d'apprendre quelque chose à Fifille chérie. Il faut dire que Papa aigle royal n'est pas comme ses flemmasses de profs, il est très occupé et il ne comprend pas pourquoi la plèbe le houspille quand il s'incruste entre deux r-v lors de la soirée des parents d'élèves. M'enfin la plèbe est mesquine c'est bien connu. Il vous écoute d'une oreille distraite tout en passant des ordres de vente sur son Hp cruise mais hurle littéralement au scandale et à la désinformation quand vous lui annoncez que Fifille, la lumière de sa vie, est sous le coup d'un avertissement de conduite pour avoir failli tuer un de ses camarades en lançant son sac sur lui du haut du 4ème étage pour faire rire la galerie. Papa aigle royal se drape alors dans sa dignité meurtrie, effaré par l'absence totale de sensibilité humoristique des membres de l'Education Nationale.
-Ta mère l'Oie est persuadée que son fiston, qui a passé les 6 derniers mois à manger ses crottes de nez en cours, est un génie incompris. Elle vous assène un chef-d'oeuvre d'argumentation qui tend à prouver que fiston est d'une maturité inouie pour son âge, que c'est un jeune homme au potentiel immense, que l'école est un cadre desséchant pour sa très précoce intelligence (il a redoublé 4 fois). Elle vous retourne tant et si bien le cerveau que vous avez l'impression fugace, mais quand même, à la fin de l'entretien, que le bulot qui vous montre ses amygdales chaque matin au moins 10 fois par cours est une sorte de mix entre Mozart, Einstein, Hugo et Pasteur et que grâce à sa seule divine présence il sauvera le monde.
- Ta mère la Dinde: elle vous l'aviez sentie venir. F., sa fille, est déjà un très bel exemple de gallinacée qui se plaint en permanence de problèmes affreux (le brushing qui frise, le vernis qui s'écaille). Ta mère la Dinde porte, elle aussi, tout le poids de la misère du monde. Elle vous a décommandé 3 fois (une fois à cause de sa manucure, les deux autres à cause de ses r-v avec V., son gourou esthétique) et vous écoute de façon distraite, vraisemblablement absorbée par la contemplation de sa nouvelle breloque (la regarder vous donne une envie furieuse de chanter "O tannenbaum!") jusqu'au moment où elle lève des yeux lumineux sur vous et vous demande la marque de votre gloss.
Bon, j'avoue, la majorité des gens que je reçois sont normaux, mais du coup, quand je rentre à la maison, j'ai qu'une envie, me noyer dans l'oubli d'un jersey, trouver le repos dans le point mousse. J'ai fait ceci:
4 pelotes de la regrettée Aurore et cordon formé en i-cord, parce que le tricotin est un instrument du diable inventé par des sectes satanistes pour nous mettre le cerveau à l'envers. Vous remarquerez que les jours, sous la poitrine, ne sont pas dans le bon sens, j'ai toujours eu des soucis avec la perception dans l'espace (cf. pétage de rétro 3 jours après avoir reçu la livraison de Simone, ma poluette). Mais c'est pas grave, quand même, l'est beau, l'est funky, l'est Angela Davis, que même j'ai envie de me faire pousser la boule afro.
Grâce à Millie Ze Bomb j'ai aussi pu devenir l'heureuse proprio de ça:
Vous avez reconnu le GRRRRRRRRRRRRR, gilet si mal nommé, puisque je n'ai arraché aucun poil de tête durant le faisage du dit tricot. Comme je suis une anti-conformiste qui fait pas du tout le même gilet que tout le monde sur la toile, j'ai utilisé du perlé de chez Monop', couplé à de la Kid Mohair de chez Schaschenmachin. Voilà ce que ça donne de près:
J'aime bien aussi le porter comme ça avec le collier qu'une collègue m'a ramené d'Afrique:
Je suis en pleine Win question couture, tout ce que je fais en ce moment, tenez-vous bien, plait à Z'Hom. Je pense d'ailleurs que des extra-terrestres l'ont enlevé à mon insu pendant mon sommeil et l'ont remplacé par une version améliorée. J'ai des preuves, la semaine dernière il a débarrassé la table et l' A MISE DANS LE LAVE-VAISSELLE. Du coup je m'inquiète un peu pour la version originale et je ne peux regarder Orion, les nuits de pleine lune, qu'avec un petit pincement au coeur.
Bref, d'abord, extrait du Burda couturage finger-in-the-noze d'il y a deux ans, j'ai fait ça:
Vous remarquerez l'audace folle dont j'ai fait preuve par rapport au modèle de départ:
J'ai juste ôté l'empiècement sous les nichons. Je pourrais vous dire que c'était pour m'approprier le modèle, en fait c'est juste que j'ai oublié de le couper.
Ce petit haut a confirmé mon titre de Reine de la fermeture invisible, impératrice du Zip sournois, grande chancelière du cousage au pied spécial, voyez plutôt si l'est pas belle:
Enfin, et après je vous laisse retourner vaquer à vos occupations, j'ai fait une petite robe extrait du Patrones d'octobre 2008. Je ne vous mets pas la photo d'origine, là aussi j'ai grave fait preuve d'excentrisme (le tissu était brun à carreaux beige sur le magazine, le mien est brun à carreaux beige ET rose). En revanche j'ai modifié sensiblement le patron: robe rallongée de 10cm afin d'éviter la distribution généralisée de bromure à mes boutonneux, pas de poches car je trouvais que ça s'accordait assez mal avec le style très da-dame de la robe et comme d'hab, 5 cm de moins à la taille. Ben je me sens très Jacky O, Z'hom adore (il frétille des antennes et ses mandibules prennent une jolie couleur vert Roswell quand il me voit dedans) et pour un peu j'irais épouser de l'armateur grec.
Dernière chose, grâce à Dame Dine je fais des progrès fulgurants en crochet et j'ai commencé un truc ébouriffant et qu'on ne voit nulle part sur aucun blog de tricot et couture, le chèche Phildar. Voici en primeur le 1er carré du chèche Phildar réalisé ce matin, pour mon super bébé de soeurette en super Baby gazelle:
Voilà, la prochaine fois, si vous êtes sages, je prendrais mon pied dans la dentelle (on est pas des bêtes). Mais ça ne sera pas pour tout de suite parce que là je file dans mon pays d'adoption, la Bretagne.
