Je profite, après un retour aux sources de quelques jours, à base de mirabelle, barbeuq et bave de nain qui va pas encore à l'école (mon neveu avait décidé de pourrir l'intégralité de ma garde-robe sous le prétexte fallacieux qu'il fait ses dents, nan mais allo quoi, tu baves et t'as pas de dents), pour répondre à l'invitation de la charmante Micoton au Knit Tag. Comme ça, ça vous changera un peu des chroniques de l'intérieur du Mammouth et puis avec mon neurone sous anesthésie à chaque période de vacances ça colle parfaitement à mes ambitions du jour, c'est à dire en faire le moins possible.

Si ma vie de tricoteuse ne vous intéresse que mollement, je vous suggère de prendre votre mal en patience parce qu'il y a aussi de la couture, des projets à foison, du rire, de l'aventure et des larmes. Z'avez vu comme je vends bien le truc? Si prof ça marche pas je pourrais toujours me reconvertir en vendeuse de caisson de basse ou en détaillante de gel pour Kèv' à crête.

                                              

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1. Combien de temps passes-tu chaque jour à tricoter ?

Quand j'ai fini de former l'élite future de la pensée française qui sait pas accorder un participe passé, que j'ai activement contribué à la sauvegarde de la biodiversité francilienne en arrosant mes petits pois dans le potager et que j'ai fini de cuisiner des trucs trop la classe qui iront droit dans le bide de Zhom, je pose mon auguste popotin dans mon fauteuil de bureau et ça peut me prendre 15 minutes comme 2 ou 3 heures ; ça dépend si le point est relou, si je suis de bonne humeur et si le vent souffle d'est en ouest plutôt que l'inverse. Bref, tu l'auras compris cher Lecteur, c'est variable.

 

2. Quelle est ta laine préférée ? Pourquoi ?

J'ai longtemps tenu secrète ma passion dévorante pour le mohair. C'était socialement peu acceptable, j'avais peur qu'on chuchote dans mon dos "T'as vu? C'est une mohairophile!", que la vindicte populaire s'abatte sur moi ou que ma carrière dans le corps professoral soit stoppée net dans son élan à cause de ces penchants inavouables (bien que l'on puisse se demander si carrière et éducation nationale peuvent réellement s'accorder). Le tricot m'a aidée à faire mon coming out mohairesque et j'assume, je porte aujourd'hui au grand jour des pulls qu'on dirait que j'ai tué un Muppet pour le faire. Je tiens juste à préciser que si j'aime le mohair, je ne suis pas fétichiste mohairophile. D'ailleurs, ami Lecteur, si tu veux t'en payer une bonne tranche, tape dans le moteur de recherche de ton choix "le mohair est le nouveau latex"_ perso, j'ai repeint mon écran d'ordinateur à l'Earl Grey...

 

3. Avec quelles aiguilles tricotes-tu le plus souvent ?

Étant une femme super fainéante totalement moderne, j'utilise la plupart du temps les aiguilles circulaires ce qui donne un résultat super propre sur les côtés et permet de glander davantage sur Ravelry. Mais quand ce sont des écharpes ou des points de dentelle complexes, je ressors les aiguilles droites.

 

4. Actuellement, combien ton stock de laine compte-t-il de pelotes ?

Je ne répondrai qu'en présence de mon avocat.

 

5. Quelle est ta marque de laine préférée ?

Autant demander de choisir entre Papa et Maman. Cela dit je n'ai pas encore testé les marques qui m'intéressent vraiment. J'ai commencé avec Phildar comme tout le monde, mais j'avoue, après avoir passé un temps fou à me vautrer dans le stock de Mimi Kaolin, que les laines anglaises sont merveilleuses. Elles crient "Maman" quand vous vous approchez et elles ont tendance à annihiler toute forme de jugement chez les tricoteuses normalement constituées.

 

6. Plutôt aiguilles circulaires ou quatre aiguilles ?

Circulaires pour les grosses pièces et 4 aiguilles pour les accessoires, mais avec la trouille permanente qu'il y en ait une qui glisse.

