Oui, bon, je sais, ça va et pis bon, franchement, nonobstant le fait que, bon, zut quoi.

Voilà. J'utilise la stratégie de Chef suprême pour justifier l'injustifiable, je fais des phrases que je finis jamais pour essayer d'enfumer mon auditoire.

Bref, tel le moustique tigre en été, I'm back. Bon ça a moyen rigolé ces derniers mois. Rien de dramatique mais ça aurait pu. Revoyons sans attendre le déroulement des opé:

-Septembre 2015: j'arrive à la réunion de pré-rentrée avec l'oeil du tigre_ disons plutôt avec l'oeil de la carpe neurasthénique, le 1er réveil depuis deux mois à 6 heures ça pique_ j'ai un emploi du temps merveilleux, j'ai déjà averti les collègues que je refuserai toute responsabilité cette année, notamment le Conseil d'administration à moins qu'on installe une tireuse de bière brune dans la salle de réunion. TOUT-VA-BIEN.

Mais, mais, mais, trop de bonheur attire le dieu de la poisse. Alors que je baigne dans la quiétude la plus totale, le lendemain, Chef suprême me téléphone :

"Chef suprême: Allo La Noueuse, on a du bébé prof sur les bras et comme l'Inspectrice connait votre faculté à materner tout ce qui bouge, va falloir que vous fassiez chef nurse.

La Noueuse: Euh ben, je sais pas, j'ai rien demandé et pis ma collègue elle le voulait son golem éducatif, moi la pâte à modeler bof, bof, z'êtes sûre?

Chef suprême: C'est un ordre la Noueuse! La patrie vous en sera reconnaissante. Ce message s'autodétruira dans 15 secondes"

Du coup je me suis retrouvée avec Mini Moi, un être doux et innocent que je pourrais façonner comme je veux, maaa chose, MWarFFF, MWarFFF!!

                                                                                       

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Bon, en fait ça s'est pas passé comme ça. Il s'est avéré que Mini prof se débrouillait très bien malgré les classes de boulets qu'on lui avait donné, qu'elle avait des gènes stakhanovistes (j'avoue, j'ai parfois culpabilisé) et après avoir passé le rite d'initiation des boutonneux qui consiste à voir jusqu' où on peut aller avant que l'ennemi réagisse, elle a clairement intégré le concept du "Eux ou moi" que je lui ai inculqué comme valeur éducative phare. A la fin de l'année elle terrorisait ses élèves encore plus que moi (mais aussi les AVS, les collègues, les surveillants). Que voulez-vous, parfois l'élève dépasse le maître. Du coup j'ai songé à lui offrir un set de scalpels pour la fin de l'année, mais j'ai finalement opté pour un ensemble de layette mauve vu qu'elle était enceinte.

-Décembre 2015: la formatrice de Mini prof vient pour la 1ère visite. Il s'avère que je la connais. Je prends mon meilleur accent du XVI et je fais copine-copine avec Gwendoline Yvette qui en profite pour me refourguer une stagiaire aspirante bourreau de l'Educ. Va-z-y Gwendo, raboule le micro prof.

C'est donc durant un froid jeudi matin que je vis arriver Micro-prof, à 9 heures, alors que je lui avais clairement dit de se ramener à 8 heures. Je devais m'apercevoir par la suite qu'elle devait être calée sur le méridien de Greenwich, car elle est systématiquement arrivée en retard durant le reste de l'année. Je lui ai très vite trouvé un petit surnom affectueux: La Tanche.

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Il s'avérait que c'était une reconvertie de la com'. Elle m'a tout de suite avertie "La Grammaire c'est pas mon truc", "Je suis pas très bonne en dissertation", "Edgard Allan qui? Nan, je connais pas, mais là je peux pas en discuter avec toi, faut que je VOYE la dirlo".

Mes oreilles se sont mises à saigner et j'ai failli tourner de l'oeil... La Tanche s'est également distinguée, au cours de l'année, par son incapacité à conjuguer un verbe usuel au Passé Simple, son pompage irréfléchi de cours sur internet qu'elle devait donner aux 3èmes et par toute une série de fautes exotiques dans les traces écrites mises au tableau (que mes nains, eux, voyaient, mais qui se montraient, pour une fois, trop polis et qui n'osaient rien dire). Bref, une cata éducative... Aux dernières nouvelles le Dieu du verbe intransitif a entendu mes prières, elle ne devrait pas sévir cette année. Je sais, c'est vache, mais la Tanche c'était l'Apocalypse now du scolaire.

-Avril 2016: Je suis convoquée pour corriger les épreuves de profs pour bébés nains. Mes velléités de doigts de pieds en éventail s'éloignaient de plus en plus. C'est là que je découvre que la Tanche n'est pas la seule de son espèce. Alors que mes nains perso vouent un culte légitime au complément d'agent, les aspirants instit' massacrent joyeusement la grammaire, la syntaxe, le lexique le plus élémentaire... Certaines nuits je me réveille encore en hurlant" Noooon, pas de si j'aurais, pas de si j'aurais..."