28 mars 2009
Aaaaaaahhh
Oyez, oyez bonnes gens! Rangez vos gnomes et vos bassets artésiens, mettez des armures à Mémé et protégez vos pare-chocs, y'a un inconscient qui vient de me filer le droit d'arborer fièrement ceci:

C'est par une froide journée de mars que je suis sortie de la voiture d'auto-école en tirant une tronche qui rasait le sol et en me récitant ce glorieux mantra "Recalée, recalée, recalée".
Quelle ne fut pas ma surprise quand Big Volant m'appela deux jours plus tard en m'affligeant la vanne consacrée du lauréat "Ah ben je suis désolé...". Évidemment, alors que j'allais copieusement arroser l'épaule de mon collègue, qui se trouvait à côté de moi, de mes larmes, Big Volant, qu'est un farceur on dirait pas, m'a dit que non, je pouvais ranger les kleenex, le Xanax et le four à gaz, j'étais reçue dans la grande famille des engraisseurs d'assurance auto.
Dire que j'étais dans un état second est encore en dessous de la vérité.
C'était il y a 3 semaines et depuis j'ai failli emboutir la voiture et le portail de Jolie Maman avant d'avoir le droit à ma poluette personnelle. Cet aprèm, figurez-vous que j'ai conduit pour la 1ère fois toute seule, comme une grande fille. Et ben ça fait peur, pire que la 1ère fois que vous faites un ourlet à surjeteuse sur de la mousseline de soie.
Et demain je remets ça, je conduis Z'hom qui m'a dit qu'il perdrait sans doute la moitié valide de ses follicules capillaires, mais qu'enfin c'est pas grave parce qu'il y tient pas trop. D'ailleurs Z'hom m'a déjà honteusement travaillée au corps pour que je lui prête ma poluette qui est, ma foi, fort à son goût.
Bref, félicitez-moi copieusement le peuple, c'était pas gagné d'avance.
Sinon à part faire de passionnants comparatifs entre les R5 gti et les 106 kid pour choisir la plus chouette poubelle magique, j'ai aussi cousu.
J'ai fait ça, avec un coupon de laine que m'a gracieusement offert la douce Mimi. Alors je préviens tout de suite, sur la photo il est pas beau mon manteau, il a même l'air très laid, tout tordu, il ressemble au Quasimodo des manteaux, il est pas photogénique. Mais en vrai il est très beau. Même qu'on croit que c'est du "acheté" (je suppose que c'est le summum du compliment pour le non-coutureux).
Valà la bête tout bouton fermé:

Porté comme ça il me donne un air psycho-rigide-militaire- objet contondant coincé quelquepart dont je me passerais bien (un inconscient m'a dit que j'avais le physique à bosser aux douanes, ou aux impôts... il a de la chance, je suis prof, sinon il aurait pas échappé au contrôle fiscal). Je le porte ouvert, ce qui fait très chabadabada, je-cours-au-ralenti-sur-une-plage-de-Deauville- avec-du -Nicoletta- en-fond-sonore.
Et ça donne ça:

En revanche je me suis ratée niveau doublure, allez savoir pourquoi, elle est trop petite malgré divers bidouillages pour éliminer le peu grâcieux rebiquage d'un des pans. Etant donné qu'on s'en va gentimment vers l'époque de la tong et du bob Ricard, j'ai décidé de remettre ça à l'hiver prochain.
A la rubrique tricot, vous attendez sans doute avec une impatience non dissimulée le pull qui me transforme en un canari distingué de 50 kilos.
Verdict, il serait magnifique sur une autre silhouette que la mienne. Il est trop épais pour ma frêle carrure. Il est très portable, la Beaugency est un rêve à tricoter, douce et ronde sous les doigts, le modèle était ultra simple à tricoter et tellement simple que je dois l'avouer, je me suis souvent emm**dée ferme. Limite je me serais cru en train de visionner l'intégrale de Derrick (paix à son âme).
Je laisse donc Lucette Van Poupoule, qui a le nichon bien plus arrogant que moi, la garce, vous présenter ce modèle extrait d'un des Phildar de cet automne.
J'ai aussi réitéré l'expérience traumatisante du crochet. Après tout, si j'ai réussi à me servir d'un volant, je vais pas me laisser marcher sur les pieds par un petit machin en fer. Bon, cette fois j'ai réussi à faire un truc qui se tient, bien que le boulet félin ait l'air moyen convaincu (en vrai je venais de lui refuser une double ration de croquettes, égard à son bide qui traîne par terre ( je vous jure que c'est vrai, mais mon chat est tellement gros qu'il a l'air d'avoir de la poitrine quand il se tient assis). Voici la fleurette que j'ai fait avec un reste de Phil douce:
Pour finir, Mimi et moi on a pris la ligne 13 pour aller dans ce lieu de toutes les tentations, le marché de Saint Denis. La bonne nouvelle, c'est que j'ai trouvé plein de trucs 'achement sympa:

-du velours fin bleu canard pour faire un petit tailleur jupe dans le plus pur style seventies
-du tissu à carreaux style chèche pour soeurette Pépette, grande fan d'Isabelle Marant devant l'Eternel et qui m'avait cassé les pieds un jour pour que je lui fasse une robe qui ressemble à ces sacs à patate hors de prix que s'arrachent les fashionistas parisiennes.
- un splendide crèpe de satin gris perle imprimé noir pour faire ça: 
-un voile de coton à fleurs mauves absolument indispensable (d'autant plus que je sais pas ce que je vais en faire)
-du coton à carreaux pour me faire une chemise cintrée dans un style un peu western, je me sens parfois l'âme d'une gardienne de vaches devant mes têtes non-pensantes que je martyrise à longueur de semaine
-un crêpe microfibre magnifique auquel je n'ai pas su résister, bien que je ne sache absolument pas à quelle sauce je vais le coudre
-du voile polyester rose bambi pour refaire une fois de plus cet affreux patron de blouse de chez Patrones que j'ai déjà foiré deux fois. Si c'est pas du masochisme...