 

7. As-tu déjà créé tes propres patrons ? Si oui, lesquels ?

Le simple fait de modifier un tant soit peu des indications d'un modèle me file des palpitations, alors un patron... Psychorigide un jour...

 

8. Quelle méthode liée aux arts de la laine aimerais-tu apprendre ? (crochet, filage, tissage…?)

Je suis une grosse croûtasse en crochet, je ne sais jamais où piquer et comment. Et pis j'ai l'impression que ça avance pas, du coup j'ai laissé tomber, à mon grand regret, ces instruments de torture. Sinon je veux faire du jaquard, me tricoter des pulls à empiècements norvégiens qui désespèreront Zh'om. Je veux concurrencer les pulls à têtes de rennes de mes pires noëls des années 80 et faire saigner de l'oeil mes gnomes, car il est hors de question que je sois la seule à avoir eu une enfance difficile.

 

9. Quel est le pire selon toi : un fil qui se dédouble ou se rendre compte que tu as fait une erreur dans ton tricot 20 rangs plus bas ?

Le pire c'est quand ton fil se dédouble, que tu t'aperçois que tu as fait une erreur 10 cm en dessous et qu'évidemment c'est un point dentelle qui requiert une concentration de démineur face à une bombe qui risque de faire sauter le Pentagone. C'est aussi en général le moment où tu vois que ton boulet félin s'est amusé avec le fil pendant les 30 secondes où tu as quitté la pièce parce que le fil est imprégné de bave de chat FROIDE.

 

10. Avec quel(s) fil(s) tricotes-tu en ce moment ?

Gniiiii, du mohair, gnééééé. Extase sur ta face et peluche de poils de chèvre sur tes doigts.

 

11. Quelle marque de laine aimerais-tu tester ?

J'essaie de limiter mon impact écologique à un petit niveau, alors j'achète pas mal en 2nde main chez Emmaus ou aux puces des couturières, mais j'aimerais bien aussi tester des laines locales, parce que les filatures françaises ont un vrai savoir-faire. Alors après avoir testé celles de Valgaudemar, je voudrais aussi essayer Ardelaine ou Kaneh Bosem.

 

12.Que penses-tu du tricot ?

Le tricot c'est dangereux, faut jamais commencer, c'est comme la cocaïne mais en plus addictif. Genre là j'ai tenté un sevrage de 4 jours, juste pour voir, et regarder un film sans avoir d'aiguilles et de pelotes a été un enfer, mains qui tremblent, bave aux lèvres (j'ai failli aller pourrir la grenouillère et les bavettes de mon neveu pour me venger d'ailleurs), sentiment de dépression. Me suis soignée en allant chez un dealer (BDF à Thionville), parce qu'une journée de plus et j'aurais fait des convulsions.

Valà, valà, je taggue pas à mon tour, vu que j'ai la flemme de choisir et de vérifier kiki l'a déjà fait.

Je parlais de laines de seconde main un peu plus haut. Voilà ce qui s'est retrouvé dans mon stock à l'issue des puces des couturières de Saint Maur:

Bon, d'accord, j'avais pas besoin de ces magazines vu que je n'aurais pas assez d'une vie pour coudre ce que j'ai déjà, mais y'avait un gilet trop chouette dans l'un et un manteau d'hivver qui tabasse dans l'autre.

                                                                                  

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Bon d'accord, j'avais pas non plus besoin de toutes ces pelotes, mais c'était de la laine vintage en 75% laine dans une si chouette couleur à 2 euros les 100 gr. Moi si on parle à mon coeur de grosse pince Monseigneur, j'ai du mal à résister. Et pis bon, de quoi faire un chouette pull écru avec de l'angora dans le dedans pour aller avec la jupe longue Max Mara qu'on m'a donné et qui va avec rien, là je pouvais pas passer à côté (non?).

 

PicMonkey Collage

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Quant à la tonne de boutons que j'ai ramenée, c'est toujours utile, me regardez pas comme ça, avec cet air réprobateur on dirait Z'hom, nanméo.

Sinon, au retour de ma Lorraine natale, je vous avais promis un petit coup de prune (paske la mirabelle, à part celle de contrebande, elle est pas terrible et non je vous donnerai pas mes adresses).

