Bon, ben nous y voilà, l'été et sa cohorte d'apéros et viandes grillées cacérigènes est terminé. Il a fallu retrouver le chemin de l'école (ou du travail, ou de la mine, ou des trois à la fois) et renouer avec cette petite frappe qu'est le réveil matin, instrument du diable qui vous couine dans les oreilles, "DEBOUT GROSSE FEIGNASSE!!! C'EST L'HEURE!!! SORS DANS LA FROIDURE, MWWAAAAARRFF". Oui, je sais, même sans le son, c'est violent.

                                                                                                        

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C'est en général à 6h15 du matin, alors que Zhom pionce encore du sommeil du gros veinard qu'est pas frigorifié, que je me mets à repenser à cette saison bénie qu'est l'été et aux vacances mortes et enterrées.

Aaahh, la douce chaleur estivale, celle qui vous interdit de poser un seul de vos petons jolis nus sur la terrasse sous peine de porter des chaussettes de gaze fourrées de biafine pendant 15 jours. L'absence de soucis, exception faite de l'inquiétude de voir ses cuves de jardin se vider inexorablement alors qu'on vient de planter de l'artichaut-lotus japonais à fleurs phosphorescentes qui siffle en eau plus que l'oncle Robert ne picole de vinasse aux dîners de famille, puis la terreur de voir dix jours de pluie arriver, paske, vous comprenez, les tomates "Rose de Berne" bio (oui, bon, ça ça existe vraiment), que vous chouchoutez depuis des mois comme si c'était la chair de votre chair sont pas loin d'arriver à maturité. Et que vous en avez marre des salades de tomates à la flotte du supermarché.

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Ahhh, la douceur des beaux ailleurs. Les plongées dans le Lac de Bonde avec option vannes pourries, qui feraient honte à mes 6èmes, sur le dit endroit. La découverte du patrimoine local (parfois sous forme liquide, soyons francs). La deuxième session blagues frelatées quand ma copine Gastine propose d'aller visiter Cucuron (qui soit dit en passant est ravissant). Passons sous un silence ému les séances de ciné avec des films de chinois qui s'tapent de 3 heures, les barbeuq' à rallonge où on retrouve de vieux copains et les dangers de la Chartreuse surtout au bout du 2ème litre.

Bref, ma vie de banlieusarde m'a soudain paru très fade. Et viralement plus dangereuse. Bah oui, qui dit retour devant les nains dit contact avec des bactéries diverses et variées. Comme tous les ans, j'ai entendu la musique de psychose à chaque fois que je touchais une poignée de porte au boulot. Sauf que mes dégoulinants du groin à peine pubères semblent m'avoir eu quand même. A l'heure où je vous écris je me sens carrément partir et mon ravissant nez Cléopatresque s'est métamorphosé en muffle bovin suintant. Le nain c'est la mort du glamour...

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Mais bon, j'ai pas fait que boire des coups avec les copains dans des endroits totalement improbables; cet été, je me suis aussi lancée dans une opération périlleuse: la réfection de canapé.

Je vous sens déjà frémir d'effroi, mais attendez de voir le dit canapé, avant qu'il soit rénové. Je pose le décor: quand on a emménagé ensemble Z'hom et moi, j'avais un sofa de vpc moche et inconfortable. Les amis de mes Jolis Parents nous ont alors proposé le leur, un Steiner qui avait approximativement le même âge que moi, mais qui était en excellent état. Et le tissu qui le recouvrait était même pas moche. Ce truc s'est avéré être un piège, il est tellement confortable que s'en lever est une expérience limite, genre j'ai l'impression qu'on m'a fondu un postérieur en bronze. Bon, il a quand même fallu que je m'attelle à changer le tissu 5 ans plus tard. Je l'avais recouvert d'une toile taupe de chez l'enfer suédois et j'avais bidouillé un truc passable à l'époque. Sauf que ça a mal vieilli, j'avais fait du déhoussable, mais le tissu était très décoloré à certains endroits et sur d'autres, la toile s'était étirée et faisait des poches tout à fait vilaines. Z'hom a donc choisi le tissu ( c'est lui qui est décorateur gay new-yorkais à la maison) et j'ai fait petite main. Il m'a fallu une vingtaine d'heures pour arriver à ce résultat presque parfait (y'a un ou deux trucs derrière qui me chiffonnentquand même), voyez plutôt:

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Le tissu a été commandé sur Tissu.net. Le service a été grandement amélioré chez eux et je n'ai que des louanges à faire, tant sur la livraison que sur le produit lui-même. Il m'a fallu une dizaine de mètres, tous tissus confondus. L'assise n'est pas déhoussable et j'ai utilisé des clous de tapissier pour fixer la toile sous le canapé. En revanche les coussins le sont, j'ai posé des pressions avec ma pince Kam à l'arrière et ça tient vraiment très bien, même sur la bouclette d'ameublement très épaisse que j'ai utilisée. Et hop, un gros plan sur la bête durant le "Work in progress".

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Après ça je me suis dit que j'allais arrêter de jouer à Valérie Damidot et que j'allais retourner aux vraies priorités parce que, évidemment, j'ai rien à me mettre. Ma coupine Soph, ma Saucisse intrinsèque d'amour (d'ailleurs, pour voir ses ravissantes créas, clique là jeune scarabée) m'a envoyé quelques coupons cet été et notamment, un merveilleux lainage fin, légèrement stretch avec un tombé fabuleux.