La mauvaise nouvelle c'est que j'ai atteint la limite que j'ai promis à Z'hom de ne pas dépasser, c'est à dire 100 coupons... Je peux vous dire que j'évite toute rencontre fortuite avec un coupon de soie ou de mousseline. Régime sec pendant au moins 6 mois (de toute façon mon assurance auto me coûte un bras).
Voilà, la prochaine fois, si vous êtes sage, je verrais la vie en noir (pas sûre que ce soit porteur ça, comme annonce).
21 mars 2009
En retard
Zhom à la maison depuis 15 jours- stop- rien cousu ni tricoté depuis- stop- épuisée par les conseils de classe et les réunions diverses et variées- stop- RV avec des parents que j'aimerais passer à la moulinette (j'ai toujours pensé que quand on avait des gosses c'était pour les traiter correctement, non?)
J'ai quand même du matos pour alimenter le blog, mais pas le feu. Je vous ponds un truc la semaine prochaine, promis.
En attendant, pour votre plus grande joie, ou non, voici la terrible et authentique histoire de l'invention du string ficelle.

A moins de vivre au fin fond du Limousin, en hermite reclu, heureux
parmi les chats et les livres, vous n'avez pu échapper, durant chaque
mois de février, à une déferlante de coeurs, petits oiseaux et
printanières fleurs roses, couronnant de leurs gracieux pétales et
plumes les échoppes de nos villes et villages.
L'Amour est une fête, c'est Michel Drucker qui l'a dit et honnêtemment, vu le nombre de couverture de Télépoche qu'il fait depuis 30 ans avec Dany Saval et leurs teckels, on ne peut pas douter que cet homme là est une sommité en ce qui concerne l'érotisme torride de cette célébration.
Mais d'où vient cette charmante tradition, me demanderez-vous, bande de petits incultes aux cerveaux plombés d'inepties et autres bilevesées. Les avis divergent sur l'origine (il n'y a aucun jeu de mots grivois dans cette phrase, je répète, aucun jeu de mots grivois) et plusieurs hypothèses ont cours en ces temps où les Lumières de la Science, de la Publicité et du Papier toilette parfumé à la violette vont nous tirer pour toujours de tout obscurantisme pour nous mener vers les sommets de la civilisation. Je me propose, chers mollassons sous développés du cortex, de vous mâcher le boulot:
Hypothèse 1: Il s'agirait d'une tradition liée aux Lupercales, " Dans
l'ancienne Rome, on nommait ainsi une fête grossière et licencieuse,
qui se célébrait en l'honneur du dieu Lupercus, que la plupart des
auteurs assimilent au dieu Faunus ou, plus tard, à Pan ". Elle avait
lieu le 15 févrierum et on abattait moult animaux (comme chez
Hippopotamus la veille de l'avalanche de réservations pour le 14
février), en particulier des ovins et des chiens (comme chez Kwan Chou,
resto chinois, la veille du 14 février, pour les mêmes raisons que
l'Hippopotamus précedemment cité). Les sacrificateurs se mettaient
ensuite, dans une ambiance bon enfant, à oil-p, vêtu de biquette morte
(d'où l'expression ça sent le bouc, quand on pénètre dans l'antre de
l'amour et du désordre) et partaient fouetter la gueuse en péplum qui
cherchait les coups car une bonne baigne ce jour-là apportait la
fécondité et des ennuis en couche-culotte. Cette vénérable tradition
s'est perpétuée de nos jours, nombre de femmes (10% d'après mes infos),
continuent à profiter des bienfaits d'une rouste bien sentie. Ah!!!! La
tradition! Y'a que ça de vrai.
Mais les festivités ne s'arrêtaient pas là, puisque les participants au
banquet final obtenaient, par tirage au sort, une compagne d'orgie et
jouaient au pourceau pendant quelques heures. Cette belle tradition a
donné naissance au regretté jeu ''Tournez manège'' et à différents
longs métrages légèrement grivois comme: ''Le jeu de l'Amour et du
Br*****ard'' ou encore "Fais-moi la roulette russe''.
Hypothèse 2: Attention, là c'est du lourd, sortez les Kleenex au balsam, le velours de la narine, va y avoir du sang, des larmes et de la javel pour désinfecter le tout. Rufus aimait Julia (Juju pour les intimes) et Juju le lui rendait si bien qu'à la fin, ça ne rendit rien. Les histoires d'amour finissent mal, en général (cette chanson odieusement pompée par les Rita Mitsouko était déjà très en vogue sour Vespasien 1er, inventeur du pipi-room public). Rufus aimait donc Juju mais il y avait un hic,les Montaigugus, famille de Rufus, voyait d'un mauvais oeil l'union de leur fiston promu à un très grand avenir dans le commerce de la gencive de porc, avec Juju, unique héritière des Capuletus, grands rivaux devant l'Eternel car spécialistes reconnus de la tétine de truie farcie (c'est connu, tout est bon dans le cochon). Mais Rufus était ferme et raide comme la Justice face au désir grandissant d'épouser sa belle. Une épreuve supplémentaire les attendaient, l'oncle du jeune homme, grand prêtre de Bacchus qu'il honorait copieusement au frais du contribuable, refusait de leur donner la bénédiction sacrée, des fois que Pourcius Montaigugus, qui rigolait pas tous les jours, lui coupe l'approvisionnement en cochonailles qui va si bien avec le p'tit vin de Gaule. Bref, cette histoire allait finir en eau de boudin quand Juju eut une idée de génie. Ils allaient se faire chrétiens. Faisant fi des persecutions, dissections, dévorations, pendaisons et autres joyeusetés écartélatoires dont étaient victimes les adeptes du culte (puisque je vous dis qu'il n'y a pas de jeux de mots), ils allèrent trouver le cureton du cru (nan, nan, là non plus y'a pas de contrepèterie), qui s'appelait Valentin. Celui-ci les maria en petite pompe; Rufus dont l'ardeur avait été si longtemps contenu prit sa belle, aussitôt le mariage fini, pour consommer trop bruyamment le fruit de leur amour. C'est là que la B.A.C (brigadum anti-coïtum) débarqua et embarqua les deux jeunes mariés. Ils furent condamnés à être servis pour le petit déjeuner du lion ainsi que Valentin; c'est le lion qui fut content ce jour-là. Valentin fut ensuite canonisé et un certain William pompa de façon outrageuse toute l'histoire de Rufus et Juju pour sortir un best seller ''Roméo et Juliette''.
