Je reviens sur la pointe des pieds, mais avec tambours, trompettes et éventuellement basson aussi, soyons pas rats sur le retour en fanfare.

Je vous écris de ma Lorraine natale si ensoleillée (au moins deux jours par an, pas de bol, ça tombe pas aujourd'hui) en ce jour de l'année où fleurissent, les chrysanthèmes et les mémères en Damart dans les cimetières.

Bon, d'abord les filles, car je n'ai presque plus d'illusions sur la fréquentation masculine de cet auguste blogaillon, je tenais à vous remercier pour vos adorables messages de soutien. M'en voulez pas si je vous réponds pas personnellement à toutes, mais vous connaissez ma tendance à la procrastination. Disons que la vie n'est pas toujours un fleuve tranquille et qu'après une descente en rafting sur les rapides, j'attends de voir si il est possible de passer au ski nautique, voire au pédalo. Pour celles qui auraient rien compris à mes métaphores vaseuses post- soirée antillaise, c'est pas grave, je suis pas sûre de me comprendre moi-même et de toute façon je vous ai promis d'arrêter bientôt la drogue et les rillons du traiteur du bas de la rue.

Donc, les filles, je vous fais d'affectueuses léchouilles. Je sais c'est dégoûtant...

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Pour oublier mes envies compulsives d'achat de four à gaz ou de jonglage de sèche- cheveux en milieu humide (un certain Claude François s'en souvient encore), je suis partie hurler des phrases incohérentes pour soutenir mon équipe de rugby "Les envoyeurs de poney", lors d'un tournoi bidon, tout en cueillant des champis_ attention, c'était du champi légal_  et en jouant à Whisky-cowboy (je vous parlerai bientôt de cet impayable jeu néanmoins salissant à moyen terme) à 600 km du périph', dans un endroit si beau que ça vous convaincrait presque de l'existence du Barbu sur son nuage. Pour ceux qui suivraient pas, je parle pas de Georges Brassens.

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Mais j'ai aussi participé au Swap Japon de la douce Mimi de Kaotrok. Nous nous sommes retrouvées lors d'une douce aprèm de début octobre au jardin Kahn, à Boulogne, sous les érables rougissant tels des joues de Geishas. Paddy Moon nous a fait des maki à tomber, aidé par son z'hom personnel. Il faudra d'ailleurs qu'elle me donne quelques tuyaux de dressage à l'usage des gros félins à costume deux pièces, parce que j'ai vraisemblablement loupé un épisode.

C'est justement Paddy et son irish mouton, vieux, mais alerte, qui s'est occupée de mon cadeau. Alors là, les filles, va y avoir de la convoitise et de la jalousie en quantité industrielle. J'ai eu ce magnifique tablier, que je porte en surjupe, avec une petite bourse assortie qui ne quitte plus mon sac à torture, euh, je veux dire mon sac de cours.

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Je suis également l'heureuse détentrice d'une guirlande de grues en origami, je sais plus ce que ça veut dire la grue au Japon, mais je crois que ça signifie pas, comme en France que je suis un croisement entre une huître et une lectrice de Closer (je sais, il est parfois difficile de faire la distinction entre les deux), il me semble que c'est un symbole de bonheur.

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J'ai aussi trouvé, dans les poches de la petite bourse, du thé vert made in Soleil Levant et en prime j'ai reçu une miniature de petit chat comme ceux que l'on trouve à l'entrée des sushis bar (les photos viennent de son blog dont je vous conseille vivement la lecture).

Bref, c'était Noël avant Noël. De mon côté, j'ai oeuvré pour Mimi. Faut dire que Mimi, dans sa grande mansuétude, m'a aiguillée très vite (hi hi, aiguillée, tricot, humour! Non? Euh, bon, d'accord, je dis plus rien). "Et si tu faisais quelque chose en tricot?". J'ai d'abord maudit Mimi, si, si, et copieusement en plus, jusqu'à la 13ème génération au moins. Et puis, après quelques recherches, au moins deux semaines à plein temps, et deux ou trois points en moins sur mon acuité visuelle rapport aux heures passées devant mon écran, j'ai fini par trouver ce modèle: modeleeng_naganosakura_b

Je vous posterai bientôt les photos de la tunique qui va avec, parce que j'ai pas tout à fait bidouillé les finitions. Ah, la joie de coudre de la mousseline!

Justement, en parlant de mousseline, je vous présente ma nouvelle robe qui déchire, la preuve, un moment d'inattention et j'ai failli fouttre en l'air 10 heures de laborieux travail. Le patron vient d'un Burda Couture facile d'il y a 2 ans. 000001441114J'ai rajouté un petit noeud noir en gros grain histoire de la jouer à fond jeune fille (hum hum) de bonne famille (double hum hum). J'en ai bavé comme un bataillon de Tchétchènes, mais le résultat est là, elle est belle et je l'aime d'amour. Camouflage assuré pendant un congrès de Gothic Lolitas ou dans un rallye du 16ème.

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Et comme les nuits ont été longues et qu'il fallait bien s'occuper, j'ai fait aussi ça:

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Le patron vient d'un Burda d'il y a dix ans et m'a permis de régler son compte à un vieux bout de jersey qui se morfondait dans une caisse.

J'ai fait également ça:                               SNC10725

Sur papier (Burda Couture facile printemps été d'il y a 4 ans), il était fabuleux. J'avais l'espoir de me métamorphoser, à peu de frais, en sublime Hélène de Troie au pied de laquelle les guerriers franciliens viendraient se rouler de dévotion. Ben que nenni, le guerrier francilien est moqueur, et surtout il n'a, le pauvre, pas été initié à l'esthétique athénienne. Bref, petit haut cousu en 2 heures, porté le soir même à une soirée entre collègues (comme si souffrir ensemble pendant la semaine ne suffisait pas) et commenté par M., charmant prof de maths "T'aurais pu mettre autre chose qu'un drap pour sortir". L'avait de la chance que j'ai pas de cigüe sous la main sinon il aurait eu une mort très socratique.

Du coup je suis un peu dubitative face à mon chef d'oeuvre d'équilibre textile (en satin polyester). M'enfin les profs de maths sont des êtres retors et sadiques c'est bien connu. Z'en pensez quoi le peuple?

En revanche je suis pas du tout dubitative sur le boléro Phildar que j'ai fini de tricoter. Cela m'amène à une profonde réflexion philosophique; le tricot, c'est comme le poker. Vous commencez et vous avez tous les atouts en main, l'échantillon est nickel, ça monte vite, z'êtes z'heureux. Vous y croyez à fond, jusqu'au bout! Et ce n'est qu'au tout dernier instant que vous vous apercevez, alors que tout est assemblé, que les coutures sont belles et que vous avez suivi A LA LETTRE, toutes les instructions, que votre boléro sur lequel vous peinez est moche. Pas moche un peu, pas moche de loin, irrémédiablement moche. Vous l'essayez 40 fois, vous tirez sur les manches, mais il faut se rendre à l'évidence, votre gilet ne déparerait pas dans une pub Petit Navire, vous venez de subir, de plein fouet, un bad beat tricotistique.

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Alors là, les photos sont trompeuses, mais je vous assure, il est très vilain, je pense d'ailleurs l'offrir bientôt à une troupe faisant un remake du Père Noël est une ordure. Je vous laisse deviner à quel personnage il ira.

La prochaine fois, si vous êtes sages (et promis, z'aurez pas à attendre un mois), je me prendrais pour Jeanne Mas.