                                                                                      

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-Juin 2016: alors que semble s'approcher la Libération, et qu'en plus on sera pas tondues après, je me dis que c'est bon, je vais pouvoir lâcher du lest. Que nenni. Chef suprême me coince dans un couloir (avec le secrétaire surnommé l'Ecorcheur de Kuala Lumpur de l'autre côté pour être sûre que je puisse pas fuir): "Votre mission, si vous l'acceptez (et z'avez intérêt à accepter on sait où vous habitez vu que c'est nous qu'on vous donne vos fiches de paye), ça va être de faire régner la terreur et la désolation parmi le groupe de collègues bolcheviks qui va corriger le Brevet cette année. C'est très dangereux, je ne vous cache pas que certains sont abonnés à Télérama. Et personne ne les a forcés..."

Rajoutez à tout ça les travaux de cuisine en mars, l'overdose de charcuterie corse en avril et un truc pas jouasse détecté dans la tête d'une coupine de moi mais dont l'opération a, in fine, eu des effets miraculeux (là c'était pour le "ça aurait pu être dramatique") et vous avez une année à l'opposé du glandage intensif que je prévoyais.

Mais, mais, mais, j'ai quand même cousu et tricoté comme une petite folle à mes heures perdues et je vais de ce pas vous montrer des trucs neufs, des trucs plus vieux et aussi revenir sur mon expérience de testeuse dans le fabuleux monde indé du patron. Du post qui va un peu sentir la bique en somme.

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On va commencer par évacuer le moins intéressant

-Jupe- Patrones- déjà cousue ici- lin sable- doublure- basique- ennuyeuse

                                     

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Nota bene: Elle vous est présenté avec un haut court du Burda de juin 2016, fait dans un reste de ma robe Denver de cet hiver. Z'Hom aime pas, je le soupçonne de me trouver trop vieille pour porter un truc avec ventre apparent.

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Merci Bene, vous pouvez disposer.

Valà c'est fait. On peut passer aux choses sérieuses. J'ai failli éclater ma Youki Zaraï. J'ai voulu assembler un tricot en coton à la MAC; le tricot a été avalé avec un cliquetis inquiétant, tout était coincé. Nimporte quelle personne un tant soit peu munie de bon sens n'aurait pas tiré. Je ne suis pas n'importe qui, qu'on se le dise. J'ai tiré comme une forcenée et j'ai tordu mon crochet. Le gentil réparateur, me voyant l'oeil mouillé, au bord de commettre l'irréparable, m'a rectifié ça vite fait bien fait. Du coup pour vérifier que Youki était redevenue une bête de guerre, j'ai décidé de l'éprouver avec un coupon de suédine italienne taupe (trouvé au marché des Bosquets il y a 3 ans), légèrement élasthanne et un peu relou à coudre.

J'avais décidé de faire ça:

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il s'agit d'une veste du Burda de juin 2009. Elle avait un petit côté Lupin de Deer & Doe. J'aime pas trop le côté 80's de la veste de Nessie, mais j'aime bien le col. Alors va pour une Burpin ou une Lurda, comme tu veux- tu choises. Je voulais quelquechose de léger, décontracté, une sorte de résultat des amours d'un gilet et d'une veste. Du coup je n'ai pas posé de doublure mais j'ai quand même conservé les parementures. Je n'ai pas fait les revers pour les manches, mais je pense sérieusement à les fixer étant donné que je les porte toujours relevées. Pour apporter une touche un peu sophistiquée, j'ai imité un détail qu'il y a sur un manteau de chez Carrol qu'on m'a donné il y a fort longtemps et j'ai brodé à la MAC le long des bords afin de les fixer harmonieusement et le long des coutures princesse pour les mettre en valeur.

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Pour être honnête j'avais de gros doutes quant à l'harmonie de la chose, mais in fine, j'aime beaucoup ma veste, surtout avec un haut en dentelle blanche, un jean et un bijou ethnique, si j'avais pas une phobie d'M&H et consorts, une sainte horreur des mots anglais pour faire branchouille, et une aversion totale pour les franges, j'aurais pu faire blogueuse mode_ voyez plutôt:

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Comme je vous l'ai dit la dernière fois, j'ai décidé de sortir un peu la tête de Bubu que j'aime beaucoup, ça commence d'ailleurs un peu à se voir. D'abord parce que les débats houleux sur indé/pas indé ont échauffé une curiosité assez prompte à passer à l'ébullition. En gros je voulais vérifier si l'engouement de la blogo pour les petites marques, c'était justifié, si l'herbe est réellement plus verte ailleurs, ou si c'est du snobisme agrémenté d'instinct grégaire. Et comme je suis comme Saint Thomas...NB: j'ai conscience qu'avec cette référence biblique, je passe du côté de la force qui sent la naphtaline, m'enfin j'assume. Bon, y'a aussi le fait que plusieurs patrons me plaisaient et que mon expérience avec Deer & Doe avait été très positive (tellement qu'on me réclame des Datura de partout). Bref, le modèle que je vais vous présenter vous l'avez peut-être déjà vu si vous fréquentez le blog de Biquette.