Hypothèse 3: "Pigeon, oiseau des villes, c'est bien toi le plus agile'', dit le poète. En février, ce gracieux et roucoulant oiseau se sent pris d'un vertige à l'approche de la moindre plume femelle, la courbure du bec de la belle, ses pattes galbées, la rotondité sensuelle de son croupion, ramènent soudainement le placide animal à des instincts plus primaires. C'est ainsi que Pigeon parade, Pigeon glousse, Pigeon vole et offre moult cadeaux à sa splendide emplumée avant d'en faire sa splendide e...pousée. Vous voyez pas le rapport avec la St Valentin? Moi non plus, mais j'avais une heure à tuer et plus de plomb dans ma carabine pour descendre les volatiles qui roucoulent comme des malades devant ma fenêtre depuis ce matin.
C'est bien beau, mais tout ça c'est de la blague...
Je vais vous dévoiler la véritable source de la Saint Valentin.
En l'an de grâce 1018,le 14 février, le bouillant Norbert du Piton
Rocheux revint de croisade, après avoir trucidé nombre de féroces
Sarrasins en Jérusalem. Il retrouva donc Cunégonde, connue dans le
royaume pour sa grande beauté et l'accueil très généreux qu'elle
faisait aux jeunes pages des environs. Evidemment, Norbert avait pris
soin de cadenasser sa femme dans une culotte de chasteté dernier cri,
celle en bronze allégé, qui ne pesait plus que 14 kilos. Le problème
était que le bronze avait été fragilisé et que la clé de Norbert cassa
dans la serrure. Il fit alors venir le forgeron Valentin, qui proposa
d'abord de faire fondre la culotte au chalumeau. C'est alors qu'on se
rappela que le chalumeau ne devait être inventé que 9 siècles plus
tard, ce qui, vous le concèderez, est un peu long pour de jeunes gens
plein de sève. Le forgeron, qui n'était pas la moitié d'un imbécile,
eut un éclair de génie, il posa Cunégonde en travers de ses genoux et
martela tant et si bien le fer sur les côtés qu'il n'en resta plus
qu'un filin, certes présent, mais qui cessait d'être un obstacle à
l'amour des deux tourtereaux. Valentin avait inventé le string
ficelle...
Le jeune couple eut un enfant 9 mois plus tard, un petit garçon nommé
Valentin en l'honneur de l'honnête forgeron, jeune homme qui alla,
comme Papa, trucider de l'Arabe en Palestine pour sauver de la Barbarie
le Grand Occident ,et depuis ce jour, on fête la Saint Valentin en
mémoire du forgeron, sans qui le jeune Vava n'aurait put défendre sa
foi en faisant couler le sang impur de tous ces chiens d'Infidèles.
C'est pourquoi, il persiste dans nos cultures, cette charmante
tradition consistant à s'offrir des strings ficelles à chaque Saint
Valentin.
Voilà, maintenant vous savez toute la vérité vraie et vous pourrez
briller aux yeux de votre belle à la prochaine fête du commerce dédiée
à l'Amour.

02 mars 2009
La vie en rose
Ben voilà, Mimile est reviendu. Y'a Titine, Salopa et le 3ème larron c'est Mimile qu'était fort mal en point parce que je m'en étais servi comme une gorette. Mimile, l'APN, est donc revenu de la clinique des APN, frais et dispo pour de nouvelles aventures.
Du coup j'ai pu récupéré mes photos, les triturer, les tripatouiller pour vous exposer des chefs d'oeuvre artistiques que même dans OK Podium ils en ont pas de si beaux.
Je vous entends tous scander en choeur "La culotte! La culotte!". Et bien ça arrive bonne gens.
Je vais d'abord vous livrer des informations sur l'autre face de la lune. Je compte d'ailleurs sur votre totale discrétion et même sur votre absolue gentlemanerie. Il se trouve que comme la majorité des Français, j'achète peu de couvres-joufflu par an. Il fut bien un temps où je bouffais des coquillettes pour pouvoir m'offrir de frémissants morceaux de dentelle qui grevaient grandement mon budget de pauvre étudiante méritante, mais ces temps-là sont finis et je suis sans doute aussi sexy qu'une nonne en sous-vêtements de bure option soutif en toile de jute.
Euh non, quand même pas comme celle-là:
Donc il se trouve qu'un beau matin je me suis levée avec une idée. Si,si, ça paraît incroyable, mais ça m'arrive une fois par décennie, c'est dire si vous êtes les spectateurs privilégiés d'un événement rarissime. Je suis économe et non (rayez les mentions inutiles)
- Maline
- Radine
- Mesquine
j'ai donc sorti mes chutes de jersey pour les transformer en petites culottes destinées à couvrir ma pudeur (déjà bien écornée quand je me suis promenée pendant une heure avec ma jupe coincée dans mon collant alors que la maison de mes parents était en plein travaux et remplie d'ouvriers du bâtiment hilares).
Voilà le résultat de mes expérimentations:
Point de patron, j'ai dépioté un vieux shorty hors d'âge, j'ai rajouté de bons gros surplus de couture, et en voiture Simone! Seul problème, dans ma grande étourderie, j'ai omis de rajouter un élastique, au moins sur le haut. Du coup, les dites culottes m'allaient nickel la 1ère heure, je me sentais très Jennifer, très Lopez, hélas ensuite je me sentais surtout très Lopette avec mon shorty tout distendu que j'essayais de remonter de façon que je voulais discrète. Résultat des courses, vu comme je me suis tortillée toute la journée je suis persuadée que mes collègues croient que j'ai des morpions...
Tiens, en parlant de petites choses légères, pensez à me rappeler de vous poster un jour la fort instructive, réjouissante et authentique histoire de la naissance du string-ficelle.
Je suis passée ensuite à des ouvrages disons_ plus couvrants. J'avais acheté ce patron il y a 6 mois:
Vous connaissez mon faible pour Butterick, c'est bien coupé, bien expliqué, bla bla. Ben que vous dire de plus, c'est effectivement bien coupé et c'est très bien expliqué.
