Vous en avez rêvé ? La Noueuse l'a fait: 2 posts en moins d'une semaine, c'est Nawel avant l'heure (ou alors très en retard). Non, ne me remerciez pas, vraiment, ça me gène, c'est cadeau. Sachant que je vais très bientôt partir pour le monde merveilleux des travaux, je profite donc d'une (très) relative oisiveté pour vous écrire une bafouille. Autant vous dire que ça rigole moyen dans la chaumière à l'idée de retrouver la truelle et le rouleau...

                                                                                

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D'abord parce que je suis née avec 2 mains gauches, certes, mais encore coiffées de moufles, ce qui vous l'avouerez est un peu handicapant. Il suffisait de me voir suer sang et eau sur le montage d'un jouet Kinder surprise (instrument du démon entre tous), pour s'apercevoir de l'étendue des dégâts. L'Auteure de mes jours en a d'ailleurs un jour fait les frais.

Que je vous raconte: Mounette of Love est arrivée un matin avec une paire de ciseaux, me demandant de lui couper quelques pointes. Après un exposé fort développé sur l'art capillaire à travers les âges, exposé qui m'avait d'abord fait bailler comme une horde d'huitres sauvages, je m'étais saisie de l'effroyable instrument du Destin. Telle une Parque du dégradé-effilé, je m'apprêtais à commettre un ignoble, mais involontaire, attentat  contre le glamour maternel. Oubliant donc les précieux conseils (le fameux syndrome du "cause-toujours-tu-m'intéresses" adolescent), je tranchais dans le tas. Vous imaginez l'effroi quand je me suis aperçu que les cheveux mi-longs de Mummy étaient devenus un charmant carré destructuré. Euh, très destructuré... Voire franchement novateur.

                                                                                 

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Bref, vous pensez bien que mon art capillaire était trop visionnaire pour ne pas être méprisé. J'ai donc tiré les leçons de cet échec et je me suis retirée définitivement du monde de la coiffure.

Je me suis évidemment bien gardée d'avouer mon peu d'habilité à Z'hom quand on a acheté la Casa dolce Casa. De toute façon Z'hom ne sachant rien faire d'autre de ses 10 doigts que démonter des micro-P, je me disais que mes inaptitudes passeraient inaperçues et que de toute façon,  notre maison était une perle qui ne demanderait aucun arrangement et qu'ainsi je pourrais continuer à me moquer copieusement du chromosome XY qui partage ma vie.

Sur ce coup là j'ai été gourdasse comme une oie du jour (ou comme une hypertrophique glandulaire de télé réalité), on s'est vite rendu compte qu'il faudrait mettre la main au béton. Z'Hom a fait ce qu'il fait depuis l'adolescence, il a donné une dimension geek au bricolage. Du coup il est devenu bon, voire très bon, voire parfois plus tatillon qu'un jury d'Agrégation (et pan!). Moi je fais charmante assistante: je ponce de la poutre, je fous des coups de burin sur des murs, j'enduis à tout va, je m'emmerde fais la queue chez Leroy Merlin le dimanche alors que Z'Hom gambade tel un cabri folâtre dans le rayon menuiserie, le tout vêtue d'un très seyant jogging en polyester fuschia. Elégante en toutes circonstances vous dis-je. Bref, alors que ma moitié d'orange s'éclate carrément à péter des blocs de béton à la pioche, je me fais violence pour pas répondre à l'appel de la pelote.

Néanmoins, il reste quelques plages de détente où Z'hom ne m'oblige pas à assister à ses poussées de crises cimentières et j'ai donc produit 2 ou 3 petites choses que je vais m'atteler à vous montrer.

Tout d'abord ce petit gilet d'été en lace couleur naturel de chez Drops. C'est tout petit, ça a l'air de rien, mais ce gilet a été un énorme boulet. Je ne le dirai qu'une fois, ouvrez bien vos portugaises, attention, c'est d'une rare violence, je vous avais prévenu. Faudra pas venir vous plaindre après.  Bien, prêtes ? Aiguilles...2. Oui, je sais, ça fait mal, on a l'impression de faire du sur-place, au bout de 10 heures de tricotage intensif et on se demande juste "Mais pourquoi? Pourquoi s'infliger ça?"_ comme certaines émissions de télé ou certains concours de la Fonction publique.

Et puis arrive le jour béni de l'assemblage et on oublie tout en touchant cette merveille de finesse et de douceur. Voyez plutot. 

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Voici le boulet version 2012, bien plus joli en vrai qu'en photo. Bref, c'est là que je suis sortie de ma torpeur extatique pour m'apercevoir avec horreur que ce petit gilet n'allait avec rien. Il parait que ce soir là on a entendu, sur les coups de 20 heures, un long cri de terreur jusqu'aux tréfonds de mon quartier...

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Ah oui, j'oubliais, le patron qui s'appelle Bel, vient du livre Whisper de Kim Hargreaves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du coup en cousette je suis tombée dans la facilité; reprise du pantalon Burda d'avril 2009, dit aussi "le patron aux 1000 versions". J'avais un coupon de serge blanc cassé un peu courtaud, m'enfin j'avais décidé que ça passerait." Dans l'atelier de couture il y a 2 types de personnages: ceux qui tiennent les ciseaux et ceux qui sont coupés. Toi, j'te coupe...". Bon, du coup il est un peu feu de plancher mais avec une paire de ballerines ça va. Je n'ai pas fait de ceinture montée, je n'avais vraiment plus assez de tissu.

Voici l'avant: avé le cuissot moulé post-tartiflette, tendance exhib du nombril.

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Voilà l'arrière avec traces de culotte apparente, après le jogging fuschia, je n'en suis plus à une faute de gout près.

 

 

 

 

 

 

Enfin j'ai repris le patron du top noeud-noeud de mars 2012 et je l'ai rallongé pour en faire une robe. Elle est confortable à mort et j'ai passé quasiment tout l'été dernier dans le dedans, sauf quand j'étais en jogging de chantier.

                                                                             

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Le jersey avait été acheté il y a des plombes au marché de la Croix Chavaux à Montreuil. Voilà le détail du motif "Printemps sous acides". 

                                                                              

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La prochaine fois, si vous êtes sages, je pêcherais   par le corail.