Puisqu'on en est à parler point dentelle, surjet torse et autres réjouissances, j'ai commis un nouveau pull de printemps le mois dernier. Tout est parti d'un modèle de VK de l'année dernière.

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J'ai acheté 4 pelotes de DMC Natura qui collait à peu près à l'échantillon et roule ma poule. J'ai décidé de le tricoter aux circulaires pour éviter les coutures moches sur les parties dentelle, mais je crains que les augmentations que j'ai faites donnent un côté trop brouillon à la chose.

 

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J'ai aussi décidé de faire un bas resserré et de ne pas tricoter les manches, mais si c'était à refaire je suivrais exactement ce que préconisait le magazine (je vous l'avais bien dit, sortie des sentiers battus y'a plus personne). Faites pas gaffe à la pose, cocotte qui bat de l'aile, j'ai pas eu le courage de recommencer. Résultat, j'aime moyennement le tombé au dos, ça ne rend pas comme dans mon idée de départ, celle où je traverse la salle des profs sous les holas de mes collègues soufflés par le plombé de mon vêtement.

 

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Quant à l'encolure, j'ai relevé les mailles, mais le devant ne me satisfait pas non plus. Voyez plutôt.

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In fine le pull est portable; l'homme, dans un élan d'enthousiasme délirant, a même décrété qu'il était pas mal, mais il n'est pas comme je voulais.

 

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Heureusement, la 2ème pièce que je voulais vous montrer, elle, me satisfait à mort (j'ai juste envie de faire le tour du quartier les bras en l'air en hurlant "GOAAAALLLLL" et en escaladant le muret du voisin avec mon tee-shirt sur la tête, mais ça aussi c'est pas socialement acceptable).

Bref, voici un t-shirt issu du Burda d'août 2014. Il est très facile à faire et mis à part pour le col, où on doit quand même éviter d'y aller comme une bouchère, le reste est assemblé à la surjeteuse. Je l'ai juste raccourci, car il est long, mais avec le recul j'aurais du moins me lâcher sur les ciseaux, parce qu'il aurait été parfait avec 5cm de plus. A part ça un coup d'aiguille double pour les ourlets et en deux heures c'était plié. Autant vous dire que j'envisage d'en faire encore quelques autres, voire d'essayer la version robe.

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Enfin, voici un pantalon à pinces issu du Bubu couture facile Cécile du printemps 2010. Il était proposé sur le site allemand en téléchargement gratuit. Bon, la donzelle semble nager dans futal, on a envie de lui filer un jambon beurre et de lui dire d'arrêter de porter des vêtements trois fois trop grand pour elle, le dessin technique montre que la coupe est classique mais que le bas resserré évite le côté "j'ai gardé tous mes pantalons des années 80". Cela dit, maintenant que je vois mes propres photos, je me dis que le modèle donne un peu cette impression de mannequin anorexique, et pourtant y'a quand même un peu de viande chez moi.D'ailleurs c'est pour ça que j'ai supprimé les rabats de poches parce qu'étant déjà fort bien pourvue du capiton, je me voyais mal me balader avec un pantalon de reine de la danse du ventilateur. Et du coup l'empiècement dos est bien mis en valeur: enfin moi j'aime bien.

 

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J'ai utilisé un lin bordeaux acheté il y a fort longtemps chez Stop Tissus. Il s'est avéré, même après lavage, un peu raide, mais avec peu de tenue. In fine ce n'est pas bien gênant, mais la pièce rendrait bien mieux avec un tissu à l'armure plus serrée.

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J'ai du reprendre la ceinture comme d'habitude, mais sinon tout a roulé sans problème. Pour celles qui voudraient le meilleur tuto du net pour la pose de braguette, allez voir là, vous m'en direz des nouvelles.

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Je le porte avec le bas roulotté pour faire "trop stylé", comme le disent mes boutonneux et une paire de talons hauts, parce que mine de rien, avec l'ampleur des pinces sur les hanches, si je suis à plat ça fait pot à tabac.

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Valà, la prochaine fois, si vous êtes sage, vous attraperez un coup de soleil (on a la culture musicale qu'on peut).