J'ai utilisé un coupon de jersey acheté au poids chez Toto (une misère, comme d'hab, je suis économe, vous connaissez la suite) et en deux jours ponctués de plein d'interruptions pour cause de mangeage de gâteaux aux pépites de chocolat, je me suis retrouvée avec une robe romantique à souhait, que même je me suis sentie vachement Juliette malgré mon âge canonique.
Voilà la robe, et j'en suis tellement 'achement fière que je vous l'ai joué David Hamilton avec flou artistique histoire de planquer les ravages du temps.
Une autre vue de la bête, un peu traficotée aussi, mais comme j'avais un nouveau filtre tout neuf à essayer sur Toshop, vous me servez un peu de cobaye.
Une vue de dos pour finir:
Bon, je pense que même si vous êtes un peu bouché du neurone par la grippe ou par la correction de 40 copies ineptes, vous avez compris que je l'aime beaucoup. Mais quand même, en me regardant dans le miroir j'ai eu un doute. Doute confirmé par le commentaire extatique de Z'Hom: "Elle est jolie ta chemise de nuit!".
Du coup j'ai raccourci le tout, et je me suis retrouvée avec un t-shirt très mignon, très fifille, très princesse en son château, ce qui éclaire considérablement ma vie de semi-femme au foyer.
La prochaine fois, si vous êtes sage, je croirais voir un Ro'minet.
17 février 2009
Jessica Rabbit
Me voici avec du temps libre à n'en plus finir et surtout un appareil photo en état de marche, bénissez la grande générosité de Joli Papa, lecteur fidèle parmi les fidèles.
Commençons par la mauvaise nouvelle, si vous pensiez vous délecter de sombres histoires de culottes, vous allez être déçues. En effet, j'ai réussi à sauvegarder les photos de mon agonisant APN sur ma carte mémoire, mais me voilà par devant comme Gros Jean_ j'adore les expressions de fossile et j'assume_, et j'ai pas de lecteur HD, Zhom étant un informaticien en carton. C'est dommage, j'avais prévu de vous faire un truc genre flou artistique à la David Hamilton pour cacher ma décrépitude naissante pour mettre en valeur les trucs très jeune fille en fleur que j'ai couturé.
Même si j'ai été aussi loquace qu'un bloc de granit, j'ai pas chômé et j'ai continué dans mon trip "Je suis une greluche une fille, une vraie", parce que (et là, attention clichés bien baveux, vous étiez prévenues):
- Une fille ça aime le rose. Ou à la limite le mauve encore que ce soit un peu trop viril comme couleur.
- Une fille ça aime les trucs doux et pelucheux
- Une fille c'est fragile, ça attrape froid dès qu'il y a un coup de vent, ça doit, par conséquent, se couvrir la calebasse au moindre changement de température, pour éviter à la douce princesse d'éternuer délicatement
Vous comprenez donc qu'il était urgent que je m'occupasse de mes poils de tête et du truc dégénéré qui crèche en dessous (moi quoi). Heureusement Ravelry est là. Je dis heureusement, mais en fait depuis que je connais cette cochonnerie de Ravelry ma vie sociale s'est désintégrée, j'ai installé des essuies- glaces sur mon écran rapport à la salivation excessive qui touche votre servitrice devant cette pléthore de modèles tous plus beaux les uns que les autres et je me mets à rêver purl and knit-knit toutes les nuits. Ne commencez jamais ce truc, c'est extrêmement dangereux.
Bref, je cherche dans les modèles gratos de "Hat", parce que je speakasse l'Anglishe fluently of course et que je suis, je le répète, économe et non radine.
Et là je tombe en arrêt, tel un braque allemand devant un garenne, sur THE modèle: le cable béret, d'Ashley Hasse.

Bon, il allait falloir faire une session traduction, sachant que toutes mes tentatives de tricot anglais se sont soldées par des crises hystériques de fou rire. Et puis c'est des torsades... Et je me rappellai soudain avec douleur du bonnet de Nini, pour lequel j'en ai ch*é comme un 1er Ministre en Guadeloupe.
Mais telle une chevaleresse de l'aiguille auxiliaire, je me suis jetée corps et anneaux marqueurs dans la bataille.
Pour la traduc', ça a pas été trop dur, grâce à ça (d'ailleurs je vais proposer à la donzelle créatrice ma traduc en Français de chez nous). Pour tricoter le couvre-cafetière ça a été une autre paire de manches (hi hi), parce que comme je suis sous- équipée, et pas seulement de l'encéphale, j'ai du utiliser des aiguilles double- pointe, et mine de rien, ces trucs- là sont vicieux. Faut surveiller ses mailles comme le lait sur le feu parce que les rangs ont tendance à prendre la poudre d'escampette dès que votre attention est ailleurs.
Il m'a fallu une quinzaine de jours pour arriver à mes fins, ce qui représente un investissement au centimètre assez hallucinant.
M'enfin le voilà, il est beau, il m'a permis d'éjecter une pelote orpheline de mohair rose et d'avoir, au moins en apparence, l'air d'une fi-fille tout ce qu'il y a de plus princesse, même si je continue à faire vibrer les murs quand j'éternue et que mon nez s'obstine à sortir quantité de trucs marrants et à coloris variables.
Et une vue après blocage sur assiette.
Bientôt je vous montrerai ma nouvelle production, un pull en Beaugency, qu'est une laine trop bate, que c'est un bonheur à tricoter pour les mimines (mais que je suis pas sûre que la couleur me fasse pas passer pour un gros canari de 50 kilos)...
Dans ma noble quête "Toi aussi ressemble à une page mode de Cosmo", j'ai décidé de me coudre un truc de fille un peu moins nunuche mais aussi un peu- beaucoup moins confortable. Je louchais depuis un peu plus d'un an sur un modèle de jupe avec fausse traîne intégrée de chez Patrones, j'avais le tissu qu'il faut (acheté à un prix que c'est presque donné au marché St Denis), les boutons et la motiv' qui va bien.
Mis à part le caractère casse-pied du carreau qu'il faut raccorder au millimètre (et que j'y suis pas toujours arrivée totalement), tout allait bien, j'aurais la même que la sublime asperge qui posait sur papier glacé dans le magazine.
