Je pourrais vous dire que j'étais partie élever des chèvres dans l'Himalaya, que j'ai été coincée dans une faille spatio-temporelle ou que j'ai été retenue en otage pendant six mois par des parents d'élèves qui militent contre le E accent grave sur événement. Mais j'aurais pas été crédible vu que toutes les bestioles me font peur sauf quand elles sont cuites, que j'ai pas de porte des étoiles ni de sceptre magique à disposition chez moi (et accessoirement que ça se commande pas encore sur le net) et que le E accent grave sur événement les parents de mes élèves s'en tamponnent allègrement si on en juge par leur orthographe parfois calamiteuse dans les mots qu'ils me laissent. Comme quoi souvent le fruit tombe pas très loin de l'arbre...

Nan, en fait pour ceux qui suivent, et je suis sûre que vous suivez TOUS, j'étais overbookée, au moins autant que deux employés de Pôle Emploi en ces temps de "Y'a-pas-autre-chose-que-des-pâtes-jusqu'à-la-fin-du-mois". Donc j'ai passé les épreuves du concours de super-prof. En vrac: "Que faites-vous lors d'une intervention d'urgence où vous n'avez aucune autre arme à disposition que 3 scènes d'exposition de Beaumarchais?" ou encore une séance de torture psychologique de 7 heures sur La Fontaine pour voir si je peux résister à tout. Je sais pas si je m'en suis sortie, mais je me suis battue jusqu'au bout. Comprenez "J'ai sué pendant 7 heures dans mon ravissant t-shirt Burda qu'était plus ravissant du tout à la fin du temps imparti, mais j'ai fini les deux dissert'. On saura ce mois-ci si je remets le couvert pour les oraux en avril.téléchargement

 

Ensuite pour me compliquer encore la vie, on a trouvé une maison. Et là, sur l'échelle de stress l'Agrég, en comparaison c'est de la grosse gnognotte. Faut dire qu'avec Z'hom ça fait 3 ans qu'on cherche un nid douillet. On a visité une quarantaine de bicoques, de la maison de l'horreur avec cave glauque aux murs suintants à la maison cromignonne mais qui part dans l'heure. On cherchait donc plutôt mou et sans trop de conviction quand on est arrivés devant le portail de Home sweet Home. Et bon, là, le coup de foudre ça s'explique pas, ça fait chaleuuur et foutcheball dans votre tête, vous entendez la samba brésilienne et vous avez envie de vous mettre des plumes quelquepart en vous trémoussant pour montrer votre joie. Seules votre volonté de pas passer pour une échappée d'HP et la moue dédaigneuse de circonstance que vous devez afficher pour pouvoir négocier ensuite vous empêche de vous exprimer librement. Bon après moults vicissitudes on l'a eue notre maison. On est donc pauvres comme Zob depuis, mais on est heureux.

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Euh sur la photo vous aurez bien compris que c'est pas notre pavillon en région parisienne (dans le cas contraire je crains que personne ne puisse plus rien faire pour vous...).

Pour finir, ben il a quand même fallu faire des travaux. Parce que la casbah elle avait l'air toute pimpante avec les meubles de l'ancien proprio, m'enfin les murs couleur carotte et la peinture talochée façon tas de boue, allez savoir pourquoi ça me plaisait moyen. Z'hom s'est donc découvert une passion pour l'enduit de lissage et la ponceuse. Vous voyez bien que même avec la meilleure volonté du monde je pouvais ni coudre, ni blogguer. D'ailleurs je m'excuse de pas avoir répondu aux gentilles lectrices qui m'ont laissé une bafouille et à la place je les bisouille avec componction.Voilà, c'est dit.

Alors y'a quand même un bon côté des choses, j'ai MON atelier, mon antre du tissu, mon temple du découd-vite, bref une toute petite pièce pour m'éclater du pied invisible. Ouais, je sais, là vous bavez de concupiscence devant votre écran. Sauf celles qui ont une plus grande pièce que moi, mais à elles je leur parle plus, bande d'ignobles nanties qu'elles sont...

Donc j'ai des trucs à vous montrer. D'abord le premier truc cousu dans Home sweet Home. Là j'ai eu un coup de chaud parce que des fois, je suis superstitieuse. Alors bon, c'est comme la mariée qu'il faut pas qu'elle se prenne les pieds dans son voile en dentelle de Calais comme une gourdasse sur le pas de sa porte (déjà qu'elle vient de se rendre compte de la suprême bêtise qu'elle a faite) sinon ça porte malheur, j'étais intimement persuadée dans le fond de moi-même qu'il était capital que j'inaugure cette maison par une réussite. J'ai triché, j'ai choisi un teesh parfaitement bêta du Burda Couture les doigts dans le nez de cet hiver.000001858980

En fait j'avais vu le même dans un manga dont je me suis empressé d'oublier le nom et je trouvais ça Uber-sexy comme on dit à Tokyo. J'ai donc pris un coupon de jersey gris chiné de la Croix Chavaud qui s'est avéré d'une qualité exceptionnelle. Rien que ça. Sinon cousu en une soirée, manches exprès trop longues pour le porter basculé sur une épaule, je rentre en dépression nerveuse à chaque fois que je dois le laver. Valà, valà mon doudou de grande fille:SNC11967              SNC11977

 

Une fois lancée j'ai ressorti un autre Burda "Trop simple Olympe", celui d'il y a deux ans et j'ai fait cette blouse qui me fait penser, allez savoir pourquoi à Melle Chatoune dans Oui-Oui. 000001800556Et le premier qui fait une remarque sur mes références littéraires je lui démonte la 3ème vertèbre fissa... J'ai fait la version E, celle avec la lavallière et le plastron à plis religieuse. Sauf que j'ai vite abandonné l'idée de plis de nonne vu que mon tissu était trop instable pour ça. Sinon tout s'est déroulé comme un rêve jusqu'au montage des manches. Les manches ballon se sont avérées être des manches montgolfière me transformant en un magnifique Goldorak. J'ai ravalé mon envie de tout passer à la poubelle et j'ai monté des manches basiques. Après que du bonheur, sauf que ça tire au niveau de épaules et que ça fait de petits soufflés fort disgracieux, voyez vous même (j'ai eu la flemme de repasser et maintenant je regrette, mais là, tout de suite j'ai la flemme de reprendre des photos. Ma vie n'est que misère): 

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Je soupçonne le col d'être trop tendu, ça devrait être de l'ordre du rattrapable. Voilà la ravissante mais pénible blouse portée avec un slim et des bottes parce que dans le rôle de la jeune fille toute fraîche sortie du pensionnat je trompe plus que les porteurs de culs-de-bouteille.

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 Enfin il m'aura fallu trois mois pour arriver à bout de Bégonia, commencé dans l'ancien appart et fini dans notre nid d'amour. Y'a eu des erreurs de faites et il est en acrylique bien crado, mais je l'aime beaucoup, beaucoup. Le modèle est disponible gratuitement sur Ravelry et c'est que du bonheur.

                                          SNC11970            

La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous parlerais de la chouette qui vient hululer chaque nuit dans notre jardin.