Oyez, oyez gentes dames et damoiseaux, voilà une nouvelle qu'elle est bonne et c'est pas si souvent en ces temps sombres où règnent la peur, l'insécurité et le polyester:
Mam'zelle Kaolin organise un jeu qui va en mettre plus d'une en joie ce week-end, le jeu du Crazy Patch.

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Mais c'est quoi donc? me direz vous, poussées par une curiosité dévorante et bien légitime.
Eh bien allez voir . Quant à moi je crazy pas, je garde le patch à ma copine.

Z'hom est un juge impitoyable concernant mes couturages. Il manifeste régulièrement son enthousiasme délirant par des "Bof", "Ouais", des "J'sais pas trop... C'est p't'être la couleur". Je le soupçonne en fait d'essayer de me décourager afin que j'abandonne une carrière prometteuse de massacreuse textile et que j'arrête ainsi de transformer notre appart en Mondial Tissus Bis.
Je portais, mardi, mon t-shirt Cassis quand Cadrounet d'amour est rentré du bureau après avoir combattu 8 serveurs internet , être allé au secours de 4 secrétaires en péril_ informatique_ et avoir sauvé une mouche de la noyade _dans son café_. Z'hom, fourbu par une journée où sa bravoure avait été mise à rude épreuve, leva les yeux sur moi et me dit, impérial: "J'aime bien ton truc là, on dirait presque que t'as une grosse poitrine". Fin de citation... C'était sensé être un compliment...

A part ça j'ai commencé ce petit pull qui me faisait de l'oeil comme une Madame de la Rue St Denis depuis un certain temps:
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Le dos est fini. J'ai utilisé la même laine que sur le catalogue parce que je suis comme ça, une aventurière, une "ouf" qui a le goût du risque. C'est de l'Aurore couleur Amande de chez Phildar.
Je suis folle du mohair, depuis toujours. Cette passion incontrôlable m'a poussée à porter des trucs au goût assez incompréhensible pour le commun des mortels.
J'ai, par exemple, porté et soigné avec un amour aveugle un étrange pull en mohair très exubérant, couleur beige voire jaunâtre, avec des manches trop courtes, qui me donnait l'air d'un  Muppet, voire d'un poussin de 50 kilos, ça dépendait de l'éclairage. En plus comme tout Mohair qui se respecte il perdait abondamment ses poils. J'ai fini par le jeter et par adopter à la place un chat, bête inutile et fourbe et usine à faire du poil, qu'il partage avec générosité avec tout ce qui passe à sa portée mais aussi Z'hom qui lui aussi, à son grand damn, voit sa pilosité crânienne se réduire jour après jour.

Du coup vous imaginez mon impatience de voir ce pull se terminer. Pour l'instant j'assure comme une bête, c'est du jersey. Mais bientôt les temps sombres du point bouilloné se profileront à l'horizon et je viendrai pleurnicher régulièrement dans vos oreilles compatissantes.

La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous expliquerai pourquoi on avait raison de m'appeler Blanche Neige au lycée...

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