Evidemment au 1er essayage, un truc a cloché. De toute façon y'a TOUJOURS un truc qui cloche, comme si le Dieu de la couture vous mettait à l'épreuve à chaque fois que vous décidez de faire marcher Titine.
Inspection: derrière, nickel, rien à dire, sur le côté, fermeture invisible RAS, devant, Hiiiiiii, horreur, malheur! la traîne, si jolie de dos rebiquait façon oreille de basset artésien. Sans vouloir offenser les amateurs canins, moi qui rêvait d'une silhouette à la Jessica Rabbit, je me voyais plutôt affublée d'un déguisement à la Droopy; dans le genre Calor, Sensualidad et Foutcheball (avec Marvin Gaye en fond sonore), on a vu mieux.

Mais vous me connaissez, je ne me suis pas laissée démonter et j'ai tout retaillé, histoire d'avoir un empiècement plus adapté à ma taille de gnomesse.

J'ai viré la ceinture et j'ai doublé la jupe pour plus de confort et je me sens enfin Jessica. Voyez plutôt:
Bien sûr, je vais pas pouvoir courir l'épreuve olympique du 400m haie, au grand damn de Z'hom qu'est de toute façon tout sauf compatissant, je vais pas non plus pouvoir la porter au collège, vu que mes élèves sont plein d'hormones, beurk, et que le dit vêtement ne cache rien de mon anatomie popotinesque, mais elle me plaît (bon, en vrai elle rend mieux que sur les photos).
Pour ceux qui passent leur temps à traquer le défaut, sachez, et d'une, que la marque de chaussette sur la cheville est très tendance à New York et de deux, tout ceci prouve bien que je Toshop pas mes créas.
Pour finir, je suis allée aux Puces des Couturières de Champigny, filer un coup de patte à Mimi Kaolin. On se dit toujours, bien hypocritement d'ailleurs: "C'est Génial, Jean Pascal, je vais pouvoir vendre une partie de mon exubérant stock".
Au début je me suis tenue, j'ai pas bougé du stand, maîtrise, force, courage et abnégation, tel était mon credo. C'est vers le début de l'après-midi qu'a eu lieu le drame. Je suis d'abord tombée sur un fabuleux coupon de velours noir, fin et tout brodé sur le bas. La vieille dame qui vendait le tissu m'a dit "Il y a 3 mètres, je vous le vend 5 euros". J'ai soudain eu très chaud, des gouttes ont commencé à perler à mon front, mon pouls s'est accéléré et une petite voix intérieure m'a répété "Tu n'as pas besoin d'un énième coupon". J'ai répondu "Ta bouche!" à la petite voix et je me suis vautrée, en prime, dans la cotonnade du stand à côté. Ce qui prouve bien ce que ça veut dire (gneu?).
Voici mon butin: 
Le velours noir, je l'aime d'amour et j'en ferai une robe pour les frimas prochains, le tissus lainage cashemire et qui ne fait pas vieille tata qui pique comme ont pu l'affirmer certaines mauvaises langues de ma connaissance (n'est-ce pas Mimi?), fera aussi une jolie robe d'hiver. Quant aux deux cotonnades, je pense me tailler des petits hauts très trendycheuuu, très fraicheur Narta, si vous voyez ce que je veux dire, pour les grosses chaleurs parigottes.
La prochaine fois, si vous êtes sages (et si mon APN daigne revenir du SAV), je vous montrerais bis ma culotte, sinon faudra vous contenter de mon imitation du canari.
13 février 2009
La chair est faible, hélas! et j'ai (pas) lu tous les livres
Telle la marmotte j'ai hiberné un temps, laissant mon blog en friche au lieu d'en faire un jardin à la française 'achement bien entretenu avec buisson taillée en forme de Diane au bain et tutti quanti. Soyez indulgentes, j'ai toujours pas récupéré mon APN, et comme je souhaite que ce blog reste dévolu aux machins plus ou moins portables que je confectionne avec mes mimines boudinées, je suis restée silencieuse.
Ajoutez deux ou trois trucs pas jouasses qui nous sont tombés dessus à Z'hom et moi, et vous comprendrez que j'ai été aussi expansive qu'une tanche (après tout ça change de la carpe). Rassurez-vous Z'hom va mieux, il recommence ses blagues douteuses et a même décidé de baptiser son staphylocoque doré (qui soit dit en passant aurait pu lui coûter un oeil ou pire) d'un doux nom... le mien.
C'est officiel, les hommes n'expriment pas leur affection comme nous...
Mais réjouis-toi, ô peuple! Joli Papa, dans sa grande mansuétude, m'a prêté son appareil et dès qu'il est chargé, c'est à dire dans les prochaines heures, je vous montre le monceau de chiffons sur lequel j'ai passé de délicieuses heures à pester, voire à jurer comme un charretier qu'aurait pas eu d'éducation.
En attendant je réponds à l'invitation de l'une d'entre vous:
D'habitude, comme je l'ai déjà dit, je taggue pas. Sauf que là Kikizita m'a titillée (nan, j'ai pas viré ma cutie) avec ses histoires de bouquins. Donc, une fois n'est pas coutume, je me plie à l'exercice bien volontiers d'autant plus qu'il faut pas porter un jogging en molleton qui gratte ou en nylon qui fait transpirer du dessous de bras. Il faut choisir 6 oeuvres qui nous ressemblent pour des raisons X ou Y.
- Nedjma, de Kateb Yacine: parce que ça se passe en Algérie, parce que ça parle d'une femme qui, le cul entre deux chaises, le coeur entre deux cultures, symbolise l'Algérie. Parce que mon papa est né là-bas et parce que cette terre-là, que je le veuille ou non coule dans mes veines. Enfin parce que ce livre doit s'apprivoiser et qu'il est tordu, mais quand on persévère on y découvre des trésors. J'ai d'ailleurs écrit ma thèse sur ce livre qui bouillonne malgré son apparente langueur.
- Hamlet, de Will: Will et moi c'est une histoire qui dure, on s'aime depuis que je suis ado (et dire que Z'hom est au courant et qu'il est même pas jaloux). Hamlet est sans rivale, c'est beau, c'est monumental et si ça se trouve c'est le plus grand foutage de gueule littéraire de tous les temps. A mon avis ce brave Will, qu'était pas le dernier sur la déconne, a fait exprès de laisser les critiques littérraires dans le caca, parce que ça fait 400 ans qu'on se demande pourquoi qu'il le pourfend pas Hamlet, ce félon de Claudius et on a pas été foutu de répondre à cette question toute simple. Alors moi je vous le dis, si ça se trouve Wiwi il le savait pas plus que nous et il doit bien se marrer depuis 4 siècles au Paradis des plumes légères.
- Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos: c'était au programme de ma première au lycée. On a étudié ce bouquin avec une prof ex- 68arde qui avait fait ses études avec des descendants du divin Marquis ( et parait d'ailleurs que la-dite descendance assumait pas l'héritage). C'est faussement léger, piquant comme une morsure de vipère et machiavélique. D'ailleurs pour ma Yayate (mon amie d'enfance que j'aime d'amour) et moi, le terme une Merteuil est passé dans notre langage et continue aujourd'hui à désigner toute pouf démoniaque qui échaffaude des plans à l'aide de sa tête ou parfois seulement à l'aide de son bonnet F pour piquer le tas de muscle distrayant et décoratif qu'on a conquis de haute lutte. Et puis surtout sous le côté scandaleux il a une morale très courageuse pour l'époque.
- Le Fou d'Elsa, Aragon: Parce qu'il y a peu de poèmes aussi beau que le Zadjal de l'absence et puis aussi parce que ça me titille l'Orient et le côté ibérique de mon palpitant avec ses références à Grenade la belle qui est tombée un beau matin (oui, bon, ça date pas d'hier non plus). Ce genre de livre est terrible et beau quand on est amoureux et pas payé de retour, c'est dire s'il m'a accompagnée dans ma tendre adolescence (j'ai pris, à cette époque, une collection hallucinante de vestes avec triplure luxe, de quoi être habillée pour 10 hivers).
- L'Etranger de Camus: L'Algérie, toujours, l'écriture âpre de Camus, ce côté cru et cruel. A cause de lui j'ai décidé une fois pour toute qu'après Camus la Littérature française c'est devenu de la merde. Ce qui fait beaucoup rire certains collègues qui me branchent exprès sur le sujet juste pour le plaisir de me voir monter sur mes grands chevaux, ce qui est très drôle quand on sait que je fais 1m60 les bras levés sur un tabouret, pour m'entendre m'énerver après ces caniches de salon nombrilistes qui composent la scène littéraire française agonisante et qui feraient mieux de faire preuve d'un peu d'humilité au lieu d'aller promener leur absence de talent chez Ardisson.
- Les Ecritures de Cavanna: D'abord parce que j'ai une tendresse débordante pour ce vieux bonhomme au parcours si tordu et dont Desproges disait que seule son hétérosexualité virulente l'empêchait de le demander en mariage. Ensuite j'ai choisi ce livre parce que j'ai développé une allergie à la bondieuserie qui fait que je trouve cette réécriture de la Bible particulièrement jouissive. Mais l'homme se fait vieux et je crains que bientôt le summum de la provocation soit Bigard écrivant un sketch où il arriverait à placer 18 fois le mot nichon. Pauvre monde.
Voilà, j'aurais voulu aussi intégrer les oeuvres complètes de Maître Pierre, les romans noirs de James Ellroy, Ianto l'enragé de Griffith, tous les Zola, Bukowski et Fante, Baudelaire et Calvino mais on m'a dit 6. Je suis disciplinée et obéissante... Au fait, je passe le relais à qui voudra, j'ai horreur d'imposer des trucs, ça me rappelle le boulot.
Au fait, Joyeux anniversaire à mon blog, si vous lisez ceci vous faites preuve d'une grande abnégation, ça fait un peu plus d'un an que vous vous farcissez mes coxigrues...
18 janvier 2009
Godot II, le retour!
Bon, j'ai pu emprunter l'appareil mais pas récupérer mes photos d'avant. J'ai pas non plus eu le temps de faire d'autres photos, vu que je soupçonne Salopa d'avoir ourdi un complot contre ma personne en obligeant mes élèves du 1er rang à éternuer devant moi pour que mon mufle redevienne humide et coulant. Du coup pour vous faire re-patienter (j'ai quand même une robe, un gilet et une jupe de toute beauté à vous montrer, ainsi qu'une sombre histoire de culotte à éclaircir), je vous remets un petit texte écrit à l'époque où j'effectuais, pour ma plus grande joie, des remplacements entre Sarcelles et La Courneuve.
Vous êtes pleine de bonne volonté et vous avez encore foi (pas pour très longtemps) en ce que vous faites. La Vénérable Institution vous a gratifié, tout au long de cette année, de ses bienfaits. Après vous avoir oubliée, perdu vos dossiers de mutation, mis sur des postes déjà pourvus, elle a enfin daigné posé ses mirettes de taupe myope sur vous.
Et là, joie, bonheur et félicité!! Elle vous envoie manu-militari faire du tourisme dans une charmante bourgade du 9-cube, entre Sarcelles et la Courneuve, faire de la garderie, pardon, remplir votre noble mission d'enseignante, pour les 3 dernières semaines de cours.
Ingrate que vous êtes vous ronchonnez. Un prof ça ronchonne de toutes façons. Parce qu'on veut lui sucrer son heure de bulle quand même payée, parce que tous les élèves sont là, parce qu'aucun élève n'est là, parce qu'y a plus de café dans la machine. Donc vous êtes ronchonne. Et feignasse. Un prof est feignasse de toutes façons. Cf au-dessus.
Bon, vous arrivez, après 1heure et demi de RER, métro, puis bus devant l'entrée de l'établissement du Savoir et de la Connaissance. Et vous restez dubitative devant un délire architectural des années 70 d'un honorable créateur du BTP qui revenait vraisemblablement de Woodstock et donc encore sous acide. C'est dans un coquet bloc de béton et sa majestueuse verrière aux vitres uniformément pétées ainsi que sa charmante petite cour, sauvée de l'uniformité grise par moults papiers gras jonchant le pavé que vous faites votre entrée.