Il se trouve que le Vicomte angora m'a contacté en avril pour que je teste une seyante petite combi: Brass in Pocket.

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Bon, ben comme j'avais adoré coudre Moussaillon, pas de retouches, un rêve de feignasse couturière, j'ai dit "I do". J'avais un mois pour rendre ma copie, délai largement suffisant, mais comme y'avait entretemps 2 semaines de gavage à base de Lonzo et de vin corse à Porto Vecchio, j'ai du faire avec le tissu que j'avais déjà.

J'ai donc coupé dans une épaisse toile de coton rapportée du Sénégal pour faire du linge de maison. Le tissu était un poil trop rigide, m'enfin ça passait.

Le PDF est 'achement bien fait. Le fait qu'il y ait des calques permet de simplifier le boulot, déjà ingrat du scotchage de feuilles A4. J'ai également apprécié le fait que le tout tienne sur un minimum de feuilles, ça évite de tuer trop d'arbres (et moi j'aime bien les arbres, surtout les mirabelliers). Les repères sont bien visibles et tout concorde parfaitement. J'aime moins les marges de 1cm, mais ça c'est parce que j'aime pas qu'on bouscule mes petites habitudes (des Chiffres et des lettres, une pisse-mémé, Rock'N'Roll!)

Les instructions étaient globalement claires; la présentation est un peu compacte, mais ça n'est pas bien gênant. J'ai eu un peu de mal avec les modalités de montage du col, mais Biquette a produit, depuis, un excellent tuto pour les non-comprenants comme moi.

J'ai suivi la méthode de montage, et le résultat est bon pour le col. La technique pour le montage de braguette est celle que j'utilise d'habitude, donc joie, bonheur, félicité et Bossa Nova dans ta face. En revanche j'ai fait différemment pour les manches. Je DÉTESTE la technique du fil de fronce, j'utilise la méthode des 3 points d'épinglage, que vous pouvez trouver ici.

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Le seyant est très bon. Je n'ai pas mi d'épaulettes vu qu'avec ma pente d'épaule très faible, ça me fait ressembler à Robocop. J'ai du retoucher les pinces poitrine, un peu basses, étant donné que j'ai encore le nichon arrogant (à défaut d'être abondant). La taille se pose là où on lui dit et la fourche du short est plutôt pas mal, bien qu'un petit chouille juste, mais j'ai été assez bien pourvue par Mère Nature à ce niveau-là. Le bouton pression qui doit vous assurer que vous n'en perdrez pas un lors d'une réunion au bureau était inutile dans mon cas. Je n'ai mis que 4 boutons au lieu des 6 préconisés, je trouve qu'il y a suffisamment de détails comme ça. Bref, l'impression est positive, même si la fois prochaine fois je couperai plutôt un 34. Je vois bien une version pantalon sans manches dans le plus pur style grande bourgeoise des années 40.

                                                                                       

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Pour terminer j'ai fait une petite chose en tricot à partir d'un modèle sur lequel je bavais depuis des lustres. C'est ça:

Matez-moi ce subtil mélange Birkino-hamiltonien, ça vous file envie de tout repeindre chez vous en violet et orange et d'écouter en boucle les Jefferson Airplane.

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Le modèle vient du Phildar n°69 et le fil a été acheté en brocante, 3 euros les 3 pelotes. C'est du Phildar en coton et lin, le nom m'échappe et j'ai jeté les bagues des pelotes, mais il ne m'en a fallu que deux et le début de la 3ème. On a donc affaire à une excellente opération. Il rend très bien et la taille est bonne. Le point est facile et tout est bien expliqué. Je n'ai pas fait de liens dos-nu, j'ai préféré les fixer en les croisant au dos, ce qui fait un arrière charmant, mais qui me transforme au mieux en contortionniste débutante, au pire en grosse chenille qui tente de s'extirper de son cocon quand je l'enfile.

   

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Le seul problème est que si je le porte sans rien, avec l'ouverture en gougoutte du devant, c'est openbar sur mes gougouttes à moi. Du coup en dehors de la maison je le porte avec un fin débardeur blanc et à la maison je le porte avec un soutif sans bretelles (d'ailleurs je me rends compte à quel point on le voit, là, le soutien nichons).

                                                                        

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Je me suis un chouille ratée sur l'ouverture au crochet, mais c'est relativement discret et je peux vivre avec, en revanche, gros satisfecit sur les picots (charité bien ordonnée, etc, etc)

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Valà, c'est tout. La prochaine fois, si vous êtes sages, vous entendrez la petite musique de Ray Charles.