"Il faut cultiver son jardin" comme dit Voltaire, Jeannot de son petit nom et qu'a sans doute jamais tenu une binette de sa vie. M'enfin je suis bien contente qu'il ait pas sacrifié l'écriture à la culture forcenée de la carotte nantaise. Je sais, tant de culture(s) vous éblouit, mais c'est bien normal vu que c'est relativement mon fond de commerce.                                            téléchargement

Bref malgré la crédibilité quasi  zéro absolu du sieur Arouet en Nicolas le jardinier, on ne peut qu'applaudir devant tant de sagesse. Si vous avez suivi, et vous avez suivi, d'ailleurs je ramasse les copies à la fin, vous savez que la nature, les petits oiseaux, les primevères et tout ça, c'était un truc avec lequel je cohabitais vaguement en bonne indifférence. "A part la culture intensive du poil", comme le dit pernicieusement Z'hom, en me rappelant que j'avais pas été tout fait imperméable aux moeurs pilaires de la Grande Germanie près de laquelle j'ai passé mes 30 premières années, bref, à part ça, toute idée de faire pousser des trucs me filait des vapeurs.

Ma mère qu'a la main verte comme c'est pas permis, a tenté à plusieurs reprises de m'initier à tout ça avec de la plante Rambo qui crève pas même si on l'oublie. Mais la triste vérité s'est vite fait jour pour ma génitrice, j'étais incapable de m'occuper d'un truc qui miaule pas quand il a faim. Autant vous dire que Koubi a pas intérêt à devenir aphone...

Mais le Home sweet Home a tout changé. Quand on est arrivé en automne, y'avait de la citrouille. Pas du cucurbitacé de tafiole qui pousse sous cellophane, mais de la bonne grosse citrouille dans le plus pur style burtonien. J'ai arrosé avec fierté mes collègues de mes productions maraîchères et ça a été une joie sans cesse renouvelée pour mes sadiques compagnons d'infortune de me voir débarquer en suant, moi et mes 50 kilos avec mes enclumes orange. Du coup ça a été le déclic. Comme tout, ou presque, passe chez moi par l'estomac, je me suis mise à rêver de pléthore de radis croquants, tomates juteuses et autres pimpants petits pois.

                                                              téléchargement (1)

Bon, il faut être honnête, entre le désir et la réalité, il y a un écart voire un abîme qui frise la profondeur de la fosse des Mariannes. J'ai découvert sous l'oeil hilare de Z'hom que le maniement de la bèche n'est pas une évidence quand on est gaulé comme Jean Claude Duss, que l'argile c'est merveilleux sur la tronche mais pas terrible dans un potager et qu'il ne suffit pas de faire un trou dans la terre et de jeter quelques graines négligemment pour que ça pousse. Mais j'ai surtout découvert combien décaillouter une bande culture détend l'Homme enfin la Femme moderne, genoux dans la glaise et cerveau sur off. Un peu comme devant une machine à coudre mais en plus salissant. 

Maintenant que je suis à J-3 de ma 1ère récolte de radis flamboyants, j'ai toute latitude de vous montrer 2-3 trucs de fin de saison froide:

D'abord ce spencer en velours milleraies bleu canard déjà utilisé pour faire ça. Le patron vient d'un Burda Couture Facile- Easy- Peasy de l'hiver 2006. Elle est entièrement doublée et j'ai bien soigné les finitions. Pour un résultat encore plus soigné, j'ai utilisé mes boutons à recouvrir achetés aux puces des couturières de Champigny. Et puis j'ai customisé le tout avec un morceau de ce divin perlé des années 30 donné par une collègue. Couture à la main évidemment vue la délicatesse de la chose. SNC12000Techniquement elle est réussie, voyez-vous même, mais y'a quelquechose qui me chagrine.SNC11997 Peut être parce que la couleur ne va pas avec grand chose, peut être que c'est la coupe, peut être est-ce parce que Lucette Van Poupoule, la garce, la porte mieux que moi. Vous remarquerez que Lucette a pris de nouvelles couleurs, quelle cabotine celle-là. Bref, je trouve la coupe peu flatteuse sur moi.SNC11998

J'ai également fait ce cache-coeur tiré du Burda de mars 2012 dans un reste de jersey blanc. Vous noterez ma flemmingite récurrente qui fait que j'ai pas cherché plus loin que la photo du modèle. Bon, là aussi il est techniquement réussi, même si je me suis pas foulée, j'ai laissé les bords à cru, mais je dois me résigner, mon hypotrophie mammaire rend moyen dans ce type de vêtement. Et puis il faut être honnête, le bas remonte tellement que si on ne met rien en dessous on risque de provoquer une émeute dans le quartier. Ou pas dans mon cas.                                               SNC12001

Enfin j'ai tricoté près du sapin cette charmante robe de chez Phiphi qui rend rien du tout sur la photo faut bien l'avouer. Le modèle vient d'un Phildar de 2010, le n°6 je crois et est tricoté en Wilky. Du jersey au kilomètre, le repos de l'âme. La robe est bien plus jolie en réalité au vu de la récolte de compliments, essentiellement masculins, reçue au collège. Problème, elle est très, très chaude. J'ai l'impression d'être un jambon en croûte à pein sorti du four et emballé sous une triple couche d'alu. Si pour travailler dans des classes surchauffées elle n'est pas adéquate, je pense que si je me lance dans un trekk au Népal elle sera parfaite.

                                                      SNC12004

Je tiens à remercier le temps de ces 15 derniers jours pour la lumière hideuse qui m'a permis de faire des photos aussi moches, m'enfin on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a .

La prochaine fois si vous êtes sage, je jouerais la dormeuse du val.