Il y a des choses qu'il est inconcevable de ne pas aimer: le Nutella, les chansons de Mickaël Jackson et faire du shopping. Or dans l'imaginaire collectif (merci papa Yung), une fille digne de ce nom devient hystérique dès qu'il s'agit de dépenser des écus sonnants et trébuchants.

                                                                     

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Moi je dis "FOUTAISES"! Je hais faire les magasins depuis toute petite. D'abord c'est la faute de Nini, soeurette 1ère du nom (et que j'embrasse ainsi que la mini-crevette qu'elle a mis au monde il y a pile une semaine). Juste avant la rentrée des classes avait toujours lieu le même rituel. On s'entassait bruyamment dans le paquebot familial pour filer s'acheter de quoi faire bonne impression aux profs (d'ailleurs l'illusion durait peu) et nous débarquions avec le calme d'une horde de fauves nourris à la feuille de chêne, terrorisant la cliente de plus de 70 ans, venu innocemment là pour s'acheter un Damart. Pour dire la vérité, ça me gonflait très vite de déambuler dans les rayons et j'avais vite fait de trouver un pantalon noir, un pull noir, voire, comble de la fantaisie vestimentaire, un tee-shirt gris pour égayer un peu tout ça. Gothos refoulée qu'on vous dit... Pour Nini c'était pas pareil, elle examinait chaque pièce de vêtements comme si sa vie en dépendait (2 heures), puis se faisait livrer par tracto-pelle les chiffons qu'elle avait choisis. Malheureusement y'avait ensuite l'essayage (2 heures supplémentaires). A ce stade le score était de deux vendeuses au bord de la démission et de deux autres en dépression. Quant à moi j'étais pas loin de proposer un remake de Caïn et Abel à ma bien aimée Nini (devinez qui aurait du jouer Abel).

Tout ça pour que finalement Nini décrète que tout était naze, qu'il fallait aller ailleurs. In fine, après avoir fait l'intégralité des magasins de la ville, Nini voulait revenir dans le 1er magasin car elle ne pouvait subitement pas se passer du pantalon écossais rouge naze qu'elle avait essayé 3 heures plus tôt et qui lui apparaissait à présent comme un élément vital pour réussir son année. J'ai fini par piquer les rations de suvie , à caser entre le sac de couchage et la tente de camouflage, de mon beau -papa Rambo avant chaque expédition mercantile.

Inutile de dire que dès que j'ai eu l'âge, j'ai fait mes courses toute seule. Ou plutôt avec ma Yayate (c'est ma MAPLV _meilleur ammi poure la vi _ comme l'écrivent si finement mes 6èmes sur leurs classeurs), étant entendu que faire ses courses entre copines est un moment de socialisation obligatoire au lycée. Sauf que Yayate s'est révélée encore plus casse-bonbon que ma soeurette.

Heureusement y'a eu internet et puis la couture. Ce qui fait que je ne mets les pieds dans les antres du Mal que sont les magasins de vêtements qu'1 à 2 fois par an. En général il me faut une mise en condition d'une bonne semaine de préparation: exercices de respiration, gymnastique chinoise voire séances de méditation (si, si, c'est pas parce que je ronfle que je médite pas).

En théorie j'ai un grand coup de fatigue dès que point l'avenante façade du centre commercial. Mais n'écoutant que mon courage, je m'engouffre dans le temple du vice. Souvent je suis au bord de l'hyper ventilation quand je vois que je ne trouve rien, ou que je trouve mais y'a pas ma taille, ou que ça me va pas ou alors ça me va, la forme est belle mais la couleur est immonde. Bref j'ai envie de me faire un nid douillet avec les nippes moches, trop grandes et bla et bla, et de me pelotonner dedans au fin fond d'une cabine d'essayage oubliée. Je finis, au bout d'une demi-heure par ressentir un vague écoeurement devant les marchandises étalées, avec la sensation que cette abondance a quelquechose d'obscène. C'est grave docteur?

Pour me remettre de tout ça j'ai décidé de me coudre du t-shirt punchy, de la robe vitaminée, du boléro pétillant.

Tout d'abord j'ai ressorti le patron du t-shirt d'hiver du Burda couture simple Olympe de 2011 déjà utilisé ici. J'ai utilisé le même patron sans les manches, comme une grosse feignasse écrasée par la chaleur. Deux coutures sur les côtés, les finitions à l'aiguille double et c'était plié, je pouvais retourner à ma sieste. Le très joli jersey corail vient, comme toujours, du marché de la Croix Chavaux à Montreuil. Et mon t-shirt permet de cultiver l'indolence ambiante, puisqu'il va avec tout. Inutile de dire que si j'avais pas le fondement collé au fond de mon transat, je lui chanterai mon amour. Grave.

                                                                         

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Message spécial pour Mounette d'amour: oui Maman, tu ne rêves pas, je suis bronzée, c'est pas une illusion d'optique_ fin du message personnel_

Comme je ne pouvais pas rester dans cette torpeur antillo-francilienne, je me suis mise aux choses sérieuses. J'ai jeté mon dévolu sur ça: 

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C'est une robe issu d'un Lutterloh du printemps 73. Et là ça a pas du tout été la même chose. J'ai d'abord fait une toile qui s'est révélé parfaite. Pour une fille avec un bonnet F... Mort et désolation. J'ai donc joué sur les pinces, j'en ai notamment rajouté sur les côtés pour créer des pinces Dior (classe!) juste sur le côté des nichons (pas classe...). J'ai zappé les poches parce que j'aime pas trop ça et resserré le bas pour le côté Hôtesse sexy de la PanAm des années 70.

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J'ai fini par faire quelque chose de très portable, mais comme le tissu est rigide et qu'avec mes changements c'est très structuré, j'ai l'impression de porter une sorte d'armure ou un corset Madonna période Jean Paul Gautier. Pour un peu plus de fantaisie, parce que le gris faut avouer que c'est moyen follichon, j'ai surpiqué en jaune tournesol et cousu de jolis boutons de la même couleur achetés chez Fil 2000. Les ourlets sont fait à l'aide de parement en gros grain assortis.

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Vous avez le droit de vous ébaudir sur la splendide pose de zip invisible.

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Pour finir j'ai pris mes 4 pelotes de coton achetées chez Aldi et j'ai utilisé le patron Hew, disponible gratos sur Ravelry. Z'avait dit que c'était plus une recette qu'un vrai patron et c'est vrai, j'ai pas mal bidouillé le truc. La photo ne lui rend pas justice, en vrai j'ai pas l'air de porter le boléro à ma petite soeur, et bien que ce soit du 100% coton, je le trouve un peu chaud pour l'été.

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La prochaine fois, si vous êtes sages, et si je suis pas en profonde dépression après être rentrée de vacances, je vous jouerais "Le Temps des cerises".