Vous n'avez rien vu... Vous vous présentez au personnel, le principal vous accueille à grands renforts de "Chère collègue", évoque rapidement le prédécesseur en vous souriant d'un air géné comme s'il avait à vous annoncer que vous avez un cancer en phase terminale. Vous avez l'impression qu'il y a quelque chose de pourri au royaume du tableau noir. On passe rapidement sur les gosses ''Oh, ils sont un peu pénibles". Mais comme vous avez un peu de bouteille, vous avez vite fait de traduire le langage vaseline en langage triste monde cruel: "Tu vas en chier un maximum biquette, j'aimerais pas être à ta place".
Cette fugace impression vous sera confirmée par vos futurs collègues. Vous apprendrez au fur et à mesure de votre remplacement que vous êtes la 4ème sur le poste, que les élèves ont fait craquer la précédente qui a failli étrangler un chérubin après avoir été la cible d'un entraînement d'une discipline innocente, le lancer de table et de chaises, suivi de sa variante, le lancer de sac de prof par la fenêtre, par des élèves tellement fanatiques de sa petite personne qu'ils venaient régulièrement lui arracher des cheveux pendant les cours.
On vous laisse généreusement 24 heures pour faire votre testament, pardon, être opérationnelle. Vous avez d'abord une bonne surprise avec les 3èmes. Ils sont calmes, attentifs, polis et surtout ils sont trois. Les autres se sont mis en congés depuis fin mai. Vous ressortez donc de la classe après un cours ébouriffant sur les valeurs des temps, vous vous auto-congratulez copieusement, vous z'ont pas eu, vous maîtrisez. Grave.
Vous allez vite déchanter. L'après midi vous avez les 5èmes. Dans votre esprit, pauvre benette naïve, un 5ème c'est un 6ème avec 3-4 cm de plus. Vous entendez des cris de bête dans le couloir, un pion pris de pitié vous annonce que c'est votre classe (goutte de sueur à ton front) et hurle pour la forme afin que la horde sauvage daigne imiter, au moins un peu, un troupeau ovin. Vous regardez avec curiosité les choses, pardon, les gamins et là vous êtes prise d'une panique soudaine. La moitié des garçons ont une taille à vous bouffer sur le haut du crâne, deux ont des moustaches, un mériterait le prix du plus beau Golgoth d'Île de France. Vous apprendrez plus tard que certains ont 16 ans bien tassés. Le reste se passe comme dans un rêve, ou plutôt un cauchemar. Vous essayez tout l'attirail: le calme (marche pas, font pas attention à vous), le silence blasé (marche pas, se trouvent infiniment plus à l'aise pour tchatcher quand la vioque devant la ferme), l'affectif (marche pas, z'ont pas de coeur), la trouille (marche pas, un Golgoth ça a pas peur) et pour finir vous hurlez tel Adolf dans un meeting munichois. Le facisme y'a que ça de vrai, ça marche. Ils se taisent pendant 45 secondes. Vous en profitez pour respirer un bon coup et décidez de vérifier leurs connaissances en Français. Vous savez déjà qu'ils savent faire des phrases avec sujet-verbe-complément, D. l'a savamment montré en formulant cette phrase pleine de poésie concernant leur ex prof: "On a niq*é Mme D.". Pour le reste c'est un peu plus compliqué. Un groupe de 3 élèves fait une entrée fracassante dans la classe au moment où vous avez réussi à calmer un peu le jeu; une espèce de mini-troll, dont la taille est inversement proportionnelle à celle de ses éventails à mouches déboule en hurlant suivi de sa copine une louloute d'1m70- 90 kilos au garrot (vous ne l'avouerez jamais mais elle vous fait furieusement penser à Taram et le chaudron magique--dans le rôle du chaudron mais avec l'option parole) et d'une mini gonzesse pomponnée comme si elle devait participer à l'élection de Miss Univers. Bref, ils lèvent les bras, hurlent en saluant leur public comme des Jamel La Bouse et jettent leurs sacs tout en donnant un vigoureux coup de pied dans la porte. Là vous vous sentez partir.
Vous envoyez donc la chétive jeune fille qui s'est réfugiée devant votre bureau et qui vous regarde avec une pitié indicible dans le regard, chercher la seule vraie terreur de l'établissement, Mme B. CPE, redouté comme le virus de la grippe aviaire dans une importation d'oies chinoises.
Vous vous débarrassez des trois excités, trio dont vous ne verrez plus que la soupière, pardon Melle S. jusqu'à la fin de l'année.
Deux semaines plus tard vous êtes épuisés, mais vous gérez à peu près vos classes, vous êtes vivante et entière. Le principal vient vous passer une pommade dont vous n'avez que faire et les mômes demandent si c'est vous qui serez leur prof de Français l'an prochain. Ce à quoi vous répondez avec un sourire de satisfaction que vous avez du mal à dissimuler "Ben non". Evidemment tout n'est pas noir.
Vous avez eu une surprenante discussion sur le conflit irakien avec la cacaille cabotine de votre 3ème, vous avez mis une pâtée monumentale à la crapette à vos élèves de 4ème le dernier jour (vous avez triché un peu mais c'était de bonne guerre) et le groupe de petites jeunes filles sympas en 5ème se sont cotisées pour vous acheter un cadeau que vous recevez en bredouillant comme une folle.
Vous viderez finalement votre casier en maugréant "Bandes de p'tits c*ns"
l'oeil embué devant le papier rose imprimé de chatons et les sourires massifs
des 3èmes vous remerciant en sortant du sacro saint brevet.

08 janvier 2009
Rapido
Deux mots rapides avant de retourner au charbon:
-après des heures d'acharnement confinant à la démence pure j'ai retrouvé mes vidéos japonaises (nan, pas celles que vous croyez bande de pervers). Allez y faire un tour et surtout, à votre retour n'oubliez pas de dresser un autel avec sacrifices (truffade et patates sarladaises de préférence) en mon honneur.
- J'ai plein de trucs à vous montrer, mais mon APN a pactisé avec Salopa. Il est en rade, donc retour au SAV. M'en fous m'auront pas.
Bon comme ça m'embête c'te histoire et que surtout vous faites preuve d'une imagination dans vos com' qui réjouit ma divine personne, je vais tenter de soudoyer Joli Papa adoré pour qu'il me prête le sien...
I'll be back (ou comment avoir honte en trente secondes de sa culture cinématographique)





