Comme ça faisait des plombes que je voulais un pantalon à pont, je me suis dit que c'était le moment. J'ai d'abord sorti le Burda d'août 2012, modèle 109. Sauf que j'avais égaré la feuille de patron où se trouvait le chouette pantalon que je convoitais. Et rien qu'à regarder le nombre de Bubu où il aurait pu potentiellement se cacher, je me suis senti défaillir. Du coup j'ai hésité entre le modèle Endeavour de chez Cake pattern ou le 125 du Burda d'avril 2012.

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Je me suis décidée pour le 2ème après avoir vu la version d'Amandine, le côté taille haute a d'ailleurs eu du poids dans ma décision. La doublure et le zip viennent de mon stock et les boutons, qui m'ont couté une blinde, mais qui sont beaux et de très belle qualité, ont été achetés à la mercerie des Sept Îles à Montfermeil.

J'ai donc téléchargé le patron sur Burdastyle. Rien à dire, c'est rapide et tout est prévu pour faciliter le boulot. Sauf que j'ai eu la flemme de faire mon 35 habituel chez Burda; je me suis dit que le 34, avec un tissu stretch, ça allait le faire. Sauf que j'ai fait l'erreur de faire mon 1er essayage au moment du mois où mes cellules retiennent la flotte à la maison pour faire la java  et où je gonfle comme une outre. On aurait dit que je portais le pantalon de ma petite soeur. J'ai donc recommencé deux tailles au-dessus. Oui mais au moment de coudre mes boutonnières, ma Youki Zaraï a refusé net de les faire à la bonne taille. Après l'avoir traitée de tous les noms dans toutes les langues, j'ai enfin compris que c'était les fils de bâti qui la rendaient toute chose. A ce stade là j'étais au bord d'aller demander une boîte de Tranxen à mon docteur. C'est alors que j'ai décidé d'essayer à nouveau la version 34.

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Et là, miracle, ça tirait un tout petit chouille, mais c'était plus que portable. Les finitions intérieures ne me plaisent pas des masses, mais je peux vivre avec. T'façon je le referai un jour, dans la bonne taille et avec des finitions dignes de ce nom. En attendant voilà la chose:

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Le plombé est vraiment chouette. Le pantalon est relativement simple à faire, mais il demande quand même un peu de précision et de rigueur (bouuuuh, le vilain mot), notamment pour la poche passepoilée dos (tuto merveilleux chez Petit Citron).

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L'intérieur est fermé par un zip invisible et la ceinture par une pression. Soyons clairs, plusieurs couches de tissu sur le ventre, ça rajoute une bonne épaisseur et si on est pas à l'aise avec son bedon mignon il vaut mieux passer son chemin ou alors apprendre à ne plus respirer ce qui est très moyen dans les tâches de la vie quotidienne.

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Ensuite, je me suis dit qu'il me fallait un manteau de rentrée, voici "Deuil de l'été", une créa pleine d'allégresse.

Le modèle vient également d'un Burda, mars 2012_décidemment un grand cru_ modèle 110.

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Le tissu vient du marché des Bosquets, c'est un lainage fin, du Super 120, avec du cachemire dans le dedans qui vient d'un fabricant anglais, y'avait le nom de la maison, le grammage et la compo brodés sur les côtés, comme tous les tissus anglais de luxe. Quand je dis que les vendeurs ne savent pas ce qu'ils proposent ! Bref, y'avait un coupon de trois mètres sous une pile de polyesters moches et quand le Monsieur m'a dit "3 euros", je me suis empressée d'ôter la serrure à 3 points sur mon porte-monnaie et roule ma poule. Le manteau est en 34 et il m'a fallu 1m50 de laine pour le faire. La doublure est un satin polyester bleu Caraïbes de belle qualité de chez Bennytex.

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Le modèle ne présente absolument aucune difficulté, il est dans l'air du temps, mais c'est aussi un bon classique qui mettra bien en valeur des tissus un peu bariolés (pas comme le mien en somme), bref, je le réutiliserai sans aucun doute. Mon seul regret est de ne pas l'avoir fait plus long.

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L'ourlet de la robe qui dépasse c'est moyen la classe, mais avec un pantalon ajusté il est parfait. J'ai également tenté le montage des manches sans les fils de fronce, en suivant les conseils de My Hand-made closet (tuto ici) et c'est une excellente méthode, mes manches sont impeccablement posées. Bref, j'ai déjà beaucoup porté mon manteau et si les températures restent clémentes, je vais sans doute le porter encore.

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Enfin, et après, promis je vous lâche, j'ai fait une commande chez Renaissance Dying, qui, comme son nom ne l'indique qu'à moitié est une entreprise française qui fait dans la laine d'agneau teinte avec les méthodes du XVIème siècle. J'ai pris le kit "Dans le parc"

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, avec l'idée de me faire une écharpe multicolore. Les échevettes que j'ai reçues étaient très douces et les couleurs superbes. J'ai choisi un modèle dentelle simple qui vient d'un catalogue Filati (pas moyen de me rappeler les références du magazine). Le résultat est vraiment joli, mais un peu court, même après blocage. Du coup je m'en sers en tour de cou et c'est très bien comme ça.

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Pour la Rihanna du 9-3 on verra ça l'été prochain, mais la prochaine fois, si vous êtes sages, on sera tous dans le rouge.